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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 12:14

Des essais cliniques, retrouvés lors de perquisitions au siège du laboratoire Servier, montrent que le Mediator a été testé sur des êtres humains comme coupe-faim, contrairement à ce que le laboratoire a jusqu'ici affirmé.

La perquisition dans les locaux de Servier a apporté la preuve que le laboratoire a bien testé sur des êtres humains son médicament Mediator comme coupe-faim, selon Le Journal du dimanche . L'entreprise avait jusqu'à présent toujours nié avoir effectué de telles recherches. L'hebdomadaire cite des extraits sans ambiguïté de trois rapports médicaux réalisés entre 1968 et 1973, dont il a obtenu copie.

«Le 780 SE (ou Mediator) peut être considéré comme un anorexique des plus satisfaisants et mérite d'être retenu comme adjuvant des plus précieux dans le traitement de l'obésité», indique l'un de ces rapports, rédigé en septembre 1971 après des essais sur 64 personnes obèses. «L'introduction de ce produit nous paraît un progrès certain dans la thérapeutique de l'obésité», attestait un an et demi plus tard un autre rapport, après expérimentation sur 31 sujets.

Dès 1968, un premier document du même type évoquait «62,5% d'excellents résultats» dans des «cures d'amaigrissement» réalisées «grâce à cet anorexique». Me Hervé Temime, l'avocat du patron fondateur du laboratoire Jacques Servier, réagit dans l'hebdomadaire en interrogeant: «Dans les années 1970, si le groupe Servier avait eu entre les mains un coupe-faim d'une telle efficacité, pourquoi ne l'aurait-il pas mis sur le marché?» «Ces produits n'étaient frappés d'aucune interdiction à l'époque, bien au contraire», ajoute-t-il.

Un témoignage accablant

Ces informations du JDD confirment un témoignage qu'avait publié LeFigaro dès septembre 2011. Une femme médecin, gynécologue, raconte dans une lettre comment, en toute confiance, elle a prescrit le Mediator comme coupe-faim et se l'est également administré à elle-même: «Pendant des années, le laboratoire Servier envoyait plusieurs fois par an leur déléguée médicale vanter l'indication majeure du Mediator et son efficacité dans l'excès pondéral ; et dans la foulée, très généreusement, elle laissait un bon nombre de boîtes d'échantillons gratuits à distribuer. J'avoue en avoir pris, comme toutes les femmes, ayant à l'approche des beaux jours 3 à 5 kilos à perdre, et ce pendant des années. Et là où le bât blesse, c'est qu'en toute confiance, convaincue de l'efficacité et de l'innocuité de cette indication promue par la déléguée du laboratoire Servier en personne, je l'ai aussi prescrit à mes patientes pendant des années.»

Le Mediator, qui contient une molécule coupe-faim, le benfluorex, a été indiqué pendant trente ans, d'abord contre l'excès de graisses du sang, puis comme traitement adjuvant chez les diabétiques en surpoids, avant d'être retiré du marché fin 2009. Il a en fait été largement prescrit pour maigrir. Utilisé par cinq millions de personnes en France, ce médicament est à l'origine de graves lésions des valves cardiaques et pourrait être responsable d'au moins 500 à 2000 décès. Un premier procès pénal dans cette affaire se tiendra du 14 mai au 6 juillet devant le tribunal correctionnel de Nanterre.

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 10:11

 

«17 tonnes [de mercure dentaire] sont placées chaque année dans la bouche des Français», dénoncent Michèle Rivasi, députée européenne (EE-LV), André Cicolella (chercheur), André Picot et Marie Grosman (experts) ainsi que Charlie Brown, André Lefranc, représentants d'associations engagées contre l'utilisation de «ce matériau très toxique». Selon eux, «l’Afssaps semble ici avoir choisi de défendre les intérêts privés d’une corporation plutôt que ceux de santé publique».

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Après le Mediator, l’actualité récente a braqué ses projecteurs sur deux nouveaux scandales de santé: les prothèses PIP à base de silicones industrielles, qui présentent un taux de fuites et de ruptures élevé; et les prothèses de la hanche contenant du chrome et du cobalt, accusées de présenter des risques liés à la libération d’ions métalliques toxiques. Ces deux produits sont des dispositifs médicaux et, à ce titre, ils ne sont soumis à aucune autorisation de mise sur le marché (AMM). Ils sont donc implantés dans l’organisme sans avoir subi de tests toxicologiques adaptés.

Les matériaux dentaires sont aussi des dispositifs médicaux, implantés dans toutes les bouches. Le plus ancien et le plus fréquent d’entre eux est l’amalgame dentaire, couramment dénommé plombage, bien qu’il ne contienne aucune trace de plomb: des dizaines de millions de Français en portent. Peu d’entre eux pourtant savent qu’il est constitué pour moitié de mercure, métal hautement toxique. S’ils étaient soumis avant leur mise sur le marché à des études toxicologiques, comme le sont les médicaments et les pesticides, jamais les amalgames n’obtiendraient leur AMM: le mercure inorganique, sous ses différentes espèces chimiques, est en effet neurotoxique, néphrotoxique, immunotoxique, mais aussi génotoxique et perturbateur endocrinien. Certaines espèces chimiques du mercure sont classées cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR), c’est-à-dire dangereuses pour notre génome et la reproduction. Ses propriétés et sa capacité à s’accumuler dans l’organisme tout au long de la vie, notamment dans le cerveau, expliquent qu’on l’ait peu à peu interdit dans une majorité de produits et procédés industriels.

Une réunion déterminante le 26 mars à Bruxelles

Dans le but d’abaisser drastiquement l’exposition des Européens à ce métal et à ses composés, l’Union européenne (UE) a adopté en 2005 une stratégie communautaire sur le mercure, qui est en cours de révision. Elle organise le 26 mars 2012 à Bruxelles une réunion qui sera déterminante pour l’avenir de l’amalgame dentaire. Les parties prenantes s’appuieront sur une «étude sur le potentiel de réduction de la pollution au mercure des amalgames dentaires et des piles» publiée le 5 mars dernier par une société d’expertise environnementale, Bio Intelligence Service (Biois). L’étude préconise la sortie de l’amalgame de l’UE entre 2013 et 2018. Elle rappelle que les plombages sont de loin les principaux contributeurs à la charge corporelle en mercure, qu’ils sont soupçonnés d’être impliqués dans la survenue de maladies neurologiques dont la maladie d’Alzheimer, des pathologies auto-immunes, des malformations de la descendance etc., et que les assistantes dentaires qui les manipulent peuvent en subir les conséquences. Le rapport insiste sur la pollution environnementale: les déchets d’amalgames européens représentent environ 50 tonnes/an, et contribuent fortement à la contamination de l’air, des eaux et du sol. Il affirme enfin que des alternatives efficaces et abordables sont disponibles et que leur longévité dépasse souvent celle des amalgames. Ce rapport fait suite à celui du Conseil de l’Europe (mai 2011) qui recommandait aussi d’en finir avec l’amalgame.

Si la Commission européenne suit la préconisation des experts de BIOIS et programme la sortie de l’amalgame, ce sera aussi la position de l’UE dans les négociations du traité international sur le mercure qui aboutiront à la Convention de Minamata en 2013. Cela signifiera la fin de l’amalgame dans le monde, puisque la plupart des pays se sont déjà prononcés en ce sens lors de la précédente session de négociation du traité (à Nairobi, en novembre 2011).

L’expertise de Biois met en lumière des données accablantes pour la France. Alors que les autres pays européens en ont fortement réduit l’usage, la France détient le triste record de la plus forte consommation de mercure dentaire: 17 tonnes sont placées chaque année dans la bouche des Français –un tiers du volume utilisé au niveau européen! L’Allemagne, qui compte 16 millions d’habitants de plus, en utilise six fois moins et l’Italie quasiment plus. La Norvège, le Danemark et la Suède ont interdit l’amalgame entre 2008 et 2009 et dix-huit pays sur 27 consomment moins d’une tonne de mercure par an.

Comment expliquer que la France s’accroche désespérément à ce matériau très toxique et parfaitement obsolète ? Ainsi c’est le seul pays à s’être opposé, par un avis officiel envoyé en 2010 à la CE, à l’arrêt programmé de l’amalgame, affirmant que cela mettrait en danger la santé de la population.

Un intense lobbying pour retarder l'interdiction des amalgames

La Fédération Dentaire Internationale (FDI), qui rassemble les associations dentaires nationales et qui est largement financée par les fabricants, pratique depuis des années un intense lobbying pour retarder l’interdiction des amalgames. Elle a même créé un groupe, le «Dental Amalgam Task Team», pour peser en ce sens sur les négociations internationales. Toutes les instances dentaires affiliées à la FDI campaient sur cette position; mais les instances françaises (Conseil de l’Ordre des dentistes et Confédération nationale des syndicats dentaires) ont de toute évidence bénéficié de la grande complaisance des autorités sanitaires, avant tout de celle de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), en charge des dispositifs médicaux. Ainsi, depuis la création de l’Agence, l’expert officiel chargé de ce dossier, un odontologiste dont la déclaration  publique d'intérêts indique qu’il est rémunéré par le fabricant de matériaux dentaires Septodont, avait aussi un poste important à la FDI. Il a toujours affirmé contre l’évidence qu’aucune étude scientifique n’avait pu montrer que les amalgames présentaient le moindre risque.

En fait, le dossier du mercure dentaire illustre tragiquement l’incurie de nos instances sanitaires. Pourtant, elles savaient: le lanceur d’alerte français sur ce dossier, le regretté médecin épidémiologiste Jean-Jacques Melet et l’association Non au mercure dentaire qu’il a fondée, ont, depuis 2001 vainement alerté l’Afssaps, la Direction de la santé, les ministères de la santé et de l’environnement… sans infléchir les positions officielles.

L’Afssaps semble ici avoir choisi de défendre les intérêts privés d’une corporation plutôt que ceux de santé publique, et ceci est très grave. Conséquences: les Français sont de loin les Européens les plus contaminés par le mercure (les porteurs de plusieurs amalgames ont en moyenne dix fois plus de mercure dans leur cerveau que ceux qui ont peu de plombages), y compris les enfants pour lesquels l’amalgame est officiellement le meilleur matériau d’obturation des caries. Des autopsies ont pourtant démontré que la quantité de mercure dans le cerveau des nourrissons est proportionnelle au nombre d’amalgames maternels. Notre environnement est aussi durablement pollué par ce métal qui se concentre fortement dans les chaînes alimentaires aquatiques, limitant la consommation pour la femme enceinte de certains gros poissons carnivores comme le thon ou l’espadon. Les dentistes et leurs assistantes auront été pendant des années en Europe les personnels les plus exposés au mercure, et en paient sans aucun doute un lourd tribut. Pourtant la reconnaissance de maladies professionnelles est très difficile en France, malgré un rapport de l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) de 2003 qui mettait l’accent sur celles-ci, resté jusqu’à présent sans suite.

Le principe de prévention, celui mis en défaut ici compte tenu de l’importance du corpus scientifique, n’a jamais été appliqué. Les alertes citoyennes ont été ignorées ou contournées, les expertises officielles ont été biaisées et entachées de conflits d’intérêts… Les actions en justice sont systématiquement entravées: madame la juge Bertella-Geffroy a été dessaisie fin 2010 de l'instruction du premier procès au pénal concernant les amalgames dentaires.

Les scandales à répétition montrent l’urgence de repenser complètement notre système de santé et de mener, après la révolution pasteurienne, la révolution toxicologique: assurer l’indépendance et la probité des autorités de veille sanitaire; abaisser autant que possible l’exposition de la population aux substances toxiques; passer d’une médecine résolument curative à un système de santé fondé sur la prévention des maladies; former les médecins au diagnostic et au traitement des pathologies induites par la profusion des risques émergents… Car interdire les amalgames demain ne suffira pas à guérir les personnes intoxiquées: il faudra encore que la médecine cesse de leur fermer ses portes en les refoulant par méconnaissance vers les psychiatres.

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 10:06

Dans son numéro d'avril 2012, Sciences et Avenir enquête sur le retard français dans la prise en charge de l'autisme et le rôle joué par la psychanalyse. Décryptage de ce dossier avec Franck Ramus, directeur de recherches au CNRS.

 
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Au centre Albert Camus pour jeunes autistes de Villeneuve d'Ascq, en France. ( BAZIZ CHIBANE/SIPA)

Au centre Albert Camus pour jeunes autistes de Villeneuve d'Ascq, en France. ( BAZIZ CHIBANE/SIPA)
Sur le même sujet


Que la France ait déclaré l’autisme "Grande Cause nationale 2012" ne peut suffire à dissimuler le fait que notre pays traite bien mal les personnes porteuses de ce handicap. En cause, un diagnostic et une prise en charge confiés en majorité à des psychanalystes, alors que partout ailleurs dans le monde ce sont des professionnels formés aux méthodes comportementales et éducatives qui s’en occupent. Une exception française que la Haute autorité de Santé (HAS) a critiquée dans son dernier rapport.

Alors que le numéro d’avril (n°782) de Sciences et Avenir consacre une enquête de 6 pages à ce scandale sanitaire, décryptage avec Franck Ramus, directeur de recherches au CNRS, au Laboratoire de sciences cognitives et psycholinguistique de l’Ecole Normale Supérieure, pour Sciences et Avenir.fr.

 

S&A: La psychanalyse reste-t-elle fortement ancrée en France ?

Franck Ramus: Je mène des recherches sur les causes de certains troubles du développement de l'enfant: dyslexie, trouble du langage, et autisme. A ce titre, je suis au contact de médecins, de psychologues, de parents et d’associations de parents, et tous les retours que j'ai de la réalité sur le terrain confirment que la psychanalyse est encore très dominante en France. Bien sûr, la réalité n’est pas d’un seul bloc, elle est plus contrastée. Les psychanalystes, en tout cas ceux qui s’expriment le plus sur la question, jurent que les vieilles hypothèses n’ont plus cours. Celles-ci, s’appuyant sur la mise en cause des parents, et tout particulièrement de la mère, dans la maladie de leur enfant, ont été abandonnées depuis des décennies par tous les chercheurs et scientifiques pour qui l’autisme est un trouble neurodéveloppemental à forte composante génétique. Pourtant, à entendre certains parents, sur le terrain, la culpabilisation est toujours de mise et rien n’a changé [lire des témoignages]. Les psychanalystes ont beau jurer que leurs théories et leurs pratiques thérapeutiques ont évolué, on peut douter qu’il en soit vraiment ainsi.

 

S&A: Qu’est-il reproché à la psychanalyse ?
Franck Ramus: En tant que chercheur, je suis évidemment un partisan de l’évaluation scientifique et je ne reconnais que les thérapies dont l’efficacité a été prouvée. En clair, la médecine fondée sur des preuves [voir le manifeste du KOllectif du 7 janvier, ndlr]. Il est nécessaire qu’un débat ait lieu sur le fond. Certains psychanalystes semblent ouverts à une évaluation de leurs pratiques. La CIPPA (Coordination Internationale entre Psychothérapeutes Psychanalystes s’occupant de personnes avec Autisme), par exemple, affiche une position d’ouverture dans le paysage psychanalytique. Je lui ai envoyé une série de questions précises sur les théories et les pratiques psychanalytiques dans le but de clarifier ses positions, et j’espère que cet esprit d’ouverture se traduira en actes et qu’elle y répondra. Mais d’autres psychanalystes s’opposent farouchement à toute évaluation scientifique de leurs pratiques thérapeutiques [1]. Difficile, dans ce cas, de juger de leur efficacité. Difficile aussi de ne pas soupçonner que cette rhétorique anti-évaluation ne soit qu'une tentative de dissimuler des pratiques tout simplement médiocres.

 

S&A: L’autisme est-il le seul trouble du développement concerné ?
Franck Ramus: Il n’y a pas que les autistes à souffrir de cette situation. Les enfants avec des troubles spécifiques des apprentissages (par exemple dyslexiques) et leurs familles, ont été victimes des mêmes pratiques et des mêmes théories psychanalytiques [2] : Mère trop distante ou trop fusionnelle, absence de « désir de parler ». Bien sûr, depuis le rapport Ringard en 2000 sur l’enfant dysphasique et dyslexique et la création de centres référents pour les troubles du langage, les bonnes pratiques se sont diffusées. Toutefois, on observe encore des dérives et notamment dans certains centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP) où les enfants sont souvent pris en charge selon une grille de lecture uniquement psychanalytique, où aucun diagnostic n’est posé ni aucune rééducation proposée. C’est encore un énorme gâchis alors que la dyslexie concerne 5% de la population. Comme pour l’autisme, l’origine est neurodéveloppementale avec une composante génétique estimée à 50% et la psychanalyse n’a aucune compétence pour s’en occuper. Lorsque l'enfant présente aussi des troubles psychologiques (ce qui n'est pas rare), une prise en charge psychothérapique peut être indiquée, mais il faut que celle-ci soit efficace, donc évaluée. 

Plus généralement, il y a lieu d'élargir le débat à toutes les autres pathologies mal traitées (pour ne pas dire maltraitées) par la psychanalyse. Je pense aux personnes souffrant de dépression, de trouble anxieux ou de trouble obsessionnel compulsif, dont le seul parcours de soin se résume trop souvent au divan du psychanalyste, ou d'un autre professionnel aux pratiques inspirées majoritairement par la psychanalyse. Ou encore aux personnes souffrant d'un trouble bipolaire qui ne sont correctement diagnostiquées que 8 ans en moyenne après l'apparition des premiers symptômes [3]. Ces retards au diagnostic ont des conséquences dramatiques sur la vie de ces personnes.

 Autisme, un scandale français: une enquête à lire dans le numéro d'avril, en kiosque ce jeudi 28 mars.


S&A: 
D’un autre côté il est reconnu que les prescriptions de psychotropes sont trop importantes en France…
Franck Ramus: Les psychanalystes clament souvent qu’ils sont la seule alternative aux psychotropes. C'est faux. D'une part, les psychiatres psychanalystes en prescrivent autant que les autres. D'autre part, s'il est vrai que les Français détiennent le record de la consommation de psychotropes, c'est précisément parce que l'offre de soins de psychothérapies efficaces est indigente en France. Les psychotropes sont prescrits majoritairement par des médecins généralistes insuffisamment formés à ce sujet et ayant peu d'alternatives valables à proposer. Mais des psychothérapies efficaces et validées scientifiquement existent [4], il faut que les professionnels s'y forment

Psychanalystes ou pas, les psychiatres et les psychologues obéissent à leurs codes de déontologie respectifs [5]. L'un comme l'autre exige l'actualisation régulière des connaissances et l'adoption de pratiques thérapeutiques validées scientifiquement. Il est essentiel qu'ils s'y conforment, et qu'ils adoptent donc tous sans réserve le principe de la médecine fondée sur des preuves. Quant aux psychanalystes qui n'ont aucun diplôme universitaire pertinent, ils ne devraient tout simplement pas être autorisés à traiter des personnes malades.

propos recueillis par Hervé Ratel
Sciences et Avenir.fr
29/03/12

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 12:27

Prescrire publie une analyse critique et détaillée de la nouvelle loi française relative au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé, promulguée en décembre 2011.

La nouvelle loi française sur le médicament est très en retrait par rapport aux recommandations des différentes missions officielles et des Assises du médicament. Les avancées potentielles en termes de transparence et de gestion des conflits d'intérêts, de transparence des processus d'expertise et de décision, d'encadrement des dispositifs médicaux et d'études post-commercialisation restent à concrétiser.

De nombreuses incertitudes sont à combler par des décrets mettant vraiment en avant la protection des patients et la santé publique.

  • La question-clé de la gestion des conflits d'intérêts des experts n'est pas précisée dans la loi. La diffusion d'un compte rendu intégral des réunions de l'Agence du médicament n'est pas garantie par la loi.
  • La publication des avantages liant les firmes à de nombreux acteurs est bienvenue. Mais son intérêt pratique est limité par l'absence de centralisation des données, bénéficiaire par bénéficiaire, et par l'existence d'un seuil minimal des avantages à déclarer.
  • L'Agence française du médicament aura la possibilité de demander des essais comparatifs avant les autorisations de mise sur le marché qu'elle délivre, sans pouvoir les imposer.
  • Le caractère remboursable des médicaments est lié à l'existence d'études comparatives, mais selon une formulation floue qui n'en garantit pas la pertinence.
  • Le contrôle des autorisations temporaires d'utilisation comporte trop de dérogations.
  • Le contrôle de la visite médicale à l'hôpital a été vidé de sa substance par les députés.
  • Des études en santé publique sont prévues à partir des données de l'Assurance maladie, mais les conditions de leur mise en place risquent d'en limiter la diversité.
  • Les dispositifs médicaux seront mieux encadrés, notamment dans les établissements de santé, mais on est encore loin d'une évaluation clinique et d'une autorisation de mise sur le marché.
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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 09:45

Les enfants « dys » (dyslexie, dysclaculie, dysphasie, dyspraxie, dysorthographies...) sont aussi victimes de la psychanalyse, a fait savoir la Fédération française des Dys dans un communiqué dans lequel elle salue les progrès sur le point de se réaliser en ce qui concerne la prise en charge de l'autisme, notamment grâce au documentaire Le mur et à l'exposition médiatique qui a suivi.

Mais les enfants autistes ne sont pas les seules victimes de la psychanalyse, dit la fédération. Les enfants avec des troubles spécifiques du langage ou des apprentissages et leurs familles ont été victimes des mêmes théories et des mêmes pratiques psychanalytiques "totalement dépassées, réfutées scientifiquement, et inefficaces, que les enfants autistes", expose-t-elle.

Ces théories ont été les seules considérées par beaucoup de psychanalystes qui ont pris en charge des enfants dys.

"Aujourd’hui encore, on compte de nombreux enfants dys en situation d’errance diagnostique et/ou thérapeutique, notamment dans les Centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP). Ces enfants sont souvent pris en charge suivant une grille de lecture exclusivement psychanalytique, sans diagnostic pluridisciplinaire, sans rééducation adaptée, à l’encontre de toutes les recommandations scientifiques et médicales, françaises et internationales. Lorsqu’ils sont finalement diagnostiqués et pris en charge d’une manière adéquate, il est souvent bien tard, beaucoup d’années de scolarité ont été perdues, et au fil des années de nombreuses difficultés se sont superposées au trouble initial: échec scolaire, perte d’estime de soi, troubles psychologiques, conflits familiaux… Il est temps que cesse cet immense gâchis."

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 17:04

   

 

©AFP / Joel Saget
 

François Fillon a chargé jeudi Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités, d'engager l'élaboration d'un nouveau plan autisme, décrété Grande cause nationale 2012, qui doit notamment permettre à la France de poursuivre le rattrapage de son retard en matière de prise en charge.

Le Premier ministre a reçu jeudi matin à Matignon le collectif d’associations "Ensemble pour l’autisme", avant d'appeler dans un discours à "un sursaut collectif et une mobilisation nationale pour changer notre regard" sur l'autisme, qui touche entre 300.000 et 500.000 personnes en France.

Le label "Grande cause nationale" permet notamment à des associations qui souhaitent organiser des campagnes faisant appel à la générosité publique, d’obtenir des diffusions gratuites sur les radios et les télévisions publiques.

"J'ai pu entendre que le choix de cette thématique était +risqué+ et que les distinctions parfois subtiles dans les modes d'appréhension de l'autisme faisaient que cette maladie ne se prêtait pas vraiment à une démarche du type +Grande cause nationale+", a souligné M. Fillon. "Nous avons tenu bon parce que nous pensons exactement le contraire", a-t-il ajouté, appelant à la mobilisation pour combattre "les préjugés" qui perdurent au sujet de l'autisme.

Outre la réactivation du Conseil national de l'autisme, le chef du gouvernement a chargé Mme Bachelot d'engager l'élaboration d'un nouveau plan, après le plan 2008-2010 qui n'a pas atteint tous ses objectifs en terme de créations de places.

Ce nouveau plan "devra continuer l'effort de rattrapage sur le déploiement de nouvelles structures de prise en charge", a prévenu M. Fillon, fixant comme autre priorité l'intensification de "l'effort de recherche".

Il a également relevé qu'en matière d'accueil scolaire, les crédits de l'Education nationale passeraient de 350 à 450 millions d'euros l'année prochaine.

M. Fillon a par ailleurs critiqué sans la citer la méthode controversée du packing (enveloppement dans des linges froids) chez les enfants autistes, qui s'est développée depuis les années 80.

"Nul ne peut accepter qu'aujourd'hui en France perdurent des traitements qui ne seraient pas respectueux de la dignité et des droits de la personne", a mis en garde M. Fillon. Le Défenseur des droits, Dominique Baudis, devra "veiller de près" à cette question, a-t-il indiqué.

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:59

 

C’est l’histoire de l’arroseur arrosé dans cet article. Les « experts » psychiatres se plaignent de leur quantité de travail, de la malfaçon dont ils peuvent le faire mais regardent-ils seulement la manière dont ils traitent habituellement leurs patients ?
La psychiatrie veut être omniprésente et quand cela lui est donné elle crie haut et fort que c’est un scandale. Mais de qui se moque-t-on ?
Des expertises faites par des non psychiatres seront certainement aussi bien faites si ce n’est mieux que par des psychiatres car ceux-ci (les non psychiatres) n’auront peut-être pas la même manière de voir que ces soi-disant médecins de l’âme.
Les « experts » au cours d’une « expertise » ne peuvent pas donner de médicaments, donc ils perdent de l’argent et par conséquent ils ne veulent pas faire leur travail.
Mettre le nez régulièrement dans leurs contradictions et leurs erreurs est peut-être un bon moyen de faire en sorte que les Français s’aperçoivent enfin que lorsqu’ils ont un psychiatre en face d’eux ils ont affaire à un charlatan (pour ne pas trop forcer le trait).

 

Justice : l’expertise psychiatrique en péril

Pas du tout convaincus par les propositions du projet de loi sur l’exécution des peines voté par l’Assemblée nationale, le 17 janvier 2012, et en cours d’examen au Sénat, les psychiatres experts judiciaires dénoncent la dangereuse dégradation des conditions de leur exercice.

C’est moins le diagnostic à l’origine des mesures du projet de loi qui est contesté par les psychiatres experts auprès des tribunaux, que le traitement choisi par le gouvernement.
En effet, l’étude d’impact réalisée pour orienter le législateur pointe à juste titre une « augmentation du nombre d’expertises psychiatriques sur des auteurs d’infraction pénales » évaluée à plus de 149 % entre 2002 et 2009. Une hausse d’autant plus inquiétante qu’il y a de moins en moins de spécialistes pour les réaliser : sur la même période, leur charge serait passée de 61 expertises par an à 151. Et le législateur d’en déduire plusieurs mesures en cours d’examen au Sénat, comme le recours aux internes en psychiatrie, l’amélioration de l’indemnisation pour les psychiatres non-hospitaliers ou encore le moindre recours à la double expertise médicale spécialisée, en faisant seulement appel à un psychologue pour le deuxième avis.

Des expertises réalisées… par des non experts

« Je ne suis pas certain de l’exactitude de leurs statistiques », constate d’abord le Dr Gérard Rossinelli, président de l’Association nationale des psychiatres experts judiciaires (Anpej). « Mais la situation est réellement très inquiétante. Faute d’être assez nombreux pour répondre à la multiplication des sollicitations, la majorité des expertises est désormais réalisée par des non experts ! », poursuit-il, citant des exemples où le parquet a fait appel à un médecin légiste, voire à un psychologue…
Ces difficultés tiennent à l’addition de lois impliquant toutes davantage cette expertise. La loi Guigou de 1998, par exemple, l’a rendue obligatoire pour toute personne suspectée d’infraction sexuelle dès le début de la procédure. « Nous devons alors établir un pronostic sur l’individu, c’est-à-dire prédire ce qu’il est susceptible de faire, explique le Dr Rossinelli. « Il faut aussi établir sa responsabilité pénale en réalisant un diagnostic clinique… le tout sur un coin de table pendant la garde à vue !!! C’est en fait un mépris de l’expertise qui exige normalement du recul. » Il lui arrive donc souvent de refuser de répondre dans l’immédiat et de demander un second temps d’évaluation. « Mais dans le contexte de pénurie actuelle, le jeune psychiatre de garde, non expert, sollicité en urgence par le procureur, n’ose pas le faire ! », s’inquiète-t-il.
Idem pour les différentes lois destinées à prévenir les récidives qui exigent l’avis des psychiatres pour décider d’une libération conditionnelle ou de la mise en place d’un bracelet électronique. Ils orientent alors par exemple d’éventuelles mesures de surveillance et définissent la nécessité ou non d’une injonction de soins psychiatriques à la sortie de la prison. Autrement dit, leur place est cruciale dans la sécurisation du suivi des anciens détenus. Ce qui se traduit aujourd’hui par le blocage d’un très grand nombre de situations faute d’experts disponibles.

A Roanne, Céline Reimeringer de l’Observatoire international des prisons (Oip) déplore ainsi des permissions de sortie suspendues des mois, alors qu’elles permettent « le maintien des liens familiaux, un rendez-vous en vue d’une formation ou d’un emploi, autant d’éléments qui participent à la réinsertion » (AFP). Tout conduit donc à l’effet inverse du progrès recherché par la loi.

Comment débloquer la situation ?

« Certainement pas avec les mesures conçues par le gouvernement dans son projet de loi », selon le Dr Rossinelli. « Ils veulent confier l’expertise à de jeunes internes en psychiatrie, alors même qu’elle exige une certaine maturité ! Quant à essayer d’attirer davantage de confrères libéraux en faisant passer l’indemnisation de 257,25 euros à 527,25 euros, j’ai des doutes », poursuit-il. Car le rythme judiciaire est assez incompatible avec celui d’un cabinet de ville : impossible d’annuler brutalement toute une journée ou une demi-journée de rendez-vous pour aller réaliser une expertise. » Il s’inquiète enfin du renoncement à l’examen par deux psychiatres différents pour les cas les plus complexes proposé par le texte actuellement examiné par le Sénat.
Pour le président de l’Anpej, mieux vaudrait essayer de freiner le découragement croissant des psychiatres publics. « Traditionnellement, nos connaissances dans le domaine des conditions d’internement nous ont conduit à réaliser les expertises. Mais comme elles deviennent de plus en plus difficiles à pratiquer et qu’en cas de récidives nous sommes les premiers bouc émissaires, plusieurs collègues se retirent désormais », regrette-t-il.
Avant de créer une nouvelle loi pour tenter de pallier les effets pervers des précédentes, un toilettage législatif serait ainsi plus efficace. Il permettrait de redéfinir le recours aux psychiatres experts pour qu’ils puissent réellement contribuer à un meilleur exercice judiciaire et ainsi, à une amélioration de la sécurité de tous.

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 15:44

Les causes profondes des erreurs médicales sont très partagées. D’après l’Enquête Nationale sur les évènements indésirables associés aux soins dans les établissements de santé, "dans environ un quart des cas, ont été citées les défaillances humaines des professionnels, la supervision insuffisante des collaborateurs et la communication insuffisante entre professionnels".

A un moindre degré, on trouve également des infrastructures inappropriées (17,2 %), une composition inadéquate des équipes (16,1 %), une mauvaise définition de l’organisation et de la réalisation des tâches (12,6 %) et un défaut de culture qualité (8%).

En clair, des antécédents médicaux non signalés à un nouveau médecin, un personnel insuffisant, des négligences, un matériel en mauvais état… la liste est longue !

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 10:07
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Le volume des ventes de médicaments génériques a baissé de 3% en France en 2011, une première pour le secteur depuis son lancement en 2009 et malgré de nombreuses chutes de brevets l'an dernier, a annoncé mardi le Gemme, qui réunit les industriels du générique.

Les fabricants de génériques ont vendu 614 millions de boîtes en 2011, a indiqué le Gemme (Générique, même médicament) dans un communiqué. Les ventes étaient de 630 millions de boîtes en 2010, année qui avait connu une croissance de 6%.

"Malgré les nombreuses échéances brevetaires en 2011 qui auraient dû augmenter le volume des boîtes, on est en régression, donc le recul est quand même majeur" et "cette évolution du marché nous alerte", a déclaré à l'AFP Catherine Bourrienne-Bautista, déléguée générale du Gemme.

En valeur, le marché du générique a cependant connu une hausse de 3% à 2,647 milliards d'euros.

Le médicament générique a représenté en 2011 près de 24% du marché pharmaceutique remboursable en volume et 13,5% en valeur.

"Il faut redynamiser le marché du générique", estime Mme Bourrienne-Bautista. Elle relève que la part de 24% du générique en France est la moitié de ce qu'elle est dans des pays comme l'Allemagne, les Pays-Bas ou la Grande-Bretagne.

Selon le Gemme, le médicament générique a "souffert en 2011 de l'environnement de défiance par rapport au médicament en général" ainsi que "des nombreux déremboursements" et "du retrait du marché de certaines spécialités".

Pour expliquer la baisse en 2011, la fédération pointe aussi le "développement de l'usage de la mention +non substituable+ sur les ordonnances". Le taux de substitution de médicaments de marques par des génériques est ainsi "passé en 2011 sous le seuil des 70% après avoir atteint plus de 80% en 2009", relève l'association.

Dans ce contexte, l'année 2012 se présente comme une échéance "majeure", juge Mme Bourrienne-Bautista. Les médicaments dont les brevets vont tomber représentent en effet un chiffre d'affaires de plus de 1,5 milliard d'euros cette année.

Les médecins "jusqu'à présent ont eu un rôle assez faible dans le développement du générique qui a surtout été porté par le pharmacien et son droit de substitution", estime la déléguée générale du Gemme. "C'est l'acteur avec lequel il faut travailler, en plus du patient qui doit être sensibilisé", ajoute-t-elle.

"Tout point (de part de marché) gagné, ce sont des économies potentielles pour l'assurance-maladie", fait-elle valoir.

Le Gemme a chiffré l'économie générée par les médicaments génériques par rapport aux marques à "près de 2 milliards" en 2011, après 1,8 milliard l'année précédente.

Les économies progressent grâce à la fois à des chutes de brevets sur des produits plus chers et aux mesures de baisse sur les génériques. Ceux-ci restent aujourd'hui moins chers de 55% à 60% que les médicaments princeps qu'ils reproduisent.

Pour dynamiser le marché du générique, le Gemme préconise notamment "une large campagne de communication institutionnelle", d'"augmenter la prescription au sein du répertoire" des génériques, de "renforcer la réglementation du +non substituable+" et d'"élargir le répertoire aux sprays et antiasthmatiques".

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 17:31

 

Si les chiffres varient autant, c'est pour beaucoup de spécialistes la preuve que le suicide des enfants reste encore largement méconnu. Sa "dimension taboue" dans nos sociétés freine encore son étude, selon Richard Delorme.

En la matière, le rapport Cyrulnik "a été une grande première", affirme la secrétaire d'Etat à la jeunesse, Jeannette Bougrab. Si le suicide chez les adolescents, deuxième cause de mortalité entre 15 et 24 ans, est devenu au fil des ans un véritable enjeu de santé publique, le suicide des enfants est resté longtemps sujet de "déni", selon la secrétaire d'Etat. "Avoir admis qu'il y avait un problème, c'est déjà la première étape", affirme-t-elle.

Aujourd'hui, certaines approches systémiques cherchent à expliquer ces actes suicidaires commis dès le plus jeune âge. Plusieurs pistes sont évoquées, notamment l'appauvrissement sensoriel de l'environnement du nouveau-né, la question des "violences éducatives", des agressions… Sans être la cause directe du suicide, tous ces éléments contribuent, selon Boris Cyrulnik, à créer chez l'enfant un "affolement mortel qui le submerge à la moindre émotion forte".

A lire : "Beaucoup d'enfants croient que le suicide va être une solution", chat avec Boris Cyrulnik

 

Jeannette Bougrab et Boris Cyrulnik, le 29 septembre à Paris.

Jeannette Bougrab et Boris Cyrulnik, le 29 septembre à Paris. AFP/MICHEL GANGNE

Pour Richard Delorme, il n'en demeure pas moins que "ces observations restent très empiriques." "La forme particulièrement violente que prennent les suicides des enfants reste encore difficilement compréhensible", souligne-t-il notamment.

"Même si un certain nombre de remarques [du rapport Cyrulnik] semblent pertinentes, elles ne reposent pas sur une véritable observation scientifique systématique, qui manque encore pour mieux comprendre les choses et éviter de tomber dans l'affectif", souligne le médecin, qui en appelle à la création d'un observatoire sur le phénomène.

PRÉCONISATIONS À DESTINATION DES POUVOIRS PUBLICS

Boris Cyrulnik a lui aussi dressé dans son rapport une série de préconisations à destination des pouvoirs publics pour mieux prévenir le suicide des enfants. Un effort qui se mène dès la naissance, avec notamment "l'allongement des congés parentaux" pour garantir une "présence renforcée lors des dix premiers mois cruciaux de la vie".

La prévention passe aussi par une formation spécifique des métiers de la petite enfance, une "modification du rythme scolaire", une lutte active contre le harcèlement scolaire et le développement des associations et clubs qui permettent à l'enfant d'étoffer l'environnement social et de trouver d'autres référents que sa famille.

Quatre mois après la remise de ce rapport, Jeannette Bougrab affirme que "le dossier n'est pas tombé aux oubliettes". "Pour la première fois, le suicide des enfants a été pris en compte dans le programme national d'actions contre le suicide [PDF]", lors d'une réunion interministérielle qui s'est tenue lundi 6 février, se félicite la secrétaire d'Etat.

"CAMPAGNES ADAPTÉES AUX ENFANTS "

Jeannette Bougrab affirme que des mesures seront prises sur le sujet après des consultations avec le ministère de l'éducation nationale, de la santé, des professionnels du secteur, mais aussi des associations qui luttent pour la prévention du suicide. "Aujourd'hui, l'important, c'est de dire qu'il faut que nous soyons tous acteurs de cette prévention", affirme Jeannette Bougrab. "Cela passe notamment par des outils de communication que nous sommes en train de concevoir pour développer des campagnes adaptées aux enfants et aux adultes sur le sujet", explique ainsi la secrétaire d'Etat.

Une proposition dont se félicite Richard Delorme, pédopsychiatre à l'hôpital Debré. "Toutes les études ont montré que l'information diminuait le risque de passage à l'acte", affirme-t-il, tout en déplorant que "pour l'instant, le manque de moyens empêche toute avancée".

En 1999, Bernard Kouchner avait déjà fait polémique en mettant en place le premier programme de prévention du suicide. A l'époque, beaucoup craignaient "un risque de contamination", rappelle le pédopsychiatre Marcel Rufo. Si l'épreuve des faits a montré une corrélation entre ces campagnes et la baisse du nombre de suicides en France, le médecin met en garde contre "une banalisation du discours suicidaire, qui pourrait apparaître comme une solution pour des enfants vulnérables et inciter à un mimétisme tragique".

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