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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 14:40

Les anti-dépresseurs sont peu utiles pour les patients atteints de légère dépression, selon une nouvelle étude conduite à l'université américaine de U-Penn et dont les résultats ont été publiés le 6 janvier dans le Journal of the American Medical Association. C'est même le simple fait de voir un médecin, de discuter des symptômes et d'apprendre des choses sur la dépression qui déclenche les améliorations constatées par un patient sous traitement.

Seuls les patients atteints de sévère dépression reçevraient des bénéfices supplémentaires grâce aux médicaments.

Des centaines d'études ont attesté des bénéfices des anti-dépresseurs, loin des simples placébos. Mais beaucoup de ces études ont été menées sur des patients atteints de dépressions sévères, selon l'un des auteurs, et leurs conclusions ont été étendues à tort à l'ensemble des patients souffrant de dépression.

Les chercheurs ont repris six essais thérapeutiques comparant les effets d'un antidépresseur à ceux d'un placebo. Au total, leur analyse a inclus plus de 700 malades, atteints d'une forme plus ou moins grave de dépression. Selon les études, ils étaient traités soit par imipramine, un antidépresseur classique; soit par la paroxétine, une molécule «moderne» de la famille des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (à laquelle appartient aussi le prozac). Au final, quel que soit le médicament, le constat est le même: les antidépresseurs sont très efficaces pour les patients graves, et pas plus qu'un placébo pour les autres.

Le Figaro a interrogé des psychiatres français, selon lesquels «cette méta-analyse va dans le même sens que d'autres travaux récents et, selon eux, le message essentiel à retenir est d'abord que les antidépresseurs doivent être réservés à certains malades. "Dans les dépressions sévères, ces médicaments sauvent des vies, il ne faut pas les stigmatiser", prévient ainsi le Pr Chantal Henry, psychiatre à l'hôpital Chenevier (Créteil).» Mais il ne faut pas pour autant, selon les médecins interrogés, en abuser. La France se range parmi les plus gros consommateurs d'anti-dépresseurs au monde.

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 14:30
2 février 2012

 

Le tramadol est un dérivé morphinique. Utilisé dans la prise en charge de la douleur, il a été placé sous surveillance par l’AFSSaPS. Et pour cause, il peut entraîner un risque d’addiction chez certains patients. Ce médicament est-il vraiment dangereux ? Comment doit-il être utilisé ? L’agence de presse Destination Santé a recueilli l’avis d’un pharmacologue et celui d’un algologue, c’est-à-dire d’un médecin spécialisé dans la prise en charge de la douleur.

« Bien administré, cet analgésique rend de nombreux services aux patients », précise le Dr Julien Nizard, responsable du Centre d’Evaluation et de Traitement de la Douleur au CHU de Nantes. Pourquoi parle-t-on autant de cette molécule ? Parce que depuis le retrait du marché du Di-Antalvic en mars 2011, elle a le plus souvent remplacé ce dernier au second palier de l’échelle de l’OMS pour les traitements de la douleur.

Une échelle rappelons-le, qui comporte trois niveaux. « Le tramadol ne fait pas partie des médicaments essentiels de l’OMS », précise le Pr Jean-Paul Giroud, professeur de pharmacologie clinique et membre de l’Académie nationale de Médecine.

Le tramadol est aujourd’hui l’objet de toutes les attentions, car il exposerait au risque d’addiction. Cette caractéristique ne lui est certes pas exclusive. « Tous les médicaments comportent des risques d’effets secondaires. Et comme la morphine, cet antalgique peut s’il est mal utilisé, entraîner une dépendance. Le danger en réalité, vient du mésusage » qui peut être fait de ce médicament, insiste le Dr Nizard. Le mésusage en langage « ordinaire », c’est tout simplement la mauvaise utilisation.

Pour Pr Giroud, les praticiens ne devraient « prescrire cette molécule qu’en seconde intention. La balance bénéfice/risque étant inférieure a celle de la codéine En d’autres termes, son utilisation devrait toujours être décidée après l’échec d’une association codéine/paracétamol ». En effet, outre les effets secondaires communs à tous les dérivés morphiniques – constipation, euphorie, nausées, addiction… - le tramadol présente un risque supplémentaire : celui de voir apparaître un « syndrome sérotoninergique. Le patient présente alors des tremblements, une rigidité musculaire, une hyperthermie et parfois une confusion voire un coma », détaille le Pr Giroud. « De plus, l’interraction avec certains antidépresseurs peut augmenter encore ce risque », ajoute-t-il.

Peu de molécules contre la douleur

De l’avis de nos deux spécialistes, le retrait du marché du tramadol serait en tout cas une mauvaise nouvelle. « Avec la codéine et le nefopam, le tramadol est la seule molécule à notre disposition pour prendre en charge les douleurs qualifiées de moyennes à intenses », souligne le Dr Nizard. Prescrits « avec tact et mesure », comme le rappelle Julien Nizard, codéine et tramadol présentent l’une et l’autre un réel intérêt thérapeutique.

Puisqu’elles ne sont disponibles que sur ordonnance, doit-on considérer que leur mésusage serait uniquement le fait des prescripteurs ? Jean-Paul Giroud, lui-même professeur de pharmacologie, déplore que les médecins français soient « les moins formés d’Europe dans ce domaine ». Ce qui interdit de facto de leur jeter la pierre, mais appelle à un plan de développement dans ce domaine. Car pour prescrire un analgésique à bon escient, il faut évidemment être formé.

Certes, le premier Plan douleur a été lancé en 1998 à l’initiative de Bernard Kouchner, et a été suivi de deux autres plans en 2002 et 2006. Pourtant, force est de constater que la douleur n’est vraiment reconnue comme une réalité clinique en France, que depuis… le XXIe siècle. S’agissant de sa prise en charge, « le module spécifique à la formation initiale en 5e année de médecine, n’a été mis en place qu’en 2002 et la spécialité douleur et médecine palliative en 2008 », note en effet le Dr Nizard. « Toutefois même si les choses s’améliorent, trop de praticiens prescrivent encore des médicaments à leurs patients parce que c’est plus facile et moins long », se désole-t-il. Résultat : un mauvais usage et une surconsommation d’antalgiques, ainsi que des effets secondaires plus nombreux.

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 13:14
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LE PLUS. Le Mediator a révélé les conditions douteuses d'autorisation de commercialisation des médicaments. Si les hommes politiques ont tous crié au scandale, le combat est loin d'être gagné. Les médicaments utilisés dans le traitement des cancers des enfants ne sont pas toujours garantis.

La triste affaire du Mediator a révélé de nombreux dessous pervers de notre système de santé, notamment pour l’octroi des Autorisations de mise sur le marché(AMM) des médicaments.

Mediator / 19/01/2011 / VALINCO/SIPAMediator (VALINCO/SIPA ).

Beaucoup de nos concitoyens pensaient que cette décision appartenait à une institution indépendante l’Afssaps, et bien non, ils ont découvert que ces autorisations étaient données par certains experts officiants pour cette institution mais aussi pour les laboratoires concernés.

La fronde des hommes politiques

 

Députés, sénateurs sans oublier notre ministre de la Santé sont tous montés au créneau pour dénoncer ce système pervers.

 

Ces messieurs et ces dames lèvent les bras au ciel, comme s’ils prenaient connaissance des faits ! Belle mise en scène, belle hypocrisie, car tous savaient comment ce système d’attribution des Autorisations de mise sur le marché fonctionnait depuis bien des années, tous l’on cautionné sans mot dire. Mais il vrai que nos chers représentants sont "responsables mais pas coupables" et en restant dans cette voie, d’autres scandales vont ressortir avec son lot de victimes, comme tant d'autres dans le passé...

Effets secondaires dans les médicaments psychotropes

Et pour preuve, le Professeur Bégaud, pharmacologue, épidémiologiste à l’université de Bordeaux pointe du doigt les "benzodiazépines" qui sont des médicaments psychotropes les plus souvent prescrits dans le traitement de l'anxiété et des troubles du sommeil (Valium, Rivotril, etc.).

Il mentionne notamment des effets secondaires parfois gravissimes dans la prise de ces médicaments sur une longue période, alors que l’information est connue depuis des décennies, cette situation perdure. Comme pour tout médicament, la notion de bénéfice/risque est à prendre en compte mais là encore une fois, des alarmes sont tirées et nos institutions ne bougent pas. Imaginons les dégâts causés en psychiatrie sur de très, très longues périodes et de très importantes doses.

Des traitements pour enfants sans AMM

petite fille malade / 18 janvier 2011 / CLOSON DENIS/ISOPIX/SIPA

Petite fille malade (CLOSON DENIS/ISOPIX/SIPA).


Une autre dérive terrible se retrouve dans le milieu insoupçonnable qu’est l’oncologie pédiatrique. En effet, les parents d’enfants traités dans ces services n’ont pas une information majeure dans le cadre des traitements administrés aux enfants. A savoir que la majorité des traitements n’a pas d’Autorisation de mise sur le marché. Ne pas donner cette information est un non-respect de la loi Kouchner du 4 mars 2002 qui précise qu'"aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment".

 

Pourquoi alors, dans certains services les oncologues ne vous donnent pas cette information ? Les médecins peuvent être tentés de répondre : "Nous nous refusons de dire aux parents que les produits que nous donnons à leurs enfants n’ont pas reçu d’Autorisation de mise sur le marché car cela peut amener les parents à refuser les traitements…"

Difficile d’entendre un tel argument pour lequel une question essentielle s’impose : dans ce contexte ont-ils un minimum d’information sur la notion de bénéfices/risques ?

Les enfants serviraient-ils de cobayes ?

 

Pas toujours malheureusement, et pour cause, en m’appuyant sur certains traitements Hors AMM administrés en oncologie pédiatrique en 2004 sur deux produits, voilà ce que précisent les fiches descriptives :

 

1. "Enfants : la Gemcitabine a été étudiée chez les enfants dans les études de phase I et de phase II dans différents types de tumeur. Les données de ces études ne permettent pas de définir le rapport bénéfice/risque et la dose de la Gemcitabine chez les enfants."

2. "Enfants : l'expérience chez les enfants est limitée. L'utilisation de Caelyx n'est pas recommandée chez les patients de moins de 18 ans."

 

Lorsque l’on prend connaissance de ces informations, une autre question se pose : certains enfants servent-ils de cobayes ?

 

Surtout si l’on se réfère à deux rapports de l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) :

 

Rapport de l’Igas n° 2001-146 février 2002 intitulé "Recherches biomédicales dans les services ayant une activité d'oncologie pédiatrique en région parisienne" mentionne clairement que des établissements ne sont pas en mesure de présenter dans certains cas les consentements des parents dans le cadre des essais thérapeutiques.

Rapport de l’Igas n° 2003-126 octobre 2003 chapitre II précise "Il existe un contraste entre une organisation aux fondements solides et un fonctionnement insuffisamment performant, en décalage avec les besoins concrets des enfants" et ainsi dans le même chapitre il est stipulé "que l’objectif de protection des enfants n’est pas suffisamment atteint, du fait des carences du suivi et de défauts de qualité" et enfin ce rapport fait état que "les essais cliniques n’ont pas nécessairement pour finalité de répondre aux besoins des enfants."

 

Depuis de nombreuses années, ces faits sont connus par tous nos responsables de droite comme de gauche et personne ne bouge. Ce sujet pourtant devrait alerter, mobiliser tous les êtres humains que nous sommes.

 

Ceux à qui nous n’avons d’autre choix que de confier nos enfants atteints de cancer ne peuvent continuer de la sorte, des lois existent pour la protection des êtres vulnérables, comment peuvent-ils se comporter de la sorte dans le pays des Droits de l’Homme ?

 

J’ai beau chercher, je ne trouve de réponse, je suis dans l’incompréhension totale…

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 13:07

 

Le jeune remplaçant qui refuse brutalement une prescription à un patient accro a de toute évidence des intentions louables. Mais ce n'est pas une vraie solution : l'addiction est un mécanisme complexe, concret dans ses manifestations (la dépendance à une substance ou un comportement), mais difficilement gérable par un généraliste, dans le fond.

 

Comment font la plupart des généralistes, dans ce cas ? En l'absence de structures adaptées, et face à une situation délicate, ils choisissent le moindre mal, parce que rien ne les a armés pour faire face. Alors ils procèdent par plateaux : passer de la dose quotidienne habituelle à une dose moins forte, dans un laps de temps convenu avec le patient.

 

Mais le médecin bienveillant tentera également de procéder à des substitutions : il ne peut à lui seul traiter une addiction, car ce n'est pas de son ressort. Toutefois, il peut réduire les risques générés par l'addiction, en proposant au patient des substituts moins nocifs à long terme. Quand on ne peut pas sevrer brutalement un patient, car cela reviendrait à le mettre en danger immédiat, on limite les dégâts ; et on considère, avec sagesse, que la réduction du risque à moyen ou long terme pour la santé du patient est déjà, en soi, un demi-succès thérapeutique.

 

Pour soigner l'addiction elle-même, le patient aura cependant besoin d'un suivi adapté : les centres d'addictologie et les médecins spécialisés qui y exercent sont faits pour ça. Mais quand ils ne sont pas accessibles aux patients, pour des raisons de contraintes géographiques par exemple, l'accompagnement au quotidien, par le généraliste, est déjà un soutien précieux.

 

Parce que si l'addiction se soigne, il ne faut pas se voiler la face : avant tout, chaque jour, à chaque heure et chaque seconde, elle se gère. Et parfois, quand on tient fermement les rênes, elle se contrôle. Ce n'est déjà pas si mal.

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 13:05
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LE PLUS. Le terme "toxicomane" évoque souvent des images assez fortes, comme de fines lignes de poudre, des seringues, ou une vie décadente. Et pourtant... Le toxico, c'est parfois un simple patient, accro à des médicaments prescrits par le médecin. Comment en est-on arrivé là ? Et surtout, y a-t-il des solutions ?

Elle a 40 ans. Elle est vraiment charmante. Enjouée, sociable, pleine d’humour et d’énergie. Elle bosse à plein temps, élève ses deux enfants, et mène une vie heureuse.

 

Et elle est toxicomane. Accro. Dépendante. Pour fonctionner normalement, il lui faut sa dose, et ça fait bien longtemps que ses médicaments ne soignent plus rien : elle est simplement obligée de les prendre pour venir à bout de chaque journée et permettre à son corps de tenir. En cas de pénurie, elle fait des crises de manque, avec maux de ventre et sueurs froides.

 

 Médicaments, image d'illustration (RAUPACH/VARIO IMAGES/SIPA)

Médicaments, image d'illustration (RAUPACH/VARIO IMAGES/SIPA)

 

Elle a bien essayé d’arrêter, une fois. Mais pour elle, le sevrage total est un rêve inaccessible, parce qu’on ne décroche pas comme ça. Parce qu’il faut pouvoir se lever le matin, et assurer la journée, le boulot, les gamins… Alors elle affronte son addiction : elle est toxico, donc prise au piège.

 

Des accros sur ordonnance : pourquoi et comment ?

 

Loin du cliché des junkies qui se shootent à l’héroïne, ils sont nombreux dans ce cas, les patients qui, depuis 10, 15 ou 20 ans, "tournent" à l’opium. Ou aux benzodiazépines. Ou à d’autres substances dont ils sont totalement dépendants.

 

Comment ont-ils pu en arriver là ? De la façon la plus pertinente qui soit : un jour ils ont commencé à avoir des migraines, des douleurs lombaires ou des insomnies, et ils se sont très logiquement tournés vers la médecine avec l’attente d’une réponse et d’un soulagement. Et le médecin généraliste, face à la souffrance de son patient, a prescrit. De la Lamaline, ou du Lexomil, ou encore du Stilnox.

 

Dans les premiers temps, la douleur cède facilement. Le cocktail paracétamol/caféine/opium, ça peut faire des miracles pour un migraineux chronique. Mais comment le médecin bienveillant et responsable passe-t-il du statut de prescripteur raisonnable à celui de dealer malgré lui ?

 

Philippe, médecin généraliste installé depuis plus de 20 ans, explique :

 

"C’est une question d’écoles, de courants de pensées : la douleur, pour prendre cet exemple, a longtemps été considérée comme une sorte de fatalité, voire une faiblesse. Médecins et patients envisageaient la douleur comme inévitable dans certains cas, et sa prise en charge n’était pas quelque chose d’automatique.

 

On la traitait quand elle était déclarée, mais le médecin n’était pas dans un rôle de prévention. Puis les choses ont évolué et les prises en charge ont changé. Non, la douleur n’est pas normale, et il est devenu logique de la traiter, voire de la prévenir : c’est ainsi que le concept de 'prise systématique' est apparu, amenant des médecins à dire non plus 'vous avez mal, vous prenez un cachet', mais 'vous allez prendre un cachet trois fois par jour'.

 

Indépendamment de l’apparition concrète de la douleur, certains patients ont donc pu être amenés à se soigner sans symptômes." 

 

Et c’est ainsi qu’apparaît ce qu’on appelle la tolérance, c’est-à-dire la capacité de l’organisme à supporter sans effets notoires la présence de certaines substances chimiques. Cela entraîne la nécessité d’augmenter les doses pour obtenir le même effet qu'avec le dosage initial.

 

Le phénomène de tolérance, induit par la prise systématique de certains médicaments, entraîne donc une inefficacité apparente lors de la réapparition des symptômes, ainsi qu’une dépendance, caractérisée par l’impossibilité à se passer du médicament pour fonctionner normalement. Et voilà comment, de patient sous traitement, on devient toxicomane.

 

Les médecins sont-ils fautifs ?

 

C'est plus compliqué que ça, explique Philippe :

 

"Les médecins sont responsables de leurs prescriptions, mais ils ne commettent pas de faute. Pour reprendre l’exemple de la douleur, on a classé les antalgiques en trois catégories : et pour un médecin, prescrire un antalgique de classe 2, c’est un peu plus fort que du simple paracétamol, mais pas de panique, on ne tape pas dans les morphiniques purs.

 

Il y a une sorte de déguisement autour de la prescription. Donc en terme de 'vitrine', non, on ne met pas les gens sous morphiniques… Pas vraiment. Mais il faut être lucide : en pratique, il y a 15 mg d’opium dans la Lamaline (un antalgique qui associe paracétamol, opium et caféine).

 

Donc en prescrivant des antalgiques de classe 2, en préventif, pour que le patient ne souffre pas et avec les meilleures intentions du monde, on peut induire une toxicomanie."

 

Bien sûr, tous les patients ne deviennent pas dépendants. Et le parcours qui mène à l'addiction est sous-tendu par des mécanismes psychiques relevant de facteurs plus complexes qu'une série de prescription médicales. Mais ceux qui se retrouvent un jour à paniquer devant une boîte de médicaments vide se fichent bien, à cet instant, de comprendre les choses. Et c'est logique.

 

De la même façon, tous les médecins ne mettent pas leur patient sous opium au moindre bobo. Mais en prenant en compte l'évolution (positive au départ) de la prise en charge de la douleur, et de la souffrance en général (insomnies, angoisses, troubles anxieux dans toute leur diversité), on ne peut nier une évolution dans la façon de prescrire. 

 

De son côté, le patient, mieux informé qu'il y a une trentaine d'années, a désormais une idée plus précise non seulement de ce dont il pourrait avoir besoin, mais également de ce qu'il "veut" : de réceptacle passif du soin, il est devenu un vrai consommateur, sans connotation forcément péjorative.

 

Mais c'est une évidence : actuellement, la médecine se consomme activement, ce qui n'était pas le cas pour la génération précédente. Ces nouvelles données ont peu à peu modifié la relation entre le médecin et le patient : le premier a pu, dans des cas de nécessité, prescrire pour répondre à une demande autant que pour soulager une souffrance.

 

Entre le soin éclairé et le deal tacite, la frontière est parfois mince, sans oublier que le médecin généraliste n'a pas toujours été formé comme il l'est aujourd'hui, avec une approche concrète de la thérapeutique. Hélas, le médecin est également formé en milieu hospitalier... Ce qui n'est pas tellement représentatif des soins qu'il aura à prodiguer dans le cadre de la médecine générale.

 

A la base, un problème de formation des médecins, en partie résolu


Aujourd’hui, les étudiants en médecine sont formés à la thérapeutique. Mais pour la génération précédente, ce n’était pas le cas. Et au-delà de cet aspect précis, la formation des médecins souffre d’une distorsion potentiellement préjudiciable au patient.

 

En effet, les futurs médecins sont principalement formés en CHU (centre hospitalier universitaire), où seulement une personne sur mille est hospitalisée. Comme l'expliquent Max Budowski et Bernard Gay (cliquer ici), deux professeurs de médecine générale (à Paris et Bordeaux), c'est le principe du "carré de White", du nom de Kerr White, qui enseignait dans les années 50 à l’école de médecine universitaire de Caroline du Nord.

 

Kerr White considérait comme contre-productif de former les futurs généralistes sur la base de spécialités hospitalières. Avec des confrères, il a donc mené des recherches qui ont abouti à l’élaboration d’un diagramme assez "provocateur" :

 

Kerr White diagramme

Carré de White

 

Comme on peut le voir, la formation des futurs généralistes (en CHU donc) porte sur une représentativité d’environ un patient sur mille, c'est-à-dire LE patient hospitalisé, tandis que les 999 autres sont pris en charge ailleurs que dans un CHU. Parmi ces 999 patients, 250 sont vus… Par un généraliste.

 

Le cas du seul patient hospitalisé, qui est justement celui que les futurs médecins étudieront pendant leur formation, peut entraîner un effet amplificateur sur l’investigation diagnostique, avec une potentielle disproportion des stratégies thérapeutiques par rapport aux besoins de la médecine de ville, stratégies qui peuvent y être "importées" par les nouveaux généralistes. 

 

Cela met en évidence la nécessité de former les futurs généralistes à des problèmes de santé courants, et pas seulement en milieu hospitalier. D’où l’intérêt d’une incursion hors de l’hôpital pendant la formation, notamment par le biais de stages en médecine générale.

 

Alors, les patients toxicos, ils font quoi ?


Sans le savoir, ils ont été aidés par le retrait de certains médicaments, même si leur disparition a pu être ressentie comme un choc négatif. Que ceux qui n’ont pas pleuré des larmes de sang quand le Di-Antalvic a été retiré du marché jettent la première pierre aux patients accros.

 

Mais un médicament retiré du marché, ça donne quoi, concrètement ? Eh bien c’est très simple, et c’est là qu’on retrouve la fameuse question de "la clenche de porte" : celle que le patient pose en toute fin de consultation, en vitesse, l’air de rien. Docteur, au fait, vous pourriez renouveler mon traitement pour la migraine ?

 

Avec un médicament qui n’existe plus, le médecin est obligé de temporiser : "ouh là là, attendez, non, ça je ne peux pas vous le donner, et puis faudrait qu’on en parle, et puis est-ce que c’est vraiment une migraine, asseyez-vous…" Finalement, le retrait de certains médicaments a amélioré la démarche de prescription.

 

Mais il y a tous les autres médicaments, ceux qui sont toujours disponibles, et que le médecin prescrit à son patient dépendant. Le médicament sans lequel le patient ne fonctionne pas. Le médicament que le médecin pourrait choisir de ne pas prescrire, mais qu’il prescrit parfois après un rapide calcul qui lui permet de comparer les risques et les bénéfices.

 

Car oui, prescrire de la Lamaline une mère de famille accro et susceptible de sombrer dans d’atroces crises de manque en cas de sevrage brutal, c’est moins dangereux que de la laisser partir sans ordonnance.

 

De toute façon, elle trouvera… Revenons à notre charmante patiente de 40 ans. Elle, comme tous les toxicos, elle trouve toujours. Même sans ordonnance. Elle a acquis un savoir-faire, une ruse comme seules l’angoisse et la peur de crever peuvent en générer.

 

Alors elle arpentera les quartiers de Paris non encore explorés, avec son joli rang de perles et son tailleur convenable, et elle se tapera 10 pharmacies en une après-midi, débitant 10 fois, de sa voix douce,  le même discours bien rôdé, encore et encore : "Voilà, j’aurais une faveur à vous demander… Je suis en déplacement professionnel et mon Dieu, je suis si distraite, j’ai oublié mon ordonnance et oui, je sais que c’est vraiment bête, mais pourriez-vous me dépanner ? J’ai une horrible migraine".

 

Une pharmacie parisienne, le 01/07/2008 (WITT/SIPA)

Une pharmacie parisienne, le 01/07/2008 (WITT/SIPA)

 

Et ça marche. A tous les coups. Le pharmacien sourit, accepte et demande un paiement en liquide. Ce n’est plus du soin, c’est du deal. C’est moche. Et ça la sauve autant que ça l’aliène.

 

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 09:56

Des documents confidentiels du fabricant du Prozac, prescrit à plusieurs millions de gens de le monde, semblent établir un lien entre cet antidépresseur et des passages à l'acte violent ou suicidaire, indique vendredi le British Medical Journal (BMJ).

L'hedomadaire écrit avoir reçu anonymement le mois dernier des documents internes de la société, Eli Lilly, dont dispose maintenant l'administration américaine chargée des médicaments (FDA). Ces documents suggèrent que Lilly était au courant depuis les années 1980 d'effets préoccupants de la fluoxétine (principe actif du Prozac) et a cherché à les minimiser.

Ces documents ont fait défaut en 1994 au procès qui a opposé Lilly aux victimes d'une tuerie survenue en 1989 dans le Kentucky (huit morts, douze blessés), dont l'auteur, qui était sous Prozac, s'est suicidé. Les proches des victimes ont accusé le Prozac d'être responsable de la «rage meurtrière» de Joseph Wesbecker et le laboratoire de savoir depuis des années qu'il pouvait avoir des effets secondaires graves. Eli Lilly a gagné le procès mais avoué en 1997 avoir conclu un accord secret avec la partie adverse.

«Les documents paraissent suggérer un lien entre le médicament et les tentatives de suicide ou de violence», écrit Jeanne Lentzer, journaliste indépendante new-yorkaise, dans le BMJ. L'un d'eux, du 8 novembre 1988, concerne les modifications comportementales et émotionnelles - sédation ou manifestations inverses (désinhibition, agitation, agressivité...) - dues au médicament, notés lors d'essais cliniques, relève-t-elle. Ces dernières manifestations ont été signalées par «38 % des patients» sous Prozac, contre 19 % pour les personnes sous placebo (substance inactive), ce qui fait «19 % attribuables à la fluoxétine». La FDA n'a pas eu ces données alors qu'elle étudiait le dossier d'autorisation du Prozac, il y a 16 ans.

Pour le psychiatre américain Joseph Glenmullen, il n'est guère surprenant que la fluoxétine puisse causer des troubles importants du comportement, en raison d'effets similaires à ceux de la cocaïne sur la sérotonine (messager chimique du cerveau).

En réponse, Eli Lilly s'est contenté de déclarer par écrit que le Prozac avait «aidé à améliorer de façon significative des millions de vie», indique le BMJ. Il «a été» prescrit à plus de 50 millions de personnes dans le monde «et sa sécurité et son efficacité sont bien établies», assure le laboratoire.

Le Prozac est un antidépresseur de la famille des «inhibiteurs sélectifs de la recapture de sérotonine» (ISRS). En 1991, après réexamen, la FDA a conclu à son innocuité. Elle n'a émis que très récemment une mise en garde générale contre le risque accru de tendances suicidaires chez les jeunes traités avec des anti-dépresseurs.

(D'après AFP)

Le Soir - 31/12/04
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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 09:47

Le magazine Sciences et Avenir révèle que la consommation chronique de benzodiazépines (tranquillisants, somnifères) augmente le risque d'entrée dans la maladie d'Alzheimer, selon les premiers résultats d'une étude française. Chaque année, en France, 16.000 à 31.000 cas d'Alzheimer seraient ainsi attribuables à ces traitements par benzodiazépines (BZD) ou apparentés, et leurs génériques : Valium, Témesta, Xanax, Lexomil, Stilnox, Mogadon, Tranxène, etc., écrit le magazine dans son numéro d'octobre.

Environ 120 millions de boîtes sont vendues par an. La France consomme cinq à dix fois plus de somnifères ("hypnotiques") et d'anxiolytiques que ses voisins européens, rappelle Sciences et Avenir. Le responsable de l'étude, à paraître dans une revue scientifique, le Pr Bernard Bégaud, pharmaco-épidémiologiste (Inserm/université de Bordeaux), estime que "cette affaire est une vraie bombe".  "Les autorités doivent réagir", dit-il au magazine. D'autant, explique-t-il à l'AFP que "cela fait, neuf études, avec la nôtre, dont la majorité (6) va dans le sens d'une association entre la consommation sur plusieurs années de tranquillisants et somnifères et la maladie d'Alzheimer". "C'est un signal d'alerte très fort", selon lui.

Un problème évoqué depuis 2006

L'étude a porté sur 3777 sujets de 65 ans et plus qui ont pris des BZD pendant deux à plus de dix ans. "Contrairement aux chutes et fractures occasionnés par ces traitements, les effets cérébraux ne sont pas immédiatement perceptibles, mais il faut attendre quelques années", relève le chercheur. "Si en épidémiologie, il est difficile d'établir un lien direct de cause à effet, dès qu'il existe une suspicion, il paraît normal d'agir et d'essayer de limiter les nombreuses prescriptions inutiles", estime-t-il encore auprès de l'AFP.

La majoration du risque, 20 à 50%, peut paraître minime à l'échelle individuelle, mais pas à l'échelle de la population du fait de la consommation de ces traitements par les personnes âgées, note le magazine. Selon le Pr Bégaud, en gros 30% des plus de 65 ans consomment des BZD, ce qui est énorme, et le plus souvent de façon chronique. Or les prescriptions sont normalement limitées à deux semaines pour les hypnotiques et douze semaines pour les anxiolytiques. Pour autant, la façon dont agiraient les BZD sur le cerveau pour augmenter ce risque de démence reste un mystère.

Le problème était déjà évoqué en 2006 dans un rapport de l'Office parlementaire des politiques de santé sur les médicaments psychotropes. "Depuis, il ne s'est strictement rien passé", déplore le spécialiste.

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 09:41

 

 

 

Entre 2006 et mi-2011, plus de 25 millions de personnes (60 % sont des femmes) ont pris une benzodiazépine ou une molécule apparentée.

Entre 2006 et mi-2011, plus de 25 millions de personnes (60 % sont des femmes) ont pris une benzodiazépine ou une molécule apparentée.AFP/JEAN-PIERRE MULLER

L'abus de tranquillisants et de somnifères durant des années augmenterait le risque d'entrée dans la maladie d'Alzheimer, selon les premiers résultats d'une étude française, dont le responsable appelle à agir pour réduire cette consommation dont les Français restent les champions. Pas loin du tiers des plus de 65 ans consomment des benzodiazépines comme tranquillisants ou comme somnifères, relève le Pr Bernard Bégaud, pharmaco-épidémiologiste (Inserm/université de Bordeaux).

Le responsable de cette nouvelle étude, à paraître prochainement dans une revue scientifique et dévoilée par le magazine Sciences et avenir, espère que l'"on ne va pas attendre encore quinze ans de continuer à être les champions du monde de la consommation de psychotropes", avant de réagir. D'autant, explique-t-il, que ce n'est pas la première étude qui va dans le sens d'une association entre la consommation au long cours des benzodiazépines et la maladie d'Alzheimer.

Chaque année, en France, seize mille à trente et un mille cas d'Alzheimer seraient ainsi attribuables à ces traitements par benzodiazépines ou apparentés, et leurs génériques : Valium (Roche), Témesta (Biodim), Xanax (Pfizer), Lexomil (Roche), Stilnox (Sanofi), Mogadon (Meda Pharma), Tranxène (Sanofi), etc., écrit le magazine dans son numéro d'octobre. Environ 120 millions de boîtes sont vendues par an. La France consomme cinq à dix fois plus de somnifères ("hypnotiques") et d'anxiolytiques que ses voisins européens, rappelle Sciences et avenir.

"Si en épidémiologie, il est difficile d'établir un lien direct de cause à effet, dès qu'il existe une suspicion, il paraît normal d'agir et d'essayer de limiter les nombreuses prescriptions inutiles", explique le Pr Bégaud. La durée du traitement aussi devraient respecter les règles et ne pas excéder douze semaines, par exemple, pour les anxiolytiques.

MAJORATION DU RISQUE DE 20 À 50%

Les gens présentent souvent des troubles du sommeil, de l'anxiété, voire de la dépression, avant que la maladie d'Alzheimer ne soit diagnostiquée. Aussi, l'étude a sélectionné parmi les sujets de plus de 65 ans de la cohorte Paquid dédiée à l'étude de cette démence, ceux qui ne présentaient aucun de ces symptômes pouvant être interprétés comme signes avant-coureurs de la maladie au moment de la prescription. En comparant consommateurs et non-consommateurs de BZD, les chercheurs bordelais ont trouvé l'association entre prise chronique de ces psychotropes (durant deux ans à plus de dix ans) et le risque d'Alzheimer.

Contrairement aux chutes et fractures occasionnés par les BZD, les effets cérébraux ne sont pas immédiats, et ne sont perceptibles que quelques années après le début du traitement, relève le Pr Bégaud. La majoration du risque, 20 à 50%, peut paraître minime à l'échelle individuelle, mais pas à l'échelle de la population du fait de la consommation de ces traitements par les personnes âgées, d'après lui.

La façon dont agirait les BZD sur le cerveau pour augmenter ce risque reste cependant un mystère. Le problème était déjà évoqué en 2006 dans un rapport de l'Office parlementaire des politiques de santé sur les médicaments psychotropes. "Depuis, il ne s'est strictement rien passé", déplore le spécialiste.

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 15:55

 

Les effets secondaires de certains traitements peuvent être surprenants. Explications.

Il faut signaler, à son pharmacien ou à son médecin, toute "manifestation bizarre" qui accompagne la prise de médicaments.

Il faut signaler, à son pharmacien ou à son médecin, toute "manifestation bizarre" qui accompagne la prise de médicaments. © SUPERSTOCK / SIPA


Dans son numéro de février, la revue Prescrire consacre un article aux troubles de la vision des couleurs d'origine médicamenteuse. Souvent asymétriques, ils se manifestent par une difficulté à distinguer des couleurs, la prédominance d'une couleur ou encore une diminution de la perception des nuances... Les auteurs de cet article mettent les professionnels de santé en garde contre ce type d'effets secondaires qui traduisent ou annoncent des lésions oculaires graves parfois irréversibles. La prévention de ces derniers passe par une diminution rapide des doses, voire un arrêt du traitement.

Parmi les molécules impliquées, Prescrire cite en premier les médicaments des troubles de l'érection et principalement le sildénafil (le fameux Viagra). Des anomalies transitoires de la vision des couleurs avaient été observées dès le début des essais de ce traitement chez l'homme, donc avant sa mise sur le marché. Les nuances de couleur, chez les hommes qui en consomment, "apparaissent le plus souvent bleues ou bleues-vertes, parfois roses ou jaunes, des couleurs foncées semblent plus sombres et la distinction des teintes est difficile". Ces effets surviennent en général une ou deux heures après la prise du comprimé et disparaissent spontanément au bout de trois à six heures. Pour les spécialistes, ils ne semblent pas associés à des lésions oculaires graves, mais "la prudence est de mise en cas de troubles dégénératifs de la rétine".

Gare à la surdose

Plus inquiétant, les modifications de la vision des couleurs ne doivent pas être négligés par les malades qui prennent de la digoxine. Il s'agit d'un cardiotonique d'usage délicat car sa marge thérapeutique (la différence entre dose thérapeutique et dose toxique) est étroite. Or les troubles de la vision des couleurs - avec prédominance du jaune, plus rarement de vert, rouge, marron, bleu ou blanc - sont un signe d'alerte de surdose. En principe, tout médecin qui prescrit ce traitement doit avertir son patient des signes de surdose et de la gravité de cette dernière. Au moindre doute, une surveillance du malade et une adaptation de la posologie s'imposent.

Autre catégorie de médicaments parfois en cause : des anti-infectieux. Les auteurs précisent que des diminutions sévères et irréversibles de l'acuité visuelle ont été rapportées avec l'interféron alpha, ainsi que des atteintes du champ visuel. Et manifestement, les problèmes ne sont pas rares puisque "la fréquence des atteintes oculaires sous interféron alpha, qu'elles aient des conséquences visuelles ou qu'elles soient asymptomatiques, a été estimée entre 20 et 80 % dans les trois premiers mois de traitement." Parmi les antituberculeux, l'éthambutol entraîne des troubles visuels le plus souvent réversibles. Et certains antibiotiques, en particulier ceux appartenant à la famille des quinolones, ont des effets secondaires sur la vision.

Gare enfin aux antipaludiques. La chloroquine est responsable d'affections de la rétine, surtout lors de traitements prolongés et à fortes doses, de visions floues, de difficultés d'accommodation, de troubles de la vision des couleurs et de pertes parfois sévères de l'acuité visuelle. Quant à la quinine, elle expose à une toxicité oculaire lors de surdoses. Tous ces exemples (et cette liste n'est pas exhaustive) montrent bien que la prise de médicaments n'est jamais anodine et rappellent la nécessité de signaler, à son pharmacien ou à son médecin, toutes les "manifestations bizarres" qui accompagnent leur prise.

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 11:33

Redécouvrir l’essentiel

Notre société attend beaucoup des médicaments, pour résoudre tel ou tel problème de santé.

Mais les déceptions se multiplient. Choisir et dispenser un nouveau médicament signifie de moins en moins apporter un meilleur soin. Le processus d’innovation tourne à vide. Ainsi, pour la première fois depuis sa création en 1981, le Palmarès Prescrire ne compte pour 2008 ni Pilule d’Or ni inscription au Tableau d’Honneur. Les trois médicaments distingués malgré tout, plus modestement, sont à base de substances connues depuis des décennies. En parallèle, en 2008, 23 nouveautés ont été cotées “Pas d’accord’’ par Prescrire, un nombre jamais atteint depuis 1981.

Cette carence d’innovation met les firmes pharmaceutiques sous pression économique. Elles répercutent cette pression autour d’elles. Les prix des nouveaux médicaments restent élevés malgré la petitesse du service rendu. La médicamentation de l’existence est promue à outrance malgré ses dangers.

En 2008, la vente de certains médicaments directement au patient pour son “automédication’’ a été autorisée en France, sans passage obligé par le médecin ni par le pharmacien. Avec là aussi tout un lot de déceptions. La plupart de ces médicaments sont dépassés, et peu ou pas utiles aux soins, voire carrément nocifs. Plusieurs figurent au Palmarès Prescrire du conditionnement, mais seulement parmi les exemples à ne surtout pas suivre en termes de sécurité et d’information.

Que faire ?

Certes, il est utile de pousser sans relâche les autorités à faire leur travail d’encadrement des firmes, y compris dans leur activité de recherche (à centrer sur des questions cliniquement pertinentes et à fonder sur une pharmacologie solide). En sachant qu’une réorganisation mettra des années à porter ses fruits.

D’ici là, au quotidien, il s’agit de démystifier les nouveaux médicaments. De redécouvrir les médicaments essentiels toujours d’actualité. Et de saisir les occasions de remettre le médicament à sa place, avec modestie et ambition.

Avec modestie, tant le médicament est souvent accessoire dans la prévention et le traitement de nombreuses affections.

Avec ambition, tant lorsque le médicament est utile il y a intérêt à connaître sérieusement ses limites et à exploiter à fond ses qualités.

Les patients et les soignants travaillant en bonne intelligence et s’appuyant sur ces principes sont les mieux placés pour réussir.

©Prescrire 2012

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