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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 19:37
Par figaro iconVincent Delfau - le 28/09/2012
Les traitements de substitution à la testostérone connaissent un succès grandissant alors que planent des doutes sur leurs bénéfices sont loin d'être prouvés.

«Et si votre niveau de testostérone était trop bas?» C'est la question à laquelle les téléspectateurs et les internautes américains sont invités à répondre par l'intermédiaire de publicités financées par Abbott Laboratories, Watson Parmaceuticals, Eli Lilly et autres laboratoires. Tous ont compris l'immensité du marché que représentent les hommes mûrs et soucieux de rester en forme le plus longtemps possible. Ils multiplient donc les initiatives marketing visant à faire de la baisse des taux de testostérone après 50 ou 60 ans la cause des effets du vieillissement. En filigrane le message est simple: «Supplémentez-vous, et vous vous sentirez en forme».

Les dépenses publicitaires des laboratoires dans la presse écrite et sur les écrans de télévision outre-Atlantique ont ainsi bondi de 170 % au cours des cinq dernières années. Des efforts qui payent: le nombre de prescriptions de l'hormone mâle a presque doublé en cinq ans (+90 %), selon le cabinet d'études IMS Health. Parallèlement, les vendeurs de testostérone ont diversifié les modes d'administration pour les rendre plus conviviaux. Cantonnée pendant des décennies aux injections, la supplémentation passe désormais par des gels à appliquer sur les bras et les épaules ou des sticks semblables aux déodorants qu'il faut passer sous les aisselles.

Risques de maladies cardiovasculaires

En France, même si «les laboratoires ont convaincu les sexologues, les urologues et quelques endocrinologues des bienfaits des la testostérone, nous n'avons pas été envahis comme aux Etats-Unis», estime Jacques Young , professeur d'endocrinologie à l'Université Paris Sud. «Les autorités de santé ont senti qu'un risque de dérive des prescription existait, aussi ont-elles décidé de ne rembourser que deux médicaments contenant de la testostérone, l'Androtardyl et le Pantestone, prescrits en cas d'hypogonadisme

Et pour les autres, l'addition est salée: alors qu'une dose d'Androtardyl vaut une douzaine d'euros remboursés, une ampoule de Nebido est venue dix fois plus cher et n'est pas prise en charge.

Reste que ces coûts ne sont pas complètement dissuasifs et n'empêchent pas de plus en plus d'hommes, surtout après 60 ans, de demander une «cure» de testostérone à leur médecin traitant, confient des praticiens au Figaro. Or, cette prescription ne devrait pas être réalisée à des fins de confort ou de médecine anti-âge. Les doutes sont en effet nombreux sur les conséquences à long terme de cette supplémentation. «Il n'existe encore aucune étude sérieuse portant sur les effets secondaires de la prise de testostérone», note ainsi le professeur Young. L'hormone reste associée à des risques accrus de cancer de la prostate ou de maladies cardiovasculaires. Une étude menée en 2010 à l'Université de Boston avait d'ailleurs due être interrompue: les sujets recevant de la testostérone présentaient cinq fois plus de risques de déclarer un accident cardiaque.

Même si la prise de testostérone ne présentait pas le moindre risque, elle n'en serait pas forcément souhaitable. «Elle devrait être réservée aux véritables cas d'hypogonadisme, avec des taux extrêmement bas et une libido absente», assure le Professeur Young. En dehors de ces cas, aucun travail scientifique de renom ne montre de véritable avantage. Pire: il n'existe pas de consensus sur ce qu'est un taux normal de testostérone, faute d'étude sérieuse sur le sujet.

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans L'ENFER DES TRAITEMENTS
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