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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 19:33

Juliette : "J'étais loin d'imaginer la sombre réalité"

Bienvenue dans l’univers impitoyable des HP, Hôpitaux Prisons… Où contrainte, autorité abusive et menaces mènent la danse.

 


Avant, j’étais comme vous. Je considérais la psychiatrie comme étant une discipline médicale digne de confiance et les hôpitaux psychiatriques comme des institutions, censées traiter et guérir des personnes malades ou fragilisées psychologiquement.

Je croyais que les psychiatres travaillaient de pair avec les thérapeutes, qu’ils écoutaient et tentaient de faire parler leurs patients, de leur redonner confiance en les suivant de près et en les revalorisant afin qu’ils se réintègrent dans la société et reprennent peu à peu goût à la vie.

Je pensais que les médicaments qu’ils prescrivaient aidaient les malades à se relever, à sortir la tête de l’eau dans des périodes de troubles.

J’avais confiance et n’aurais pas hésité à conseiller à un proche de consulter un psychiatre, de suivre un traitement ou même, en cas extrême de danger imminent, de le faire interner sans son consentement.

Mais avant, je ne savais pas. J’étais loin d’imaginer la sombre réalité.

C’est pourquoi, il est de mon devoir aujourd’hui de témoigner, de vous informer et de vous conseiller. Car personne n’est à l’abri d’un internement, le sien ou celui d’un proche. Je ne peux pas rester dans le silence, cela signifierait valider les pratiques psychiatriques et être complice, malgré moi, de leurs abus et mauvais traitements. Je m’y refuse formellement.

Si mon internement en HP a été un échec criant qui m’a laissé plus de séquelles qu’autre chose, je cherche cependant à tirer parti des expériences de la vie. Peut-être, tout du moins j’espère, que cette période extrêmement sombre servira à certains à remettre en cause ce système et permettra de relancer le débat sur la façon dont la « folie » est traitée par notre société. Et là, je pourrai enfin me dire, que finalement, mon internement aura eu du bon.

Enfin, je ne peux oublier mes amis patients, qui, privés de liberté depuis des mois, des années, traînent leurs désespoirs dans les couloirs lugubres de ces hôpitaux prisons, privés de vie et de liberté pour être ou avoir été déprimés ou en décalage avec la société. La plupart ont été terriblement blessés par la vie, ont une sensibilité magnifique, un courage incroyable, un talent artistique fou. Ils ont été brisés par ce système, après avoir été blessés par la vie. C’est aussi et surtout pour eux que je témoigne.

Loin de moi l’idée de juger toutes les personnes qui travaillent au sein de ces hôpitaux psychiatriques. Car j’ai côtoyé des infirmiers, aides-soignants et même un (seul) psychiatre avec des qualités humaines remarquables et qui parviennent à faire un excellent travail malgré la dureté de leur quotidien. Je pense souvent à eux avec une infinie tendresse. Ces quelques personnes m’ont sauvée du désespoir en me prouvant avec leur intelligence, leurs sourires et leur gentillesse, que l’on pouvait rester humain, respectueux et bon, en contre-courant d’un système qui utilise et prône la violence, la menace et la dévalorisation.

Ces derniers sont malheureusement minoritaires, et les autres, le gros de la masse, s’accrochent, comme beaucoup de personnes bêtes et méchantes, à leurs maigres pouvoirs et en jouissent impunément. Ils prennent un malin plaisir, clairement perceptible, à nous voir dévier du règlement pour mieux nous punir. Pour eux, le cas par cas n’existe pas. Seules règnent les règles, l’autorité et la discipline. Ces gens-là sont ce que j’appellerais des tortionnaires ou au mieux des idiots sans cœur… Ils ne nous écoutent pas, nous maltraitent et nous infantilisent. Ils font beaucoup de mal.

Une histoire de responsabilité juridique… où le patient reste le grand oublié

L’année 2011 ne m’avait pas épargnée… Suite au suicide aussi inattendu que tragique d’un ami qui m’était très proche, j’ai été plongée dans une période assez sombre. Mes parents, avec qui j’entretenais depuis des années des relations distantes, ne savaient pas comment me venir en aide. J’ai fait une bêtise, une erreur que je regrette terriblement, je leur ai envoyé des messages par texto de menace suicidaire, pour les faire réagir. Il s’agissait pour moi d’une simple provocation, pour leur signaler que j’avais besoin de leur aide et de leur présence. Comportement puéril et irréfléchi, qu’ils ont pris à la lettre au lieu de le comprendre comme un chantage affectif, ou une façon de dire « j’ai besoin de vous » dans une famille ou la communication est défectueuse…

Ils ont donc appelé SOS psychiatrie. J’étais alors avec mon petit ami, nous avions passé un agréable déjeuner en terrasse et prévoyions de regarder un DVD chez moi pour terminer la journée. J’étais bien ce jour-là. De retour à mon domicile, mes parents, un psychiatre et 4 pompiers m’attendaient. Face à l’intrusion de tout ce beau monde dans mon petit 25 m2, j’ai fait une seconde erreur. Je me suis énervée. Ni une ni deux, au bout de 3mn d’entretien avec le pseudo psychiatre, me voilà emmenée de force à l’hôpital Saint-Antoine.

Je réalise alors que la situation est dangereuse et que je risque un internement. Je rencontre la psychiatre de garde à qui je me confie, calmement. Je lui explique le contexte, la rassure et lui rappelle que jamais je n’ai fait de tentative de suicide, qu’il ne s’agissait que de menaces et que je ne refusais pas l’aide dont j’avais besoin. Au contraire : j’avais rendez-vous avec ma psychologue le lendemain, une neurologue le surlendemain. Je souhaitais seulement rentrer chez moi, en m’excusant pour les menaces envoyées à mes parents. Il ne s’agissait que d’un malentendu. Jamais je n’avais mis ma vie en danger. Elle me croit. Mais la machine est lancée. Elle me propose de convaincre ma mère de ne pas signer la HDT (hospitalisation à la demande d’un tiers). Or, cette dernière, d’un naturel extrêmement angoissé, maintient sa demande. La psychiatre revient vers moi en s’excusant : « je suis désolée mais je vais devoir vous hospitaliser à Charenton, hôpital Esquirol 2/3 jours. Votre mère ne souhaite pas revenir sur sa demande d'internement, et moi je n’ai maintenant plus le choix, car si je ne le fais pas c’est ma responsabilité qui est en jeu ».

Une fois arrivée à Esquirol, on me ressortira le même discours inaudible, de la part d’une infirmière cette fois, que je questionne sur la probable durée de mon hospitalisation : « Vous avez un nouveau traitement, il faut attendre au moins une semaine voir 10 jours, pour savoir comment vous réagirez. On ne pourra pas vous laisser sortir avant. Vous êtes sous la responsabilité de l’hôpital Esquirol, si on vous laisse sortir et qu’il vous arrive quelque chose à l’extérieur, nous serions tenus pour responsables ».

En somme, une histoire de responsabilité, dans laquelle chacun cherche à se protéger. Euh, mais le patient dans tout ça, cherche-t-on à le protéger quelque part ?

Je suis finalement restée 42 jours à l’hôpital, et non pas 3 comme initialement prévu. Et 42 jours, dans ce contexte, c’est très, très long.

Je n’ai eu cesse de répéter mon désaccord face à cette hospitalisation injustifiée :

« Patiente calme, opposée à l’hospitalisation, mais coopérante. Discours clair et cohérent » (20/06/2011)

« Accepte mal l’hospitalisation, pleure » (21/06/2011)

« Dit ne pas se sentir bien dans l’hôpital et préférerait être suivie en ambulatoire » (22/06/2011)

« Évoque les raisons qui l’ont conduite à l’hôpital, en veut à ses parents car aurait aimé que les choses se passent autrement » (23/06/2011)

« Dit son incompréhension devant l’actuelle hospitalisation, se met à pleurer puis se calme » (25/06/2011)

« Pleure à la fin de l’entretien, dit ne pas supporter ce système de répression » (28/06/2011)

« Dit en vouloir à sa mère mais avoir besoin d’elle pour la levée de l’HDT » (29/06/2011)

« Elle dit ne pas être en sécurité dans le service » (04/07/2011)

Cellule d’isolement et autres techniques barbares dont j’ai été témoin et victime

Mon arrivée à Esquirol reste un souvenir très violent. Peut-être afin de me conditionner aux méthodes en rigueur dans ce genre d’établissement, j’ai été attachée par des cordes aux pieds et aux mains dans l’ambulance qui m’amenait de Saint-Antoine à Saint-Maurice, Esquirol. 30 minutes de trajet. Une fois sur place et détachée, on me retire les quelques affaires que j’avais, soit mon sac à main, on me donne une bouteille d’eau, un pyjama 8 fois trop grand pour moi et on m’installe dans une chambre, ou quelqu’un dormait déjà dans le lit voisin.

Quelle angoisse au réveil ! Et personne pour me rassurer, ni même pour m’expliquer le fonctionnement du service. Me voilà plongée dans cet univers inconnu de délires, de violence et de souffrance. Je suis terrorisée, me sens extrêmement seule et en décalage total avec les autres patients, que je fuis dans un premier temps. Je cherche à m’enfuir par tous les moyens mais c’est impossible. J’ai peur. Une angoisse terrible que je ne souhaite à personne.

Un patient remarque ma détresse et vient vers moi, me parle, me propose de regarder les infos à la TV avec lui. Il m’offre des madeleines. Il avait remarqué que je n’avalais rien aux repas, il me conseille de manger car « avec tous les médocs qu’ils nous donnent, il faut vraiment avoir quelque chose dans l’estomac ». On sympathise, c’est mon pote, il est gentil et me rassure. J’ai au moins un allié.

Lui, ça fait des mois qu’il est hospitalisé. Il connaît bien. Rapidement, il me met en garde contre toute manifestation de rébellion que je pourrais manifester. « Si tu ne te plies pas à leurs règles, ils n’hésiteront pas à te mettre en chambre d’isolement et ça, c’est l’horreur, j’aimerais que tu en sois épargnée, car ça laisse des séquelles ». La Chambre d’Isolement, aussi appelée CSI (chambre de soins intensifs) constitue leur menace ultime, leur favori moyen de coercition. Tous les patients en parlent, certains clament avec fierté avoir survécu à 17 jours de CSI tout en traitant les médecins d’ « enfoirés », et tous la craignent comme la peste. Les hurlements et martèlements sur la porte de cette pièce lugubre nous rappellent constamment sa présence bien réelle.

Je n’ai malheureusement pas échappé à cette pratique honteuse, sortie d’un autre temps qu’on croirait aboli, et qui effectivement, laisse des séquelles. Le principe est simple : une pièce d’une dizaine de m2, avec un lit fixé au sol et un seau pour faire ses besoins. Une fenêtre avec stores fermés qu’on ne peut évidemment pas ouvrir. Interdiction d’y entrer avec quoique que soit. Pas de musique autorisée, de livre, de revue, rien ! On y rentre nue, on nous enfile un pyjama et c’est parti pour l’enfer de l’isolement. La non-communication poussée à l’extrême. Les repas se font désormais à l’intérieur de cette cage, et si, et seulement si, on n’a pas trop tapé à la porte, on nous autorisera, en fonction de l’humeur du personnel de garde, à fumer une cigarette, toutes les 7 heures environ.

On ne sait pas combien de temps le calvaire se poursuivra. Pour ma part il aura duré 48 heures. Les pires de ma vie et de loin… Je suis arrivée à un tel niveau de détresse dans ce cachot, que là, pour la première fois de ma vie, oui je souhaitais mettre fin à mes jours sans plus attendre. Mais mon bas de pyjama attaché à mon lit ne constituait apparemment pas une technique de pendaison optimale. J’ai tenté de simuler une crise d’asthme pour sortir, en vain… J’ai dû me résigner à prendre mon mal en patience, en attendant que l’on me libère. Quand ils m’ont ouvert la porte, j’étais allongée sur le lit, la tête enfouie dans ma taie d’oreiller, espérant abréger ainsi mon calvaire. « Se met une taie d’oreiller sur la tête, patiente dans la provocation » (01/07/2011). Ouais, on peut le voir comme ça ouais…

Comment peut-on croire, à notre époque, que d’enfermer une personne en détresse et de la laisser seule face à sa tristesse et ses angoisses, pour une durée indéterminée, pourra améliorer son bien-être et faire partie intégrante du processus thérapeutique ? Je ne comprends pas… et suis choquée et révoltée par tant de maltraitance psychologique…

Camisole chimique ou surmédicamentation pour le confort du personnel

Quand ils ne nous enferment pas, ils nous shootent. Le terme semble exagéré ? Certainement pas.

Les traitements sont administrés matin, midi et soir autour des repas. Tous en file indienne pour prendre son traitement. Dès le deuxième jour d’hospitalisation, je ne contrôlais plus ma mâchoire, bavais et avais du mal à m’exprimer. « Ne vous inquiétez pas ce sont les effets secondaires… On va vous donner un autre médicament pour les calmer ». Pas la peine de contester, de refuser ou de recracher un traitement. Ils vous l’administreront coûte que coûte par injection si besoin, après avoir appelé « l’équipe de renfort » qui se fera une joie de vous attacher, de vous déshabiller et de vous piquer les fesses.

Avant d’arriver à l’hôpital, j’avais depuis quelques temps du mal à m’endormir et prenais ¼ de somnifère, Stilnox avant d’aller au lit. Compte tenu de mon poids et de ma non-accoutumance à ce genre de substance, ce ¼ m’était largement suffisant pour dormir comme un bébé toute la nuit. Je l’avais bien entendu spécifié aux médecins. Mais non, à Esquirol, c’était un Stilnox entier, car « ¼, ça ne sert à rien » selon eux… Allez comprendre pourquoi.

Au bout de 10 jours, je ne voyais plus rien. Je ne pouvais plus lire et avais la vision totalement troublée. « Ne vous inquiétez pas, ce sont les effets secondaires des médicaments, votre vision reviendra… ». En attendant, c’est légèrement handicapant et surtout très inquiétant de se retrouver à moitié aveugle du jour au lendemain.

Jamais je ne me suis sentie aussi shootée… Dans un espèce de brouillard constant, très souvent fatiguée, dans le gaz total. Incapable d’organiser mes idées, d’écrire (à un juge des libertés, procureur de la république ou autre, pour contester le bien-fondé de mon internement par exemple) et de me sentir maître de ma personne. Ils m’auraient fait signer n’importe quel document, et ne se sont d'ailleurs pas privés pour le faire, afin, encore et toujours, de protéger leur responsabilité.

Quand on est mal et que le personnel s’en rend compte, on nous fait rencontrer un psychiatre. Sorti de nul part, encore un nouveau qu’on n’a jamais vu… On lui raconte une énième fois les raisons qui nous ont malheureusement amené là. Cinq minutes d’entretien et un nouveau médicament plus tard, on peut regagner notre chambre. Voilà, ce sont les techniques psys dans les hôpitaux. Médicaments à outrance, qui soulagent incroyablement le personnel qui aime nous savoir endormis et neutralisés. Certains patients ne se réveillent, et ce très difficilement, que pour les repas. Comme ça le personnel est tranquille, tout le monde est content ! Sauf le patient, bien sûr, qui n’a plus de vie du tout, mais ça tout le monde s’en fiche…

Enfin, avant d’arriver à l’hôpital je suivais depuis plusieurs semaines un traitement, Seroplex 10mg, tous les matins. Après que les psychiatres aient testé sur moi un nombre assez impressionnant de médicaments qui prolongeaient chaque fois plus la durée de mon hospitalisation, je suis sortie avec pour traitement du Seroplex 10mg, tous les matins. Cinq semaines d’enfermement pour réaliser que mon traitement était finalement adapté, je trouve ça long ! Vous en conviendrez !

Ennui ou école de la patience comme activité exclusive

Dans ces hôpitaux les journées sont longues. Très longues.

De 8h00 à minuit, on ne fait rien. Les journées sont rythmées par la prise des traitements et des repas. On erre entre le couloir d'où partent bureaux, CSI, chambres et salles de bains et la "Galerie", un long balcon grillagé donnant sur un jardin.

Durant mes 42 jours d'enfermement, j'aurais eu tout de même le droit de participer à 3 activités : 2 heures de ping-pong et deux séances d'ergothérapie. Ces séances ont d'ailleurs été pour moi un merveilleux moment de relaxation et de détente. J'ai rencontré une ergothérapeute charmante, qui m'a fait découvrir le travail de la mosaïque. Me retrouver dans cette immense pièce baignée de lumière, magnifique, qui sentait bon le bois, la colle et la peinture et qui donnait sur la verdure me fascinait. Comment était-t-il possible de retrouver si soudainement un tel bien-être, à discuter, partager, créer et chantonner dans un univers subitement si sain et charmant? Juste là, derrière une porte, au beau milieu de mon hôpital prison! Dommage... On ne m'informa de l'existence de ces séances d’ergothérapie qu'au bout de 4 semaines de détention. Je n'ai donc fait que deux séances, de 45 minutes chacune.

Le reste du temps nous fumons sur la terrasse. On s'isole de temps en temps pour pleurer, dormir, écrire ou se protéger de certains patients violents ou irritants. Parfois aussi, on écoute de la musique, on danse, on essaye de rigoler. Du moins c'est ce que j'essayais de faire, ou ce que mon instinct me dictait de faire pour survivre. Cela ne m'aura certainement pas aidé à sortir de l'hôpital que d'avoir ce type de comportement: " Chante à tue-tête sur la galerie" (26/06/2011), "Danse dans l'unité, très familière avec tout le monde" (27/06/2011), "recadrée car écoute sa radio dans le couloir en dansant" (02/07/2011). Cependant je ne regrette pas cette attitude qui m’a permis de tenir le coup et de conserver quelques souvenirs de rigolades et de complicités, qui me font rire encore aujourd'hui.

Je n'étais pas la patiente idéale, loin de là. Car en plus de chanter, danser et rigoler, je recherchais trop le contact, les échanges, la tendresse, le réconfort, la consolation, le rire, le partage... Et une patiente idéale, elle reste isolée. Elle ne communique pas. Elle peut lire seule dans sa chambre (si le traitement lui permet). Le mieux est qu'elle se fasse oublier et remercie les psychiatres.

Ils ont pourtant bien essayé de me "recadrer *", et ce, à maintes reprises : "Recadrée par rapport à la présence d'autres patients dans sa chambre" (25/06/201), "Recadrée par rapport à son comportement avec les autres patients et par rapport au règlement" (26/06/2011), "Recadrée quant à son comportement dans l'unité" (27/06/2011), "Recadrée suite à la visite de sa mère" (04/07/2011), "Recadrée quant à son comportement de cette nuit (changement de tenue vestimentaire)" (07/07/2011), "Recadrée, au self" (09/072011), "Recadrée quant à son comportement familier avec les patients" (10/07/2011), "Recadrée à plusieurs reprises compte tenu de sa familiarité vis-à-vis des autres patients" (11/07/2011), "Recadrée car est allée au marché sans autorisation” (12/07/2011), "A laissé un patient rentrer dans sa chambre pour discuter car dit se sentir seule. A été recadrée." (16/07/2011), "Recadrée sur le respect du règlement de vie en collectivité, qu'elle ne comprend toujours pas. Ce matin mécontente car s'est fait voler son argent" (22/07/2011).

* Recadrer : Rappel de façon autoritaire du règlement de l'établissement avec usage de menaces : interdictions de sorties ; mise en chambre d'isolement ; augmentation du traitement, etc.

Hygiène déplorable et nourriture infecte, des détails importants pour ceux qui y passent leur vie

Je ne m’attarderai pas très longtemps sur les conditions d’hygiène, les photos étant parfois plus évocatrices que les mots. J’ai pris cette photo depuis mon téléphone portable, un jour ou j’avais réussi à le garder avec moi malgré l’interdiction formelle du service. On comprendra aisément pourquoi…
Voici les toilettes/salle de bain, mixtes. La douche est à côté des toilettes, au-dessus du trou d’évacuation de l’eau… La tache au centre, c’est de l’urine. La photo a été prise en fin d’après-midi, la flaque était déjà là au petit matin. Le papier toilette était pour sa part à moitié trempé, comme toujours…
Voici les toilettes/salle de bain, mixtes. La douche est à côté des toilettes, au-dessus du trou d’évacuation de l’eau… La tache au centre, c’est de l’urine. La photo a été prise en fin d’après-midi, la flaque était déjà là au petit matin. Le papier toilette était pour sa part à moitié trempé, comme toujours…

Quant à la nourriture elle était tout simplement infecte. Aucune saveur, fade à en pleurer… Lors de mon hospitalisation, j’ai perdu 6 kg alors que j’étais déjà en sous-poids avant mon internement. Je ne m’attendais pas à de la nourriture gastronomique, mais tout de même, il y a des limites et là elles étaient largement atteintes, les limites. Tous les patients s’en plaignaient quotidiennement, ce à quoi on nous répondait, quotidiennement : « on y est pour rien, mais si vous le souhaitez, vous pouvez le signaler par courrier au directeur de l'Hôpital. » Facile, quand on a perdu la vision et qu’on a plus la force de tenir un stylo…

Violence, insultes, cris, hurlements, insécurité, vols et misère sociale. Tout est réuni pour vous remonter le moral…

Si vous devez être interné, vous ne choisirez pas dans quel hôpital psychiatrique. Cela dépend de votre lieu de résidence. A Esquirol, nous résidions tous dans les 11eme et 12eme arrondissements de Paris. Et c'est sans doute le seul point qui nous rapprochait. Les pathologies, elles, étaient toutes représentées : le schizophrène violent à ses heures, l'ancien toxicomane, le cleptomane, la jeune maman en dépression post-partum, la grand-mère qui délire, le post-ado surexcité, le polytechnicien en mal de vivre... Quatre jeunes de mon service avaient fait de longues périodes de prison avant de se retrouver en HP : deux accusés de meurtre, un de vol avec violence et l'autre de viol sur mineur. Sympa, rassurant en tout cas... Nous apprenons donc à vivre ensemble, dans cet espace restreint, où les chambres ne ferment pas à clefs de l'extérieur et où les salles de bain sont mixtes.

Si vous êtes avec des personnes violentes, vous risquez de vous faire agresser (ce fut mon cas) ; si vous êtes avec un cleptomane, vous vous ferez voler vos affaires (ce fut également mon cas : argent, cigarettes, vêtements et livres m'ont été dérobés) ; si vous êtes avec un violeur, vous risquez de vous faire violer; Bref vous aurez compris.

Les hurlements et pleurs résonnent sans cesse dans le service. C'est épuisant psychologiquement d'entendre ces cris de détresse nuit et jour. La misère sociale est également bien réelle. Un grand nombre de patients ont tout perdu : logement, travail, santé, famille, vie sociale. Ils sont complètement isolés et ne reçoivent jamais de visite. Je me revois offrir des cigarettes aux grand-mères qui ramassaient des mégots écrasés sur le sol pour les rallumer... Que de sourires et de remerciements pour une cigarette !

Vu que nous venons tous du même quartier, nous sommes amenés à nous revoir une fois sortis de l'hôpital. Je croise ainsi souvent d'anciens “codétenus” en allant faire mes courses. Ils font la manche devant le supermarché, une bière à la main, et retourneront surement à l'hôpital bientôt, de leur plein gré, pour bénéficier des repas et de l'abri au chaud. Ces institutions traitent ainsi toutes les pathologies, même la misère sociale... Les fous, ce sont les pauvres, les délaissés, les plus faibles.

Hôpital psychiatrique ou prison? A choisir, je prends la prison !

L’univers carcéral m’est, et j’espère me restera, inconnu. Cependant, sur les 20 patients de mon service, 4 avaient fait de de la prison plusieurs mois. Et les 4, m’ont répondu après les avoir interrogés, qu’ils avaient préféré la prison à l’HP ! Incroyable mais vrai, demandez-leurs, vous verrez…

Pourquoi ? La première raison qu’ils évoquent est qu’en prison, ils n’étaient pas shootés aux médicaments. Ensuite, les activités proposées en prison étaient beaucoup plus nombreuses qu’en HP (pas dur vous me direz)… Puis venait la nourriture, qui apparemment était meilleure dans leurs prisons respectives qu’à Esquirol. Et enfin, en prison ils savaient pour combien de temps ils seraient enfermés, contrairement à l’hôpital psychiatrique, qui fonctionne en durées indéterminées…

Alors, j’imagine bien que cela doit dépendre des prisons et des HP. Cependant cette découverte m’a stupéfaite et ramenée à ma première interrogation à savoir, pourquoi ai-je eu à subir cela ?

Je n’ai encore jamais mis ma vie ni celle de quiconque en danger, je n’ai jamais montré de comportement violent ou dangereux justifiant une hospitalisation. Pourquoi ai-je été privée de liberté des semaines, dans des conditions terribles, largement comparables à celles du système carcéral ? J'attends toujours des réponses...

On sait quand on y rentre, mais pas quand on en sort… Des conseils avisés pour en sortir au plus vite !

Dès mon arrivée à Esquirol, je n'ai cessé de clamer mon désir de sortir au plus vite. Mauvaise technique. Pour les psychiatres, si vous ne vous sentez pas bien à l'hôpital, que vous contestez votre traitement et ne vous pliez pas aux règles de l'établissement, cela signifie que vous êtes encore malade et qu'ils ne peuvent donc pas vous laisser sortir.

Au bout d'un certain temps, une patiente m'a gentiment conseillé de changer de stratégie. "Il ne faut surtout pas te plaindre. Tu dis que ton traitement te fait du bien, que tu te sens mieux. Tu les remercies de t'avoir aidé, tu dis que tu n'es pas encore prête à sortir. C'est ce qu'ils veulent entendre et c'est ce qui te fera sortir". Dans un premier temps j'étais un peu dubitative, mais finalement elle avait raison. Voilà ce qu'ils écriront dès le premier jour de mon changement de stratégie : "Revient sur son passage en CSI, reconnait en avoir eu besoin sur le moment (mais comment ont-ils pu me croire sur ce point ?). Semble entendre et comprendre désormais le fonctionnement de l'Institution". Oui j'avais enfin compris. Pour sortir, il fallait mentir. C'était pourtant simple...

Le mieux, pour vous ou vos proches, c’est quand même de l’éviter !

Vous l'aurez compris, je déconseillerais vivement aux personnes en dépression de se tourner vers les hôpitaux psychiatriques publics. Si vous êtes inquiet pour un de vos proches, ne vous déléguez pas de votre responsabilité en vous rapprochant des soi-disant "professionnels". Faites-vous confiance. Vous êtes sans doute bien plus en mesure de l'aider que les psychiatres. Entourez cette personne, faites-lui ses courses, préparez-lui des repas, proposez-lui de sortir, faites-la rire, emmenez-la en voyage ou dans un cours de dessin, de chant ou de danse. N'importe, mais ne la laissez pas seule. Parlez avec elle. Proposez-lui de suivre une psychothérapie si besoin. Mais surtout ne la faites pas enfermer. Cette expérience ne fera qu'empirer son mal-être.

Petit rappel au corps médical : ” Primum non nocere ”. Merci de ne pas l’oublier, c’est basique mais reste vital.

Car pour ma part, si je suis arrivée mal en point à l'hôpital, j’en suis ressortie anéantie. J’ai mis plus de deux mois à m’en remettre et reste très affectée par cette expérience qui vient régulièrement hanter mes nuits.

Ces cinq semaines d'hospitalisation m'ont fait perdre : mon emploi (cadre en CDI), mon appartement, mon petit-ami, 6kg, ma dignité et l'entente avec ma famille. Je ne parlerai même pas de la stigmatisation que l'on doit affronter en sortant.

Aujourd’hui, je n’ai plus aucune confiance en ce système psychiatrique, que je considère désormais comme une discipline barbare, rétrograde et en tout point opposée à ma conception du respect des Droits de l’Homme. Derrière le sacro-saint titre de “Médecins” qu’ils ont, les psychiatres inventent chaque année de nouvelles pseudo-maladies, pour le plus grand bonheur des laboratoires pharmaceutiques qui s’en mettent plein les poches et se réjouissent de voir se démultiplier le nombre de “malades psychiatriques”. Ils pourront vendre par milliers des psychotropes, antidépresseurs, régulateurs d’humeur et autres, dont les patients deviendront vite accrocs, permettant ainsi de faire fructifier leur petit business scandaleux. En toute impunité bien sûr…

Voilà la sombre réalité. Ne retrouve-t-on pas ici finalement le triste reflet de notre société individualiste, dirigée par l’argent et qui refuse, craint et cherche à anéantir la différence quelle qu’elle soit ?

Nous ferions peut-être mieux d’intégrer nos “fous” au lieu de les enfermer. Un peu d’amour, d’écoute, d’ouverture d’esprit et de respect permettent souvent de découvrir derrière leurs étiquettes de fous, des personnalités particulièrement attachantes et intéressantes et nous avons tous à apprendre d’eux… Ces personnes, peut-être différentes (mais on l’est tous…), m’ont pour ma part bluffé par leur intelligence, sensibilité et clairvoyance et rien ne justifie pour moi la privation de liberté et de droits fondamentaux dont ils sont victimes. Que certains aient besoin d’un encadrement, il n’y a nul doute. Mais de ces hôpitaux prisons, certainement pas.

Encore une fois je ne juge pas des personnes mais l’institution dans sa globalité. Je m’en voudrais de causer du tort aux quelques infirmiers, aides-soignants et médecins qui s’épuisent pour redonner un peu d’humanité à ces prisons morbides. Certains font un travail remarquable malgré l’inadéquation des pratiques aux besoins des patients. Ils subissent également de plein fouet les conséquences de ce système défaillant.

Cependant, je n’ai pas de solution. Je le précise car une infirmière m’a répondu un jour, alors que je me plaignais de la présence prolongée d’un patient en CSI : “Vous avez mieux à proposer? Non? Et bah voilà”. Je n’ai donc certes, rien de mieux à proposer. Je n’en ai nullement la prétention, ce n’est pas mon métier. En revanche, mon devoir en tant que témoin et victime, c’est d'informer ceux qui ne le savent pas encore que les méthodes des hôpitaux psychiatriques ne sont pas adéquates, qu'elles génèrent bien plus de séquelles et de souffrances que de guérisons et que tout ce système devrait être urgemment repensé. De façon complètement paradoxale, il faut être sacrément solide dans sa tête pour supporter ce type d’internement sans devenir fou, pour parvenir à s'en remettre sans trop de cicatrices et pour ne pas sombrer dans le classique schéma infernal des hospitalisations répétées.

Merci d’avoir lu mon témoignage en espérant de tout cœur que les pratiques psychiatriques, et tout particulièrement en HP, évolueront… et vite ! Car en attendant les patients de ces Hôpitaux Prisons en bavent et n’ont bien souvent pas la possibilité de faire valoir leurs droits.
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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans TEMOIGNAGES
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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 19:43
  1. Comme tout le monde. Envie de vomir pendant quelques jours. Je fume depuis 32 ans. C’est vraiment efficace. Mais j’ai peur de l’après Champix. Je le prends depuis 1 mois. Par contre . Beaucoup de changement Psychologique. Fort trop fort. Je ne m’entends plus du tout avec mon conjoint qui suit le même traitement. Nous sommes au bord de la rupture. Champix ou normal…. La vie quoi

  2. seb77

    bonjour, j ‘ai essayé la champix en aout 2006, 10 jours de traitement je n’avais plus envie de fumer mais des troubles digestifs ont perturbé ma guerre contre la tabac, j’ai essaye les patchs; gommes ect… rien a faire la dépendance au tabac est trop forte.
    j’ai décider de reprendre du champix malgré tous les effets indésirables, je vais souffrir, les sevrages quels qu’ils soient sont un parcours douloureux, croyez en mes expèriences contre d’autres substances, ce qui m’inquiète c’est la force du tabac elle est redoutable !!! il faut sa battre contre soi méme et la volonté y ait pour beaucoup, je vous donneraient des nouvelles bon courage a tous et battez vous

  3. Bonsoir,
    Voila j’ai pris du champix en juin 2012 ,les premiers jours je supportais ensuite quand j’ai commencé a prendre un le matin et un le soir j’ai été très mal cauchemards nausées constantes aucune envie de mangé bouche sèche le pire était c’est mauvaises idées que j’avais j’ai du arrêté car de mauvaises idées me passais par la tête suicidaire depuis j’ai arrêté champix et la tout est rentré ans l’ordre je poursuit mon combat mais autrement pour moi le champix c’est terminé

  4. Bonjour

    Personne ne parle de l’après champix!!!!! dès qu’on l’arrete mais en diminuant on à l’impression de tout RECOMMENCER!!!! et 1 ou 2 mois après on refume et se sent déprimer à un point ou plus rien ne nous interesse!!!!

    Ne prenais pas CHAMPIX!!!! aujourdhui je suis sous antidepresseur et je suis sur que c’est à cause de ce traitement car je ne suis pas du genre à me laisser aller…

  5. saillant montpellier

    rêves angoissants
    A 49 ans, après plusieurs tentatives de servrage (1 paquet par jour), j’ai redécidé de prendre champix en janvier, pendant 2 mois 1/2. Efficace, l’envie de tabac passe assez vit sauf l’envie de clope juste après un café: les nicorettes sont alors efficaces. Des rêves tres prégnants mais agréables e magnifiques toutes les nuits avec des souvenirs très précis et qui ne s’effacent pas; Au bout de 3 mois, après arrêt de Champix, fin des rêves mais aussi une envie de tabac qui revient de plus en plus obsédante et je craque à nouveau au bout de 5 mois de sevrage même si ça me dégoute; Alors je repars voir mon médecin qui me represcrit Champix pour 6 mois. j’ai repris depuis 10 jours,l’envie de tabac a pratiquement disparu, mais les les ^rêves ont repris toutes les nuits aussi mais cette fois ci très désagréables et angoissants: j’ai en effet l’impression d’être prisonnier de ces rêves et de ne pas pouvoir m’en échapper en me réveillant, comme lorsque je fais des cauchemars habituellement ; Il suffit de se dire c’est un cauchemar, je vais me réveiller et ça marche. Là non, le ^rve continue avec l’impression de réalité hallucinante et c’est toutes les nuits et je me réveille déprimé et angoissé,mais si cette humeur morose se dissipe assez vite. j’ai qend même maintenant un certaine crainte à poursuivre le traitement.

  6. CARL DE LAVAL

    MOIJE DIT SE PRODUIT ES DE LA MERDE JAI PAS EU BESOIN DE RIEN MOI J’AI8 ARRETER UNE JOURNÉE COMME CA PIS JAI PAS EU BESOIN DE PRODUIT CHAMPIX TU POUR VRAI J’AI UN AMI QUI A EU DES TENDANCES SUICIDAIRE A CAUSE DU PRODUIT.

  7. Marion

    Au secours!!! 11 jours de traitement, 2 jours que je n’ai pas fumé mais maux de tete et nausées depuis le début, et carrement vomissement ce soir…j’ai envie d’arreter champix!!!! Je vais pas pouvoir tenir comme ça pendant encore 2 mois 1/2! Des conseils?!

  8. Laure de Paris

    Bonjour à tous,

    Je vous avais contacté au mois de janvier car je voulais tout arreter ( cigarette et cannabis ) et vous avais demander quelques conseils.
    Je reviens vers vous après quelques semaines pour faire un bilan pas très positif.
    En effet j’ai commencé Champix le 3 janvier 2012 et je constatais qu’au bout de trois semaines dejà je fumais toujours mes 25 cigarettes par jours….et toujours autant envie de fumer … GROSSE DECEPTION !!!!!!
    Bref le plus déplorable c’est que j’ai finis aux urgences dut au Champix ( biopsie ) avec oedeme du visage et grosse réaction cutanée, cela m’a déclanché un psiorasis aigüe sur tout le corps ( aucun antécédent auparavant ni de cas ds la famille ).
    Je suis suivi en hôpital de jour tous les jours pour des soins ….je ne vous précise pas que c’est très douloureux.
    Je commence une photothérapie le 29 Mars en espérant retrouver forme humaine surtout pour le visage :(
    Tout ça pour dire que j’ai arrêter Champix et repris la clope ,lol , un peu d’humour car là j’en peux plus !!
    Le plus drôle ds l’histoire c’est que je dois quand même arrêter de fumer car la cigarette nourrit l’inflammation cellulaire….. je vais essayer l’hypnose …..
    Je tiens à préciser qu’à l’hôpital , les médecins furent surpris que Champix ne soit toujours pas retirer du marché ( très dangereux )
    Voili voilou …..Le but n’est pas de vous faire peur mais de bien prendre en compte les effets secondaires.
    Bonne journée à tous .

  9. Thomas Bordeaux

    Bonjour , je suis sous champix depuis 1 mois , je ne fume plus depuis 10 jours , pas d’effet indésirable a part des reves completements délirants et plutot agréables ; le champix m’a enlevé la dépendance , le besoin irrésistible de cloper , oui il me reste encore parfois l’envie , surtout le matin au reveil certainement un souvenir de cette habitude du café clope et comme beaucoup apres les repas ; par contre en société des gens fument et ça ne me fais pas envie . Je me demande si je vais aller au bout du traitement et a mon avis je vais poursuivre 10 jours en baissant les doses pour stopper , il ne faut pas oublier que champix est de la famille des anti dépresseur ; pour quelqu’un comme moi qui fumait 2 paquets de cigarettes par jour il me fallait une solution radicale etant a l’epoque completement dépendant , aujourd’hui j’ai aussi l’impression de m’engager dans une nouvelle vie beaucoup plus libre , de nouveau plaisir culinaire liés au gout ( thé , infusions , épices ) , courage a tout ceux qui souhaite s’en sortir ce n’est quand meme pas si difficile

  10. Eric de L'Oise

    Bonsoir à toutes et tous

    Je m’étais juré de ne rien posté sur aucun forum, au moins pendant un certain temps, pourquoi?? j’en sais rien peut etre pour ne pas tenter le diable…Bref, rapide présentation: J’ai 49 et fumé pendant 29 , je n’ai jamais arrété car je savais (comme beaucoup) qu’aucun traitement ne serait efficace sur moi jusqu’à ce que j’entende parler du champix…3 mois de traitement plus tard, trés peu de sales effets , et 10 mois aprés tout ça, je ne fume évidemment plus. Je ressent une énorme satisfaction (et soulagement) comme tous bien sur, mais je serai toujours vigilant à l’égard de cette merde de nicotine. Pour exemple, un ami m’a dit qu’aprés 25 ans de défume, il lui arrive encore de penser à cette sal…perie !! je comprends que ça doit faire flipper au bout de tant d’années, bref s’il le faut vraiment un jour, je serais capable d’aller acheter des nicorettes pour éviter de replonger, mais bon je pense que si ce jour arrive, ca sera la nuit (ou un dimanche) et la pharmacie sera fermée bien sur…hi hi hi ! allez vivement Noel, que j’allume ma 1ére bougie…

  11. DAVID CLUSES

    ça fait 2 mois que je prend du champix les effets secondaire que j’ai insomnie,mal de tête de temps en temps, rêve bizarre mais je pense que l’on ne peut pas tout mettre sur le champix car c’est le problème du sevrage c’est dur mais chaque jour gagné est une victoire ca fait seulement 1 semaine que je commence a avoir du positif beaucoup moins de rêve , la pêche ,beaucoup de temps libre et au niveau vit de couple c’est super pour moi mais le plus c’est pour ma femme .Mais pour résumé le champix je le trouve pas mal du tout, j’espère que dans 1 ans je mettrais un avis positif sur ce traitement et que j’aurais été plus fort que cette saleté de cigarette en tout cas je ne baisserais jamais ma garde avec cette cigarette.A dans 10 mois!

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 20:05
 
 
EXTRAIT GRATUIT
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Un EXEMPLE supplémentaire
de la déliquescence du système de soins français, du NON RESPECT de la CHARTE de la personne hospitalisée et de MALTRAITANCE (non prise en charge de la DOULEUR malgré leur contrat d'engagement de lutte contre la douleur !).


Le 26 juin 2012, aux URGENCES, n'ayant (soi-disant) pas de PLACE pour moi
à l'hôpital général, douloureuse et très fatiguée, on m'a tout bonnement fait du CHANTAGE pour que j'accepte d'être INTERNÉE à
l'hôpital PSYCHIATRIQUE négligeant totalement ma HERNIE DISCALE induisant une SCIATIQUE très douloureuse et invalidante et privilégiant mes symptômes SECONDAIRES, soit une grave baisse de MORAL du fait des DOULEURS AIGUES CHRONIQUES

PIRE, plusieurs fois par jours, j'ai demandé de SORTIR et de rentrer chez moi mais j'ai été RETENUE ILLÉGALEMENT contre ma volonté alors que j'étais en HOSPITALISATION LIBRE !
Ne pouvant pas marcher et toutes portes verrouillées, je ne pouvais, malheureusement, m'échapper de ma "cellule" !

Dans cet "prison" psychiatrique, les psychiatres ou infirmiers sont totalement incompétent pour prendre en charge une SCIATIQUE HYPER ALGIQUE,
j'ai donc subi des SOUFFRANCES inutiles et supplémentaires !
C'est lamentable ! Encore une fois, la faute des URGENCES !!!...
18 août 2012 - 30 août 2012

Je paufine mon épais dossier de PLAINTE contre les directeurs des 2 hôpitaux (amiable dans un 1er temps) en contact avec le CCDH qui considère mon "histoire" ÉDIFIANTE !
 
Multiples infractions à la Charte du malade hospitalisé, maltraitance, non réponse à mes demandes réitérées de sortie en hospitalisation libre, etc…  Ma PLAINTE va faire un gaspillage de quelques kilos de papier !

En me remémorant la manière dont s'est passée ma "sciatique psychiatrique", je réalise que, le chemin le plus court pour devenir totalement DINGUE c'est d'être INTERNÉ et "mal traité" en psychiatrie, retenu contre sa volonté en « hospitalisation libre » ou drogués légalement par des psychiatres pas psychologues qui se remplissent les poches étant assurés quasi à vie de leur clientèle, VICTIME inconsciente d'ADDICTION, tout en remplissant les poches de l'industrie pharmaceutique dont la devise est : "Pour vendre des médicaments, il faut vendre des maladies psychiatriques". C’est grave docteurs !

BREF ! J'en ai bavé des ronds de chapeaux, mais j’ai résisté ! J'ai refusé catégoriquement toutes les benzodiazépines et autres psychotropes que le psychiatre m'énumérait en insistant lourdemant. Ces poisons m'auraient encore détraqué mon fragile système nerveux central et transformée en moins de deux en ZOMBIE !

Je suis fière de moi et de ma FORCE intérieure qui, même au 36ème dessous, me donne encore le COURAGE et l'énergie pour COMBATTRE les malfrats de la médecine et autres voyous en col blanc ou non !
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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 08:44

Les maisons de retraite : maltraitance, sous-effectifs – et gros profits !

Le 6 août 2011

je suis aide soignante dans un ephad.

Ce matin nous n’ étions que 3 pour faire les toilettes de 28 personnes, servir les petits déjeuners et les débarrasser, changer les pichets d’ eau des chambres, faire les lits, ouvrir les volets, vider les poubelles et les sacs de linge.. puis installer ces " résidents " en salle à manger, les aider à manger, donner les médicaments, puis servir le repas et les cafés, tout débarrasser, raccompagner les résidents en chambre, nettoyer la salle de restauration et la cuisine, faire la vaisselle et noter sur l’ ordi tout ça.. à 3 soignantes pour 28 personnes âgées dépendantes..

2 précisions :
- pendant toute la matinée les sonettes de gens qui appelaient n’ arrétaient pas, mais on on ne pouvait pas y répondre.-, trop débordées.

- j’ ai fini à 14h50 au lieu de 14h20 ( horaire écrit sur mon contrat ) .bref : 1 demie heure de BÉNÉVOLAT.
et aucune de nous trois n’ a fait de pause, ni pour boire un céfé, ni pour manger, ni pour aller aux toilettes.
J’ ai mangé chez moi à 15h30. ( j’ étais levée depuis 5h30 )

Demain on remet ça !

et j’ en suis dégoutée d’ avance !!

PS : le pire c’est qu’ avec la peur du chômage, on n’ ose pas se plaindre... et quand on se plaint c’est bien sûr nous qui sommes pas assez rapides, mal organisées, ... " pourquoi d’ autres y arrivent ?!! "
( en zappant tout le côté relationnel et douceur, c’est vrai qu’ on va légèrement plus vite ..)

QUE FAIRE ????

Barbara

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 19:37

je suis une victime je souffre tellement depuis l'arret de ces drogues c'est incroyable le pire est l'insomnie ,mon systeme nerveux est déreglé je dors une nuit sur 2 ,j'ai tellement mal un malaise indescriptible brulure au sternum au ventre la nuit que je dort pas que j'aimerais mourir pour que ça s'arrete, comment peut-on prescrire ces drogues dangereuse en dehors d'un hopital psychiatrique j'avait de la misere a m'endormir alors j'ai fait l'erreur de prendre ces merdes que ma mere et ma soeur m'ont donné et je dormait(dormir avec ça et un grand mot) seulement 4-5 heures plus une anasthesie qu'un sommeil je me sentait mal le lendemain je pensait que c'était moi mais je me rend compte apres une nuit de 8 heures que c'etait le manque de sommeil a cause de ces drogues le probleme j'ai aggraver mon insomnie maintenant je me bat avec mon systeme nerveux pour redevenir comme avant je suis plus capable de rester en place (j'était calme avant) mais je sent que je vais perdre la bataille et devenir un autre victime de ces drogues (((conseil au insomniaques quand vous avez de la misere a vous endormir attendre sans rien prendre ça va passer tout seul votre cerveau va se replaçer tout seul au pire prendre des produit naturel vous avez plus besoin de réconfort que de produit pour dormir))),,j'espere que des gens vont me lire avant de prendre des somniferes et sauver leur vie leur santé

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 19:38
“Emportée par la force d'un tsunami”, elle tue ses deux enfants
 

Pour Marie-Madeleine, sa fille a subi les effets secondaires psychiques des médicaments qu'elle prenait dans son passage à l'acte meurtrier. | Photo DR

D'autres cas troublants

Solmaz, 54 ans, s’est pendue chez elle, un jour d’avril 2011
« On ne s’y attendait pas du tout. Jamais elle n’avait parlé de mourir ! Elle adorait sa famille », témoigne sa fille. Deux mois auparavant, sa mère démarre un traitement par benzodiazépines car elle a des « coups de blues ». Au bout d’une semaine, elle change : son ton devient désagréable et son comportement n’est plus le même. Elle perd l’appétit et fait des cauchemars. « Plus elle allait consulter, plus on lui ajoutait de médicaments », poursuit sa fille. Quelques jours après une hospitalisation, elle commet l’irréparable, sans laisser de mot. « Ma mère n’était pas dépressive : ce sont ces médicaments qui lui ont donné l’envie de se tuer ! Aujourd’hui, j’en veux aux médecins qui ne nous ont jamais informés de ces risques. »
François-Régis Deheurle a abattu sa femme, en février 1984, après une dispute
« Dans un état second », comme « une ­machine automatique », l’ancien policier, « hors du réel », commet l’irréparable avec son arme de service, sous l’empire d’un anxiolytique et d’un puissant somnifère (Halcion 0,50, modifié puis retiré de la vente en 2005). Vingt-sept années plus tard (dont onze en prison), il continue sa lutte pour que soit reconnue la responsabilité
du somnifère dans son acte meurtrier.
Emilie, 27 ans, voit sa vie « basculer », en janvier 2008
Jeune femme « pleine de vie » et d’avenir, installée à New York, elle se trouve prise d’une légère angoisse et ne dort pas bien quand elle arrive à Paris pour une semaine de congé.
Verdict du psychiatre parisien : dépression. Prescription : un antidépresseur, un anxiolytique et un hypnotique. De retour aux Etats-Unis, elle éprouve des difficultés à se concentrer. Son humeur devient « constante et monotone ». « J’avais une sorte d’amnésie de moi-même. Avec l’impression que mon cerveau était lavé, vidé », se souvient-elle. De terribles envies de meurtre l’envahissent : « J’avais des idées de décapitation, de suicide… Quand un ami venait me voir, je m’imaginais en train de le découper en morceaux avec grand plaisir. Je réfléchissais à la façon dont j’allais tuer mes parents lorsque je les reverrais. Je m’imaginais avec un fusil en train de tirer sur une foule et de retourner l’arme contre moi… Je devenais folle ! » Emilie, qui n’est heureusement pas passée à l’acte, garde le sentiment qu’on lui a « volé son âme ».
Isabelle Servier tue son mari à la hache en décembre 1999
Elle a mis fin à son histoire d’amour fusionnelle et pathologique, en frappant son mari de onze coups de hache. L’expertise psychiatrique conclura à une « altération du discernement », chez cette mère décrite comme « très douce » par ses filles, qui avait absorbé huit anxiolytiques dans les heures précédant le meurtre. Cinq ans de prison, une année de mise à l’épreuve et une obligation de soins de trois ans : un verdict ­mesuré pour la fille du fondateur du groupe pharmaceutique, qui a agi non par accident mais « dans un état second », « sans liberté », sous l’effet désinhibiteur du médicament.

Paru dans Match

Les calmants et tranquillisants peuvent-ils rendre violents? Dans notre document sur les benzodiazépines, Marie-Madeleine témoigne d'un drame familial. En septembre 2008, Sylvie*, sa fille, en pleine dépression, étrangle ses deux plus jeunes enfants et blesse l’aînée avant de tenter de mettre fin à ses jours. Après six mois d’internement psychiatrique, elle s’est finalement suicidée. Pour sa mère, les médicaments qu’elle prenait sont en cause.

Paris Match. Comment expliquer que cette mère patiente et douce en soit arrivée à cet acte de folie ?
Marie-Madeleine. Tout d’abord, les difficultés dans son couple, à partir de 2005. Elle commence à prendre des somnifères pour vaincre ses insomnies. Un an avant le drame, son mari et elle décident de se séparer. Sylvie se sent seule face à la charge de ses enfants, dont le plus jeune est autiste. Elle voit l’écroulement de ce qui comptait le plus pour elle, son projet familial.

Etait-elle entourée ?
Son mari avait pris conscience qu’elle allait mal et nous avions monté un plan ensemble pour l’aider. Mais elle voulait s’en sortir seule. Nous n’avons pas perçu l’urgence.

Quel était son suivi médical ?
Son médecin généraliste, dès 2007, la met sous antidépresseur et tranquillisants. Pourtant elle reste très anxieuse, en proie à des insomnies, et a peur de tout : des guerres, de la crise financière, du dérèglement climatique… Son état se détériore. Elle consulte un psychiatre qui modifie la prescription. Ne constatant aucune amélioration, nous insistons pour qu’elle soit hospitalisée, puis transférée en clinique psychiatrique, fin juillet. Là, elle est mieux encadrée et se repose. A sa sortie, le 14 août, elle dort bien et prend son traitement : deux antidépresseurs et trois benzodiazépines. Puis nous partons ensemble en Bretagne avec ses enfants et leurs cousins. Nous nous occupons d’elle et nous passons quinze jours merveilleux. A son retour, elle voit son psychiatre auquel elle déclare aller mieux.

Elle passera pourtant à l’acte moins de deux semaines après…
Oui… Le stress de la rentrée. Ses angoisses et ses insomnies reprennent. Sur les conseils de son psychiatre, par téléphone, elle augmente la posologie d’un de ses tranquillisants qu’elle prend “à la demande”. A la veille d’une formation professionnelle de deux jours, elle arrête son tranquillisant car elle a très peur de ne pas être dans son état normal. Elle me dira après coup qu’elle ne s’est pas sentie à la hauteur vis-à-vis de ses collègues. Ses insomnies persistent et elle s’épuise. Elle cherche à reprendre rendez-vous avec son psychiatre qui ne peut la voir avant la fin du mois. J’insiste personnellement auprès de lui en lui disant : “Ma fille va très mal !” Il me répond : “C’est avec elle que je verrai cela.” Elle a “pété les plombs” le jour même…

Vous l’avez eue au téléphone peu avant le drame…
Oui, dans la soirée. Sa voix était à peine audible. Elle était épuisée. Elle venait d’avoir une petite contrariété qui lui pesait. Je lui dis d’aller vite se coucher et de fractionner son somnifère en deux pour tenter de dormir.

«Ma fille n'était plus elle-même: le regard fixe, son visage rigide. Incontrôlable»

Dans la nuit, à 4 heures, elle commet l’irréparable, dans un accès de violence inouïe…
Elle a étranglé ses deux plus jeunes enfants dans leur chambre et a bondi férocement sur l’aînée, âgée de 14 ans, en l’attaquant à l’arme blanche. Aurore* dira plus tard que “ce n’était plus sa mère” : son regard était étrange et fixe, son visage rigide. Elle était incontrôlable.

En quoi, pour vous, les médicaments sont-ils en cause dans cette tragédie ?
Mais parce que ma fille ne pouvait pas faire ça ! Pour tous ceux qui la connaissaient, c’était impossible ! Dépressive, elle souffrait aussi des effets secondaires psychiques des benzodiazépines qu’elle prenait depuis trop longtemps : sa peur de tout, sa dépression qui s’aggravait, ses insomnies, ses troubles de la mémoire… Elle n’a pas pris ses médicaments ce jour-là. Je pense qu’elle a subi l’effet désinhibiteur des médicaments, au paroxysme d’une crise de manque.

Votre fille a été accusée d’assassinats et tentative d’assassinat avec préméditation… Elle a tenté de commettre ce que les psys appellent un “meurtre altruiste”.
Elle ne se sentait plus à la hauteur de ce monde et ne supportait plus de faire souffrir ses enfants. Pour la justice, la préméditation de l’acte est toujours synonyme de responsabilité pénale, alors que de véritables scénarios peuvent être élaborés dans des états de conscience altérés par ces médicaments. Avait-elle encore son libre-arbitre ? Elle n’a pas pu apporter la moindre explication à son geste, même si elle l’a reconnu. Plus tard, quand j’ai pu la voir à la clinique psychiatrique où elle a été internée, elle m’a dit s’être sentie “emportée par une force irrésistible, un véritable tsunami”…

Votre fille s’est finalement suicidée après six mois d’internement psychiatrique…
Elle savait qu’elle risquait de nombreuses années d’incarcération et redoutait terriblement la reconstitution des faits aux assises. Elle a préféré s’en remettre à la “justice de Dieu”, comme elle l’a écrit dans sa dernière lettre.

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 09:12

Souvenir : 20 ans déjà que Laurent s’est donné la mort lors d’une crise de violence occasionnée, à dires d’experts, par du Valium, l’anxiolytique avait été ordonné et injecté par un médecin des urgences.

Depuis 20 ans et grâce aux témoignages recueillis par l’Association AAAVAM, et pour que la mort à l’âge de 24 ans de Laurent ne soit pas inutile, nous nous battons contre les accidents et les maladies liées aux médicaments. Plus précisément nous luttons en priorité contre les suicides et les homicides favorisés par cette classe de psychotropes.

Toutefois, la bêtise humaine et la corruption l’emportent largement sur notre œuvre ; les nombreux suicides (SNCF) du Week-end de la Pentecôte 2012 qui ont été indubitablement favorisés par ces « tranquillisants et ces somnifères », en témoignent !

Malgré quelques avancées de l’AAAVAM dans le domaine de la prévention, il nous reste du chemin à parcourir pour parvenir à faire modifier les pratiques empruntes de conservatisme de médecins aux services des multinationales de la pharmacie et formés principalement pour vendre des médicaments.

Laurent Alexandre Imbert avait rejoint le 4 juin 1992 son cousin Simon Marguison Imbert, médecin des armées, mort pour la France en 1918.

Joseph Imbert, médecin et Maire d’Arles, mort pour la France en déportation en 1945.

Le médecin Général Georges Imbert, médecin du Gouvernement provisoire de la République Française en 1945.

Son grand-père Alexandre Imbert, médecin et chirurgien.

Puissent tous ceux qui l’ont connu et aimé avoir une pensée pour Laurent et aussi en souvenir de sa famille qui a toujours servi la France avec honneur.

Georges Alexandre Imbert, Paris, Odessa le 4 juin 2012.

 

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 18:54

 

Témoignage 20/07/2012 à 18h51
 

Certains médecins, qui acceptent de recevoir des femmes pour des IVG, leur mentent, les maltraitent, les humilient. Je ne dois qu’à moi d’avoir survécu à tout ça.


Montage à partir de la photo d’une plaquette de pillules par Sierakowski/Isopix/Sipa (Leonardo Da Cerdan)

J’ai 24 ans et je vais subir ma quatrième IVG. C’est aussi dur à dire qu’à qu’écrire, tellement j’ai l’impression que je devrais avoir honte, tellement j’imagine quel jugement on peut porter sur cette situation.

En réalité, vivant à Paris, très bien informée, j’ai commencé mes relations sexuelles à 16 ans et je me suis toujours protégée. Lorsque j’avais une relation sérieuse, après tests, vu que je prenais la pilule, nous abandonnions le préservatif. Sinon, comme je m’amusais beaucoup à cette époque, je faisais gaffe.

Tomber enceinte en prenant la pilule, c’est possible ?
Delphine Hudry, gynécologue et spécialiste de l’IVG : « Etre enceinte sous pilule c’est rare, mais possible. C’est bien sûr l’occasion de changer de contraception, le risque dépend de chaque pilule (les taux d’hormones, le type d’hormone, etc) et de chaque femme. Ce risque est globalement très faible quand la pilule est prise correctement. » Renée Greusard

Je suis donc tombée enceinte trois fois avant mes 20 ans ; je n’avais pourtant oublié la pilule qu’une seule fois.

Comprenant enfin que je ne réagissais pas à la pilule, les médecins ont accepté de me prescrire un autre contraceptif, un anneau vaginal, qui a bien fonctionné ces cinq dernières années.

Puis un oubli, et malgré la pilule du lendemain, je me retrouve encore à prendre rendez-vous à l’hôpital.

Grâce à des médecins bienveillants, des choix bien réfléchis, et le soutien de mes proches, je ne vis pas dans la culpabilité, mais le comportement de certains praticiens aurait pu me conduire à une vraie dépression si je n’avais pas été aussi forte.

Des femmes enceintes rayonnantes dans la salle d’attente

L’« ultrafertilité » existe-t-elle ?

Delphine Hudry : « Le concept d’ultrafertilité n’existe pas pour le corps médical en tant que tel. Etre enceinte quand on oublie la pilule une fois, c’est possible, et parfois à chaque fois qu’on l’oublie. Ce n’est pas de l’hyperfertilité, c’est l’effet biologique normal. »

 

Elle ajoute cependant : « Que certaines femmes soient plus “fertiles” que d’autres c’est certain, il y a une variabilité entre les individus. Certaines femmes ont des “problèmes” de fertilité parce qu’elles fument et que leurs trompes fonctionnent moins bien, parce que des salpingites [inflammation des trompes, ndlr] mal soignées ont abîmé leurs trompes, ou encore parce qu’elles ont une malformation de l’appareil génital, etc, etc. » R.G.

2005. J’ai 17 ans, je suis en terminale. J’oublie une pilule dans le mois, je tombe enceinte. Mon copain de l’époque, que je connaissais depuis longtemps pourtant, avec lequel j’ai vécu mon premier vrai amour, ne me l’a jamais pardonné.

Il l’a pris comme une trahison. J’ai entamé le protocole pour avorter en tant que mineure sans consentement des parents, non pas parce que je ne voulais pas en parler à ma mère dont je suis très proche, mais parce que je souhaitais la tenir à distance de cette situation, que j’avais besoin de vivre seule. D’ailleurs, elle l’a su, et c’est ma grande sœur qui est venue signer le consentement d’une personne majeure – je ne me rappelle plus exactement du terme.

Je suis allée dans un très bon service hospitalier dans le XIIIe arrondissement de Paris, dont c’est la spécialité. Et j’ai dû passer beaucoup plus d’examens et de rendez-vous qu’en tant que majeure, ce qui me paraît normal mais qui a fait durer la situation plus d’un mois et demi entre le moment où j’ai appris que j’étais enceinte et l’IVG.

Je me suis retrouvée dans ce service où on fait attendre des heures aux côtés d’autres femmes enceintes, rayonnantes, qui entament la discussion et demandent : « Pour quand c’est ? »

On ne répond rien.

« Avez-vous une attirance pour la mort ? »

J’ai subi une échographie vaginale, sans que le praticien prenne la peine de mettre du lubrifiant, et j’ai osé pousser un cri alors qu’il m’enfonçait cette sorte de godemichet en plastique. Il m’a dit : « C’est bien comme ça que ça vous est arrivé en même temps, non ? »

Je n’ai rien dit non plus.

Enfin, le fameux entretien psy réservé aux mineures. Je suis suivie depuis des années et j’ai l’habitude de m’entretenir avec un thérapeute. Mais cet entretien est légalement destiné à vérifier si la jeune fille a conscience de son choix, si cette décision n’est pas prise sous la pression d’un tiers, si elle va pouvoir le surmonter sans regret.

Mon entretien a exclusivement porté sur le rapport à la mort. En commençant par cette question : « Avez-vous une attirance particulière pour la mort ? » J’ai trouvé cela tellement stupide, tellement dingue d’envisager que j’étais tombée enceinte volontairement pour pouvoir tuer mon futur bébé, que j’ai laissé passer, et cette psychologue a dû en tirer ces propres conclusions.

Quant à l’intervention, j’ai été très bien prise en charge, mais ça a été un long parcours du combattant l’année de mon bac. Comment je n’ai pas craqué ? Le rire. Ces personnes dont le métier est d’assister des mineures à subir un avortement avaient des comportements tellement surréalistes que je me suis accrochée dur comme fer à mon précieux cynisme, ma capacité de recul et mon sens de l’humour.

« Félicitations, vous allez être maman »

2006. Un an plus tard, sans oubli de pilule cette fois, je tombe enceinte. J’avais une relation suivie mais avec quelqu’un de bien plus âgé et je ne lui ai rien dit. Cette fois-ci, étant majeure, je suis directement allée voir mon gynécologue qui m’a conseillée une IVG médicamenteuse.

Je suis allée faire une échographie de datation. Là, allongée, à moitié nue les pieds dans ce qui porte décidément ce terme délicat d’« étriers », la dame m’a assurée que j’avais dépassé le terme légal pour une IVG, puis a conclu :

« Félicitations, vous allez être maman. »

Bien sûr, elle savait que je ne voulais pas avoir d’enfant à ce moment-là. Elle m’a demandé d’aller attendre de récupérer mes résultats à côté. J’ai patienté 1h45, à essayer de réaliser ce qui allait se passer. Peut-être qu’une autre fille que moi serait alors sortie sur le boulevard, là dehors, et aurait attendu de se faire percuter ; je le sais parce que j’y ai pensé.

Mais finalement, on m’a rendu mes résultats, et non, tout allait bien, j’étais à six semaines de grossesse. J’ai compris qu’on avait voulu me faire peur, me punir, et je n’ai jamais été aussi enragée.

J’ai pu faire mon IVG médicamenteuse. Je n’ai jamais souffert autant le martyr : j’ai vomi le deuxième cachet, j’ai dû le reprendre, j’ai fait 41°C de fièvre. La douleur était telle que j’ai cherché des objets tranchants, à un moment, pour mettre fin à tout ça ; heureusement, ma mère était présente.

Mon gynéco m’avait dit que je n’avais le droit à aucun antalgique, ce qui était faux, je l’ai appris plus tard. Pire encore : je n’ai « expulsé » le fœtus que deux semaines plus tard, un mardi après-midi, dans les toilettes de ma fac.

Enfin, lorsque j’ai reporté de deux jours ma visite de contrôle pour cause de partiels, le gynécologue en question a totalement pété les plombs, a dit que je ne pouvais pas lui faire ça, qu’il s’était comporté « comme un père pour moi ». J’ai compris qu’il était fou, je ne l’ai jamais rappelé malgré des dizaines de messages insensés.

Rires et chansons en fond sonore

2007. Six mois plus tard, l’impensable : je suis retombée enceinte.

Comme je n’avais jamais repris contact avec mon gynéco, j’avais gardé la même pilule. Je ne l’ai pas oubliée une seule fois. Cela peut paraître irresponsable, mais on n’imagine pas que cela puisse se produire encore une fois. Et puis on rencontre quelqu’un, on met des préservatifs, et un soir, on se dit qu’on a la pilule…

Chez moi, vous l’aurez compris, ça ne rate pas.

J’ai choisi une IVG par voie instrumentale, comme la première fois, et je suis allée dans un autre hôpital parisien.

Je me suis présentée un matin à 8 heures pour l’intervention, et j’ai attendu dans une pièce gelée, en peignoir, pendant des heures. En fait, dans ce service en ambulatoire – terme tout trouvé –, les patients étaient convoqués à la même heure et passaient à la file. En bruit de fond : la radio Rires et chansons. Je vous jure, le paradis du glauque. On se serait cru au purgatoire.

Hommes et femmes réunis, congelés, en peignoirs, nous nous sommes regardés pendant des heures, se demandant ce que les uns et les autres attendaient comme opération (je me rappelle m’être surtout posée la question pour les hommes, alors que le regard des femmes, le même que le mien, ne laissait aucun doute).

L’infirmière m’a giflée pour me réveiller

On m’a appelée, puis l’opération s’est bien passée, sauf qu’en sortant du bloc, en salle de réanimation, l’infirmière m’a giflée. A l’ancienne, pour me sortir de mon anesthésie générale.

Elle ne devait pourtant pas avoir 30 ans, puis elle m’a engueulée pour que je libère la place le plus rapidement possible. Soit.

Là, enfin, j’ai trouvé une gynécologue qui m’a prescrit une autre contraception, et pendant cinq ans, j’ai mené une vie sexuelle sans la terreur de tomber encore une fois enceinte.

2012. Ce mois-ci, alors que je viens de terminer mes études, j’ai décidé bêtement de faire une pause d’un mois côté contraception, vu que je n’ai quasiment aucun rapport depuis deux ans, que j’ai un petit dérèglement hormonal et que ma contraception n’aide pas – j’ai toujours très mal aux seins par exemple.

Et j’ai rencontré quelqu’un, il y a eu un accident de préservatif, puis la pilule du lendemain. Mais je crois que je suis fabriquée pour tomber enceinte, et me voilà à la Pitié-Salpetrière, au planning familial, pour une énième consultation pour IVG. Je cite seulement ce service parce que c’est la première fois que je suis reçue avec bienveillance et sans culpabilisation.

Je raconte mon histoire, je suis prise en charge rapidement, et je vais faire une échographie « en ville ».

C’était mardi 17 juillet, et c’est la raison de ce témoignage.

Un mensonge médical

La praticienne m’a fait une échographie vaginale et voici ce qu’elle m’a dit :

« Ah…Vous avez la vessie pleine, en voilà une drôle d’idée ! »

Oui, je suis enceinte, j’ai la vessie pleine en permanence, OK. Puis :

« Mais vous avez des morceaux d’embryons complètement explosés… Ce n’est pas viable ! »

Je me suis permise de demander une traduction et ce que je devais faire. Elle m’a dit qu’il fallait que j’annule ma consultation pour l’IVG, et que ça allait descendre, que j’allais faire une fausse couche bientôt, peut-être dans un mois, mais qu’il était certain que cette grossesse n’était de toute façon pas évolutive.

J’ai appelé le cabinet de ma gynécologue qui, au regard des conclusions de l’échographie, m’a conseillé la même chose, mais de vérifier dans une dizaine de jours.

Là, j’ai été terrifiée de savoir que je pouvais faire une fausse couche d’un instant à l’autre, seule chez moi, ou au milieu de mes vacances entre amis, à la plage tant qu’on y est, et j’ai gardé mon rendez-vous pour la consultation à la Salpetrière.

Le médecin hospitalier m’a refait faire une échographie, parce qu’il avait un doute sur mes résultats. Puis il n’a plus douté : l’embryon est totalement viable et ma grossesse évolutive. Selon mon choix, il me faut bien subir une IVG.

Je lui ai raconté mon entretien durant l’échographie, et c’est là que j’ai compris que j’étais tombée sur une femme qui était contre l’avortement et qui m’avait induite en erreur pour que j’annule mes consultations et que j’attende chez moi, que j’attende très certainement de dépasser le terme légal de trois mois pour avorter.

J’ai eu la présence d’esprit d’aller vérifier ses dires, et de pouvoir faire le choix de mettre un terme à ma grossesse. Je vais même me faire poser un stérilet pendant l’intervention, la semaine prochaine.

Un jour, cette « ultrafertilité » me comblera

 

« Trouver la contraception qui lui convient à elle »

Delphine Hudry dit avoir été « choquée » par le témoignage d’Angélique F. : « L’important, c’est que chaque femme comprenne vraiment les mécanismes de la contraception pour trouver la contraception qui lui convient à elle, et non pas celle qu’on lui prescrit. Certaines paroles sont particulièrement inadaptées et c’est regrettable. Mais le manque de dialogue et de véritable compréhension qui paraissent sous-jacents sont bien plus graves.

 

Je souhaite que chaque femme puisse trouver le professionnel qui lui convienne, pour améliorer un dialogue dans lequel il est possible de trouver SA contraception à chaque moment de sa vie sans culpabilisation inutile... » R.G.

J’ai 24 ans, je souhaite plus que tout fonder une famille un jour, être heureuse, avoir des enfants avec un compagnon qui les désire autant. Quand j’aurai un métier, quand on sera sûr. Mais je ne suis pas prête.

Je ne suis pas indépendante, je vis une relation toute récente. J’ai subi des attouchements sexuels étant jeune et j’ai besoin de régler des choses avant, d’être parfaitement sûre de mon choix, de pouvoir l’assumer.

C’est d’ailleurs le droit que me donne la loi, de disposer de mon corps. Evidemment, je me fais l’effet d’une poule pondeuse et ça me fait honte parfois, mais un jour, cette « ultrafertilité » me comblera.

Ce qui est indécent, en revanche, c’est le comportement de certains médecins, qui acceptent de recevoir des femmes pour des IVG mais qui leur mentent, les maltraitent, les humilient.

Je ne dois qu’à moi d’avoir survécu à tout ça, et de tenir le coup encore aujourd’hui. Mais qu’en est-il de ces filles de mon âge, ou moins, que je croise dans ces salles d’attente, les larmes aux yeux ?

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 21:42

Angèle Lieby : douze jours de cauchemar en coma apparent

En juillet 2009, Angèle Lieby a passé douze jours dans un coma apparent, terrassée par une maladie rare du système nerveux, le syndrome de Bickerstaff. Les médecins ont cru qu'elle était inconsciente et condamnée alors qu'elle était paralysée mais lucide et... qu'elle entendait tout ! Elle raconte à France-Soir sa terrible descente aux enfers... et sa résurrection !

Trois ans après, Angèle garde de nombreuses stigmates de sa terrible épreuve. Mais elle apprécie chaque moment de sa vie
Trois ans après, Angèle garde de nombreuses stigmates de sa terrible épreuve. Mais elle apprécie chaque moment de sa vie AFP/PATRICK HERTZOG
Le 13 juillet 2009, vous êtes victime d'un terrible malaise...

Angèle Lieby. Je suis à 20 kilomètres de Strasbourg. Je suis obligé de rentrer. J'ai des picotements dans les mains. Je prends la voiture. Je rentre chez moi. Et là, j'appelle le médecin. Il n'est pas là. A la place, on fait venir le Samu. Je suis admis aux urgences et hospitalisée.

F.-S. Subissez-vous des examens ?

A. L. Oui. Des tas d'examen. Ménigite ? Maladie de Lyme ? Prise de sang et examens sont bons. En pleine nuit, on allait presque me renvoyer. Mais je reste en observation. Alors, je demande à manger. A la première cuillerée, je fais une « fausse route ». A la deuxième, pareil. Idem pour les boissons. Bref, je n'arrive plus à avaler. Puis, rapidement, je perds mes réflexes.

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F.-S. La nuit passe... Et le lendemain, vous tombez dans le coma.

A. L. Non. On décide de me plonger dans un coma artificiel pour m'intuber. Parce que je ne peux plus respirer. J'en suis incapable. Ce coma artificiel devait durer 24 heures.

"Et après, plus rien. Le noir."

F.-S. Quel est état psychologique êtes-vous à ce moment-là. Avez-vous peur ?

A. L. A ce moment-là, je ne me rends pas compte. Vers le soir, on commence à s'affoler autour de moi. Mon mari me dit :  « Ne l'inquiète pas ! On va te faire une petite intervention. Ca va aller très bien ». Je me laisse emmener. Je vois les portes qui se ferment. Et après, plus rien. Le noir.

F.-S. Et quand vous vous réveillez progressivement... Que constatez-vous ?

A. L. Du noir... Un noir total. Je ne sais plus où je suis. Je me souviens que je suis à l'hôpital. Mais, c'est le noir complet. Et je sens que mes côtes qui s'écrasent, comme si je me renfermais sur moi-même. Incapable de respirer. J'essaie de forcer. De respirer plus fort. Et je sens mes côtes qui craquent. Je me dis : il s'est passé quelque chose, un événement dont je ne me rappelle plus... Un tremblement de terre ?

"Je suis  complètement paralysée"

F.-S. Il n'y a que vos oreilles qui fonctionnent...

A. L. Mes oreilles sont mes yeux. J'entends des voix. Des visites. MaisDans le coma, mais consciente : Angèle raconte son calvaire . Les yeux fermés. Je suis incapable de faire quoique ce soit, complètement paralysée. Plus rien ne fonctionne sauf mon cœur. Je suis sous respiration artificielle. Des gens pleurent. Je me dis : « Mon Dieu, ce que j'ai, ce doit être très grave ».

F.-S. Votre mari et votre fille viennent vous voir. Comment réagissez-vous ?

A. L. Je les imagine sans le voir. Je me dis qu'ils vont voir qu'en réalité je suis consciente. Ils vont finir par le voir... Ils vont me voir puisque moi, je les entends ! Mais rien. Personne ne réalise !

F.-S. Cela va donc durer plus d'un dizaines de jours.

A. L. Immobile, je suis pire qu'un tétraplégique qui, lui, peut ouvrir les yeux... Les jours passent. Arrive le soin des sinus, avec des douleurs atroces. On m'injecte de la bétadine dans les narines et un autre personne aspire avec un petit aspirateur dans la gorge. Mais on aspire avant que l'on injecte le liquide et c'est comme si on m'arrachait tout au fond de gorge. Ca fait horriblement mal ! Et à un moment, j'entends qu'on ne va plus me faire mes trois soins quotidiens, parce que les infirmières ont entendu le grand chef dire que j'allais bientôt « clamser ». C'est terrible !

F.-S. Et toujours aucune amélioration de votre état ?

A. L. Je comprends que je suis dans le coma parce que j'entends une amie dire : « Angèle, tu es belle dans le coma ».

"... Comme si on m'arrachait un organe"

F.-S. Et on vous fait subir un autre test terrible...

A. L. A un moment, je sens qu'on me tire très fort sur la poitrine... comme si on m'arrachait un organe. Je ressens une douleur indescriptible. Quelques heures plus tard ou le lendemain, la même personne revient, accompagnée d'autres personnes. Et elle dit : « Et maintenant, je vais vous montrer comment on procède pour voir si une personne est vivante ou morte. Et il refait le même geste. Là, c'est trop horrible. Mais, mon corps ne réagit pas.

F.-S. Enfin, après douze jours, il se produit un déclic. Lequel ?

A. L. J'entends ma fille Cathy qui parle. Elle dit qu'il faut que je me réveille car elle pense avoir un troisième enfant et que cet enfant, il mérite d'avoir une mamie. Et là, j'ai réussi à pleurer. J'entends : « Maman, elle pleure ». J'entends les soignants affirmer que c'est le gel qu'on mets sur les paupières. Que ce n'est pas possible. Mais, ma fille insiste. Et elle dit : si tu m'entends, bouge quelque chose. Et là, j'ai réussi à bouger le petit doigt. A partir de là, les choses ont commencé à s'arranger. Trois jours après, je suis parvenue à ouvrir un œil.

F.-S. C'est une résurrection ?

A. L. Oui. Même si ce n'est pas suffisant car, après, le chemin de la convalescence a été extrêmement long. Je ne se lève pas comme ça. Je suis un vrai squelette. Il n'y a plus de muscles. Incapable de respirer par moi-même, incapable d'avaler ma propre salive. Tout coule. Incapable de me lever. Incapable de parler. Je ne bougeais jamais alors que je souffrais énormément. C'est pour cela que j'ai écrit mon livre (1). Pour dire qu'il faut faire attention aux gens comme moi. Attention, ca peut se reproduire !

F.-S. Il vous faut de longs mois pour récupérer la locomotion...

A. L. Sept mois pour parvenir à me tenir debout ! Et beaucoup de travail avec l'orthophoniste pour réparer les dégâts dans la bouche. Des efforts terribles pour réapprendre à respirer seule, une heure, puis deux, puis enfin une nuit... et enfin pouvoir me passer de la trachéotomie ! On ne se rends pas compte que pouvoir respirer par soi-même, boire de l'eau dans un verre et non pas avec une seringue, s'asseoir, c'est formidable ! C'est comme lorsqu'on a débranché un ordinateur : tous les automatismes étaient perdus. Il n'y avait plus rien. Il a fallu tout réapprendre comme un bébé.

"Je n'étais pas déprimée, j'avais mal !"

F.-S. L'autre grand combat, ce fut de retrouver une apparence moins dégradée, retrouver votre féminité...

A. L. Oui. En finir avec la chemisette de l'hôpital (sourire) ! Mais pour moi, tout cela ce sont que des détails... Mon combat, c'était de m'en relever !

F.-S. Et vous êtes même repartie en voyage à l'étranger !

A. L. Oui. Mais toujours accompagné car toute seule, je n'aurais pas pu. Encore aujourd'hui, trois ans après, j'ai des picotement dans les mains et les pieds, beaucoup de crampes, un diaphragme qui n'est pas encore solide, un manque de force...

F.-S. Deux personnes vous ont beaucoup aidé : votre mari Ray et votre fille Cathy.

A. L. C'est important de sentir que des gens tiennent à vous, qu'ils vous aiment. Une personne toute seule ne pourrait pas remonter la pente.

F.-S. Pensez-vous qu'une maladie aussi terrible que le syndrome de Biskerstaff pouvait exister ?

A. L. Non. C'est aussi pour cela que j'ai écrit mon livre (1) : pour dire que cela existe, pour dire l'intensité de la douleur ressentie, pour alerter le personnel médical qui ne pouvait pas comprendre pourquoi je pleurais... Car je ne pouvais faire que cela car j'avais mal. Je n'étais pas déprimée, j'avais mal !

F.-S. Et vous avez constaté que certains personnels soignants ne sont pas très attentifs à cette douleur...

A. L. Oui. Attention, il y a des gens très bien ! Des infirmières et des médecins très bien, heureusement. Mais, c'est vrai qu'il y a un certain pourcentage qui n'a rien à faire dans les hôpitaux !

F.-S. Vous n'avez pas porté plainte contre l'hôpital. Pourquoi ?

A. L. Non, effectivement. D'abord, parce que sans le respirateur – et j'avais paraît-il la « rolls des respirateurs » –, je ne serai pas là ! Et aussi, parce que malgré les larmes que j'ai versé la-bas – j'ai pleuré toutes les larmes des cinquante prochaines années ! – j'ai la chance de pouvoir vivre et de pouvoir profiter des chose simples de la vie. Je ne pourrais jamais en vouloir à l'hôpital.

"Il faut aller de l'avant"

F.-S. Cette épreuve a été aussi pour vous une leçon de vie. Quelle philosophie en tirez-vous ?

A. L. Qu'il faut aller de l'avant même si c'est très dur, même si c'est atrocement dur ! Il faut garder espoir. Après les tempêtes, il y a toujours du soleil.

F.-S. Avez-vous un message pour les familles dont les proches sont, comme vous l'avez été, dans le coma profond avec une issue très incertaine. Jusqu'à quand faut-il attendre ?

A. L. Moi, un médecin a pensé à me débrancher au bout de quatre jours ! Je ne suis pas pour garder des gens en réanimation des années, car je n'ose pas penser à la souffrance qu'ils endurent... Mais, il faut attendre raisonnablement. Et faire les examens minutieux qui s'imposent pour savoir si la personne est consciente, si elle a des chances de se réveiller... même si c'est coûteux !

(1) Une larme m’a sauvée, Angèle Lieby avec Hervé de Chalendar, Ed. Les Arènes, 234 pages, prix : 17 €

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 19:49

Dans son ouvrage « L'erreur médicale, le burnout et le soignant – De la seconde victime au premier acteur », l'auteur Éric Galam, professeur de médecine, aborde des sujets délicats à gérer : d'une part, l'erreur médicale dont la première victime est le patient, d'autre part, le burnout, ou l'épuisement professionnel, qui se rapporte au soignant.

La médecine est soumise à bien des représentations, et souvent associée à la perfection. Cependant, certaines affaires médiatisées le montrent bien : personne n'est à l'abri d'une erreur médicale, soignés comme soignants. Dans une société où le patient cède sa place pour devenir un « client », la faute médicale est de moins en moins tolérée. Dans le rapport 2010 de l'Observatoire des risques médicaux, les erreurs relatives aux actes infirmiers comptaient 23 dossiers traités dont le montant moyen d'indemnisation s'élevait à 70.087 euros par dossier. Si les patients sont les premières victimes des erreurs médicales, le personnel soignant est lui aussi très concerné par ces actes en incarnant bien souvent le rôle de « seconde victime ». Eric Galam distingue ainsi trois situations pouvant être perçues comme une erreur médicale par le soignant :

  • les choses ne se sont pas passées comme il le fallait. Ce problème médical suppose un enchaînement non satisfaisant pour le patient, pour le soignant, ou pour l'évolution de la maladie et des soins ;
  • le patient s'est plaint. Cela révèle un problème relationnel ;
  • le patient a subi un dommage.

l'erreur médicale, le burnout et le soignantSi les soignants sont compétents, fiables et utilisables, ils n'en restent pas moins humains, faillibles, perfectibles et respectables, et enfin vulnérables et précieux. Lorsqu'ils sont impliqués à tort ou à raison dans une erreur médicale ou un événement indésirable associé aux soins, ils sont aussi, souvent, en souffrance, confrontés à un « accident du travail » qui doit être accompagné et traité comme tel. Or, s'intéresser au vécu des soignants relève d'un véritable tabou.

Les impacts de l'erreur médicale sur le personnel soignant peuvent être plus ou moins importants et influer sur les pratiques professionnelles, le rapport du soignant à ses patients et à son métier et sur sa vie privée, d'où l'intérêt d'un réel suivi. Autre conséquence due à ces « accidents du travail » : le burnout, un « stress lié au travail, surtout lorsque celui-ci nécessite un engagement relationnel. Il frappe les soignants mais aussi les travailleurs sociaux, enseignants, avocats, policiers... ou encore, de manière spécifique, les familles de malades chroniques qui sont amenées à accompagner leurs proches. To burn out signifie : échouer, s'user, devenir épuisé devant une demande trop importante d'énergie, de force, de ressources ».

Comme le souligne Éric Galam, le burnout se traduit notamment par :

  • un épuisement émotionnel caractérisé par un manque de motivation au travail et une sensation que tout est difficile ;
  • une tendance à dépersonnaliser ses patients ;
  • une réduction de l'accomplissement personnel qui se manifeste par une évaluation négative du soignant à son égard.

L'épuisement professionnel est notamment dû à une insécurité professionnelle croissante. En effet, en 2010, comme le signale l'Observatoire pour la sécurité des médecins, les incidents et les agressions verbales sont en augmentation par rapport à 2009. Le personnel soignant a ainsi le sentiment d'être « littéralement maltraité par une société et des patients de moins en moins respectueux, de plus en plus exigeants, avec beaucoup de demandes relevant de registres loin d'être toujours médicaux ». Se pose alors la question de la relation au travail, à l'autre et à soi même. L'auteur déclare que « la déshumanisation est souvent considérée comme une réaction de défense face à l'épuisement , qui conduit à une rupture d'idéal et ainsi à la perte d'accomplissement personnel ».

Cet ouvrage, qui s'adresse aux personnes concernées par les pratiques de soins, et plus particulièrement aux soignants, véritables piliers du système de santé, montre bien qu'au-delà du patient, le soignant est lui aussi très touché lors d'une erreur médicale. Au travers d'études effectuées auprès de professionnels de santé, Éric Galam tente de mettre en exergue les conséquences dues aux fautes médicales, notamment le burnout, et d'apporter des éléments de réflexion pour mieux les aborder et ainsi les dédramatiser. Il ne faut pas oublier que les soignants sont avant tout humains, et l'erreur est humaine...

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