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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 11:54

 

Psychiatrie : les mauvais scénarios de l’enfermement

De la science-fiction ? Nullement. Et la scène pourrait se passer bientôt dans n’importe quel hôpital psychiatrique de France.
C’est une personne bien agitée, bien perdue, qui arrive aux urgences. Elle est seule, aucun membre de sa famille ne l’a accompagnée. Et, d’ailleurs, a-t-elle de la famille ? L’homme est effondré, en larmes, confus, mais il ne veut pas se faire hospitaliser. C’est ainsi. Les médecins qui l’auscultent hésitent. On appelle le directeur de l’établissement. Et celui-ci signe le certificat d’hospitalisation «pour péril imminent». Le directeur, quelle drôle d’idée ? Mais voilà, c’est dans le texte de loi qui réforme les conditions d’hospitalisation en psychiatrie en France, en débat cette semaine, en seconde lecture à l’Assemblée nationale.

Notre patient est donc hospitalisé contre sa volonté dans un secteur fermé. Les secteurs sont presque tous fermés en France, ce qui pose un problème pour ceux qui sont venus volontairement se faire prendre en charge. Qu’importe… Pendant trois jours, soixante-douze heures, comme le veut encore la nouvelle loi, notre malade sera isolé, pris en charge, médicamenté, voire mis dans une chambre d’isolement – appelée désormais chambre de soins intensifs. Pendant trois jours, aucun regard extérieur ne pourra interférer. A l’issue de ce délai, les psychiatres décideront, ou pas, de la poursuite de cette hospitalisation. Les optimistes diront que pendant ces trois jours, les médecins auront eu le temps de gérer la crise et de convaincre le patient de rester à l’hôpital.
Disons que cette fois-là, notre patient n’a pas été convaincu, et que c’est toujours contre sa volonté qu’il reste à l’hôpital. Au bout de quinze jours, nouveau branle-bas de combat. Il doit passer devant un juge au tribunal de grande instance de son lieu d’hospitalisation, car désormais ce dernier doit donner son feu vert à la poursuite de l’hospitalisation sous contrainte.
Comment cela va-t-il se passer ? Trois cas de figure. Le malade est amené par deux soignants auprès du juge. Autre possibilité, une salle a été aménagée à l’hôpital pour recevoir le juge, dans laquelle se tiendra l’audience. Enfin, tout peut se faire par vidéoconférence. Le patient étant jugé peu apte à se déplacer, c’est le juge qui l’interrogera par le biais d’une caméra. On peut imaginer la scène : un malade, assommé de médicaments, terrorisé par l’œil de la caméra et devant répondre aux questions du juge. Peut-on, dès lors, parler de grande avancée thérapeutique, voire de l’assurance d’une meilleure prise en charge ?
On peut en douter. D’ailleurs, sur quels critères le juge va-t-il donner son aval à une décision qui se veut médicale ? Heureusement pour le patient, en tout cas, que tout cela aura été fait «pour son bien».

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 11:50

La Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme a manifesté le samedi 7 janvier 2012 de 16h à 17h sur la Place de la Bastille à Paris pour dénoncer les risques d'abus psychiatriques chez les enfants.



Abus psychiatriques : les enfants menacés

Plusieurs centres de pédopsychiatrie prévoient d'ouvrir dans les prochains mois.
Des millions d'euros ont été alloués à la psychiatrie pour leur permettre d'interner et de « traiter » des enfants et des adolescents de tout âge.

Des milliers d'enfants pourraient être séparés de leurs proches pour vivre enfermés dans un environnement sinistre et avec des traitements barbares. Des médicaments à fortes doses pourront leur être donnés et des électrochocs pourraient même être utilisés.

Ces traitements déjà dangereux pour la population en général, représentent un risque encore plus important en ce qui concerne les enfants. Leurs organismes encore fragiles pourraient réagir de manière dramatique aux différents traitements.
Les effets secondaires nocifs déjà connus des drogues psychiatriques peuvent s'avérer encore plus graves lorsque les enfants en consomment.

Avec l'arrivée de ces nouveaux centres psychiatriques dans le pays, « l'étiquetage » et le traitement psychiatriques auprès des enfants pourront s'effectuer à grande échelle, entraînant une augmentation des jeunes suivis de manière abusive en psychiatrie.

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 17:30


 

Samedi 7 janvier 2012, les gendarmes ont retrouvé un couple de septuagénaires pendus dans leur maison, à Chalandry-Elaire (Ardennes). Une lettre a été retrouvée près des corps. Le mari explique que sa femme souffrait de la maladie d’Alzheimer et qu’il était devenu trop dur pour eux de continuer à vivre dans ces circonstances.

Les enquêteurs s'orientent vers la piste du meurtre suivi d'un suicide. Si les circonstances du drame étaient avérées, ce serait un nouveau drame lié à la maladie d'Alzheimer et notamment, à l'épuisement des aidants familiaux.

Trois questions à Annie de Vivie, directrice du site Internet Age Village, spécialisé sur l’aide aux personnes âgées et dépendantes :

  • Ce n'est pas la première fois qu'un tel drame se produit. Comment l'expliquer ?

Annie de Vivie : "Il y a un véritable épuisement des aidants. Et même quand ça ne se termine pas de cette façon, on ressent quand même une très grande tension chez les aidants familiaux. Nous pouvons en témoigner au travers des témoignages que nous recevons sur notre site Internet et dans nos forums.

"Avec une personne en perte d'autonomie, les aidants doivent être sur le qui-vive 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Il faut également avoir une grande capacité d'écoute et d'adaptation face à des personnes adoptant des comportements perçus comme agressifs - mais qui sont en réalité défensifs, car ces personnes ne comprennent pas pourquoi elles doivent s'habiller ou faire la toilette, par exemple. Sans compter la culpabilité ressentie par beaucoup de familles à demander l'aide de professionnels, même s'il s'agit de bénéficier d'un accueil de jour. Et c'est là que le cercle vicieux peut s'enclencher, dégénérer, parfois jusqu'au drame."

  • Justement, comment repérer les situations qui peuvent devenir tragiques ?

Annie de Vivie : "Le point commun dans les situations tragiques est toujours lié à l'argent. Dès que l'argent manque, vous accumulez des situations de vulnérabilité pouvant aboutir au drame. Les gens n'ont pas toujours l'argent ou la connaissance, pour accéder à des structures de répit leur permettant de souffler un peu. C'est ce qui fait qu'ils vont s'enfermer dans des situations de plus en plus coûteuses financièrement, physiquement et moralement."

  • 2012 est l'année de l'élection présidentielle. Quels sont vos vœux pour les personnes dépendantes ?

Annie de Vivie : "Donner plus d'argent ne serait pas suffisant. Nous militons, tout d’abord, pour la création d’un guichet unique pour toutes les personnes en perte d'autonomie. Un numéro unique auquel elles ou leurs familles puissent s'adresser lorsqu'elles ont besoin d’aide. De sorte que les gens aient un référent et qu'ils soient bien informés et orientés.

"Ensuite, il faudrait labelliser les services d'aides aux personnes âgées malades et/ou dépendante,s ainsi que les maisons de retraites, parce que beaucoup ne savent pas où elles mettent les pieds. Et puis il faudrait bien sûr renforcer le financement de l'aide à l’autonomie parce que l'accès à des services de qualité reste encore trop cher pour les familles."

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 15:48

            Dans un livre de 500 pages qui fait autorité dans le domaine et qui porte seulement sur les effets secondaires des médicaments psychiatriques, moins de cinq pages sont consacrées aux effets de sevrage associés à toutes les catégories de médicaments. Ce fait reflète le niveau inadéquat d'intérêt psychiatrique et la méconnaissance de ces réactions.

            Les médications psychiatriques peuvent provoquer un large éventail d'effets secondaires lors qu'elles sont prises et elles peuvent aussi provoquer un large éventail d'effets lorsqu'elles sont arrêtées. Des syndromes de sevrage reconnus sont une caractéristique commune régulière de l'usage de tous les produits psychiatriques. Toutefois, comme nous l'avons vu, les médecins qui les prescrivent s'abstiennent trop souvent de mettre leurs patient en garde.

            Parce qu'elles produisent des réactions de sevrage déplaisantes, les médications psychiatriques doivent être considérées comme des produits de dépendance. En d'autres mots, quelques usagers au moins recommenceront leur consommation à cause de l'inconfort provoqué par le sevrage. Ces individus poursuivront l'usage de ces produits simplement pour éviter les réactions de sevrage. Les nombreux compte-rendus personnels sur Internet d'usagers d'antidépresseurs de types ISRS ou de Prozac, par exemple, fournissent des preuves exceptionnellement impressionnantes que ce phénomène se produit beaucoup trop souvent. Malheureusement, lorsque les réactions de sevrage mènent à un usage prolongé des produits, les usagers risquent de souffrir de réactions plus sévères lors d'une prochaine tentative de sevrage.

            Tel que mentionné, la quantité relativement petite de cas publiés décrivant les réactions de sevrage ne peut pas être prise comme un indicateur valide de leur fréquence réelle. Comme règle de base, les réactions de sevrage de la plupart des médications psychiatriques ont été ignorées ou simplement non reconnues comme telles. Toutefois, les études spécifiquement conçues pour examiner de telles réactions les ont identifiées chez une proportion de 60 à 80 % des patients. Un 20 % des personnes peuvent souffrir de réactions « graves ».

            Les médecins mettent souvent l'emphase sur les conséquences physiques du sevrage, comme la nausée, les tremblements ou les crises, tout en négligeant d'identifier les symptômes émotionnels du sevrage qui trop souvent contribuent à un recommencement de la prise de médicament. Les réactions émotionnelles, telles que l'anxiété, la dépression, l'insomnie et l'irritabilité, peuvent en fait avoir un impact plus important sur les patients que les symptômes purement physiques.

            Les trois catégories importantes de réactions émotionnelles et physiques du sevrage sont l'anxiété, la dépression et la psychose. Les réactions d'anxiété semblent être communes au moment du sevrage des médicaments qui dépriment le système nerveux central (SNC), tels que les tranquillisants mineurs, la plupart des antidépresseurs, les neuroleptiques, le lithium et les autres régulateurs de l'humeur, et les antiparkinsonniens. Les réactions de dépression semblent être communes au sevrage des stimulants et des ISRS. Et les réactions psychotiques semblent être associées au sevrage des neuroleptiques, du lithium et des antiparkonsonniens. Encore, les preuves des cas et des études suggèrent que toutes les médications psychiatriques peuvent produire toutes ces réactions de sevrage.

            De plus, les cliniciens ne décrivent pas toujours bien les symptômes qui se produisent lors du sevrage. Dans plusieurs cas, des biais en faveur des produits et la résistance habituelle de reconnaître les effets de sevrage les mènent à utiliser des termes ambigus et neutres (tels que agitation, nervosité, anxiété et retard psychomoteur) au lieu de termes comme psychose.

            Sans aucun doute, plusieurs réactions de sevrage de toutes les catégories de produits sont prises de façon erronée comme des « rechutes » par les médecins, ignorant ainsi l'implication de la médication comme telle et mettant l'emphase plutôt sur la « maladie psychiatrique » du patient. Plusieurs chercheurs abordent aussi le problème de façon timide omettant de décrire et de souligner les réactions de sevrage. Par conséquence, les patients souffrent et la population demeure mal informée.

            Afin que les patients accordent leur consentement éclairé à la prise des médicaments prescrits, les médecins doivent décrire pleinement le sevrage en termes de réactions secondaires avec une « probabilité fréquente » de se produire. C'est le devoir de tous les médecins de s'assurer que les patients saisissent d’abord puis se rappellent la nature et la possibilité de toutes les réactions possibles, y compris les réactions de sevrage. De même manière, dans leurs monographies officielles, les compagnies doivent fournir des résumés précis des rapports des réactions de sevrage de même qu'un guide détaillé pour un sevrage graduel de leurs produits.

            La meilleure manière de minimiser les risques de réactions graves de sevrage est de ne jamais prendre de produits psychiatriques. L’approche suivant la meilleure est de planifier un sevrage lent et graduel impliquant une surveillance étroite et un programme systématique et continu d'information, de counselling et de soutien. Malheureusement, le sevrage abrupt demeure très commun en pratique clinique. Cette approche est imprudente et peut provoquer davantage de détresse et de symptômes débilitants. Sauf en cas d'urgence, les patients qui cessent l'usage de leur médication psychiatrique et les professionnels qui les suivent devraient procéder graduellement et maintenir ce pas jusqu'à la cessation complète même si les premières étapes du sevrage n'ont pas été difficiles.

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 15:47

            Comme nous l'avons vu au chapitre 7, le supposé sevrage graduel ou progressif d'antidépresseurs mentionné dans la littérature publiée est trop souvent rapide. Dans un rapport par exemple, « graduel » fait référence à une période de sept à dix jours; dans un autre, il réfère à un sevrage de quatre jours; dans un troisième rapport, le sevrage graduel fait référence à une réduction de 50 % au cours de cinq semaines, suivie d'aucune médication à tous les deux jours pendant une semaine, et finalement un arrêt brusque. Dans deux autres rapports, « graduel » veut dire une réduction de 50 % de la dose pendant une semaine, suivie d'un arrêt complet. Dans une revue de 46 rapports de cas de réactions au sevrage d'ISRS, 23 sevrages étaient abrupts, 12 autres impliquaient un sevrage graduel sur une période de deux semaines ou moins et seulement six impliquaient un sevrage graduel sur une période de plus de deux semaines. Aucun des 18 sevrages graduels a utilisé la méthode privilégiant une réduction de 10 % décrite au chapitre 8. Finalement, dans une recension de six études impliquant des patients avec diagnostics de schizophrénie et autres psychoses qui étaient sevrés des neuroleptiques, les auteurs rapportent que dans la plupart des études spécifiant la rapidité du sevrage, le processus était complet en moins d'une semaine, habituellement dans une journée.

            Il est rare que les chercheurs suggèrent que la période de sevrage graduel a besoin d'être étalée sur plusieurs semaines; en fait, 12 et 14 semaines sont les périodes les plus longues citées dans ces études. Dans le cas d'un homme de 29 ans souffrant  d'étourdissements sévères se produisant à chaque tentative de sevrage du Zoloft, les médecins ont communiqué avec la compagnie pharmaceutiques afin d'obtenir de l'aide. Ils furent avisés de procéder avec « une réduction extrêmement lente de la dose ». Spécifiquement, une dose réduite fut prescrite à chaque deux jours pendant trois semaines, ensuite à chaque trois jours pour six semaines, ensuite chaque quatre jours pour encore deux  semaines et finalement un arrêt complet. Le sevrage se prolongea sur une période de onze semaines.

            Aucune recommandation du genre de procéder « extrêmement lentement » n'apparaît dans les monographies officielles du Zoloft ou de tous les autres antidépresseurs. Ainsi, médecins et patients doivent être encouragés à procéder plus lentement et prudemment lors de l'arrêt de médications psychiatriques. La méthode de 10 % décrite au chapitre 8 constitue une ligne directrice raisonnable à cet égard.

 

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 15:46

            Les neuroleptiques devraient être complètement arrêtés aux tout premiers signes de dyskinésie tardive. En l'absence de telle urgence, le sevrage de neuroleptiques pris depuis longtemps devrait être étendu sur au moins une période de plusieurs mois pour accroître les chances d'un sevrage relativement moins troublant. Une réduction de 10 % à tous les deux ou trois mois est souvent suggérée. Selon les preuves disponibles, le risque de rechute semble plus grand entre la 12e et la 24e semaine après la cessation selon vraisemblablement la vitesse du sevrage.

            Des recherches sur des animaux confirment que le sevrage devrait être un processus lent parce que les changements liés à la médication pourraient durer pendant des mois après la dernière dose. Dans une étude en laboratoire, 38 singes en bonne santé ont été observés quotidiennement pendant 108 semaines. Au cours des premières 25 semaines, une information de base fut recueillie. À partir de la 25e semaine jusqu'à la 72e, les singes recevaient des injections de fluphénazine à effet prolongé (Prolixin). Les conclusions majeures pendant cette période étaient « une diminution substantielle de l'intérêt envers eux-mêmes et leur environnement », c'est-à-dire que les animaux accordaient beaucoup moins d'attention à eux-mêmes, à leurs compagnons et à leur environnement. À partir de la 73e semaine, les injections du médicament cessèrent et « le niveau d'agression augmenta au tout début du sevrage, accentué de stress ». (Ce résultat ressemble à la réaction d'agitation observée chez les humains en sevrage.) Les chercheurs soulignent que « le rétablissement  à un comportement normal de base commence après la septième semaine suivant le dernier traitement ». En d'autres mots, ce n'est pas avant deux mois après la dernière dose que les animaux commencèrent à démonter un comportement normal. Finalement, « la dyskinésie tardive a persisté chez 30 % des animaux au cours d'une période prolongée ».

            À partir d'une expérience clinique soutenue par la recherche, nous suggérons que si vous vous sevrez des neuroleptiques, vous devez éviter de faire des changements  importants dans votre vie pendant et peu après le sevrage. Accordez-vous une période d'ajustement d'au moins plusieurs semaines pour vous secouer des effets de la médication en mettant l'accent sur une bonne nutrition, l'exercice et le bien-être général. En particulier, solidifiez vos relations sociales et évitez les nouvelles sources déplaisantes de stress et de tension.

            Reconstruire votre vie sans recours aux médicaments après des années de consommation de neuroleptiques peut être particulièrement difficile. Vous pouvez avoir accepté de prendre des produits que vous trouviez toxiques et qui gelaient votre cerveau, et cette soumission, aggravée par les effets du médicament, peut avoir affaibli votre capacité de prendre des décisions. Vous retirerez des bénéfices d'une planification attentive et d'une bonne préparation, d'un réseau de soutien et de la pratique d'options non-médicamenteuses pour gérer le stress et l'anxiété.

 

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 15:46

            Les médicaments antiparkinsoniens, tels que le Cogentin, le Kemadrin, l'Artane et le Symmetrel, sont fréquemment prescrits pour supprimer les troubles de mouvements, comme la maladie de Parkinson, causés souvent par les neuroleptiques. À peu près la moitié des patients traités avec des neuroleptiques conventionnels reçoivent aussi des médicaments antiparkinsoniens.

            Ces produits sont aussi décrits comme « anticholinergiques » à cause de leur action chimique de suppression de l'activité cholinergique du cerveau. L'hypersensibilité cholinergique provoque une large partie des effets de sevrage des médications antiparkinsoniennes qui ressemblent aux tricycliques et aux neuroleptiques et peuvent être également complexes et variées. Plusieurs études ont démontré des symptômes semblables à la grippe, comme la nausée, les vomissements, les frissons, la faiblesse et les maux de tête de même que l'insomnie et la nervosité qui se produisent lors de la période de sevrage.

            Dans une rare étude double-aveugle, avec placebo, les auteurs ont trouvé « un syndrome de sevrage reconnaissable » - nommément  une augmentation de l'anxiété manifestée par « une irritabilité, une tension, des palpitations et des maux de tête », des malaises physiques variés (particulièrement de la trachée gastrointestinale), des étourdissements debout, des battements de cœur irréguliers. De plus, des symptômes psychotiques se manifestèrent dans les premiers jours du sevrage et durèrent jusqu'à trois semaines. Huit des onze patients sevrés (73 %) affichaient ces symptômes évidents de sevrage.

            D'autres études aussi ont observé des explosions de symptômes psychotiques qui sont normalement accompagnés par une réapparition de mouvements anormaux. En effet, les chercheurs ont relié directement ces symptômes de psychose - incluant les délires, les hallucinations, les tentatives de suicide et l'isolement - aux symptômes physiques de rigidité, de nervosité, d'akathisie et de parkinson.

            Dans l'une de ces études, les auteurs soulignent simplement que « le syndrome anticholinergique de sevrage ressemble au syndrome négatif de schizophrénie à plusieurs égards. Chez les patients schizophrènes, ces symptômes peuvent être pris par erreur pour une décompensation psychotique et résulter en un traitement inadéquat ». Un cas rapporté décrit aussi un état catatonique grave (immobilisme) lors d'un sevrage brusque du Symmetrel.

            De plus, un cas grave ressemblant au syndrome malign de neuroleptique a été rapporté lors d'un sevrage d'antiparkinsoniens, même si le patient n'avait jamais reçu de neuroleptiques.

            Étant donné que les antiparkinsoniens aggravent la dyskinésie tardive et atteignent la mémoire, le sevrage peut générer des bienfaits additionnels. En particulier, le sevrage peut améliorer les symptômes de dyskinésie tardive et peut provoquer « une augmentation dramatique de la mémoire sur l'échelle Wechsler Memory Scale ».

            Comme avec toutes les médications psychiatriques, le sevrage d'antiparkinsoniens  devrait se faire graduellement, faisant en sorte de réduire la réapparition de mouvements anormaux supprimés originalement par les produits. Un sevrage graduel est plus garant d'un non retour à la consommation de médicament.

 

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 15:44

            Les circonstances dans lesquelles le sevrage des neuroleptiques doit être fortement considéré ou tenté sont tellement nombreuses qu'il est impossible d'en faire une couverture complète. Nous pouvons toutefois fournir quelques lignes directrices qui reflètent généralement les connaissances médicales:

            1) Le sevrage des neuroleptiques doit se faire à tous moments où il y a signes de troubles provoqués par la prise de la médication et qui peuvent menacer la vie, comme le syndrome malin des neuroleptiques ou la suppression de la moelle osseuse avec compromission du système immunitaire. Des décès peuvent se produire si l'on ignore cette ligne directrice.

            2) Les neuroleptiques doivent être retirés dans la mesure du possible aux premiers signes de dyskinésie tardive. La plupart des cas très graves et débilitants de la dyskinésie tardive se produisent en partie parce que l'on a ignoré cette ligne directrice.

            3) Les neuroleptiques doivent être retirés aussi rapidement que possible chez les patients qui ont atteints 40 ans, étant donné que les taux de dyskinésie tardive augmentent avec l'âge.

            4) Le sevrage des neuroleptiques doit être essayé, dans la mesure du possible, dans les cas où les patients qui ont pris cette médication pendant des mois ou des années ne démontrent plus des symptôme graves ou débilitants de psychose.

            Vu la probabilité élevée d'effets irréversibles des neuroleptiques, les médecins qui suivent des patients qui sont sous traitement à long terme doivent considérer sérieusement de diminuer la dose au minimum. Chez plusieurs de ces patients, la dose minimale serait effectivement de zéro. En général, les patients devraient être sous traitement de neuroleptiques pour la période la plus brève possible aux plus petites doses possibles. Nous croyons qu'une pratique plus rationnelle de la psychiatrie éliminerait l'usage d’une médication si dangereuse.

            Des recherches portant sur le OBRA-876, la législation du Congrès des États-Unis qui régit l'utilisation des psychotropes et de la contention physique dans les résidences pour aînées, démontrent que cette loi a eu l'impact attendu particulièrement en ce qui a trait à la diminution de l'usage des psychotropes. L'usage des benzodiazépines, ciblé aussi par la législation, a semblablement diminué. Nous avons encore besoin de mieux savoir comment ces changements améliorent la qualité de vie des résidents. Entretemps, toutefois, il est clair selon plusieurs études, que près de la moitié des patients âgés en institution peuvent être sevrés avec succès des neuroleptiques. Un sevrage graduel est habituellement réussi, les résidents montrent rarement des niveaux plus élevés d'agitation et la plupart sont en mesure d'être privés de ces produits pendant des périodes prolongées. À tout prendre, ces produits sont si dangereux pour les personnes âgées, qu'ils ne devraient pas leur être prescrits.

 

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 15:43

            Dans les cas où les patients sont sevrés d'un long usage de neuroleptiques, la grande partie de ce que l'on appelle rechute « schizophrène » ou « psychotique » pourrait en fait être des réactions de sevrage non identifiées. Il est possible que les symptômes de sevrage tels que l'agitation, la nervosité et l'insomnie soient attribués par erreur à la maladie mentale du patient. À ce moment-là, cette situation peut être des plus décourageante pour le lecteur. Elle reflète la même confusion que nous avons notée à l'égard du sevrage des antidépresseurs, des tranquillisants mineurs, du lithium et des stimulants.

            En effet, à cause de la ressemblance entre plusieurs symptômes de sevrage et les problèmes émotionnels originaux du patient, les cliniciens non seulement imputent les réactions au « trouble sous-jacent » mais recommandent aussi de continuer le traitement avec le produit qui en est responsable. Ces erreurs cliniques persistent malgré des signes aussi visibles que le déclenchement de symptômes après la cessation de la médication et le soulagement rapide après qu’elle soit réintroduite. Ils persistent même malgré des observations que « la rechute psychotique se produit rarement au cours des premières semaines de sevrage ».

            La controverse sur la valeur d'un traitement aux neuroleptiques augmentera probablement au fur et à mesure que les cliniciens continueront d'observer des taux différents de rechute entre le sevrage abrupt et graduel; tel que constaté, plusieurs patients sevrés graduellement n'ont pas besoin de médication additionnelle. Selon une étude récente, « il y a presque une différence de deux dans les risques de rechute entre le sevrage abrupt et graduel d'antipsychotiques», alors qu'une analyse plus globale originale a conclu que le taux de rechutes parmi les patients sevrés des neuroleptiques est trois fois plus élevé que parmi les patients maintenus sur la médication. Toutefois, lorsque d'autres chercheurs analysent ces données pour distinguer entre les patients sevrés rapidement et ceux qui le sont graduellement, les derniers ont un tiers du taux de rechute des premiers. En termes de taux de rechute donc, les traitements prolongés semblent ne pas être mieux qu'un sevrage graduel.

            Bien sûr, le traitement prolongé est beaucoup plus dangereux. En effet, les chercheurs commencent à suggérer que les changements au cerveau provoqués par le traitement à long terme avec la médication pourraient créer « des facteurs pharmacologiques de stress » ou « des effets de stress iatrogènes et pharmacologiques » qui, combinés à un sevrage abrupt, accroît la vulnérabilité à la rechute. Prendre des médicaments et ensuite arrêter abruptement pourrait affaiblir les capacités du patient de répondre au stress dans l'avenir.

 

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 15:42

            Les réactions au sevrage de la Clozaril (clozapine) impliquent non seulement une hypersensibilité des systèmes cholinergique et de dopamine mais aussi un rebond. Plusieurs rapports de cas décrivent un syndrome rapide de sevrage « avec un déclenchement de l'agitation, de mouvements anormaux et de symptômes psychotiques ». Selon un auteur, « ils apparaissent être beaucoup plus rapides que les syndromes constatés après l'arrêt des neuroleptiques conventionnels ». D'autres auteurs ont constaté que « l'agitation grave et les symptômes psychotiques [...] s'arrêtèrent rapidement et complètement après la prise de faible dose de la clozapine ».

            Deux cas d'émergence soudaine de nouveaux symptômes obsessif-compulsifs - l'un d'eux impliquant aussi des « tics semblables à la Tourette »  - ont été décrits après un sevrage de la clozapine. Dans les deux cas, les cliniciens ont observé « une disparition complète » des symptômes au moment de la reprise de la clozapine. Une autre personne traitée pendant deux ans a développé « une grave insomnie, de la nervosité et des frissons » après le retrait de la clozapine. Ces symptômes cessèrent lorsque l'on la réintroduisit, pour réapparaître trois mois plus tard lorsque les médecins retirèrent à nouveau le médicament, et ils cessèrent à nouveau après une nouvelle introduction de la clozapine. Dans une autre étude, 28 patients ont été évalués sept jours après un arrêt brusque de la clozapine; de ces derniers, 61 % développèrent des réactions de sevrage. La grande partie de ces réactions ont été évaluées comme étant « faibles » avec agitation, maux de tête ou nausée; mais quatre patients ont souffert de réactions plus déplaisantes, comme des nausées, vomissements, diarrhées. Un autre patient a éprouvé « un déclenchement rapide d'épisodes psychotiques exigeant l'hospitalisation ». L'étude ne spécifie pas combien de patients avec « faible » agitation au cours des sept premiers jours après le sevrage ont ensuite développé des épisodes plus graves de comportement agité. Selon un récent rapport décrivant quatre cas graves de sevrage de la Clozaril, deux patients étaient incapables de marcher, un autre avait une démarche chancelante et deux avaient des hauts le cœur lorsqu'ils mangeaient ou buvaient.

            Des rapports de sevrage compliqué et grave de la Clozaril continueront sans doute d'apparaître. Un récent article intitulé: « La clozapine comme médicament de dépendance » confirme l'existence « d'un signe clair de sevrage somatique » dans les laboratoires de recherche sur les animaux après traitement à la clozapine. Ce produit a été vu comme le prototype pour les neuroleptiques atypiques lors de son introduction aux États-Unis en 1990. Depuis, ces supposés neuroleptiques atypiques comme le Clozaril, le Risperdal, le Seroquel et le Zyprexa - promus avec enthousiasme comme plus sûrs que les anciens neuroleptiques - semblent ressembler de plus en plus aux produits qu'ils devaient remplacer.

 

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