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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 12:26

Interview Claire Compagnon, ancienne directrice de la Ligue nationale contre le cancer :

Par ERIC FAVEREAU

Claire Compagnon, ancienne directrice de l’association Aides puis de la Ligue nationale contre le cancer, est auteure avec Véronique Ghadi du rapport sur «la maltraitance ordinaire dans les établissements de santé».

La «maltraitance ordinaire» à l’hôpital, à quoi cela renvoie-t-il ?

C’est une notion nouvelle. En matière de maltraitance, il y avait la nécessité de distinguer les fautes qui relèvent d’une question pénale, de tous ces petits à-côtés que peuvent vivre les malades, toutes ces attitudes autour d’actes de soins ou d’hospitalisations où il y a atteinte à la dignité de la personne, à son intégrité, à son droit à l’information. Nous avons recueilli des témoignages, travaillé sur le registre de plaintes des hôpitaux, mais aussi sur les lettres qui arrivaient à la Mission de la Haute autorité de santé, ou dans les associations d’usagers. Le but étant d’analyser qualitativement ces pratiques de maltraitance et tenter de voir leur fréquence.

Alors, que peut-on en dire ?

On sait que cela existe. Et le phénomène est important, même si nous n’avons pas essayé de le quantifier. Ce qui nous a frappé, c’est la banalisation de ces petites pratiques de maltraitance ordinaire. Il est important de noter que les acteurs de santé ne contestent pas ce phénomène, il y a même une sorte d’acceptation passive : on le sait, ce n’est pas terrible, mais on laisse faire.

Y a-t-il des lieux ou des services, plus enclins à cette maltraitance ordinaire ?

Ce sont tous les lieux mais aussi tous les moments où la personne est la plus vulnérable, la plus fragile. Comme les urgences, la réanimation, la fin de vie. En réanimation par exemple, la place du tiers est vraiment problématique. Les proches se sentent exclus, mal traités. Les patients n’ont aucune intimité. Nous avons été surpris, également, par tout ce qui nous est remonté des services de pédiatrie, où les proches et les parents n’ont pas vraiment de place. Ils sont souvent culpabilisés, mis de côté.

Dans les manifestations nouvelles de cette maltraitance, vous pointez la question de la «mal information».

C’est quelque chose de très nouveau. Alors que les professionnels de santé sont souvent d’accord avec l’essentiel de notre diagnostic, ils ne se rendent pas compte du problème de l’information au patient. Comme s’ils ne le voyaient pas. Or, c’est un droit qui a été explicité dans la loi sur les droits des malades. Cela n’a pas été intégré. Or pour les patients, cette question de la «mal information» est ressentie comme une maltraitance.

Et la maltraitance liée à des facteurs institutionnels ?

Bien évidemment, on pense au manque de personnel ou au manque de moyens. Mais il n’y a pas que cela. En règle générale, on va toujours demander au patient de s’adapter aux contraintes de l’organisation et non l’inverse. Son mode de vie est ponctué de contraintes, avec ces réveils en pleine nuit, la porte de la chambre qui est toujours ouverte, il n’y a aucune intimité possible etc. Or, aujourd’hui cela n’est pas pris en compte dans le management. Comme si cette maltraitance ordinaire était toujours renvoyée à des pratiques individuelles. Comme si la structure n’y était jamais pour rien.

Y a-t-il des sujets tabous ?

Oui, tout ce qui touche la toilette, les couches, l’incontinence, etc. Nous avons reçu énormément de témoignages de patients qui ressentent cette question comme une atteinte insupportable à leur dignité.

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 12:24

Témoignage + document Santé. Une étude qui rassemble des centaines de témoignages se penche sur la maltraitance ordinaire dans les établissements de santé.

Par ERIC FAVEREAU

«La maltraitance, c’est comme les infections nosocomiales, cela ne devrait pas arriver mais les professionnels s’y sont habitués», déplore un cadre de santé dans un rapport, aussi utile que désarmant sur «la maltraitance ordinaire dans les établissements de santé». Réalisé par deux personnalités du monde des associations de malades - Claire Compagnon et Véronique Ghadi -, ce travail inédit (à consulter ici en pdf) est le résultat d’une commande de la Haute autorité de santé qui voulait évaluer l’importance de ce phénomène. Il est rendu public ce matin.

La maltraitance ordinaire, ce sont tous ces petits riens qui mettent en cause «la dignité du malade». «C’est attendre pendant plus d’une heure debout dans le couloir pour l’admission d’un proche gravement malade», dit une infirmière. Une autre : «Ce sont ces décisions que l’on impose au malade et à ses proches sans leur permettre de rien anticiper. C’est aussi un homme avec un cancer des os très douloureux. L’aide-soignante n’attend pas que la morphine fasse effet pour lui faire sa toilette. On l’a retrouvé dans son lit, propre, mais en pleurs.»

Plusieurs centaines de témoignages venant des associations de malades, des hôpitaux ont été ainsi collectés, analysés. Extraits.

L’intimité et la pudeur

Mère d’un bébé hospitalisé :«Ce matin-là, une personne est entrée dans la chambre où mon enfant est hospitalisé. Sans frapper à la porte, sans dire bonjour, sans se présenter. Je suppose que c’est une infirmière, elle vient peser ma fille. L’après-midi, comportement quasi identique de l’équipe d’après-midi. Elles entrent dans la chambre, comme si elles étaient chez elles, elles vont voir directement mon enfant et prennent les constantes sans remarquer ma présence.»

Parents d’enfant hospitalisé : «Coralie, ma fille, est restée nue sur le brancard, dans le couloir du service pendant 10 minutes. J’ai pris alors une couverture dans la chambre, et on m’a reproché d’avoir défait le lit !»

Patient victime d’une infection nosocomiale : «Quand je suis arrivée, il n’y avait pas de rideau à ma chambre. Et je peux vous dire que c’est dur, quand vous êtes nu sur un lit. J’ai dû me bagarrer pendant 10 jours pour que la surveillante générale vienne et que je puisse avoir mon rideau.»

Autre victime d’une infection nosocomiale : «J’ai eu le chirurgien qui est entré dans ma chambre, j’étais aux toilettes. Je lui ai demandé : "pouvez-vous sortir ? Cela me gêne." "Non, moi ça ne me gêne pas". Il m’a fait ça à deux reprises. C’est des leçons de savoir-vivre qu’il faut leur donner.»

Visiteuse : «Ce jour-là, j’ai rendu visite à Mme X, hospitalisée en réanimation médicale. Celle-ci m’explique qu’elle a été rudement «engueulée», après avoir déféqué sur elle. Elle me dit qu’elle a appelé pendant plusieurs minutes, avec des gestes des bras, le personnel qui discutait dans le couloir et qui ne daignait pas bouger.»

Femme hospitalisée : «Elle voulait me faire faire pipi dans un pistolet d’homme, vous imaginez si c’est facile… Alors elle m’a engueulée parce que j’avais fait pipi et que ça avait débordé à côté. En plus, j’avais eu mes règles, ce n’était pas prévu, alors comme il y avait aussi du sang sur le drap, elle a dit : "Regardez comme elle est dégueulasse !" Ça m’a choquée !»

La mal-information

Femme hospitalisée : «Le gynéco que j’ai vu m’a dit que j’avais un cancer. Il m’a précisé : "On peut vous guérir mais il va falloir enlever le sein." Je n’étais pas contente. Il m’a répondu : "à l’âge que vous avez ce n’est pas un problème." Je lui ai dit que j’aimerais bien voir sa réaction si on lui annonçait qu’on lui en enlevait une !»

Un parent d’enfant hospitalisé : «Je voulais pour notre fils un autre avis médical. C’est dans la loi. Nous demandons un entretien avec le chef de service… Il le prend très mal. Nous n’aurons qu’un nom sur un bout de papier et rien d’autre. Ce fut notre dernier entretien avec lui […]. Nous n’étions plus dignes de lui, d’ailleurs, chaque fois que nous le croisions dans les couloirs, il ne disait bonjour qu’à Jérôme… Son ego était touché, mais son intelligence supérieure aurait pu et dû admettre notre position, légitime de surcroît.»

Fille de personne âgée hospitalisée : «Il est pénible d’être renvoyée des uns aux autres pour l’obtention d’informations basiques. Les non-médecins renvoient toujours au prescripteur et le prescripteur à l’intendance. On pourrait compter les fois où sur un même sujet : le médecin dit "voyez avec tel autre médecin" ou "avec les infirmières" ; les infirmières "il faut voir cela avec le médecin" ou "essayez plutôt de demander aux aides-soignantes". Et les aides-soignantes : "Voyez avec le médecin", "avec les infirmières".»

Parents d’un enfant hospitalisé :«Alors que nous sommes dans la chambre de notre fils, l’interne qui le suit depuis le matin vient à notre rencontre et nous annonce sans autre forme : "C’est une tumeur. Il faut savoir maintenant si elle est maligne ou non." L’interne quitte la chambre et je reste près de mon fils qui me dit : "Je vais mourir ?" Je suis désemparé, désarmé et je lui demande pourquoi il pose cette question. L’explication qu’il me donne c’est son interprétation de "tumeur" par "tu meurs".»

L’organisation

Parents d’un enfant hospitalisé : «Nous avons été surpris par la volonté du personnel soignant qui voulait à tout prix que notre fille prenne ses repas dans la salle à manger commune. Cela les dérangeait qu’elle mange dans sa chambre avec ses parents. Outre le fait que la salle à manger commune est un hall de gare dans lequel des dizaines de personnes passent sans arrêt, y compris pendant l’heure des repas, nous nous sommes demandé pourquoi il fallait manger ensemble. Pour nous, le repas est un moment en famille, relativement privé.»

Bénévole associatif : «Aux urgences, on se retrouve totalement coupée du monde. Je n’ai jamais vu de maltraitance physique mais une véritable maltraitance psychologique par le fait de couper les patients du reste du monde. Ils deviennent la propriété de l’hôpital.»

Un patient :«Les nuits m’ont laissé des souvenirs chahutés. On nous dit sans arrêt de dormir, mais c’est impossible : la porte n’est jamais refermée, elle donne sur un couloir plein de vie à n’importe quelle heure. C’est bien de voir toute cette vie normale mais c’est insupportable quand on veut dormir - ou qu’on ne peut rien faire d’autre. Cela crie et rit, les portes claquent, les chaises cognent, et tout ça bien fort, bien net… ponctué d’entrées intempestives dans la chambre, sans prévenir, sans demander…»

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 14:50
INTERVIEW - Il y a dix ans, la première loi consacrée explicitement aux droits des malades était adoptée en France. À l'occasion de la journée européenne dédiée à ce sujet, Anne Laude, co-directeur de l'Institut Droit et Santé, revient sur les progrès enregistrés et les avancées qui restent à faire.

LE FIGARO - Quels sont les principaux droits édictés par la loi du 4 mars 2002, dite «loi Kouchner»?

Anne LAUDE - Je citerais en premier lieu le droit du patient à être informé des décisions médicales le concernant, pour le rendre acteur de sa santé au même titre que son médecin. Informé sur les risques encourus et les différentes options possibles, il est rendu apte à prendre une décision éclairée, y compris celle de refuser d'être soignée. C'est en quelque sorte la remise en cause d'un paternalisme médical qui avait fait son temps. Le patient doit également se voir remettre son dossier médical dans un délai de 8 jours s'il en fait la demande. Il a le droit de recevoir des soins de qualité. Enfin, il a le droit d'être indemnisé par la solidarité nationale, au travers d'un fonds spécifique, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam), en cas d'aléa thérapeutique.

Pourquoi a-t-on ressenti le besoin de stipuler ces droits dans une loi?

Au début des années 2000 est apparue une volonté manifeste de la part des patients de pouvoir participer davantage à la décision médicale, à titre individuel et collectif. Cela s'inscrivait dans un climat général, non spécifique à la France, qui a vu aussi les consommateurs et les associations s'approprier leurs droits.

Dix ans plus tard, les droits des patients sont-ils effectivement mieux respectés?

Ca dépend des domaines. Manifestement, les malades sont mieux informés par les médecins et cela devrait perdurer puisque la Cour de cassation vient de confirmer que le patient a droit à une indemnisation quand son droit à l'information n'est pas respecté. Les victimes d'accidents médicaux sont aussi mieux indemnisées grâce à l'Oniam. En revanche cela ne bénéfice pas aux victimes d'accidents médicamenteux qui se voient appliquer une autre législation - une directive européenne de 1985 - moins favorable. Là-dessus, il y aurait sans doute des progrès à faire. L'accès au dossier médical pourrait aussi être amélioré. Enfin, il faudrait consacrer les droits sociaux des patients, en affirmant le droit à l'accès aux soins, et en encadrant les conditions de remboursement et les dépassements d'honoraires.

La loi actuelle a-t-elle insuffisamment pris en compte cette dimension?

Les priorités ont changé en dix ans. En 2002, il s'agissait de replacer le patient dans une relation à deux avec son médecin. Mais depuis, les crises financières sont passées par là et le système de santé en a pâti. Le problème actuel, c'est que de plus en plus de personnes renoncent aux soins pour des questions de coûts et d'inégalité d'accès, notamment territoriale.

La loi a-t-elle entraîné une hausse des procès contre le personnel de santé?

Non, les cas de contentieux contre les médecins sont stables à un niveau très faible. Nous avons réalisé une enquête auprès des personnes qui réclament leur dossier médical. Elle montre que la plupart du temps, les gens cherchent simplement à s'informer sans projeter une action en justice.

À qui peut-on s'adresser quand on estime que nos droits en tant que malade ont été bafoués?

A l'hôpital, il existe des médiateurs exerçant au sein des Commission des relations avec les usagers et de la qualité de la prise en charge (CRUQPC). Sinon, il est possible de se renseigner auprès du Défenseur des droits ou d'associations de patients comme le Collectif interassociatif sur la santé (CISS).

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 10:23

« Antidépresseurs : des placebos potentiellement mortels ? », titrait la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm (a-t 2005 ; 36 :45). Rien ne permet d’affirmer que les antidépresseurs protègeraient des idées suicidaires ; au contraire, les essais bien menés montrent que les ISRS déclenchent de telles idées – voire des passages à l’acte – chez des volontaires sains, ou les renforcent chez les personnes en souffrance psychique. Les tricycliques ne sont pas moins risqués. Lorsqu’on compare les résultats obtenus avec des ISRS sur l’échelle Hamilton (qui codifie les critères de dépression), le bénéfice apporté dépasse à peine l’effet placebo. Et même cet effet minime peut résulter de biais et de variables des essais en question.

Malgré la pléthore d’études et une utilisation intensive pendant des décennies, on ne peut fonder scientifiquement ni l’utilité, ni l’efficacité, ni la sécurité d’emploi des antidépresseurs.

Lorsqu’on parle du nombre d’effets secondaires, il faut toujours avoir à l’esprit la sous-notification chronique : seuls 1% à 5% des effets indésirables des médicaments sont signalés à la pharmacovigilance [11]. Plus de 2.000 suicides liés au Prozac ont été signalés jusqu’à l’automne 1999 à l’agence états-unienne du médicament (FDA). Ce risque était connu des laboratoires, et lors de procès intentés aux Etats-Unis à la firme GSK, on a appris l’occultation délibérée du risque suicidaire du Déroxat, majoré chez les enfants. Depuis, les antidépresseurs portent un « label noir » aux Etats-Unis et ne peuvent être prescrits en ville qu’aux personnes âgées de plus de 24 ans. En France, certaines estimations parlent de 3.000 à 4.000 suicides par an, liés aux antidépresseurs [12].

Une étude de mars 2011 révèle un risque significatif de glaucome aigu à angle fermé – une urgence ophtalmologique au vu du risque de cécité - chez des personnes de plus de 66 ans ayant pris des antidépresseurs dans les semaines précédant l’apparition de la maladie [13]. Nombreux sont les effets indésirables neurologiques – tels que la neuropathie périphérique sous tricycliques -, cardiovasculaires, métaboliques, de même que les troubles de la libido, les troubles neuropsychologiques tels que la nervosité, les sautes d’humeur, l’agitation allant jusqu’à l’akathisie, les crises psychotiques…

En décembre 2009, une étude à grande échelle nous apprenait que les femmes ménopausées sous antidépresseurs tricycliques (Laroxyl…) ou ISRS (Déroxat, Zoloft, Seropram…) avaient un risque légèrement augmenté de faire un accident vasculaire cérébral par hémorragie et de décéder (toutes causes confondues) [14]. Ces résultats sont confirmés (aussi chez les hommes) par une étude de mars 2011, qui démontre sur plus de 24.000 patients une causalité probable entre la prise d’antidépresseurs et des accidents vasculaires cérébraux (AVC) pendant les premières semaines [15]. Et plus l’inhibition de la recapture de la sérotonine est forte, plus le risque d’AVC de type ischémique augmente. Le risque semble dose-dépendant et intervenir en début du traitement, là où le risque de suicide est lui aussi élevé, du fait de la désinhibition provoquée par les antidépresseurs.

Mais au lieu de réserver la prescription d’antidépresseurs aux cas les plus graves, où le rapport bénéfices – risques semble rester favorable, les médecins ajoutent des tranquillisants et des somnifères, surtout en début de traitement, pour diminuer le risque de passage à l’acte, et ces derniers ont à leur tour des effets secondaires… Ceci est un exemple de cascade de prescription.

Une étude suédoise de 2008 estime à 3% le taux de décès par effets indésirables des médicaments. En troisième position arrivent les antidépresseurs, mis en cause dans 14% des 1574 cas de décès liés aux médicaments. [16] Et pensons aux actes de folie meurtrière commis aux Etats-Unis par des adolescents sous ISRS (parfois avec d’autres psychotropes) et ayant accès à des armes… Une étude récente des notifications d’effets indésirables à la pharmacovigilance américaine place onze antidépresseurs, six sédatifs / hypnotiques et trois médicaments prescrits dans l’hyperactivité parmi les médicaments qui déclenchent le plus d’actes de violence, allant jusqu’au crime et à l’abus sexuel [17].

N’oublions pas le risque de surdose accidentelle ou de prise cumulée de médicaments ayant un impact sur la sérotonine, qui peut déboucher sur un syndrome sérotoninergique aux conséquences neurologiques et cardiovasculaires sévères, voire mortelles. Un autre risque passé sous silence est celui de la dépendance et du syndrome de sevrage [18]. 

 

Un déséquilibre biochimique dans le cerveau serait la cause de la dépression, corrigée par les ISRS ?

C’est une trouvaille marketing qui donne un habillage scientifique permettant de comparer les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine dans la dépression à l’insuline dans le diabète… Il n’a jamais été prouvé qu’il existerait un déséquilibre des neurotransmetteurs, en particulier de la sérotonine, ou une carence en sérotonine, et qu’augmenter son taux ou sa durée dans les synapses guérirait la dépression. Les taux de sérotonine, noradrénaline et dopamine ne sont par ailleurs pas les mêmes à la périphérie et dans le système nerveux central. Et l'on ne sait rien de ces derniers, mesurables uniquement après le décès…

Outre les cas de dépression sévère, le traitement chimique n’est qu’un « mythe », fort rentable pour les pharmas qui l’ont créé [19]. 

Une question s’impose : au vu de l’absence de fondement scientifique, du poids du marketing et du profit dans l’avènement de cette « épidémie » artificielle de dépression, parfaitement décrite par Robert Whitaker dans un livre choc [20], au vu de l’efficacité limitée aux dépressions graves et des effets indésirables, pourquoi courir autant de risques en prescrivant massivement ? A quand un usage rationnel des antidépresseurs et une évaluation méthodologiquement fiable et dénuée de biais et de conflits d’intérêts?


[Encadré]

Voici quelques autres effets indésirables des antidépresseurs, communs ou spécifiques à une classe, et dont la fréquence est très variable : 

  • troubles cardiaques (troubles du rythme cardiaque, palpitations, syncope, tachycardie, insuffisance cardiaque, infarctus, arrêt cardiaque…), hypertension ou hypotension ;
  • troubles neurologiques et neuromusculaires (troubles de l’équilibre, vertiges, contractures ou spasmes musculaires, myoclonie, hyperesthésie, névralgie, états épileptiques, neuropathie, parésie, nystagmus, pertes de connaissance, douleurs musculaires ou articulaires, asthénie, fatigue…) ;
  • troubles gastro-intestinaux (hépatite, stomatites, gingivites, ulcérations, hémorragies gastro-intestinales, ulcères, troubles du transit…) ;
  • troubles urinaires ;
  • troubles sexuels (dysfonction érectile, éjaculation précoce…) ;
  • troubles métaboliques, prise de poids ou perte de poids ; troubles du comportement alimentaire (anorexie…) ;
  • hausse du cholestérol, des triglycérides, de la créatinine, du calcium…; hypoglycémie ou hyperglycémie;
  • troubles hématologiques (anémie, thrombocytopénie…) ; ecchymoses, purpura, rash ;
  • troubles des sens (baisse de la vision, vision double, mydriase, photosensibilité, hémorragies rétiniennes, sclérite, uvéite, hyperacousie, acouphènes, baisse de l’audition, altérations du goût et de l’odorat) ;
  • troubles neuropsychologiques incluant psychose, akathisie, ataxie, hallucinations, dépersonnalisation… ;
  • troubles respiratoires (dyspnée, hyperventilation…) ;
  • troubles allergiques et cutanés (oedèmes, urticaire, dermatites, eczéma, éruptions cutanées, érythèmes, hirsutisme, atrophie cutanée…) ;
  • troubles endocriniens (dysfonctions de la thyroïde…)
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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 09:29

LEMONDE.FR

 
 

Une série de suicides au sein du centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Lille a provoqué l'ouverture d'une enquête administrative et d'une mission de l'Inspection générale des affaire sociales (IGAS). Selon les autorités sanitaires, quatre employés du CHRU de Lille se sont donné la mort en l'espace de quinze jours. Pour deux d'entre eux, les raisons apparaissent principalement personnelles", a indiqué Yvonnick Morice, directeur général du CHRU.

Le premier cas de suicide, survenu le 8 janvier, a touché un agent de service hospitalier, père de trois enfants et âgé de 34 ans, qui travaillait en réanimation neurochirurgicale. Dans ce service, deux aide-soignantes qui se connaissaient – dont une âgée de moins de 30 ans – qui travaillaient depuis 2010 et avril 2011 au CHRU, se sont donné la mort dans les jours qui ont suivi. Dimanche, c'est un aide-soignant d'une quarantaine d'années, qui travaillait dans un service de soins pour personnes dépendantes, qui s'est suicidé alors qu'il était en congé.

Outre cette enquête ouverte en fin de semaine, le ministre de la santé, Xavier Bertrand, a diligenté une mission complémentaire conduite par l'IGAS "pour tirer les enseignements de l'enquête administrative", a annoncé Annie Podeur, directrice générale de l'offre de soins. Les responsables du CHRU ont également diligenté une enquête CHSCT qui devra se pencher sur l'organisation du travail et sur les relations entre les personnels au sein de l'hôpital.

"L'enquête administrative en cours, dont j'aurai la restitution cette semaine, doit établir s'il y a un lien à établir" avec les conditions de travail "pour certains de ces cas", a expliqué Yvonnick Morice. "Sur les quatre cas, après vérification, on était dans des effectifs standard, il n'y avait pas de secteur particulièrement en difficulté", a-t-il ajouté.

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 10:45

«On dit que notre système de santé est l’un des meilleurs du monde. Je commence à en douter. La médecine de ville ou de la campagne régresse. […] On ne forme plus de généralistes mais des spécialistes. Il y a un problème presque philosophique dans ce que l’on attend des médecins… Il faut revoir la question des études de médecine. […] Nous devons être des défenseurs intransigeants de l’hôpital public. […] L’hôpital public, depuis quelques années, notamment avec la T2A, a fait entrer de manière insupportable la recherche de recettes à tout prix, donc la concurrence. Or, c’est là que l’on voit des personnes âgées de plus en plus en difficulté, des familles qui n’y arrivent pas. Enfin, la politique du médicament doit être totalement révisée. […] Il faut être intransigeant sur les liens qui existent entre l’industrie pharmaceutique et le politique, et d’une manière générale les élites. […] Je trouve que les frontières ne sont pas assez déterminées.»

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 10:41

Une enquête nationale révèle un profond mal-être des médecins qui se répercute sur les soins et l’écoute des patients.

 

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Quand un jeune enfant doit supporter de longues souffrances, il se passe un phénomène particulier, selon les pédiatres : au bout d’un certain temps l’enfant ne crie plus, ne s’agite plus. Mais il va se replier de plus en plus, se terrer, même. On dirait que l’hôpital est dans cet état-là. Il souffre et se tait. Tétanisé. Cet été, par exemple, rien, pas une déclaration, pas la moindre poussée de fièvre.

A Tours, se tiennent depuis hier les Convergences annuelles santé-hôpital, organisées entre autres par la coordination médicale hospitalière. A cette occasion, une enquête inédite réalisée par le ministère de la Santé va être rendue publique : près de 2 000 médecins hospitaliers, venant de 300 établissements, ont été interrogés sur leur pratique médicale. Bilan maussade : ce n’est pas tant sur les salaires, comme on pourrait le croire, que les crispations se révèlent, mais sur les conditions d’exercice.

Malaise «psychique». Un très grand nombre d’entre eux pointe un risque majeur de tensions sociales, et 72% évoquent un malaise «psychique». «Les hôpitaux sont aujourd’hui un univers tendu, cocktail de désabusements et d’agacements», tente de comprendre le Dr François Aubart, un des organisateurs de cette rencontre santé-hôpital. Dans cette enquête d’autres points noirs émergent : une très grande majorité de médecins (73%) se plaint du poids des charges administratives, de la faible attractivité de leur emploi (61%), des mauvaises conditions de travail.

Un climat qui n’est pas sans conséquence sur la qualité des soins. Voilà deux histoires récentes parmi d’autres, qui décrivent en creux ce mal-être ambiant.

La première se déroule aux urgences de l’hôpital Henri-Mondor, à Créteil (Val-de-Marne). Sandrine, 20 ans, se tord de douleur au ventre. De chez elle, elle appelle un médecin qui refuse de se déplacer. Elle contacte SOS Médecins, qui ne peut venir que deux heures plus tard. Finalement, elle prend un taxi pour les urgences d’Henri-Mondor. Son père, qui est médecin, est arrivé. Il attend avec elle. Sur sa fille, on fait juste une prise de sang. On ne trouve rien de particulier. «Mais vous ne lui faites pas une radio ?» interroge le père. «Non, il n’y a pas de brancardier, c’est compliqué», lui répond le praticien hospitalier, qui lui dit d’aller faire une échographie en ville. «Dans la nuit, elle se roule de douleur. Alors, qu’est ce que je fais ? J’abuse de ma situation de médecin, raconte son père. Je mets en action mes réseaux. Je trouve un ami qui lui fait une "écho" en urgence à 9 heures, puis un scanner à 13 heures. A 15 heures, ma fille est au bloc opératoire pour une péritonite, avec syndrome préperformatif, c’est-à-dire que le pronostic vital était engagé.»Le père de Sandrine ajoute : «Aujourd’hui, il faut des réseaux pour bien se faire soigner.»

Ou encore dans l’Oise, cette histoire presque anodine. Un homme, âgé de 82 ans, chute de sa hauteur chez lui. Fracture du fémur. Pompiers, hôpital. Arrivé un vendredi, il n’est opéré que le mardi. Quelques jours après, il est au fauteuil dans sa chambre. Son épouse écoute la plainte de son mari qui a mal au ventre : il veut simplement aller à la selle, et, malgré plusieurs appels, le personnel soignant ne se déplace pas. La vieille dame ne se sent pas la force de soutenir son mari pour aller aux toilettes : elle est petite, menue et fatiguée. Elle va dans le couloir demander du renfort à une personne en blouse blanche. Réponse de celle-ci : «Eh bien, qu’il fasse dans sa couche !»

Effritement. On pourrait en raconter des dizaines d’autres, certaines témoignant d’une mise en danger réelle de la vie du patient, d’autres pointant le défaut d’accueil, voire l’hospitalité en miettes. On pourrait en raconter des centaines d’autres où des équipes soignent remarquablement, se donnant avec passion à leurs tâches. Le tout se mélange, mais aujourd’hui, on a le sentiment d’un effritement généralisé.

Les malades ne supportent plus l’absence d’accueil (lire ci-contre) dont ils sont si souvent victimes. Le personnel - soignant (infirmières, aides-soignantes) comme médical (les médecins) - se plaint sans cesse, accusant la rigueur pour expliquer ses propres défaillances. Certes, la rigueur est réelle, comme jamais. Et, depuis deux ans, le personnel diminue dans le monde hospitalier. Mais cela n’explique pas tout.

Alors, c’est «silence hôpital». La CFDT-santé a publié, il y a quelques mois, une enquête imposante, après avoir interrogé près de 45 000 personnes, réparties dans 492 établissements publics. Que dit-elle sur les conditions de travail ? 93 % des agents trouvent leur travail stressant, 67 % demandent une réorganisation, 83 % ne se sentent pas reconnus. Et dans ce contexte de désenchantement, ce n’est pas un hasard si plus de 7 500 membres du personnel hospitalier (hors médecins) sont partis en retraite anticipée, le 30 juin, soit trois fois plus que d’habitude.

Ces départs massifs créent des difficultés en pagaille. «Ce qui est terrible, c’est que l’on perd le sens du collectif», note le professeur Olivier Saint-Jean, chef de service de gériatrie à l’hôpital Pompidou. «Ce qui me frappe le plus, poursuit le Dr François Aubart, c’est que les commissions médicales d’établissements [lieux où les médecins se retrouvent, ndlr] ne se réunissent même plus. Elles n’ont plus de candidat. A l’hôpital, la qualité est devenue imprévisible.», Quant aux pouvoirs publics, ils font la sourde oreille. Leur prudence confine parfois à l’indifférence. Depuis son retour au ministère de la Santé, Xavier Bertrand multiplie les gestes apaisants vers les médecins libéraux, mais n’a pas tenu le moindre discours d’importance sur l’hôpital. A Paris, l’ex-numéro 2 de la SNCF, qui a été nommée il y a un an et demi à la tête de l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris), Mireille Faugère, l’avoue :«L’année 2011 est terrible, entre les efforts budgétaires, et les différentes élections en interne comme au niveau national, autant faire profil bas.» Tristes perspectives…

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 10:54

Créé le 13/01/2012
L'intérieur d'un avion.

DISCRIMINATION - Des personnes en fauteuil roulant se sont vues refuser l'accès à des avions ces derniers mois...

Parce qu’elle avait empêché trois passagers handicapés d’embarquer dans ses avions, la compagnie Easyjet a été condamnée ce vendredi à une peine de 70.000 euros pour discrimination. Ces derniers mois, plusieurs cas similaires ont été révélés.

21 mars 2010
Marie-Patricia Hoarau, 38 ans, paraplégique depuis un accident de VTT, est débarquée à Paris de l’avion Easyjet qui devait l’emmener à Nice sous prétexte qu’elle n’avait pas d’accompagnateur. «En colère», et «frappée par l’injustice», elle a saisi la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde). L’institution et la jeune femme ont décidé de poursuivre la compagnie en justice pour discrimination.   

5 juillet 2010
Une mésaventure similaire arrive à Joseph Etcheveste, 48 ans. Cet homme paraplégique se voit refuser l’accès à un avion Easyjet faisant la liaison entre Biarritz et Paris pour le même motif: il n’est pas accompagné. Il avait finalement dû prendre un vol d’Air France pour se rendre à Paris, mais Easyjet avait décidé de lui rembourser le prix des deux vols. 

10 août 2010
Jean-Claude Mouton assiste au décollage de l’avion Easyjet Lyon-Bastia depuis l’aéroport. Au moment de l’enregistrement, la compagnie indique à l’homme de 55 ans, qui circule en fauteuil roulant, qu’il ne peut embarquer, faute d’accompagnateur. Un passager, qui doit embarquer sur le même vol, se propose alors de tenir ce rôle. Mais, selon Easyjet, Jean-Claude Mouton s’est présenté trop tard au comptoir d’enregistrement et ne peut plus accéder à l’avion. Il emprunte finalement un vol Air France, sans aucun problème … mais qui lui a coûté quatre fois plus cher que son billet Easyjet.  

10 septembre 2011
Le commandant de bord d’un vol Casablanca-Paris de Royal Air Maroc interdit à Siham Sifer et ses parents d’entrer dans l’appareil. La famille de cette franco-marocaine atteinte d’un handicap physique et mental ne reçoit aucune explication autre que «je ne prends pas les handicapés». Son père a porté plainte pour discrimination contre la compagnie.

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 12:48

Entretien avec le professeur Jacques Soubeyrand, gériatre à l'hôpital Sainte-Marguerite de Marseille, co-auteur d'"On tue les vieux" et "Douze gériatres en colère".

Pr Jacques Soubeyrand gériatre

"Aux Etats-Unis, la non prise en charge des personnes âgées est un délit. Pourquoi pas en France ?" s'interroge le Pr Jacques Soubeyrand.

 

Irrespect, gestes brusques, malveillance financière, 5% des personnes âgées seraient soumises à de mauvais traitements. Mais des associations et des soignants développent aussi de nouvelles approches adaptées au grand âge.

Entretien avec le professeur Jacques Soubeyrand, gériatre à l'hôpital Sainte-Marguerite de Marseille et co-auteur de deux livres sur la maltraitance des personnes âgées, "On tue les vieux" (Fayard, 2003) et "Douze gériatres en colère" (Fayard, 2009).

- Quel est le niveau de maltraitance des personnes âgées en France ?

Jacques Soubeyrand : Contrairement aux pays anglo-saxons, il n'y a pas d'enquête nationale en France sur le sujet, seulement une enquête départementale en 2000 à Lille ! Pourtant, il existe une vraie maltraitance des personnes âgées dans notre pays. À l'hôpital, j'en vois arriver dans des états inacceptables, avec des escarres gigantesques.

- Ce n'est donc pas seulement des violences physiques ?
J.S. : 
Il y a cette macro-maltraitance, des coups et des agressions majeures, physiques et psychologiques. Mais il y a surtout la micro-maltraitance, des actes qui, pris isolément, ont l'air anodins, comme la perte d'une prothèse dentaire non remplacée, des troubles non traités de la déglutition, des repas servis froids ou sans aide à des personnes qui ne sont plus autonomes. Mais cumulés, ces actes peuvent constituer une maltraitance grave pouvant conduire jusqu'à la mort. Cette maltraitance-là est beaucoup plus mortelle que la canicule de 2003.

- Pourquoi de tels cas ?
J.S. : Ces cas de maltraitance peuvent se produire au sein de la famille comme dans les maisons de retraite. La maltraitance peut être financière : on maltraite dans le but de spolier la personne âgée qui a un capital. La personne âgée qui ne veut pas quitter son domicile peut aussi devenir un objet encombrant pour la famille : on touche là au concept terrible de la non-personne. Il y a des causes plus basiques, particulièrement le manque de personnel qualifié, capable de s'occuper correctement des personnes âgées. La gériatrie n'est pas attractive, comparée à d'autres spécialités médicales plus rentables. On a de moins en moins de gériatres alors qu'on va avoir de plus en plus besoin d'eux, du fait du vieillissement de la population.

- Quelles solutions préconisez-vous ?
J.S. : Il faut d'abord dissuader. Aux États-Unis, la non prise en charge correcte des personnes âgées est un délit. Pourquoi pas en France? Et que la Ddass ne prévienne pas trois jours avant, quand elle fait une inspection d'établissement.

- Et en prévention ?

J.S. : L'objectif est de mettre en place une culture gériatrique. Ce combat demande une pression permanente, des associations et des médias. Enseignons à l'école ce qu'est la vraie vie, disons aux enfants que le vieillissement est inéluctable, ne nions pas notre condition de mortel. Développons l'intergénérationnel, mélangeons vieux et jeunes, les uns apportant leur sagesse et les autres leur vitalité. Je l'ai fait dans mon service avec succès. Que les maisons de retraite et les institutions médicalisées constituent de vraies équipes professionnelles pour assurer la meilleure prise en charge possible. Structurons le réseau d'aide à domicile. Enfin, tenons des états généraux du vieillissement, desquels pourrait sortir une charte des droits de la personne âgée.

- La tâche est immense…

J.S. : C'est un travail à long terme mais j'ai très bon espoir. Il faut s'inspirer de la petite fille qui remet à l'eau quelques étoiles de mer échouées sur la plage, alors qu'il en reste des milliers d'autres sur le sable. Au moins celles qui sont sauvées s'en apercevront… Donnons aux personnes âgées tout le respect et toute la place qu'elles méritent dans notre société.

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 12:42

LEMONDE.

 
 

Humiliation, mépris, culpabilisation, atteintes à l'intimité... Les témoignages extraits de l'étude publiée mercredi 27 janvier par la Haute Autorité de santé (HAS) font froid dans le dos. Collectés par Claire Compagnon et Véronique Ghadi, ancienne militante associative et sociologue de la santé, ils reflètent le malaise de nombreux malades, proches ou professionnels de santé face à la maltraitance "ordinaire" qui règne dans certains hôpitaux. Des vexations plus ou moins douloureuses qui nuisent à la dignité du malade et à la réputation des établissements.

Le rapport, qui se présente comme une étude volontairement subjective, reprend une centaine de récits. Patients, famille, infirmiers... Tous racontent l'attente, l'abandon, l'absurde parfois. "Coralie reste nue sur le brancard dans le couloir du service pendant dix minutes. Je prends une couverture dans la chambre, on me reproche d'avoir défait le lit", raconte une mère. "Il y a des moments où je restais dans le pus et dans mes excréments toute la matinée", décrit un malade.

"UNE CERTAINE BANALISATION DE LA VIOLENCE"

De quoi interpeller les pouvoirs publics. "Face à une certaine banalisation de la violence, il apparaît nécessaire de rappeler au personnel hospitalier, mais aussi aux patients, la nécessité du respect réciproque", estimait le 12 janvier le médiateur de la République Jean-Paul Delevoye. Un "Pôle santé et sécurité des soins, chargé de traiter les réclamations liées aux droits des malades et à la sécurité des soins" été a mis en place début 2009 par le médiateur de la République. En un an d'activité, il a traité près de 4 800 requêtes.

La maltraitance, reconnaît une directrice d'hôpital, "c'est comme les infections nosocomiales, ça ne devrait pas arriver". Les professionnels parlent des réductions d'effectifs ou du manque de matériel… "Il y a vingt ans, il y avait sept aides-soignantes le matin, alors que maintenant il n'y en a plus que deux ou trois pour des patients plus lourds qu'avant", explique un cadre de santé.

Pour lutter contre ces dérives, un "guide de la bientraitance en établissements de santé" devrait être publié dans l'année. Trois critères de qualité seront par ailleurs intégrés dans la nouvelle procédure de certification des hôpitaux : la gestion des plaintes et des réclamations, la mise en œuvre des soins palliatifs et des droits des patients en fin de vie, la mise en place d'une démarche de bientraitance.

Le Monde.fr

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