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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 09:51

La directrice d’une petite unité de vie familiale de 15 résidents de l’établissement  » Les Colombes»  où vient d’être révélée une affaire de maltraitance,  a été placée lundi en garde à vue.

Cette structure ne faisait l’objet d’aucun agrément par les services de l’État et n’aurait jamais dû accueillir des résidents dépendants.

Un arrêté de fermeture immédiate de l’établissement et une enquête pénale est en cours sous l’autorité du procureur de la République de Bayonne.
Les premiers éléments rassemblés font apparaître des manquements très graves, au-delà d’une propreté de façade qui semble avoir trompé les familles.

Une maltraitance active avec des coups et des personnes attachées en permanence, une sous-alimentation, les repas étant commandés pour 8 au lieu de 16, une absence totale de compétence professionnelle de la direction et des tarifs prohibitifs au regard des prestations ont été évoqués.

Tous les résidents ont été relogés dans des structures médicalisées agréées à l’aide sociale. Les services de la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) ont organisé une cellule psychologique composée d’un psychiatre, d’un gériatre et d’un infirmier avec l’appui de l’hôpital de Bayonne.

cet établissement privé, qui héberge 15 résidents, dont la dépendance est importante, a été créé en 1990. Il confirme que les soins étaient donnés par du personnel médical et paramédical intervenant en libéral.

Cet établissement privé, qui héberge 15 résidents, dont la dépendance est importante, a été créé en 1990. Les soins étaient donnés par du personnel médical et paramédical intervenant en libéral.

En raison de son statut juridique, la structure a obtenu son agrément du Conseil général, par arrêté du 12 juin 1990. Cet agrément ne fait « pas l’objet de renouvellement particulier» , souligne la préfecture, qui précise que cet établissement s’apparente « à un lieu de vie familial plutôt qu’à une maison de retraite à proprement parler» .

L’établissement est placé sous le contrôle conjoint du conseil général et de la direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) qui intervient en cas de plainte.

La préfecture indique que, suite à un dépôt de plainte auprès du commissariat, une enquête judiciaire a été ouverte par le procureur de la République de Bayonne. Cette dernière a demandé aux services de la Ddass de « réaliser une inspection qui a révélé que la santé, la sécurité et le bien-être physique et moral des résidents se trouvaient compromis par les conditions d’organisation et de fonctionnement de cet établissement» .

S’agissant de la procédure administrative, la préfecture précise que l’établissement fait l’objet d’une « fermeture provisoire immédiate» , notamment pour motif de maltraitance (personnes attachées, médicaments donnés de façon irrégulière, professionnalisation insuffisante du personnel, absence d’une veille de nuit réalisée par un personnel compétent…).

Le retrait définitif de l’agrément devrait être décidé par le conseil général « plus tard» , ajoute la préfecture.

L’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) a demandé pour sa part dans un communiqué publié mercredi de sanctionner « avec la plus grande fermeté»  ces actes s’ils « s’avèrent exacts» . Elle estime en outre qu’il faut mettre fin « à l’activité de cette structure comme de toutes celles qui dysfonctionnent gravement» .

Elle demande de « réorganiser énergiquement les systèmes de contrôle pour les concentrer sur les établissements suspects en mettant fin aux vérifications tatillonnes dans les établissements qui fonctionnent bien pour tenter de diminuer leurs budgets» .

Elle propose de créer des « commissions départementales de transparence, composées de personnes âgées, familles, consommateurs et professionnels devant lesquelles les pouvoirs publics [devront] faire le bilan des actions entreprises à l’encontre des établissements et services à domicile qui dysfonctionnent» .

Pour une politique de lutte contre la maltraitance « crédible» , il faut que les pouvoirs publics se préoccupent « réellement des conditions de vie au quotidien des personnes âgées les plus fragilisées» , affirme l’AD-PA, qui précise que cela « suppose de mettre à leur disposition le nombre de professionnels suffisant en établissement comme à domicile» .

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 09:47

La Haute autorité de santé (HAS) a publié  les résultats d’une étude permettant de mieux comprendre le phénomène de maltraitance dite « ordinaire»  dans les hôpitaux. Elle espère ainsi apporter les solutions les plus adaptées à ce problème.

L’étude est fondée sur les témoignages analysés de patients ainsi que de leurs proches. Elle utilise trois critères d’évaluation : la gestion des plaintes et des réclamations, le respect des patients en fin de vie et la bientraitance du personnel de santé envers les patients.

La maltraitance ordinaire, ce sont tous ces petits riens qui mettent en cause «la dignité du malade». «C’est attendre pendant plus d’une heure debout dans le couloir pour l’admission d’un proche gravement malade», dit une infirmière. Une autre : «Ce sont ces décisions que l’on impose au malade et à ses proches sans leur permettre de rien anticiper. C’est aussi un homme avec un cancer des os très douloureux. L’aide-soignante n’attend pas que la morphine fasse effet pour lui faire sa toilette. On l’a retrouvé dans son lit, propre, mais en pleurs.»

L’étude fait ressortir deux types de maltraitance ordinaire, également dite maltraitance « institutionnelle»  ou passive» . Le premier relèverait du comportement individuel du personnel de santé qui se désintéresserait de ses patients allant même parfois jusqu’au dénigrement. Les patients évoquent l’attitude des professionnels qui vaqueraient à leurs occupations (discussions notamment) sans se soucier des malades. Cela concerne également des plaintes et demandes non prises en compte ou encore des menaces et propos humiliants.
La seconde forme serait directement en lien avec l’organisation de l’établissement de santé qui répondrait mal aux attentes des patients et de leurs proches. Il s’agirait essentiellement d’une mise à l’écart des proches, d’un manque de disponibilité du personnel de santé, d’un rythme imposé des soins, de sorties mal préparées et de l’absence de réponse aux courriers de doléance.
En un an, 4800 requêtes venant des usagers du système de santé ont dû être traitées.

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 20:33

 Cet article est tristement banal. Parmi le personnel soignant, certains sont de véritables dragons. En sus des brimades infligées aux patients, les soignants se montrent agressifs également envers les familles, qu'ils regardent avec suspicion, et refusent parfois de donner des nouvelles d'un proche hospitalisé au motif que cela ne regarderait pas les membres de la famille !!! Beaucoup d'infirmières abusent de leur position pour tyranniser les patients et agresser leurs proches. Il est déjà difficile d'être hospitalisé ou d'avoir un proche hospitalisé, mais en plus, vous devez gérer le stress du personnel hospitalier, ce qui est un comble ! Il faut faire attention à chaque mot dit sous peine de déclencher une crise chez ces personnes. Le personnel hospitalier ne se contente pas de se défouler sur les patients, les médecins trinquent aussi. Refus d'exécuter un ordre, commentaires du type "j'ai décidé de faire preuve de mauvaise volonté" (malheureusement sic), ça devient de pire en pire ! Il faut dénoncer ces comportements et arrêter de plaindre les infirmières et aides-soignantes. Ce sont les patients qui sont à plaindre.

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 20:20

Le tribunal correctionnel du Havre a condamné lundi à un an de prison avec sursis une aide-soignante de l'hôpital reconnue coupable de "maltraitance habituelle" envers des personnes âgées entre 2004 et 2006 dans un service de gériatrie, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

    Agée de 49 ans, l'aide soignante était soupçonnée d'avoir eu un comportement brutal et des gestes humiliants ainsi que d'avoir proféré des insultes à l'adresse de personnes âgées du service. Les faits avaient été dénoncés par une infirmière stagiaire qui avait alerté la direction de l'hôpital.

 

    A l'audience, l'aide-soignante qui avait été révoquée de l'hôpital avait reconnu que son comportement était "inadapté" tout en soulignant les conditions de travail "difficiles" qui règnaient, selon elle, dans le service en raison d'un "manque d'effectifs".

 

    De son côté, le procureur de la République Bernard Cassagnabère avait réclamé 18 mois de prison avec sursis à son encontre en stigmatisant "une violence institutionnelle".

 

    Il n'avait cependant pas demandé d'interdiction d'exercer, soulignant qu'il fallait laisser une seconde chance à cette femme qui travaille aujourd'hui dans le secteur privé.

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 20:16

Bourges. Trois résidants de l'hôpital Taillegrain ont-ils fait l'objet de maltraitance ? En attendant le résultat de l'enquête, un salarié a été suspendu. Selon le Berry Républicain. Cinq plaintes administratives ont été déposées devant le directeur de l'hôpital de Bourges pour maltraitances sur des patients de l'hôpital Taillegrain. Les faits se seraient déroulés à la fin du premier semestre dernier et en juillet. Une aide-soignante a été suspendue de ses fonctions.

Plusieurs familles de patients auraient alerté la direction de l'hôpital de Bourges. Les familles dont les proches âgés sont accueillis à Taillegrain, auraient déposé plainte devant Raoul Pignard, directeur de l'hôpital. « Il y a actuellement une enquête en cours pour voir si les maltraitances dont les familles parlent sont avérées. Il s'agit de trois situations éventuelles de maltraitances qui seraient des négligences de soins et des propos déplacés envers des personnes âgées, par exemple des vexations », explique le directeur du centre hospitalier de Bourges qui indique que plusieurs services seraient concernés.  Ces faits récents, remonteraient à « la fin du premier semestre et en juillet dernier », indique  Raoul Pignard, dans ce journal.

Une enquête administrative a été diligentée. Une autre enquête demandée par la direction de l'agence régionale d'hospitalisation est actuellement menée par la direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) du Cher, signale l'article du Berry Républicain. « L'enquête a été tout de suite lancée. Elle va notamment s'intéresser à l'organisation des soins, aux ressources humaines et à la formation des agents mais il peut y avoir aussi eu des incompréhensions dans les manières dont les soins ont été effectués, on doit travailler là-dessus », précise-t-il.

D'ores et déjà, une aide-soignante aurait été suspendue de ses fonctions. « C'est une mesure conservatoire », insiste le directeur du centre hospitalier.

 

e suis cadre infirmier, j'ai un jour dénoncé de la maltraitance physique avec preuves à l'appui, j'ai porté plainte, fait un signalement à la DDASS, contacté la cellule maltraitance au ministère de la santé. ET bien rien !!!!!!!!!!!!!!, j'ai perdu mon boulot de l'énergie, rien n'a été fait. Par contre je peux me regarder tous les jours dans la glace.

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 19:54

La fillette de cinq ans qui est morte mardi au  centre hospitalier de Mulhouse, la tête coincée dans les barreaux de son lit  d'hôpital, a été "semble-t-il victime de négligences", a déclaré vendredi le  procureur de Mulhouse, Jean-Pierre Alacchi. Il a également indiqué qu'il envisageait d'ouvrir assez vite "une information pour homicide involontaire par négligence et défaut de surveillance qui pourrait déboucher sur une mise en examen de l'hôpital en tant que personne morale, voire  la mise en examen de personnes physiques".

Selon le procureur, la fillette est décédée "par asphyxie", car son corps est passé entre les barreaux à l'extérieur du lit, mais sa tête est restée  bloquée à l'intérieur, entre le matelas et les barreaux. Plusieurs fois hospitalisée depuissa naissance, elle était "fragilisée" par une maladie génétique et elle ne parlait ni ne marchait, a-t-il précisé. "Le matelas a glissé, le corps a glissé, mais la tête de l'enfant a été  retenue par les barreaux", a déclaré le procureur. "Il est évident que le système de coussins (qui aurait dû empêcher l'enfant  de passer par les barreaux) n'était pas efficace", a déclaré M. Alacchi. "Si les coussins avaient été solidement attachés au lit, l'enfant n'aurait  pas glissé, car elle a semble-t-il glissé, et comme elle était fragile, elle n'a  pas pu se dégager", a-t-il expliqué.

"Pas de dysfonctionnement"

Pour Jean-François Mathis, directeur adjoint de l'Agence régionale d'hospitalisation (ARH) d'Alsace,  "il existe des cas similaires" survenus avec des lits hospitaliers non adaptés à l'âge de l'enfant. "Le problème, c'est que quand les enfants ont cinq-six ans, on est obligé de les hospitaliser dans des lits adultes avec des barrières sécurisées, mais ce sont des barrières pour adultes, donc on encastre un certain nombre de protections qui permettent d'éviter des accidents, mais c'est quand même  arrivé au Centre hospitalier de Mulhouse", a-t-il expliqué. François Courtot, directeur adjoint du Centre hospitalier, a indiqué pour sa  part vendredi dans un communiqué que "les premières observations" d'une enquête  interne diligentée par l'ARH "ne démontreraient pas de dysfonctionnement dans l'organisation du service".

L'accident est survenu vendredi 31 juillet dans une unité du service de  pédiatrie du centre hospitalier, le jour où l'enfant devait quitter l'hôpital,  après plusieurs jours d'hospitalisation. L'alerte a été donnée par sa maman vers 9h45 qui l'a découverte inanimée.  Quinze minutes avant, une puéricultrice était venue remettre en place un coussin  qui avait glissé, a précisé le procureur. L'enfant est morte dans la nuit du 3 au 4 août malgré des soins intensifs. L'autopsie a montré le décès par asphyxie, mais aussi la fragilité dont elle  souffrait, a précisé le procureur. Les parents n'ont pas encore porté plainte, selon la même source. La brigade criminelle du commissariat central de Mulhouse a été chargée de  l'enquête préliminaire

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 19:10

Symptomatologie
Puisque la personne handicapée est avant tout une personne, il ne faut pas s'attendre à ce que la symptomatologie de l'abus sexuel récent soit fondamentalement modifiée par l'existence d'un handicap. Or, cette symptomatologie a été bien étudiée aux États-Unis [24], et sa description correspond au concept de "Post-traumatic stress disorder" qui figure dans le DSM III R. De plus, nous disposons en français de l'excellent repérage de Y.-H.L. HAESEVOETS [19].

Chez les personnes handicapées, il existe comme chez les valides des signes somatiques directs d'agression sexuelle récente :
- lésions des organes génitaux ou de la région périnéale, notamment au niveau de l'anus,
- saignements, douleurs, à la miction par exemple,
- symptômes d'infection urinaire, de maladie sexuellement transmissible,
- ecchymoses disséminées,
- et aussi, découverte, habituellement tardive (lorsque cela se voit !), d'une grossesse, qui est le plus souvent, soit non consciente, soit dissimulée.

Mais, en raison de la pauvreté du langage ou de son absence, on ne peut guère compter sur le témoignage des personnes handicapées mentales ou psychiques, surtout s'il s'agit d'enfants ou de sujets très régressés. On doit alors s'alarmer sur des signes indirects, qui ont d'autant plus de valeur qu'ils sont d'apparition récente. Selon notre expérience, voici les plus habituels :
- le refus de se déshabiller,
- d'autres phobies diverses ou comportements d'évitement, comme le refus de laisser faire sa toilette par certains accompagnants, dont les caractéristiques peuvent rappeler l'agresseur,
- des troubles du sommeil avec cauchemars, hyper-vigilance diurne,
- ou encore une gêne excessive lors d'un contact physique banal ou connu, par exemple à l'occasion d'un soin infirmier ou d'un examen médical, voire à l'égard de tout adulte qui s'approche, le tout traduisant une importante anxiété sous-jacente,
- des comportements séducteurs ou inhabituellement sexualisés : par exemple chez l'enfant des dessins ou des jeux à contenu exclusivement sexuel, comme l'utilisation de poupées afin d'évoquer ou reproduire les situations vécues, mais aussi une docilité, une obéissance excessives ou une attitude paradoxalement "mature",
- et, pour les victimes possédant un langage suffisant, l'utilisation d'un vocabulaire inutilement sexuel ou une interprétation sexualisée de tout ce que ces personnes peuvent observer ou ressentir,
- l'ensemble de ces éléments correspondant tout à fait au "post traumatic stress disorder" [24] signalé ci-dessus.

On peut également noter bien d'autres troubles du comportement :
- masturbation ou agression sexuelle d'autres personnes de l'entourage, autres résidents notamment, de sorte qu'en institution, les violences sexuelles font facilement tâche d'huile,
- apparition ou recrudescence d'automutilation,
- et, pour les plus autonomes, opposition, fugues, passages à l'acte divers, afin d'attirer l'attention, tentatives de suicide, généralement par toxiques (produits ménagers) ou médicaments.

Surtout on observe :
- des troubles des conduites alimentaires, anorexie ou boulimie,
- des régressions, parfois spectaculaires, énurésie, encoprésie, défécation pendant le sommeil,
- une dépression, quasi constante, témoin du désespoir, avec baisse de l'activité, dégradation de l'hygiène corporelle lorsqu'elle dépend seulement des personnes handicapées elles-mêmes,
- des somatisations telles que céphalées, douleurs abdominales, etc.
- et, pour les sujets qui fréquentent l'école ou ont une activité professionnelle protégée, diminution marquée des performances cognitives en classe ou au travail,
- ajoutons, car c'est également un signe, la tendance habituelle à ne pas prêter foi aux plaintes des personnes handicapées à ce sujet.

Malgré le nombre élevé de ces symptômes, dont aucun n'est vraiment spécifique, surtout pris isolément, et en raison des réticences, autant familiales qu'institutionnelles, la découverte n'est que rarement immédiate. Cela peut avoir pour conséquence de faire perdre une partie de sa valeur probante à l'examen local. Il faut néanmoins toujours le faire effectuer, avec tout le tact nécessaire, par un spécialiste ou une unité d'urgence médico-judiciaire, afin de ne pas manquer de preuves, si minimes soient-elles [13].

En raison de la honte et de la culpabilité éprouvées par la victime et surtout de la pression morale exercée par l'abuseur (menaces de représailles s'il est dénoncé), il peut arriver que rien ou presque ne traduise cliniquement la situation. Plus ou moins consciente de sa dépendance, la personne handicapée craint avant toute chose le bouleversement de son environnement habituel, familial ou institutionnel, qui fonde son système de sécurité : de façon intuitive et en grande partie inconsciente, elle va alors faire en sorte que les symptômes ne se remarquent pas trop et évitera soigneusement de désigner son agresseur, augmentant elle-même le fonctionnement sous l'emprise de la loi du silence. Il est même arrivé qu'elle cèle volontairement sa grossesse, pour en rendre moins probable l'interruption, dans l'illusion de gagner ainsi son autonomie, en échappant à sa famille, ce qui ne s'est évidemment pas réalisé.

Le repérage de l'un ou l'autre de ces différents signes d'alarme, si possible de plusieurs, surtout s'il s'agit de comportements inhabituels, devrait, dans une organisation institutionnelle d'étayage mutuel en vue de la sécurité des personnes accueillies, déclencher un regard plus approfondi des accompagnants à domicile ou, en établissement résidentiel, des autres membres de l'équipe.

Une des meilleures préventions des maltraitances sexuelles c'est en effet l'esprit de vigilance : en consultation, cela signifie un esprit en éveil à l'égard d'une éventuelle modification du comportement ou du climat relationnel ; en institution, cela implique une réflexion commune pour organiser une entraide des accompagnants les uns par rapport aux autres, comprenant à la fois un regard sur la qualité de la relation, une disponibilité et une écoute vis-à-vis des difficultés rencontrées, afin d'aider le (ou la) collègue à garder la juste distance. Ainsi peut-on contribuer à instaurer un climat de bientraitance. Il y a suffisamment de symptômes dans l'inventaire ci-dessus, même s'il est incomplet, pour attirer l'attention et engager une recherche plus approfondie de signes dont la globalité et la cohérence permettront ou non de confirmer la première impression.

En tout cas, ce n'est pas dans une pauvreté clinique qui n'existe pas qu'il faut chercher l'excuse au bien trop faible rendement du dépistage des abus sexuels envers les personnes handicapées. Si l'on voit mieux ce que l'on a appris à regarder, on a beaucoup de mal à repérer ce qui fondamentalement nous dérange. À ce "refus" de regarder, s'ajoute le silence qui est aussi une maltraitance. Pour pouvoir agir, il faut accepter d'en parler, avec les protagonistes, avec l'équipe. C'est le meilleur moyen d'induire une dynamique de respect des personnes.

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 19:01

« Un enfant handicapé avait été recousu à vif au motif que « ces enfants n'ont pas le même sens que nous de la douleur, et qu'ils y étaient même insensibles ».

 

« Parce que son intelligence est correctement située dans le temps et l'espace, l'enfant qui reçoit une piqûre sait qu'il ne s'agit pas d'une agression mais bien d'un acte de soin, voire d'amour. Cet acte est pourtant violent : qui pourrait expliquer à un enfant que les piqûres font du bien ? L'enfant autiste n'a pas conscience de cela ».

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 18:57

La banalisation de certains comportements peut conduire aux pires actes de maltraitance, d'autant plus difficiles à corriger qu'ils ne sont plus perçus comme tels par leurs auteurs.

 

Cette maltraitance finit parfois par être assimilée à un comportement normal par les victimes elles-mêmes, comme l'a souligné M. Patrick Segal, ancien délégué interministériel aux personnes handicapées : « ces violences sont d'ailleurs d'autant plus inacceptables qu'elles se produisent à l'encontre de personnes excessivement fragiles qui finissent par accepter l'action du bourreau car elles n'ont pas conscience de la portée de ses gestes ». C'est ce que les psychiatres et psychologues appellent le syndrome de Stockholm.

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 18:24

La maltraitance physique se présentant avec le caractère d’une violence dure, prend la forme d’une véritable agression. Cela peut aller jusqu’à des coups donnés à la personne. Cependant ces cas restent relativement rares, ou du moins peu fréquents. Même si aucun chiffre n’est là pour le prouver, on peut néanmoins raisonnablement penser que ces actes étaient plus courants il y a quelques années. Certains médecins racontent par exemple qu’au début de leur carrière ils voyaient des patients attachés à leur lit. Alors qu’aujourd’hui ces traitements seraient inconcevables.

Il faut cependant noter que la maltraitance physique dure reste très présente lorsque les cas de maltraitance s’appliquent aux animaux, aux nourrissons et aux jeunes enfants.

Sous le caractère de violence douce, la maltraitance physique est de nos jours plus répandue. On peut prendre l’exemple de soignants qui faisaient « la course » en poussant les fauteuils roulant des personnes. Il n’y a pas ici une volonté de nuire, cela peut même être le contraire. Il peut s’agir d’une tentative maladroite de mettre un peu d’animation, de distraire la personne, les résidents, les collègues, etc.

La difficulté est qu’ici la personne ne se sait pas toujours maltraitante et n’est pas toujours animée de mauvaises intentions. Dans cette situation il est donc beaucoup plus difficile d’éliminer ces maltraitances puisqu’elles ne paraissent pas en être.

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