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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 19:01

Par Janlou Chaput, Futura-Sciences

 

Les femmes subissant un traitement hormonal de la ménopause, à base d’œstrogènes et d’un progestatif, auraient environ 50 % de risques en plus de développer un cancer du sein. Si un lien entre les deux avait déjà été établi, on pensait que cela affectait surtout les tumeurs les moins graves. Ce pourrait être une erreur : cette thérapie faciliterait aussi les formes les plus agressives.

À la ménopause, les ovaires cessent peu à peu la production des hormones sexuelles féminines, les œstrogènes et la progestérone, ce qui se manifeste par des symptômes déplaisants. Pour pallier ces effets secondaires désagréables, les médecins prescrivent à certaines patientes un traitement hormonal substitutif, de manière à maintenir artificiellement les taux d’hormones sexuelles.

Cependant, cette thérapie ne serait pas sans risque. Un essai clinique de 2002, mené sur plus de 90.000 femmes, montrait qu’elle augmentait les risques de développer tous les cancers du sein. Des études suivantes semblaient plus modérées, et estimaient que seule l’apparition des tumeurs les moins graves était facilitée par un tel traitement.

Des scientifiques du Los Angeles Biomedical Research Institute ont voulu apporté une réponse claire à cette question. Dans le Journal of the National Cancer Institute, ils tombent plutôt d’accord avec les chiffres avancés il y a 11 ans, et trouvent même pire…

La ménopause se fait parfois ressentir chez les femmes. Maux de tête, de ventre, irritabilité, sueurs nocturnes ou insomnies sont des symptômes rencontrées lorsque la fertilité disparaît.
La ménopause se fait parfois ressentir chez les femmes. Maux de tête ou de ventre, irritabilité, sueurs nocturnes et insomnies sont des symptômes rencontrés lorsque la fertilité disparaît. © Sergeitelegin, StockFreeImages.com

Environ 1,5 fois plus de risques de développer un cancer du sein

Ainsi, 41.449 femmes âgées de 50 à 79 ans ont été recrutées. En tout, 16.121 suivaient une thérapie à base d’œstrogènes et de progestatif, tandis que les 25.328 restantes ne prenaient aucun traitement hormonal. En moyenne, le suivi a duré 11,3 ans.

De manière globale, 2.236 cancers du sein ont été contractés durant l’étude, ce qui a concerné chaque année 0,42 % des femmes non traitées, contre 0,6 % dans le groupe des patientes sous médication. Après les calculs des risques, les auteurs évaluent que ces dernières ont une probabilité 1,55 fois plus élevée de développer des tumeurs mammaires. L’étude de 2002 l’avait estimée à 1,25…

Ces risques sont encore plus forts pour les patientes qui commencent le traitement dès les premiers symptômes de la ménopause. D’autre part, cela vaut pour toutes les formes de tumeurs, de la moins agressive avec peu de chances de récidive, à la plus sérieuse, comme le cancer du sein triple négatif. Le pronostic de rémission dans les deux cas devient semblable. Des données qui poussent donc les auteurs à conclure que la mortalité est plus élevée chez ces femmes.

Que faire du traitement hormonal substitutif de la ménopause ?

Cette recherche renforce donc l’idée que les traitements hormonaux substitutifs ne s’avèrent pas sans risque pour les femmes et que de ce fait, il est important de leur préciser des dangers auxquels elles s’exposent avant prescription. Au médecin aussi de bien peser le pour et le contre. Il semble que pour les patientes touchées par les symptômes les plus sévères, les bénéfices sont les plus importants. À l’inverse, les risques surpasseraient les avantages chez les femmes ménopausées depuis 10 ans ou plus.

Cependant, ce travail ne résout pas toutes les questions, selon un éditorial publié dans la même édition du journal. Deux scientifiques du National Cancer Institute américain précisent qu’il n’y a pas encore suffisamment de preuves pour conclure qu’effectivement, le traitement des symptômes de la ménopause augmente bien tous les types de cancer du sein. Elles appellent à de nouvelles études qui apporteraient une réponse définitive à ce problème.

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 18:52

La « liste noire » de Prescrire

médicamentsDans son numéro de février 2013, la revue indépendante Prescrire a publié une « liste noire » des médicaments plus dangereux qu’utiles… La revue demande leur retrait du marché en raison des risques sanitaires disproportionnés qu'ils représentent par rapport aux bénéfices apportés.

D’après Prescrire, trop de médicaments sont commercialisés alors que leurs bénéfices-risques sont défavorables. De plus, de nombreux nouveaux médicaments sont autorisés, malgré l'absence de preuve d'un progrès par rapport aux médicaments de référence. Parfois, ils sont moins efficaces ou plus nocifs. Mais en général, une promotion massive leur assure quand même une image positive aux yeux des soignants et des patients. Dans la mesure du possible, Prescrire propose également d’autres options plus favorables

Cette liste noire a été établie sur la base des analyses publiées dans Prescrire de 2010 à 2012.

L’objectif était d’interpeller les autorités pour prioriser leurs efforts au service de la santé publique et les inciter à prendre les mesures qui protègeront vraiment les patients.

Pour accéder à cette liste, cliquez ici !

Pour éviter tout effet indésirable, demandez l’avis de votre médecin avant de prendre un médicament. Et n’oubliez pas de rapporter vos médicaments non utilisés à votre pharmacien au lieu de les jeter… Vous préserverez ainsi l’environnement….

 

Pour télécharger notre synthèse en version pdf, vous pouvez cliquer ici !!!


Références bibliographiques :

[1] Blaser M., Antibiotic overuse: Stop the killing of beneficial bacteria, Nature. 2011 Aug 24;476(7361):393-4. doi: 10.1038/476393a.

[2] L Trasande, J Blustein, M Liu, E Corwin, L M Cox and M J Blaser., Infant antibiotic exposures and early-life body mass, International Journal of Obesity, 21 August 2012.

[3] Risnes KR, Belanger K, Murk W, Bracken MB., Antibiotic exposure by 6 months and asthma and allergy at 6 years: Findings in a cohort of 1,401US children., Am J Epidemiol. 2011 Feb 1;173(3):310-8.

[4] Orriols L, Queinec R, Philip P et al. Risk of Injurious Road Traffic Crash after Prescription of Antidepressants. J Clin Psychiatry 2012; 73(8):1088-1094

[5] Smoller JW, Allison M, Cochrane BB, Curb JD, Perlis RH, Robinson JG, Rosal MC, Wenger NK, Wassertheil-Smoller S., Antidepressant use and risk of incident cardiovascular morbidity and mortality among postmenopausal women in the Women's Health Initiative study. Arch Intern Med. 2009 Dec 14;169(22):2128-39.

[6] Hamer M, Batty GD, Seldenrijk A, Kivimaki M., Antidepressant medication use and future risk of cardiovascular disease: The Scottish Health Survey. Euro Heart J 2010.

[7] Sidi H, Asmidar D, Hod R, Guan NC., Female Sexual Dysfunction in Patients Treated with Antidepressant-Comparison between Escitalopram and Fluoxetine., J Sex Med. 2011 Apr 7

[8] Kripke DF, Langer RD, Kline LE., Hypnotics' association with mortality or cancer: a matched cohort study. BMJ Open. 2012 Feb 27;2(1):e000850.

[9] Psychotropes: ces médicaments qui favorisent Alzheimer, Sciences et Avenir, octobre 2011, n°776.

[10] Billioti de Gage S, Bégaud B, Bazin F, Verdoux H, Dartigues JF, Pérès K, Kurth T, Pariente A. Benzodiazepine use and risk of dementia: prospective population based study. BMJ. 2012 Sep 27;345:e6231.

[11] Tsai HH, Lin HW, Simon Pickard A, Tsai HY, Mahady GB., Evaluation of documented drug interactions and contraindications associated with herbs anddietary supplements: a systematic literature review. Int J Clin Pract. 2012 Nov;66(11):1056-1078.

[12] Paul little et al., Amoxicillin for acute lower-respiratory-tract infection in primary care when pneumonia is not suspected: a 12-country, randomised, placebo-controlled trial, The Lancet, 19 December 2012

Médicaments et compléments alimentaires font-ils bon ménage ?


Une étude[11] publiée en octobre 2012 a mis en évidence des interactions potentiellement dangereuses entre les médicaments et les suppléments, vitamines ou compléments alimentaires, en particulier chez les personnes recevant un traitement neurologique ou cardio-vasculaire. Les chercheurs ont examiné 54 articles de synthèse et 31 études couvrant 213 substances et 509 médicaments sur prescription. Au total, 882 interactions néfastes ont été identifiées entre les suppléments et les médicaments. Les plus grands nombres d’effets indésirables ont été constatés avec des compléments alimentaires qui comprenaient des ingrédients comme du millepertuis, du magnésium, du calcium, du fer ou le ginkgo biloba . Par ailleurs, plus de 42% des interactions causées par ces suppléments modifient la pharmacocinétique des médicaments prescrits c’est-à-dire le processus par lequel le médicament est absorbé, diffusé, métabolisé et éliminé par l’organisme. Pour aller plus loin, consultez notre synthèse "Les compléments alimentaires : nécessaires ou dangereux".

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 18:51

Les vaccins

vaccins bébé font souvent l’objet de polémique : leurs bénéfices sont-ils plus importants que les risques qu’ils peuvent présenter ?

Lors de la campagne de vaccination contre la grippe A(H1N1) en 2009-2010, 4,1 millions de personnes ont été vaccinées en France par Pandemrix®, et 1,6 million ont reçu le vaccin Panenza® (Sanofi), réservé aux nourrissons, aux femmes enceintes et aux personnes immunodéprimées. Mais une étude[13] britannique publiée en février 2013 a établi un lien entre le vaccin Pandemrix®, et l’augmentation des cas de narcolepsie - un trouble du sommeil - chez des enfants et des adolescents en Grande-Bretagne.

L’étude a été menée auprès de 245 enfants de 4 à 18 ans traités dans des centres du sommeil et des centres neurologiques en Grande-Bretagne. Les résultats sont surprenants : la prise de vaccin multiplierait le risque de narcolepsie par 14 par rapport aux personnes n'ayant pas reçu le vaccin. Ce risque serait même multiplié par 16 en cas de vaccination par le Pandemrix® (GlaxoSmithKline) dans les six mois précédents. Les chercheurs ne peuvent expliquer ce qui entraine cette maladie, mais ils soupçonnent soit l'excipient, soit l'adjuvant du Pandemrix® - le AS03, fabriqué à base de squalène, une huile de poisson - qui sert à renforcer la réponse immunitaire après vaccination.

Si le Pandemrix® n'est plus commercialisé en France, l'adjuvant est utilisé dans d'autres vaccins antigrippaux, comme les H5 et H9.

 

 

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 18:51

Les médicaments anti-rhume

En novembre 2012, le Centre-anitpoison de Toulouse a mis en garde contre les médicaments anti-rhume contenant de la pseudoéphédrine, à l’image d’Actifed Rhume, Nurofen Rhume, Dolirhume ou encore d’Humex Rhume.

La pseudoéphédrine est la molécule qui permet de déboucher le nez et de le décongestionner. Mais elle peut parfois avoir des effets indésirables… Elle a des effets vasoconstricteurs, c’est-à-dire qu’elle diminue les vaisseaux sanguins en provoquant la contraction de leurs fibres musculaires. Dans certains cas, elle peut donc entrainer des effets sur le système cardiovasculaire (infarctus du myocarde, poussées hypertensives), mais aussi sur le système neurologique (accident vasculaire cérébral ou convulsions).

médicament anti-rhume

La probabilité d'être concerné est faible, mais d’après le service de pharmacovigilance, il faut éviter ces médicaments dont le risque est inacceptable au vu de la pathologie et préconiser plutôt l'utilisation du sérum physiologique. Le lavage du nez avec un spray de sérum physiologique ou une solution saline demeure en effet le meilleur moyen de soigner un rhume sans effet indésirable.

Chaque Français ayant en moyenne 2 à 3 rhumes par an, ces médicaments vendus sans ordonnance connaissent un franc succès, surtout en cette période de l’année. A titre d’exemple, trois millions de boîtes d’Actifed Rhume sont vendues chaque année.

Pourtant, en plus d'avoir des effets secondaires dangereux pour la santé, tous ces médicaments, n'ont jamais vraiment prouvé leur efficacité. Les vasoconstricteurs réduisent la congestion nasale mais ils ne guérissent pas du rhume et ne réduisent pas non plus la durée de l'infection.

 

 

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 18:50

Les médicaments détournés de leur utilisation principale

medicament detourne syntheseDe nombreux médicaments sont utilisés pour un certain traitement alors qu’ils ont reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour un autre traitement. Cela a été le cas par exemple pour le Médiator, un antidiabétique utilisé comme coupe-faim ou encore Diane 35, le médicament contre l’acné employé comme contraceptif. C’est ce qu’on appelle les médicaments détournés de leur utilisation ou prescrit hors AMM. Ces prescriptions sont généralement légales, et même très fréquentes, mais elles engagent la responsabilité du médecin prescripteur, qui doit informer le patient des risques encourus et des alternatives existantes au médicament car il existe des risques à cette pratique.

Cela a également était le cas avec le Cytotec (ou misoprostol), un médicament ayant reçu l’autorisation de mise sur le marché (AMM) en France en 1986 uniquement pour le traitement et la prévention des ulcères gastriques mais utilisé dans certaines maternités pour provoquer l'accouchement à partir de 37 semaines d’aménorrhées (absence de règles).

En février 2013, l’Ansm, qui a pris connaissance de cet usage hors AMM, vient de mettre en garde contre ce médicament. D’après l’agence, hors AMM, son utilisation, quelle que soit la voie d’administration, peut entraîner des effets indésirables graves pour la mère et l’enfant comme la survenue de rupture utérine, des hémorragies ou des anomalies du rythme cardiaque fœtal. Pour en savoir plus, consultez notre article en cliquant ici !

 

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 18:48

Les pilules contraceptives

piluleTout a commencé en décembre 2012 avec la plainte de Marion Larat, pour atteinte involontaire à l'intégrité de la personne humaine contre le directeur général de Bayer Santé et contre le laboratoire Bayer au sujet de la pilule contraceptive. Cette jeune femme de 25 ans aujourd’hui lourdement handicapée prenait en effet la pilule de troisième génération Meliane depuis quatre mois lorsqu'un accident vasculaire cérébral (AVC) l'a plongée dans le coma. Elle a accusé cette pilule, fabriquée par le géant pharmaceutique allemand Bayer, d'avoir provoqué son accident vasculaire cérébral. La commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de Bordeaux a d’ailleurs reconnu en juin 2012 l'imputabilité de l'AVC à la prise de la pilule.

Les laboratoires qui fabriquent les contraceptifs oraux de 3e génération et de 4e génération, ne nient pas les risques accrus de thrombose liés à la prise de leurs pilules mais ils se protègent juridiquement en affirmant que les risques sont mentionnés sur les notices d’utilisation. Or, à l'époque où Marion prenait Meliane, en 2006, la notice ne mentionnait pas l'augmentation du risque thromboembolique artériel par rapport aux contraceptifs oraux de 2e génération. En savoir plus…

Mais qu’est-ce qu’une pilule 3ème génération ? La plupart des pilules associent deux types d'hormones, identiques à celles produites par la femme : oestrogène et progestatif. La différence entre les générations est la nature de leur progestatif. La pilule 3ème génération contient pour progestatif du désogestrel, du gestodène ou du norgestimate et celle de 4e génération contient de la drospérinone. La pilule 2éme génération, quant à elle, contient du lévonorgestrel. Sur les 5 millions d’utilisatrices de pilules contraceptives, entre 1,5 et 2 millions de femmes utilisent une des nombreuses pilules de 3ème génération sur le marché.

La polémique sur les dernières générations de pilule est liée à l’augmentation du risque de thrombose artérielle et de thrombose veineuse.

Les risques de phlébite et d'embolie pulmonaire générés par la pilule dépendent entre autre de la nature du progestatif (qui varie suivant la génération).

Cependant, quel que soit le contraceptif, le danger est maximal dans la première année d'utilisation. Selon l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament, une thrombose veineuse est attendue chez :

- 0,5 à 1 femme pour 10 000 femmes non utilisatrices de pilule

- 2 femmes pour 10 000 utilisatrices de pilule 2ème génération

- 3 à 4 femmes pour 10 000 utilisatrices de pilule 3ème et 4ème génération

Selon l’Ansm, les contraceptifs oraux provoqueraient chaque année 2 529 accidents thromboemboliques veineux dont 1 751 sont attribuables aux pilules de 3ème et de 4ème génération. Ils entraineraient également 20 décès par an: 6 décès attribuables aux pilules de 1ère et de 2ème génération et 14 à la pilule de 3ème et de 4ème génération. En savoir plus…

Les médecins ont désormais pour consigne claire d'expliquer que ce sont les pilules 2e génération qui doivent être prescrites la première fois et que les 3ème et 4ème génération comportent des risques supplémentaires de thrombose. La pilule 3ème génération ne sera plus remboursée à partir du 31 mars 2013.

D’ailleurs, l'ANSM a décidé de suspendre à partir du 21 mai 2013 l'autorisation de mise sur le marché (AMM) de Diane 35 et de ses génériques, des médicaments indiqués dans le traitement de l'acné chez la femme, mais également utilisés comme contraceptifs oraux.

L’agence a pour l'instant fait état sur ces 25 dernières années de quatre décès imputables à une thrombose veineuse liée à Diane 35. Ce médicament est prescrit, actuellement, à plus de 300 000 femmes en France.

Vous voulez connaitre la génération de votre pilule et savoir ce qu’il faudrait faire si vous prenez une pilule de 3ème ou 4ème génération ? Cliquez ici pour consulter les conseils de nos médecins…

 

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 18:47

Les anxiolytiques

anxiolytiques

Les anxiolytiques ou tranquillisants mineurs sont des substances destinées à combattre l’anxiété et le stress. Ce sont des sédatifs mais à plus fortes doses que les somnifères. A dose normale, ils entraînent une somnolence qui les rend incompatibles avec la conduite d’un véhicule. Il existe un large panel d'anxiolytiques mais les plus prescrits, pour soigner l’anxiété, surtout sur une longue durée, appartiennent à la famille des benzodiazépines.

Tout comme les somnifères, les anxiolytiques peuvent induire une dépendance en traitement prolongé, et tout comme les somnifères, ils sont suspectés d’entrainer des risques de démence chez les personnes âgées.

Des chercheurs[10] de l’Inserm ont suivi 1 063 personnes, âgées de 78 ans en moyenne, sans symptômes de démence au début de l’étude et qui n'avaient pas consommé de benzodiazépines avant la 5ème année du suivi. Sur les 1 063 participants, 95 ont consommé des benzodiazépines à partir de la 5ème année, les participants ont donc été divisés en 2 groupes, les personnes "exposées aux benzodiazépines" et les "non exposées".

Les chercheurs ont alors constaté une incidence de la démence plus élevée chez les personnes exposées : 4,8 personnes sur 100 par an contre 3,2 personnes sur 100 par an pour les "non exposées", soit une augmentation de 50%.

Suite à cette étude, en décembre 2012, l’ANSM a souhaité rappeler les règles de bon usage des benzodiazépines afin d’en diminuer la consommation. D’après l’agence, la prescription ne doit être envisagée qu'après l'échec d’autres approches médicamenteuses et qu'elle doit être la plus courte possible : 4 semaines au maximum pour les hypnotiques (somnifères) et 12 semaines pour les anxiolytiques. En savoir plus…

Attention : les psychotropes soulagent les symptômes mais ne guérissent pas ! Ils constituent une solution temporaire pour surmonter des épreuves difficiles, mais ils ne traitent pas la cause sous-jacente. D’autres possibilités doivent être envisagées en complément comme une thérapie comportementale ou la psychothérapie.

 

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 18:46

Les somnifères (ou hypnotiques)

somnifèresLes somnifères ou hypnotiques sont des médicaments inhibiteurs de l’éveil et de la vigilance (effet sédatif). Ils sont prescrits en cas d’insomnie et provoquent un sommeil normal, c’est-à-dire avec conservation des cycles de sommeil. Ce sont notamment les benzodiazépines, les antihistaminiques ou les barbituriques.

En plus des risques de dépendance induits lors d’un traitement prolongé, les somnifères peuvent provoquer des effets délétères sur la santé. Selon une étude[8] américaine publiée en 2012, la consommation, même restreinte, de certains somnifères exposerait les utilisateurs à un risque de décès 4 fois plus élevé que chez les personnes qui n’en prennent pas. Ces médicaments pour dormir sont également associés à un risque plus élevé de cancer (+35%). Les médicaments incriminés appartiennent à la famille des benzodiazépines, comme le témazepam, les non-benzodiazépines, comme le zolpidem, les barbituriques et les sédatifs antihistaminiques.

Une autre étude[9] a révélé que chaque année en France 16 000 à 31 000 cas de la maladie d’Alzheimer seraient imputables à la prise de tranquillisants et de somnifères. Ces chiffres sont alarmants quand on sait que près d'un tiers des personnes de plus de 65 ans consomment des somnifères de manière chronique, et dans plus d'un cas sur deux, de manière non justifiée. D’ailleurs, en septembre 2012, la Haute Autorité de Santé (HAS) a lancé l’alerte sur une prescription trop systématique de somnifères. Alors que seule 1 à 2 plaintes relatives au sommeil sur 10 relève de l'insomnie véritable, la HAS recommande au médecin de rechercher des signes associés et d’orienter son patient vers un spécialiste si besoin. Douleurs, anxiété, dépression, apnée du sommeil ou encore problèmes urinaires peuvent expliquer le sommeil de mauvaise qualité et les causes doivent être recherchées. Pour en savoir plus, consultez le dossier de presse de l’HAS.

 

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 18:45

Les antidépresseurs

Les antidépresseurs sont des médicaments qui stimulent l’humeur et l’état affectif des personnes atteintes de dépression. Certains agissent sur la fatigue psychique et physique tandis que d'autres diminuent l'angoisse et améliorent le sommeil (sédatifs). D'autres enfin sont à la fois tranquillisants (sédatifs) et stimulants.

En août 2012, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a indiqué que la prise d'antidépresseurs augmentait de 30 % le risque d'accidents de la route. L’agence s’est basée sur le dernier volet de l’étude[4] CESIR-A, évaluant l’impact de la consommation de médicaments sur le risque d’accident de la route. Menée auprès de 70 000 automobilistes impliqués dans un accident survenu entre 2005 et 2008, l'étude a non seulement montré que la prise d'antidépresseurs augmente de 30 % le risque d’avoir un accident de la route, mais aussi que le risque augmente lors des périodes d'initiation et de modification du traitement.

Face à ce constat, l'ANSM a appelé les professionnels de santé à renforcer l'information des patients concernés sur les risques inhérents à cette classe de médicaments. 

Outre les risques d’accidents au volant, les antidépresseurs présentent des effets secondaires, et cela a été prouvé scientifiquement. Une étude[5] a par exemple montré que la prise d’antidépresseurs pouvait augmenter le risque d’accident vasculaire cérébral. Au total, 136 293 femmes ménopausées ont été suivies pendant 6 ans : un groupe prenait des antidépresseurs et l’autre groupe témoin n’en prenait pas. Les chercheurs ont constaté que les femmes qui prenaient des antidépresseurs de type tricyclique (amitriptyline, etc.) ou inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (notamment : Prozac, Seroxat / Deroxat, Zoloft et Seropram / Seroplex) voyaient augmenter légèrement leur risque de faire un accident vasculaire cérébral par hémorragie.

Autre effet secondaire : les accidents cardiovasculaires… Une équipe de chercheurs[6] a suivi 14 784 sujets pendant une durée moyenne de 8 ans. Au cours de cette période, 1 434 évènements cardiovasculaires ont été observés, dont plus d'un quart (26,2 %) ont été mortels. Dans l'échantillon, 2,2 % des sujets étaient traités par tricycliques, 2 % par inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine (SSRIs) et 0,7 % par d'autres familles d'antidépresseurs. Les chercheurs ont alors trouvé une augmentation de 35 % du risque de survenue d'évènement cardiaque chez les patients sous tricycliques.

Une autre étude[7] menée auprès 112 femmes dont 56 étaient sous antidépresseurs a montré que la prise d’antidépresseurs à des doses élevées augmentait également le risque d’avoir des troubles de la sexualité.

 

pictosomnolence


 

Prendre des médicaments ou conduire : il faut choisir !


 

En 1999, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a demandé aux industriels d'apposer un pictogramme (voiture noire dans un triangle rouge) sur l’emballage des médicaments présentant un risque potentiel lors de la conduite d'un véhicule (voiture, poids lourd, deux-roues). Cette alerte visuelle est depuis 2005 déclinée selon trois niveaux de risque :

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 18:44

Les psychotropes

antidepresseurs

Un psychotrope est une substance susceptible de modifier l’activité psychologique et mentale. Il s’agit des antidépresseurs, des somnifères (ou hypnotiques), des anxiolytiques, des neuroleptiques mais aussi des drogues illicites (cannabis, héroïne, cocaïne, LSD, ecstasy, etc.).

En moyenne, les Français avalent 200 millions de boîtes de psychotropes par an et environ 20% de la population française, en majorité des femmes, en consomment plus ou moins régulièrement. C'est deux à quatre fois plus que la moyenne européenne. Avec les Norvégiens et les Portugais, les Français sont les plus gros consommateurs au monde de tranquillisants, antidépresseurs et somnifères. Comme une grande partie des médicaments, les psychotropes doivent toujours être utilisés dans le cadre d’une prescription ou d’un avis médical. Consommés en trop grande quantité, ils peuvent avoir des effets secondaires et présenter des risques pour la santé…

 

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