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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:54
Par figaro icon Martine Perez, figaro icon damien Mascret - le 08/02/2012
Grâce aux neurosciences, des stratégies de soins se dessinent, loin des concepts freudiens totalement dépassés.

Les premières recherches sur l'héritabilité de l'autisme menées dans les années 1970 ont démontré que quand un vrai jumeau est atteint, l'autre a 70 à 90% de risques de l'être aussi, ce taux étant compris entre 5 et 20% pour les faux jumeaux. La base des origines génétiques était jetée, anéantissant les théories psychanalytiques qui faisaient de l'enfant autiste la victime d'un trouble de la communication maternelle. Depuis, plusieurs équipes dans le monde, notamment celle de Thomas Bourgeron en France, ont découvert une centaine de gènes en cause dans cette maladie aux multiples facettes et observé qu'un certain nombre d'entre eux induisaient des altérations de la transmission neuronale au niveau du système nerveux central.

Malgré cette évolution conceptuelle majeure au cours des dernières années, grâce au dynamisme de jeunes chercheurs en génétique et neurosciences, la France reste le dernier bastion des psychanalystes dans le domaine de l'autisme. Des médecins continuent à prendre en charge des enfants malades sur la base de concepts freudiens ou lacaniens. Pour dénoncer cette situation, le député UMP du Pas-de-Calais, Daniel Fasquelle, a déposé fin janvier une proposition de loi visant à «l'arrêt des pratiques psychanaly­tiques dans l'accompagnement des personnes autistes, la généralisation des méthodes éducatives et comportementales et la réaffectation de tous les financements existants à ces méthodes».

«Arrêter de culpabiliser les mères»

Les thérapies comportementales, les stratégies éducatives, les soutiens psychologiques devraient désormais faire partie intégrante des soins, à adapter à chaque enfant souffrant d'autisme. «Mais, en l'absence de données statistiques, si l'on en croit les familles concernées, à tous les guichets où elles se présentent, c'est la psychanalyse qui est mise au premier plan. Cela, parce que ce type de formation est majoritaire dans les cursus des psychologues qui gouvernent la prise en charge des enfants autistes», déplore Franck Ramus, directeur de recherche au CNRS.

Pour le Dr Julie Grèzes, du laboratoire de neurosciences cognitives (Inserm) de l'École normale supérieure, il est plus que temps de tourner la page: «Cela fait vingt ans que l'on sait qu'il y a une racine biologique à l'autisme. Il y a suffisamment d'éléments neuroscientifiques pour arrêter de culpabiliser les mères!» À l'hôpital Robert-Debré (APHP, Paris), le Dr Nadia Chabane, pédopsychiatre spécialiste de l'autisme, est tout aussi catégorique: «L'ensemble des données de la littérature internationale s'accorde sur le fait que les troubles du spectre autistique sont neurodéveloppementaux…» Grâce à l'IRM fonctionnelle, l'équipe du Dr Monica Zilbovicius (psychiatre, Inserm, CEA Orsay) a mis en évidence des anomalies précoces du fonctionnement d'une partie du cerveau de l'enfant autiste: le sillon temporal supérieur.

Une exception française

Or cette région joue un rôle majeur dans la perception des mouvements, du regard, du visage. Ainsi, le Pr Ouriel Grynszpan (La Pitié-Salpêtrière, Paris) travaille avec de nouvelles technologies de stimulation cognitive destinées à aider les enfants autistes à déchiffrer le jeu des expressions faciales subtiles, riches en informations, qui se passent dans la région des yeux. «Nous voulons mettre en place une étude basée sur cet entraînement sociocognitif», a-t-il expliqué il y a quelques semaines lors du colloque annuel du Centre d'expertise national en stimulation cognitive. Là est sans doute la différence fondamentale avec la psychanalyse: dans les neuro­sciences, les hypothèses sont évaluées, corrigées ou abandonnées.

Pourquoi la théorie de l'enfant autiste prisonnier de lui-même à cause de sa mère, popularisée par le psychanalyste Bruno Bettelheim dans «La Forteresse vide», publié en 1967, ne perdure-t-elle qu'en France? La réponse est à chercher d'abord chez les psychanalystes, rétifs à toute évaluation de leur pratique. Beaucoup sont restés sourds à la mise en évidence d'une forte composante génétique de la maladie qui, sans percer le mystère de ses causes, discréditait les modélisations psychanalytiques.

Un milieu psychanalytique hostile

Quelques-uns restent ouverts à cette évolution. Pour la psychanalyste Marie-Christine Laznik, partisane d'une intervention précoce et donc du dépistage des troubles de la communication chez les nourrissons, la cause est entendue: «Bettelheim était complètement à côté de la plaque. Les mères n'ont rien à voir avec l'origine de l'autisme», affirme-t-elle. Une hypothèse qui ne reflète pas forcément les positions d'un milieu psycha­nalytique encore souvent hostile aux techniques éducatives et comportementalistes (Teacch, ABA…), pourtant appliquées avec succès dans de nombreux pays.

En 2007, la revue médicale internationale «The Lancet» s'étonnait de voir une méthode comme le packing (qui consiste à envelopper les enfants dans des linges humides et froids pour leur faire prendre conscience des limites de leur corps) soit utilisée en routine en France sans jamais avoir été testée. En France et nulle part ailleurs! D'autres psychanalystes proposent encore, là aussi uniquement en France, l'éloignement des parents.

La Fondation FondaMental, dirigée par le professeur Marion Leboyer (université de Créteil), a mis en place des programmes de recherche et de prise en charge de l'enfant autiste basés sur les voies ouvertes par la neurobiologie.

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 17:29

LEMONDE | 07.02.12 |

Si les statistiques font défaut, certaines études et le ressenti d'observateurs sociaux sont autant de signaux d'alerte d'une hausse des suicides liés à la crise.

La revue médicale britannique "The Lancet" publiait le 9 juillet 2011 une étude soulignant la forte hausse des taux de suicide en Europe depuis le début de la crise. Dix des 27 pays de l'Union européenne disposent de chiffres pour la période 2007-2009 (ce qui exclut la France), durant laquelle le chômage a cru de 35 % en Europe : dans 9 de ces 10 pays (Autriche exceptée), le taux de suicide a augmenté d'au moins 5 %, alors qu'il diminuait partout avant la crise. La hausse est de 8 % en Grande-Bretagne, de 13 % en Irlande... En Grèce, une étude sur la période 2008-2011 note une hausse de 40 % des suicides.

L'Institut de veille sanitaire (INVS) comparait, en décembre 2011, les tentatives de suicide entre 2005 et 2010, et observait une "tendance à la hausse des tentatives de suicide au cours des douze derniers mois" : 0,5 % des interrogés déclaraient en avoir fait une, contre 0,3 % auparavant. Parmi les premiers facteurs de risque soulignés : le chômage.

SOS amitié reçoit chaque année 11 000 appels liés au suicide. Depuis deux ou trois mois, l'évocation des problèmes liés au travail est de plus en plus fréquente. "Nous avons l'impression d'entrer dans le coeur de la crise. La situation se durcit pour nos appelants, ils sont en souffrance psychique. "

Technologia, cabinet de prévention des risques psychosociaux, a traité 73 crises suicidaires en entreprise ces cinq dernières années. "Depuis 2007, nous constatons une hausse des crises suicidaires", alerte son directeur, Jean-Claude Delgènes, qui remarque une "accélération depuis septembre". "C'est comme si l'eau montait, et qu'on ne la voyait pas monter. (...) La quarantaine de personnes qui travaille pour mon cabinet est assaillie d'exemples. Les avocats nous rapportent des drames liés au surendettement. Les syndicats nous racontent ce dont personne ne parle, ces suicides qui interviennent quelques mois après les plans sociaux, comme chez Moulinex ou Cellatex... "

Si le travail demeure globalement protecteur vis-à-vis de la tentation suicidaire (les chômeurs en précarité se suicident deux fois plus que les actifs employés), "certaines organisations du travail engendrent des stress chroniques, qui peuvent conduire à des dépressions sévères, donc à des possibilités de passages à l'acte". C'est, selon lui, le cas dans le secteur sanitaire et social, aux avant-postes de la crise, où l'on demande toujours plus à des salariés disposant de moins de moyens.

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 17:26

 

 

 

Pour le professeur Michel Debout, il faut imputer à l'augmentation du chômage entre 2008 et 2011 un surcroît de 750 suicides et 10 780 tentatives.

Pour le professeur Michel Debout, il faut imputer à l'augmentation du chômage entre 2008 et 2011 un surcroît de 750 suicides et 10 780 tentatives.D.R.

En trois ans, de la fin 2008 à la fin 2011, la crise économique a accru le nombre de chômeurs de 648 500. Elle a eu un autre impact, plus dramatique mais largement passé sous silence. Un surcroît, durant cette même période, d'environ 750 suicides et 10 780 tentatives de suicide.

Ces chiffres ne sont pas officiels. Ils n'ont pourtant rien de fantaisistes. Ce sont des estimations établies par le meilleur spécialiste en France du suicide, le psychiatre et professeur de médecine légale Michel Debout. Cet ex-membre du Conseil économique et social, qui travaille sur le sujet depuis quarante ans, a créé et présidé quatorze années durant l'Union nationale pour la prévention du suicide (UNPS), organisatrice de la Journée nationale de prévention du suicide - qui se tient cette année le 7 février.

Partant d'une étude de l'Institut national de veille sanitaire rendue publique en décembre 2011, qui chiffre le surtaux de tentative de suicide dans l'année chez les chômeurs (par rapport aux actifs en emploi), le professeur Debout a appliqué ce surtaux, variable selon les sexes, aux chômeurs et chômeuses supplémentaires depuis 2008. Puis a utilisé un facteur de corrélation entre tentatives de suicide et morts par suicide, en tenant compte du sexe et de l'âge. Et obtenu ce chiffre de 750 morts, "prix humain de la crise". "Un chiffre très minoré, complète-t-il, car je ne tiens compte que du facteur chômage. Or la crise a d'autres effets, précarité, surendettement, divorces, qui augmentent aussi le risque de passage à l'acte..."

REDÉMARRAGE À LA HAUSSE

Si le professeur Debout a concocté ses propres statistiques, c'est qu'il est "très en colère " face à l'inaction des pouvoirs publics. Les chiffres les plus récents de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) sur le suicide datent de 2009, et ont été collectés en 2008. Ils dénombraient 10 500 suicides. Chiffre élevé, qui classe la France parmi les nations les plus touchées en Europe et place le suicide parmi les problèmes majeurs de santé publique. Surtout, ces statistiques révélaient une inquiétante inversion de tendance. Alors que le nombre de décès par suicide baissait depuis 1987 (après le pic de 12 525 morts en 1986), les années 2008 et 2009 ont marqué un redémarrage à la hausse : 10 127 en 2007, 10 353 en 2008, 10 499 en 2009. Les 35-65 ans, les actifs donc, sont les plus concernés. Prémices de la crise, premiers impacts d'une dégradation économique et d'une déstabilisation sociétale, analysent tous les spécialistes.

Et ensuite ? Les chiffres 2010 ? 2011 ? Rien. Nulle vaste enquête épidémiologique, encore moins de statistiques en temps réel. Entre la collecte des chiffres et leur publication, il y a en France un décalage de deux années - notamment dû, selon l'Inserm, à l'attente de décisions de justice sur d'éventuelles investigations avant la transmission des certificats de décès. Les statistiques 2010 ne seront disponibles qu'à l'automne. "Il faut améliorer cette situation ! De quoi a-t-on peur en publiant les chiffres du suicide ? ", interpelle la présidente de l'UNPS, Thérèse Hannier. Qui remarque qu'en France, contrairement à ce qui se passe en Angleterre ou au Canada, le certificat de décès renseigne uniquement sur le sexe, l'âge, le domicile et le mode suicidaire, sans autres informations de contexte. La vice-présidente de l'UNPS et ex-directrice de recherche à l'Inserm Françoise Facy s'étonne que dans ce contexte de crise aiguë, on n'étoffe pas au plus vite le recueil de données avec un système d'indicateurs limités mais plus rapides, en désignant par exemple des "sentinelles" dans les grandes entreprises et à Pôle emploi...

Un flou plus grand encore entoure les tentatives de suicide. Là, on ne dispose que d'estimations liées aux hospitalisations. Or un passage aux urgences n'est pas considéré comme une hospitalisation. Thérèse Hannier pressent pourtant "une très nette augmentation" : "Les chiffres de l'Institut national d'études démographiques et de la Direction de la recherche du ministère de la santé, basés sur des relevés de 2006, estiment ces tentatives à environ 220 000, alors que les études antérieures à 2000 tablaient plutôt sur 150 000..."

Pour le professeur Debout, il est temps de se mobiliser autour des "dégâts humains" de la crise. "On frôle la non-assistance à personne en danger !" Le 11 février, il organise au Sénat un colloque avec le directeur du cabinet Technologia, Jean-Claude Delgènes, spécialiste de la prévention des risques psycho-sociaux en entreprise. Dès 2009, alors à la tête de l'UNPS, M. Debout avait alerté : la crise allait avoir des effets dramatiques, comment se mobiliser autour de ceux en détresse ? Pas de réponse précise du gouvernement, estime-t-il.

 

Depuis trente-cinq ans, les hausses du taux de chômage en France ont souvent été accompagnées d'un accroissement du nombre de suicides.

Depuis trente-cinq ans, les hausses du taux de chômage en France ont souvent été accompagnées d'un accroissement du nombre de suicides.Inserm, Infographie "Le Monde"

La corrélation entre chômage et suicide est pourtant indéniable, selon lui. L'histoire l'a démontrée, notamment en 1929, avec une hausse très significative des suicides deux-trois ans après le démarrage de la crise. "On peut craindre le pire pour 2012 et 2013, particulièrement chez les 40-55 ans. Pourquoi ne met-on pas en place un soutien médical et psychologique aux chômeurs ? La société montrerait à ces gens qu'ils comptent encore ! Un chômeur se suicide parce qu'il est déjà socialement mort, qu'il n'a plus de place, c'est une mise en adéquation avec son vécu. Mais personne ne se soucie du devenir de ces chômeurs." Pourquoi ? " C'est comme si l'on n'avait pas envie de voir la réalité en face. Trop gênante, parce qu'on se sent tous un peu responsables."

A l'initiative du directeur de Technologia, un appel de 44 spécialistes - auxquels se sont depuis joints syndicats et loges maçonniques - pour la création d'un observatoire des suicides a été lancé au printemps 2011. Une structure indépendante, dotée de moyens propres, qui favoriserait "la connaissance, la transversalité des approches et l'élaboration de statistiques dignes d'une grande nation". Et permettrait de progresser dans la prévention. "La France est en retard, du fait d'une cécité sur la réalité du phénomène, déplore M. Delgènes. Mais la prévention, cela marche ! C'est donc un crève-coeur de voir qu'on n'agit pas auprès des chômeurs !"

Le Programme national d'action contre le suicide annoncé en septembre 2011, attendu depuis cinq ans, est "déconnecté de la crise", analysent MM. Delgènes et Debout. Ni observatoire ni suivi des chômeurs ne sont prévus. Selon le ministère de la santé, "s'il est incontestable que les données sur le suicide peuvent être améliorées, il n'est pas pour autant nécessaire de se doter d'un observatoire". Dans le Programme national d'action, des mesures seront mises en oeuvre pour "consolider et amplifier les données sur les suicides et les tentatives". "Un plan de 15 millions d'euros... C'est nettement insuffisant ! Les Français sont dans un état dépressif. Mais le suicide reste un secret bien gardé", soupire Mme Hannier. Secret trop bien gardé pour se muer en priorité sanitaire nationale. Les morts sur la route ont diminué des deux tiers depuis les années 1980 - de 12 000 par an à moins de 4 000 aujourd'hui. Les morts par suicide passaient, eux, de 12 000 à 10 500.

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 17:10

L'Institut de médecine environnementale publie ce mardi les résultats d'une étude sur le stress au travail. Aujourd'hui, un salarié sur quatre a peur de l'échec et 35% des Français se disent épuisés psychologiquement à cause de leur emploi. Comment rendre la situation un peu plus vivable ?

 

1. La curiosité

Soyez ouverts y compris face à ce qui vous dérange. Développez votre curiosité « sensorielle » vis-à-vis de ce que vous connaissez déjà… ou pas encore. Brisez vos routines, quand tout va bien et surtout quand tout va mal, sortez de votre cadre « intellectuel » habituel. Observez attentivement les situations pour accueillir et intégrer le maximum de paramètres sur le contexte avant de porter tout jugement. Explorez d’autres pratiques, d’autres façons de faire, découvrez d’autres cultures, musiques, cuisines...

2. La souplesse

Si quelque chose nous contrarie, notre première réaction – souvent le refus – génère du stress (anxiété, agacement, démotivation). Or, pour résoudre un problème, il nous faut nécessairement – même cela nous est difficile – commencer par accepter la réalité telle qu’elle est. Faites donc preuve de souplesse à la fois par pragmatisme (à quoi bon nier le réel !) et par anticipation des opportunités que toute situation peut apporter. 

 

  • Pour développer un état d’esprit alliant curiosité et souplesse, testez l’exercice dit « du mélomane » qui peut se pratiquer en tout lieu, même dans le métro (d’autant plus aux heures de pointes !) : imaginez que vous êtes dans une salle de concert, que l’orchestre va bientôt commencer à jouer, mais que vous adoptez déjà l’attitude du mélomane. De préférence les yeux fermés, vous écoutez tous les sons en même temps, de façon symphonique, comme un paysage sonore, sans chercher à maîtriser, mais plutôt en essayant de les accepter tous comme faisant partie de l’orchestre des sons : les voix, les bruits autour de vous, même ceux qui vous dérangeaient juste avant.
  • Que ressentez-vous ? Un calme intérieur, un calme qui peut devenir très intense avec un peu d’entraînement. C’est sans doute pour cela que l’on a dit que « la musique adoucit les mœurs ». En fait, c’est l’attitude du mélomane qui adoucit les mœurs, plutôt que la musique elle-même. Or, nous pouvons adopter une telle attitude d’ouverture et de souplesse vis-à-vis de tout : de soi, des gens, des choses, des situations, de tout ce qui nous dérange ou nous plaît
  • 3. La nuance

    De façon plus fine, plus subtile, poursuivez l’exploration des situations. Au delà des apparences, appréhendez leur complexité, dépassez la vision binaire (vrai/faux, bien/mal…). Tout n’est pas blanc ou noir, il existe une infinité de couleurs, de détails… Nuancez votre appréciation des autres, des situations, de leur contexte.

     

    4. La prise de recul et de hauteur

    Après avoir exploré de façon approfondie la situation, n’oubliez pas que le réel est bien plus complexe que la perception que nous en avons. Prenez du recul et considérez d’autres points de vue pour faire la part des choses. Relativisez, par exemple en vous demandant ce qu’en penserait votre meilleur ami, votre voisin, un étranger, un retraité, un enfant de 10 ans… mais aussi ce que vous en penserez dans quelques semaines, quelques mois, quelques années.

  • Pour développer un état d’esprit alliant nuance et relativité, testez l’exercice du « Pack Avantages / Inconvénients » : une situation vous dérange et vous stresse ? Cherchez-lui au moins deux inconvénients… et deux avantages (quitte à faire de l’humour noir) ! Cela vous aidera à prendre un peu de recul en mettant de la nuance dans une pensée souvent trop binaire.

 

5. La réflexion logique

Prenez le temps de comprendre et d’analyser la situation avant d’agir. Ne vous  contentez pas d’explications superflues ou peu rationnelles. Au-delà des symptômes ou des causes apparentes, cherchez les causes profondes. Essayez d’envisager les conséquences à moyen et long termes. Cherchez à décrypter les liens de cause à effet, rarement linéaires, entre les événements. N’oubliez pas que les mêmes causes produisent les mêmes effets : si vous répétez sans cesse la même stratégie, ne nous étonnez pas d’obtenir les mêmes effets. Par exemple, si adoptez toujours la même attitude pour demander à votre enfant de ranger sa chambre et que vous déplorez l’énervement mutuel et l’absence de résultats, réfléchissez aux autres stratégies mêmes les plus farfelues que vous pourriez essayer, et osez mettre en œuvre certaines d’entre elles (quitte à aboutir au fou-rire, au moins ça changera de l’agacement) !

 

6. L’opinion personnelle assumée

Forgez-vous votre propre opinion. Acceptez les risques inhérents à toute (non) prise de décision, y compris les risques encourus en terme d’image sociale... Détachez-vous du regard des autres qui influence ou parfois censure notre opinion personnelle. Or, chacun sait que le ridicule ne tue pas. Votre décision sera sereine si elle est prise en « accord avec vous même » et pleinement « assumable » quelque soit l’issue.

  • Pour développer un état d’esprit alliant logique et opinion personnelle, notamment lors d’une prise de décision importante, poussez plus loin l’exercice « Pack Avantages / Inconvénients ».  Posez-vous quelques minutes pour chercher les avantages et surtout les inconvénients du succès (situation positive souhaitée), mais également les inconvénients et surtout les avantages de l’échec (situation négative redoutée), puis interrogez-vous sur ce qui relève de votre propre responsabilité, d’une part, et de votre environnement, du facteur chance ou malchance d’autre part. Cet exercice fait appel à la réflexion et favorise une prise de décision sereine, assumant les risques et bénéfices potentiels. Il permet en particulier de se décharger d’une pression inutile ou de regrets infondés car liés à ce qui ne dépend pas directement de nous. En effet, nous avons parfois tendance à nous mettre sur les épaules plus de responsabilités ou de pression que nécessaire*. Pour faire la part des choses, demandez-vous ce que vous conseilleriez à votre meilleur ami dans ce genre de situation… Autrement dit, soyez votre meilleur ami !

 

*Au travail, 1 français sur 4 reconnaît se stresser « souvent pour un rien » en se mettant « tout seul sous pression » (Etude internationale sur le Stress au Travail – IME, ESTIME 2011).

 

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 17:06

Marcia Angell

Médecin, Marcia Angell a fait carrière au célèbre « New England Journal of Medicine », dont elle a quitté la rédaction en chef en 2000. Elle a écrit plusieurs livres sur le système médical américain. L’un d’eux a été traduit en français par le Pr Philippe Even: « La Vérité sur les compagnies pharmaceutiques et comment les contrecarrer » (Éditions Le Mieux-Être, 2005).
Article paru dans la «New York Review of Books»
(23 juin, 14 juillet et 18 août 2011)
traduction de Philippe Babo.

La psychiatrie devenant une spécialité faisant un usage intensif des médicaments, l’industrie pharmaceutique fut prompte à voir l’avantage qu’elle aurait à conclure une alliance avec la profession.
Les laboratoires commencèrent à prodiguer attentions et largesses aux psychiatres, tant individuellement que collectivement. Ils couvrirent les praticiens de cadeaux et d’échantillons gratuits, les recrutèrent comme consultants et porte-parole, les invitèrent au restaurant, financèrent leur participation à des congrès et leur fournirent du matériel «pédagogique».
Quand le Minnesota et le Vermont appliquèrent les Sunshine laws [lois relatives à la transparence des documents administratifs], qui obligeaient les labos à signaler les sommes qu’ils versaient aux médecins, on s’aperçut que les psychiatres percevaient plus d’argent que les autres spécialistes. L’industrie pharmaceutique sponsorise également les congrès de l’APA et autres rencontres professionnelles. Environ un cinquième du financement de l’APA provient aujourd’hui des laboratoires.
Ces derniers sont particulièrement soucieux de s’attirer les faveurs des psychiatres enseignant dans les grands centres universitaires. Appelés «leaders d’opinion clés» (KOL) par l’industrie, il s’agit de personnes qui, à travers leurs écrits et leur enseignement, pèseront sur la manière dont les maladies mentales seront diagnostiquées et traitées.
Ces « leaders » publient aussi l’essentiel des recherches cliniques sur les médicaments et décident en grande partie du contenu du DSM. En un sens, ils constituent la meilleure force de vente dont puisse disposer l’industrie, et valent qu’on ne lésine pas à leur égard. Sur les 170 contributeurs de la version actuelle du DSM, ( Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorder ) presque tous peuvent être décrits comme des KOL; 95 d’entre eux entretenaient des liens financiers avec des labos, notamment tous les contributeurs des sections consacrées aux troubles de l’humeur et à la schizophrénie.
L’industrie pharmaceutique soutient bien d’autres spécialistes et associations professionnelles, mais Carlat demande pourquoi «les psychiatres arrivent systématiquement en tête des spécialités quand il s’agit de soutirer de l’argent aux labos». Sa réponse: «Nos diagnostics sont subjectifs et extensibles, et nous avons peu de motifs rationnels de choisir un traitement plutôt qu’un autre.»
À la différence des maladies relevant de la plupart des autres branches de la médecine, il n’existe pas de signes objectifs ou de tests permettant de reconnaître telle ou telle pathologie mentale – ni données de laboratoire, ni imagerie par résonance magnétique – et les limites entre le normal et l’anormal sont souvent floues. Cela permet l’extension des frontières des diagnostics, voire la création de nouvelles pathologies selon des modalités qui seraient impossibles, disons, dans un domaine comme la cardiologie. Et les labos ont tout intérêt à inciter les psychiatres à agir précisément de cette façon. (…)

Le travail du psychiatre

Comme la plupart des autres psychiatres, Carlat traite ses patients uniquement avec des médicaments, non au moyen de la thérapie par la parole, et il confie très franchement les avantages que cela présente. S’il voit trois patients par heure pour de la psychopharmacologie, a-t-il calculé, il obtient des assureurs environ 180 dollars de l’heure. En comparaison, la «thérapie par la parole» l’obligerait à ne recevoir qu’un seul patient par heure, ce pour quoi les assureurs lui verseraient moins de 100 dollars(12).
Carlat ne pense pas que la psychopharmacologie soit particulièrement compliquée, et encore moins exacte, bien que l’opinion soit incitée à le croire:
«Les patients considèrent souvent les psychiatres comme des experts en neurotransmetteurs, qui peuvent choisir précisément la bonne prescription pour le déséquilibre chimique en jeu, quel qu’il soit. Cette trop bonne opinion de nos capacités a été encouragée par les labos, par nous autres psychiatres, et par l’espoir de guérison bien compréhensible des malades.»
Son travail consiste à poser aux patients une série de questions sur leurs symptômes pour voir s’ils correspondent à l’un ou l’autre des troubles répertoriés dans le DSM. Cet exercice, écrit-il, donne «l’illusion que nous comprenons nos malades alors que nous nous bornons à leur accoler des étiquettes(13)».
Souvent, les patients satisfont aux critères pour plus d’un diagnostic, parce que les symptômes se recouvrent partiellement. Par exemple, la difficulté de concentration est un critère pour plusieurs troubles. L’un des clients de Carlat s’est retrouvé avec sept diagnostics différents.
«Nous ciblons des symptômes spécifiques avec les traitements, et ajoutons par-dessus d’autres médicaments pour les effets secondaires.» Un patient type, dit-il, pourra prendre du Seropram pour la dépression, du Lexomil pour les crises d’angoisse, du Stilnox pour l’insomnie, du Modiodal pour la fatigue (effet secondaire du Seropram) et du Viagra pour l’impuissance (autre effet secondaire du Seropram).
Quant aux prescriptions elles-mêmes, Carlat écrit qu’«il n’existe qu’une poignée de catégories génériques de psychotropes», à l’intérieur desquelles les médicaments ne sont pas très différents les uns des autres. Il ne croit pas qu’il y ait vraiment matière à choisir entre eux:
«Nos décisions de prescription sont remarquablement subjectives, voire aléatoires. Votre psy sera peut-être d’humeur à vous prescrire du Seroplex ce matin, parce qu’une accorte visiteuse médicale du labo fabriquant le Seroplex viendra de sortir de son cabinet».

Et de conclure:

« Telle est la psychopharmacologie moderne. Uniquement guidés par les symptômes, nous essayons différents médicaments, sans réelle compréhension de ce que nous tentons de guérir, ni de la façon dont les substances fonctionnent. Je m’étonne en permanence que nous soyons aussi efficaces avec un si grand nombre de patients. »
Si Carlat pense que les psychotropes sont parfois efficaces, il se fonde pour le dire sur le seul apport de témoignages. Ce qu’il désapprouve, c’est leur sur-utilisation et la «frénésie de diagnostics psychiatriques» dont il parle. Pour reprendre ses termes, «si vous demandez à n’importe quel psychiatre clinicien, moi y compris, si les antidépresseurs sont efficaces chez ses patients, vous entendrez un “oui” dépourvu d’ambiguïté. Nous voyons tout le temps des gens aller mieux».
Mais il poursuit en faisant l’hypothèse, comme Irving Kirsch, qu’ils réagissent à l’activation d’un effet placebo. Si les psychotropes n’ont pas toutes les vertus qu’on leur prête – et les données disponibles confirment qu’on peut en douter –, qu’en est-il des diagnostics eux-mêmes? Alors qu’ils sont toujours plus nombreux à chaque nouvelle édition du DSM, que pouvons-nous en tirer?

Extension du domaine des troubles mentaux

En 1999, l’APA (Association américaine de psychiatrie) commença à travailler à la cinquième révision du DSM, dont la parution est prévue pour 2013. Le comité de rédaction (qui compte maintenant vingt-sept membres) est dirigé par David Kupfer, professeur de psychiatrie à l’université de Pittsburg, assisté de Darrel Regier de l’APA.
Comme pour les éditions antérieures, le comité est conseillé par de nombreux groupes de travail, qui comptent actuellement quelque 140 membres, et correspondent aux principales catégories de diagnostics. Les délibérations et propositions en cours ont d’ores et déjà été largement dévoilées sur le site Web de l’APA et dans les médias, et il apparaît que la constellation des troubles mentaux, déjà très vaste, va encore s’étendre.
En particulier, les limites des diagnostics seront élargies pour inclure les signes avant-coureurs de troubles, tel le «syndrome de risque de psychose» et le «léger déficit cognitif», annonçant peut-être une maladie d’Alzheimer . Le terme «spectre» est utilisé pour dilater les catégories, par exemple : « spectre des désordres obsessionnels-compulsifs», «troubles du spectre schizophrénique» et «troubles du spectre autistique».
Et l’on voit apparaître des propositions pour des entrées entièrement nouvelles, telles que «trouble d’hypersexualité», «syndrome des jambes sans repos», «boulimie compulsive(15)».
Même Allen Frances, qui présida le comité de rédaction du DSM-IV, porte un regard très critique sur la multiplication des diagnostics dans le DSM-5. Dans le numéro du 26 juin 2009 du «Psychiatric Times», il écrivait que l’ouvrage serait «une aubaine pour l’industrie pharmaceutique, mais à un coût très élevé pour les nouveaux patients “faux positifs” qui se trouveront pris dans le filet extrêmement large» de ce nouveau manuel.

 

Notes

1| En France le chiffre était de 5% en 2003.
2| En France, aucun des dix médicaments les plus vendus (en valeur) n’est un psychotrope. Cependant, ils se situent au deuxième rang derrière les antalgiques pour le nombre d’unités vendues (rapport parlementaire sur « le bon usage des médicaments psychotropes », juin 2006).
3| Les effets de la chlorpromazine, en particulier sur les psychoses aiguës et chroniques, ont été découverts en France en 1952 dans le service du professeur Jean Delay, à l’hôpital Sainte-Anne (Paris). Pierre Deniker, assistant du professeur Delay, a joué un rôle majeur dans cette découverte.
4| C’est le cas aussi en France, mais l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) ne délivre que 20% environ des AMM. Les 80% restants sont délivrées par l’Agence européenne du médicament (EMA), à Londres. Laquelle se fie largement aux autorisations données par la FDA américaine.
5| En France, un psychiatre ou un psychothérapeute consacre typiquement une demi-heure à trois quarts d’heure à un patient. La « thérapie par la parole » est en grande partie assurée par des professionnels non médecins et dont les actes ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale et les mutuelles.
6| Aux États-Unis, les assureurs remboursent au vu du diagnostic indiqué par le médecin, alors qu’en France le médecin n’indique pas son diagnostic, le remboursement se faisant « à l’acte ».
7| À propos du syndrome des jambes sans repos, Wikipédia, dont nombre d’articles sont manipulés par l’industrie pharmaceutique, écrit que cette « maladie […] touche environ 8,5% de la population française ».

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 17:05

 

Ce que tous ces produits « efficaces » avaient en commun ? Le fait de provoquer des effets secondaires dont les patients testés avaient été prévenus. Il est important que les essais cliniques, en particulier ceux concernant des troubles subjectifs comme la dépression, continuent à être menés en double aveugle. Cela empêche le cobaye et ses médecins d’imaginer des améliorations inexistantes, ce qui a plus de chances de se produire s’ils pensent que l’agent administré est une molécule active et non un placebo.
Après avoir découvert que presque tous les médicaments produisant des effets secondaires sont légèrement plus efficaces dans le traitement de la dépression qu’un placebo inerte, Kirsch a émis l’hypothèse que la présence de ces effets permet aux individus de deviner qu’un traitement actif leur est administré, ce qui les rend plus enclins à signaler une amélioration (cette hypothèse est corroborée par des entretiens avec des patients et des médecins).
Les antidépresseurs semblent plus efficaces dans le traitement des dépressions sévères que dans les autres cas, suggère-t-il, parce que les patients atteints de symptômes graves reçoivent généralement des doses plus élevées et ressentent donc davantage d’effets secondaires.
Enquêtant plus avant, Kirsch a ensuite examiné certains essais ayant employé des placebos «actifs» au lieu de placebos inertes. Le premier type de substance produisant des effets secondaires. C’est le cas de l’atropine, médicament qui bloque sélectivement l’action de certaines fibres nerveuses. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un antidépresseur, l’atropine provoque, entre autres, un dessèchement notable de la bouche.
Lors d’essais l’utilisant, aucune différence entre l’antidépresseur et le placebo actif n’a pu être observée. Chacun ressentait des effets, et chacun signalait le même degré d’amélioration.
« Tout ceci mis bout à bout, écrit Kirsch, nous amène à la conclusion que la différence relativement faible entre médicaments et placebos pourrait ne pas correspondre du tout à un effet médicamenteux. Il s’agirait plutôt d’un effet placebo amélioré, produit par le fait que certains patients ont percé à jour le test en double aveugle, ayant fini par deviner s’ils avaient reçu un médicament ou un placebo. Si tel est le cas, il n’y a strictement aucun effet véritable lié à un antidépresseur. Plutôt que de comparer placebos et médicaments, nous avons comparé des placebos “normaux” avec des placebos “renforcés”. »

«Imaginez qu’apparaisse un virus…»

À la différence de Kirsch, qui perd rarement son calme, Whitaker est scandalisé par ce qu’il considère comme une épidémie iatrogénique (introduite involontairement par les médecins) de dysfonctionnements du cerveau, en particulier celui engendré par l’usage massif des nouveaux antipsychotiques «atypiques» tels que le Zyprexa, qui provoque de sérieux effets secondaires.
Il invite à cette « expérience de pensée express » :
« Imaginez qu’apparaisse soudain dans notre société un virus faisant dormir les gens douze ou quatorze heures par jour. Ceux qui sont infectés se déplacent un peu plus lentement et semblent détachés émotionnellement. Beaucoup prennent énormément de poids – 10, 20, 30, voire 50 kilos. Souvent, le taux de sucre dans le sang monte en flèche, ainsi que le taux de cholestérol. Nombre d’entre eux – enfants et adolescents ne sont pas épargnés – deviennent diabétiques assez rapidement… Le gouvernement fédéral accorde des centaines de millions de dollars aux scientifiques des meilleures universités pour comprendre comment agit ce virus, et les chercheurs finissent par conclure que, s’il cause un dysfonctionnement aussi général, c’est parce qu’il bloque une multitude de récepteurs de neurotransmetteurs dans le cerveau – dopaminergiques, sérotonergiques, muscariniques, et histaminergiques. Tous ces cheminements neuronaux du cerveau sont compromis. De plus, des études d’imagerie montrent que, sur une période de plusieurs années, le virus rétrécit le cortex cérébral, et ce rétrécissement est lié à un déclin cognitif. La population terrifiée réclame un remède. Aujourd’hui, une telle maladie a dans la réalité touché des millions d’enfants et d’adultes américains. J’ai simplement décrit les effets de l’antipsychotique du laboratoire Eli Lilly le plus vendu, le Zyprexa. »

 

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 17:03

 

 

 

Après avoir lu cet article, vous ne regarderez plus jamais un antidépresseur de la même façon. 

Voici un article très intéressant qui dénonce et démontre de manière très claire le caractère criminel de la psychiatrie grâce à l’utilisation de psychotropes alors qu’elle n’a aucune preuve, bien au contraire, de son efficacité.
En effet après avoir lu cet article vous ne serez plus jamais le même.

 

Le nombre de personnes traitées pour dépression a triplé au cours des dix années [ayant suivi la mise sur le marché du Prozac, en 1987], et environ 10 % des Américains âgés de plus de 6 ans prennent actuellement des antidépresseurs(1).

La hausse des prescriptions de médicaments soignant les psychoses est encore plus spectaculaire. La nouvelle génération de neuroleptiques tels que le Risperdal, le Zyprexa et le Xeroquel a remplacé les anti-cholestérols en tête des ventes de produits pharmaceutiques aux États-Unis (2).

Que se passe-t-il? La prévalence des maladies mentales est-elle si élevée, et continue-t-elle d’augmenter? Ou bien savons-nous mieux reconnaître et diagnostiquer des troubles qui ont toujours existé? Ne sommes-nous pas simplement en train d’étendre les critères de diagnostic des maladies mentales de telle sorte que presque tout le monde en ait une ? Et qu’en est-il des médicaments aujourd’hui à la base des traitements? Sont-ils efficaces?

Telles sont les questions, entre autres, que posent les auteurs de trois livres au propos fracassant : « Antidépresseurs. Le grand mensonge », « Anatomy of an Epidemic » et « Unhinged ». Trois auteurs au parcours différent : Irving Kirsch est psychologue à l’université de Hull, en Grande-Bretagne ; Robert Whitaker est journaliste, précédemment auteur d’une histoire du traitement des maladies mentales; Daniel Carlat est psychiatre dans une banlieue de Boston et tient un blog sur son métier. (…) Tous trois sont remarquablement d’accord sur quelques sujets importants et leurs thèses sont solidement étayées.

La valse des tranquillisants

D’abord, aucun d’eux ne souscrit à la théorie très répandue selon laquelle la maladie mentale naît d’un déséquilibre chimique dans le cerveau. Comme le raconte Whitaker, cette thèse est apparue peu après l’introduction des psychotropes dans les années 1950.
Le premier fut la chlorpromazine, lancée en 1954 comme un «tranquillisant majeur» et bientôt amplement utilisée dans les hôpitaux psychiatriques pour calmer les patients psychotiques, notamment les personnes atteintes de schizophrénie(6). La chlorpromazine fut suivie l’année suivante par le méprobamate, présenté comme un «tranquillisant mineur» pour traiter l’anxiété des malades en consultations externes. Et, en 1957, l’iproniazide arriva sur le marché comme «stimulant psychique» pour soigner la dépression.
Ainsi, en l’espace de trois petites années, des médicaments étaient devenus disponibles pour traiter les trois principales catégories de troubles psychiques tels qu’on les définissait à l’époque – psychose, anxiété et dépression. La psychiatrie s’en trouva totalement transformée. Ces produits n’avaient pourtant pas été mis au point à l’origine pour traiter les maladies mentales. Ils dérivaient de molécules conçues pour soigner des infections, dont on avait découvert seulement à la suite d’heureux hasards qu’elles modifiaient les états psychiques.

Une logique particulière

Au début, personne n’avait la moindre idée de la façon dont elles agissaient. On constatait simplement qu’elles atténuaient les symptômes. Au cours de la décennie suivante, les chercheurs découvrirent que ces médicaments, et les psychotropes qui leur ont rapidement succédé, affectent le taux de certaines substances chimiques dans le cerveau.
Avec la découverte que les psychotropes influaient sur le taux des neurotransmetteurs, on a vu surgir cette théorie : les maladies mentales sont provoquées par une anomalie dans la concentration de ces substances chimiques à l’intérieur du cerveau – anomalie qui est précisément corrigée par le médicament approprié.
Ainsi, puisque la chlorpromazine s’avérait diminuer le niveau de dopamine dans le cerveau, on en a conclu que les psychoses telles que la schizophrénie sont causées par un excès de dopamine. Ou plus tard, parce que certains antidépresseurs font augmenter le taux d’un autre neurotransmetteur, la sérotonine, on postula que la dépression est due à un déficit de sérotonine.
Ainsi, au lieu de mettre au point un médicament pour traiter une anomalie, on a postulé une anomalie correspondant à un médicament. C’était un grand bond en matière de logique, comme le soulignent les trois auteurs. Il est parfaitement possible que des médicaments agissant sur le taux de neurotransmetteurs puissent soulager des symptômes, même si les neurotransmetteurs en question n’ont rien à voir au départ avec la maladie.
Comme l’écrit Carlat, «en suivant ce raisonnement, on pourrait dire que la cause de toutes les affections douloureuses est une carence en opiacés, puisque les narcotiques prescrits contre la douleur activent les récepteurs opioïdes dans le cerveau». On pourrait aussi expliquer que la fièvre est due à un manque d’aspirine…

Effet(s) placebo(s)

Les médicaments sont-ils efficaces ? Toute théorie mise à part, c’est la question qui importe. Dans son livre concis et tout à fait captivant, Kirsch décrit les recherches qu’il a menées pendant quinze ans pour répondre à cette interrogation à propos des antidépresseurs.
Quand il a commencé ses travaux en 1995, il s’est principalement intéressé aux effets des placebos. Pour les étudier, il a passé en revue avec un collègue trente-huit essais cliniques publiés qui comparaient divers traitements avec des substances neutres, ou confrontaient psychothérapie et absence de soins. La plupart des expériences de ce type durent de six à huit semaines, pendant lesquelles l’état des patients tend à s’améliorer quelque peu, même sans aucun traitement. Mais Kirsch a découvert que les placebos étaient trois fois plus efficaces que l’absence de traitement. Ce résultat ne l’a pas particulièrement surpris.
Il l’a été, en revanche, de constater que les antidépresseurs n’étaient que très légèrement plus performants que les substances neutres. À en juger par les échelles utilisées pour mesurer la dépression, un placebo était à 75 % aussi efficace qu’une molécule active. Kirsch a alors décidé de répéter son étude en examinant un ensemble de données plus complet et standardisé. (…)
Au total, l’auteur a pu disposer de quarante-deux essais. La plupart étaient négatifs. Surtout, les placebos étaient à 83% aussi efficaces que les médicaments, selon les critères définis par l’échelle de Hamilton (HAM-D), questionnaire mesurant la sévérité des symptômes de la dépression, très utilisé dans le milieu médical. (…) Les résultats étaient quasi identiques pour les six médicaments : tout aussi médiocres. Cependant, dans la mesure où les essais positifs avaient reçu une large publicité, alors que les expériences négatives avaient été dissimulées, l’opinion et la profession en sont venues à croire que ces produits sont extrêmement efficaces.
Kirsch a également été frappé par une autre découverte inattendue. Sa première étude et les travaux d’autres chercheurs avaient révélé que même des traitements non considérés comme des antidépresseurs – l’hormone thyroïdienne de synthèse, les opiacés, les sédatifs, les stimulants et certains remèdes à base de plantes – étaient aussi efficaces qu’eux pour atténuer les symptômes.
« Quand ils sont administrés en tant qu’antidépresseurs, écrit Kirsch, les médicaments qui font augmenter, baisser, ou n’ont pas d’effet sur la sérotonine soulagent tous de la dépression à peu près au même degré.»

 

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 16:50

Une étude publiée  par l'Institut de Veille Sanitaire dresse un état des lieux du suicide en France. Plus d'un Français sur cinq y avoue avoir déjà tenté de se donner la mort au cours de sa vie.

Atlantico : Une étude récente de l'InVS montre que plus d’un Français sur 5 (entre 15 et 85 ans) ont déjà fait une tentative de suicide au cours de leur vie, mais « seulement » 0,5 % de la population sur l’année écoulée. Les chiffres sont-ils alarmants, malgré ce paradoxe ?

Michel Debout : Ces statistiques montrent avant tout que le suicide n’est pas une question marginale, mais doit bien être une préoccupation de santé publique.

Si on rapporte aux 65 millions de Français environ, la proportion est tout de même importante : cela fait tout de même 325 000 personnes ! En revanche, ces chiffres n’apportent pas vraiment de nouveauté, en ce qu’ils ne semblent heureusement pas progresser sur la dernière décennie, ou très légèrement. La DREES (Direction des études au Ministère de la Santé) donnait des niveaux un peu inférieurs, il y a six ou sept ans. La population a augmenté, le nombre de tentatives de suicide aussi, mais en liant les deux on s’aperçoit que la proportion est à peu près équivalente.

On doit aussi considérer que le nombre de tentatives de suicide est plus élevé que celui des personnes qui tentent de se donner la mort : certains font en effet plusieurs tentatives.

 

On voit aussi que les femmes sont plus concernées par les tentatives de suicide…

Là encore ce n’est pas nouveau. Il y a deux explications à cela : la première est que la femme qui tente de se suicider utilise plus volontiers, comme mode de suicide, la prise de médicaments. Cette méthode, heureusement, laisse plus facilement la survie qu’elle ne provoque la mort. Le mode qu’elle retienne est ainsi moins mortel que ceux qu’utilisent plus fréquemment les hommes. La deuxième raison touche au problème de l’adolescence. Les tentatives de suicide chez les femmes sont plus nombreuses chez les jeunes (15-20 ans). Chez les garçons, l’expression du mal-être adolescent trouve d’autres terrains d’expression : l’ivresse, parfois mortelle, la délinquance, les agressions, les réactions de violence en général…

Le deuxième pic de tentatives de suicide chez les femmes sévit dans les 40-50 ans. C’est ainsi un nouveau changement qui s’annonce, une troisième vie, avec les enfants qui partent, parfois une séparation d’avec le conjoint, et même la ménopause qui s’installe.

Mais en outre, et je crois que cette étude n’en parle pas, il existe un pic de mortalité par suicide dans ces tranches d’âges. La mortalité par suicide est la première cause de décès autour de 45-50 ans, devant les accidents (source : INSERM) Ce constat inquiétant implique une prise de conscience : le suicide des jeunes est évidemment très préoccupant, mais les tentatives aussi, car elles vont fragiliser la personne. En outre on doit absolument s’occuper plus assidument du suicide des adultes.

 

L’étude met en exergue des différences géographiques dans la répartition des tentatives de suicide…On y voit notamment que les régions du Nord et de l’Est sont spécialement concernées par ce problème. Une application de la théorie des climats ?

Dans ces régions il y a des facteurs connus liés au suicide. Ce sont des régions où la crise sociale est plus forte, où l’addiction à l’alcool est plus importante qu’ailleurs. Le facteur du climat n’est pas forcément le plus probant, mais il peut néanmoins être pris en compte. Mais ces différences de statistiques sont plutôt liées aux facteurs sociaux, aux habitudes de vie, au problème d’accès aux soins…

 

Les pensées suicidaires sont assez importantes (3,9 % de la population sur les douze derniers mois). Est-ce rassurant, dans le sens où les gens y pensent mais ne passent pas à l’acte, ou alarmant, en ce qu'un nombre important de personnes pense au suicide ?

Une pensée suicidaire ce n’est pas juste avoir une idée passagère du suicide, mais plutôt réfléchir à son propre suicide. En l’an 2000 avait été effectuée une étude similaire sur les pensées suicidaires. Le chiffre obtenu était de 13 % de la population, mais sur l’ensemble de la vie. Sur l’année écoulée le ratio était déjà équivalent. Là encore c’est une constante. La crise actuelle n’a rien rajouté à cela. Le suicide est un problème alarmant, mais cette étude ne l’est pas plus que les précédentes.

Mais à y bien regarder, en 2009 comme en 2008, le nombre de morts par suicide était à peu près identique, de l’ordre de 10 000 décès. C’est important de le souligner car durant les 10 années précédentes, on a vu une baisse progressive de ce chiffre, alors que depuis 2008, il ne baisse plus et demeure constant. Est-ce un premier signe d’alerte ? La vraie question est là. Les répercussions de la crise économique de 2008, notamment sociales, se sont ressenties en 2010, à l’instar de la crise de 1929, dont l’impact sur le nombre de suicide a été différé de deux ans, soit en 1931. Voilà ce qu’il serait primordial de savoir : les chiffres de 2010, que cette étude ne donne pas. Et si la France était dotée d’un observatoire du suicide digne de ce nom, on ne serait pas aussi attentistes. La réponse à la crise ne peut être seulement économique et financière. On doit également y apporter une réponse humaine et sanitaire. 

 

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 16:47

 

 

De la médecine des fous à celle de l'esprit : regard sur la psychiatrie…

Très souvent dans l’inconscient collectif, la psychiatrie est associée à l’image de camisoles, de blouses blanches portées par de solides gaillards chargés de « contrôler » des malades agités. Vol au dessus d’un nid de coucou est la traduction contemporaine d’une image d’Epinal tenace. La discipline reste mal comprise. Et par là même, elle inquiète souvent. De la libération des fous par Philippe Pinel à la fin du XVIIIe siècle aux Plans Santé mentale d’aujourd’hui, comment avons-nous évolué ? Le Pr Jean-Pierre Olié (photo), membre de l’Académie nationale de Médecine et chef de service de psychiatrie à l’hôpital Sainte-Anne à Paris, nous emmène pour une visite guidée d’un genre inhabituel...

La psychiatrie a pour mission d’identifier et de traiter les affections de l’esprit. Mais pour notre spécialiste, « elle va bien au-delà du diagnostic et du traitement. La définition que l’OMS donne de la Santé, est celle d’un bien-être physique, social et mental ».

Un peu d’Histoire…

Avec à peine plus de deux siècles d’existence, l’histoire de la psychiatrie est brève, c’est le moins qu’on puisse dire. Les choses ont évolué à leur rythme, marquées çà et là, par de grandes figures grâce auxquelles la discipline a pu avancer.

Pour Jean-Pierre Olié l’un des plus grands noms de la psychiatrie française est celui de Philippe Pinel. « Jusqu’en 1793, on enfermait indifféremment les personnes souffrant de troubles mentaux et les délinquants ».

Philippe Pinel était un psychiatre, ou plutôt un aliéniste comme on disait à l’époque. L’origine du mot est latine : « alienus » qui signifie « qui appartient à un autre » stigmatise l’étranger à lui-même… et à soi. D’ailleurs, l’anglais utilise toujours « alien » pour aux frontières, signaler le guichet réservé aux « étrangers » d’un territoire… Pinel donc, entreprend un véritable travail de reconnaissance des personnes souffrant d’un trouble mental. Son but, les distinguer des délinquants. Ce fut un premier bouleversement dans le regard que la société portait alors sur les « fous ». Dès lors, les aliénés seront libérés de leurs chaînes. Au propre, et même au figuré.

Les classements des maladies psychiatriques n’acquerront une forme de pertinence qu’au début du XXe siècle. « Bien sûr, si vous étiez venu à Ste-Anne à cette époque, vous auriez entendu des cris, des chants… » Nous ne sommes pas loin de l’album de Tintin qui met en scène Les cigares du pharaon, où les patients se promènent avec un pot de fleur sur la tête ou se prennent pour Napoléon…

Il faudra encore attendre 1952, et « deux grandes figures de la psychiatrie que sont Jean Delay et Pierre Deniker. Ce sont eux qui ont conçu un médicament qui, administré chaque jour, faisait disparaître les hallucinations, les bouffées délirantes, les angoisses… » Les neuroleptiques étaient nés… même s’ils ont mis des années à s’imposer, au fil d’évolutions successives.

Petit à petit et jusque dans les années 1980, de nouvelles molécules seront mises au point. L’atmosphère des établissements psychiatriques change. Les traitements médicamenteux s’imposent. L’époque des traitements-punitions est révolue.

Vivons-nous un retour en arrière ?

« L’époque actuelle n’est pas sans rappeler celle de Pinel » se désole pourtant Jean-Pierre Olié. « Aujourd’hui, 20% de la population carcérale souffre de schizophrénie. On remet dans un même lieu les malades mentaux et les délinquants. Exactement ce que Pinel avait voulu éviter… » Vivons-nous une marche arrière de plus de deux siècles, une sorte de « Flashback » de la médecine qui par certains aspects, évoque un retour vers une forme d’exercice carcéral ? Est-ce un regain d’indifférence envers ceux qui souffrent de troubles mentaux ? Le Pr Olié y voit plutôt « un signe de la dureté de notre société, qui a du mal à comprendre la théorie psychanalytique ».

La psychiatrie du XXIè siècle est-elle sanitaire ou sécuritaire ?

« Il n’y a pas de malade dangereux » affirme Jean-Pierre Olié. « Il existe en revanche, des états mentaux porteurs de dangerosité ». Une impression de jouer sur les mots ? Pas vraiment. L’Académicien explique pour nous, les 3 conditions qui génèrent la dangerosité :
- Une maladie psychiatrique non diagnostiquée, et donc non traitée ;
- Une association entre maladie mentale et produits toxiques (alcool, cannabis…) ;
- et enfin l’état d’isolement du malade mental.

« L’addition de ces 3 critères, chez un patient atteint de troubles psychiatriques, multiplie le risque d’un acte criminel par 8 à 12, en comparaison de ce que l’on peut observer dans la population générale ». Alors, comment éviter ces dangers ? « Les solutions seraient de favoriser un diagnostic le plus précoce possible, avec des traitements poursuivis aussi longtemps que nécessaire, une lutte plus efficace contre la tentation de prise de toxiques, et l’identification – comme la mise en œuvre- de mesures sociales qui éviteraient au malade de se retrouver à la rue… »

Que peut-on attendre de la psychiatrie demain ?

En France, un premier Plan Santé mentale a été lancé entre 2005 et 2008 par le ministère en charge de la Santé. Mais selon le Pr Olié, il a « davantage considéré la périphérie de la psychiatrie, comme le dépistage des maladies dépressives, l’accompagnement psychologique de la population vieillissante… Or le cœur de la psychiatrie, ce sont les grandes maladies mentales, au premier rang desquelles la schizophrénie. »

Pour sa part Nora Berra, secrétaire d’Etat chargée de la Santé, a récemment annoncé la mise en place prochaine, sans doute à l’automne, d’un nouveau Plan Santé mentale. S’il reconnait que ce plan n’en est qu’à ses prémices, Jean-Pierre Olié estime que les professionnels sont en droit d’attendre :

- Une redéfinition des champs de compétences de chaque professionnel dans la chaîne de soins : celles du psychiatre public, du psychiatre de ville, du psychothérapeute, du psychologue, de l’infirmier… ;
- L’établissement d’un véritable état des lieux et des limites du champs d’action de la psychiatrie. Et en corollaire, l’identification des moyens dont elle a besoin et qui lui font aujourd’hui défaut ;
- Une meilleure formation des médecins quelle que soit leur discpline et leur mode d’exercice, dans le domaine de la prise en charge psychiatrique.

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 17:16

Les enfants supportent mieux les moments difficiles quand ils sont accompagnés par un ami proche.

Les bienfaits de l'amitié sont depuis longtemps loués par les poètes et les écrivains. Cette fois, ce sont des scientifiques qui viennent de prouver que la présence d'amis avait des effets psychologiques et même physiologiques clairement mesurables.

D'après une étude menée à Montréal par des chercheurs de l'université Concordia (Canada) avec des collègues américains des universités de Cincinnati et d'Omaha, les enfants supportent bien mieux les moments difficiles quand ils sont accompagnés par un ami proche.

«La présence d'un bon copain exerce un effet psychologique et physiologique immédiat sur l'enfant vivant une situation désagréable», remarque William Bukowski, coauteur de l'étude parue dans la revue américaine Developmental Psychology et professeur à l'Université Concordia. «Nous avons constaté une hausse notable du taux de cortisol de même qu'une baisse de l'estime de soi chez l'enfant qui assume seul une dispute avec un camarade de classe ou une réprimande de son professeur.»

Les scientifiques ont travaillé avec une centaine d'écoliers (55 garçons et 48 filles) âgés de 10 à 11 ans dans une école de Montréal. On leur a demandé de raconter plusieurs fois par jour les expériences qu'ils avaient eues vingt minutes auparavant, et de dire comment ils se sentaient, le tout pendant quatre jours. On leur a aussi fait des prélèvements de salive pour mesurer les niveaux de cortisol, une hormone fabriquée en réponse au stress.

Les amis plus que la famille

De manière générale, quand l'enfant était accompagné d'un bon ami lors d'une expérience négative, il secrétait moins de cortisol et sa confiance en lui était moins affectée. C'est la première fois que les bénéfices immédiats de l'amitié pour l'enfant sont aussi clairement établis, même si des études précédentes avaient déjà montré que les amis aidaient les enfants lors des processus d'adaptation. Ces conclusions sont importantes, car «la sécrétion excessive de cortisol peut entraîner d'importantes modifications physiologiques comme l'immunosuppression et le ralentissement de la formation osseuse», explique William Bukowski. «Un niveau de stress élevé peut même ralentir le développement de l'enfant.»

Au-delà de l'enfance, l'importance du soutien émotionnel en cas de grave maladie est déjà prise en compte par de nombreux médecins. Mais on se focalise souvent à tort sur la famille rapprochée, alors que plusieurs études montrent plutôt que les bénéfices proviennent principalement des amis proches.

En 2004, une étude australienne menée pendant 10 ans et publiée dans le British Medical Journal avait ainsi prouvé que les personnes âgées avec de nombreux amis avaient un risque de décès abaissé de 22 % par rapport à ceux qui n'avaient pas d'amis. Le nombre et la proximité des membres de la famille n'avait en revanche aucune incidence notable.

L'importance des réseaux sociaux et de l'amitié a aussi des côtés négatifs, car le risque d'obésité augmente de 60 % chez les gens dont les amis ont eux-mêmes pris du poids, d'après des travaux publiés en 2007 dans le New England Journal of Medicine.

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