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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 13:50

 

« Les secrets de famille touchent jusqu’à trois générations »

« Ce qui importe, c’est le poids du secret pour son porteur et sa descendance, et la possibilité de pouvoir ou non en parler ».
Qu’est ce qu’un secret de famille ? Un non-dit à l’origine de bien des situations incongrues, dont le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron nous donne de multiples exemples, dans son ouvrage « Les secrets de famille »
Une femme, explique éprouver de l’angoisse à l’idée d’être enceinte et d’en mourir. Un peu plus tard, elle relate l’histoire du « petit chien qui avait avalé un parapluie », qu’elle entendait de la bouche de son père étant enfant. Le petit animal a, par mégarde, avalé l’objet. Lorsqu’il se met à pleuvoir, le parapluie s’ouvre, tuant le petit chien. Alors, le père termine son histoire par « pauvre petit chien ! « . Et se met à pleurer. En Espagne, à Barcelone, un parent oblige son fils à aller acheter du pain très loin de la maison, malgré la proximité d’une boulangerie, et le punit durement s’il désobéit.
Situations absurdes, et pourtant compréhensibles. La femme à l’histoire du « petit chien qui avait avalé un parapluie » apprendra, adolescente, que sa grand mère paternelle est morte en donnant la vie à son père. La seconde situation trouve quant à elle son origine dans une situation historique précise. « Pendant la guerre civile, le père de ce garçon appartenait au camp républicain, alors que le boulanger appartenait au parti franquiste. Après la guerre, l’animosité reste assez forte pour que ce père ne veuille avoir aucun lien commercial avec un membre du parti ennemi », explique Serge Tisseron. Interview.
Vous donnez de très nombreux exemples d’événements ou de situations menant à la création d’un secret au sein d’une famille (période historique traumatique, condition sociale, décès, naissance illégitime, viol…). On a finalement l’impression qu’il en existe un dans la majorité des familles ?
- Oui, et ce ne sera une surprise pour personne. Mais ces secrets sont plus ou moins graves, lourds et pesants, et le porteur du secret peut y penser plus ou moins souvent. Le secret n’a pas forcément une incidence problématique. Ce qui importe, c’est son poids pour son porteur et sa descendance, et la possibilité de pouvoir ou non en parler.
Vous expliquez que si l’instaurateur du secret s’en sort « plutôt bien », les conséquences de celui-ci se font surtout ressentir à la deuxième génération à cause de l’insécurité psychologique qu’il crée…
- Le porteur ne s’en sort pas si mal pour autant que ses blessures ne soient pas trop ravivées. C’est ce qu’on appelle un résilient. Malheureusement, si des personnes paraissent s’en être bien sorties, elles adoptent souvent des comportements étranges. Après un traumatisme, nul ne peut dire si quelqu’un s’en est bien sorti ou non, à moins d’être dans son intimité.
La deuxième génération est affectée dans le sens ou ces enfants sont soumis à des parents imprévisibles. Ils deviennent alors, souvent, eux-mêmes imprévisibles, avec toutes les perturbations sociales que cela engendre : des personnes peu fiables auxquelles il est difficile de faire confiance. De plus, ces enfants sont à la recherche d’explications et s’imaginent souvent bien pire que la réalité.
Vous décrivez également un impact à la troisième génération. Cela remet véritablement en question l’idée selon laquelle le temps apaise les blessures…
- Le temps efface les blessures mais à la mesure des alliances avec de nouvelles familles. Aujourd’hui, les gens voyagent, utilisent Internet, et se rapprochent donc plus facilement de personnes qui ont une histoire différente de la leur. Comme les couples élargissent leur éventail de choix, il y a moins de chance que l’enfant soit confronté au même traumatisme de façon double. Les choses étaient différentes par le passé, lorsque les gens se mariaient près de chez eux : le couple portait le poids d’une même communauté. La situation était alors plus difficile pour les enfants.
Selon vous, le fait d’aborder le secret avec un enfant dès son plus jeune âge peut mettre fin à cette transmission néfaste entre deux générations…
- Il faut aborder avec l’enfant seulement l’existence d’un secret, et pas son contenu. Dire qu’en effet, « Il y a eu un événement pénible », tout en précisant bien « Tu n’y es pour rien ». Il est important de bien faire comprendre à l’enfant qu’il n’est pas responsable, car les enfants ont tendance à penser qu’ils sont le centre du monde aux yeux de leurs parents.
Plus tard, lorsque l’enfant est capable de formuler sa question et que le parent est capable d’y répondre avec la distance nécessaire, le secret peut être abordé, puisque le problème éventuel provient du manque de distance du parent, et de la charge émotionnelle. Il faut trouver un juste milieu entre le silence et un parent qui aborderait un secret avec son enfant dans le but de se soulager lui-même.
Mais peut-on vraiment tout dire au sein d’une famille ?
- Tout est déjà dit. Aujourd’hui, via les journaux, la télévision et Internet, l’enfant développe une connaissance du monde qui lui permet d’imaginer toutes sortes de situation : des viols, des infanticides, des actes pédophiles…
Internet, justement, vient changer la donne. Vous donnez des exemples de personnes découvrant sur la Toile que ce qu’elles ignoraient ou qu’elles considéraient comme un secret était en fait accessible à tous. Si cette évolution paraît pour le moins violente…
- Les nouveaux médias nous confrontent constamment à la violence, quand les médias en général font constamment irruption dans notre intimité, tout comme l’intimité des autres fait constamment irruption dans la nôtre. La brutalité est devenue le régime général des médias.
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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 13:48

 

Il y a le suicide du grand-père que l'on maquille en accident pour préserver la légende familiale. La double vie que l'on découvre au bord de la tombe, la cousine qui se révèle être la demi-soeur. Beaucoup de familles ont un secret, tissé au fil des ans, pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Mais les mensonges entassés sont parfois plus toxiques que le choc d'une révélation scandaleuse. C'est en tout cas ce qu'ont toujours défendu les psychanalystes. Aujourd'hui, pourtant, alors que plus grand-chose ne fait vraiment scandale et que l'on se dit tout jusqu'à l'exhibitionnisme, certains praticiens s'insurgent contre le dogme de la transparence. Il y a, préviennent-ils, des réalités assénées qui font parfois plus de mal qu'un joli secret bien emballé. Garder un secret de famille est une tâche épuisante. Le dévoiler, une entreprise périlleuse

Elle prévient tout de suite: son mari ne sait vraiment rien, son fils non plus. «Je n'en ai parlé qu'à une amie et à mon médecin.» Elle souffle: «Avec vous, cela fait trois.» Trois confidents en trente ans, ce n'est rien. Et c'est déjà trop. Trop de fuites, trop de défaillances. Elise * abrite une si «grande honte», dit-elle, un secret si indigeste qu'en le brisant elle risque de pulvériser une enfilade de destins: le sien, celui de ses frères et de ses neveux. Mieux vaut les épargner. Alors Elise musèle ses journées, puis bâillonne ses nuits. Une vie à mentir, c'est épuisant et ça rend méfiant. On lui garantit l'anonymat, elle double ses exigences: «Laissez-moi le temps de réfléchir. Et ne m'appelez jamais à mon domicile!» Deux jours plus tard, elle réapparaît. Prête à lâcher sa vérité. 

In vitro veritas

Une enquête inédite montre des parents très décidés à dire la vérité aux enfants de l'éprouvette
Souhaitez-vous dire à votre enfant comment il a été conçu? Si oui, à quel âge? Votre entourage est-il au courant? Dans une enquête inédite *, quelque 540 couples, suivis pour une fécondation in vitro (FIV) intraconjugale - sans donneur extérieur - ont répondu à 70 questions sur l'impact du secret. Dès le début de leur grossesse, 73,5% des femmes ont l'intention de dire la vérité à leur enfant, contre 69,5% des hommes. Entre l'âge de 4 et 7 ans pour la majorité. Leur entourage est au courant de leur démarche: la famille (93,7% des cas), les collègues et les amis (89,8%). «C'est frappant de voir combien les couples sont préoccupés par ce dilemme: dire ou ne pas dire, relève François Olivennes. La plupart préfèrent tout dire: pour 95% des femmes, il est impossible de garder le secret toute leur vie.»
Au début des années 1980, les équipes médicales en France penchaient plutôt pour la discrétion. Plus de 10 000 bébés naissent chaque année par FIV, et le discours a changé. «Il n'y a plus ce côté apprenti sorcier qui gênait les parents, relève Sylvie Tiné-Brissiau, psychologue spécialisée dans le suivi de ces couples. Mieux vaut parler de la FIV à son enfant. Il n'y a pas pire qu'une révélation brutale à 10 ans, par un oncle, entre la poire et le fromage! Ce qui aurait été un non-événement s'il l'avait appris par ses parents est alors vécu comme une trahison.» Pour la majorité des femmes (58,3%), le fait que tout le monde sache la vérité sauf l'enfant risque de lui causer un trouble psychologique. Enfin, interrogés sur les secrets de famille, 18,6% des femmes et 12,6% des hommes affirment y avoir été confrontés dans leur vie.
* Menée par le Pr François Olivennes, Jacques de Mouzon (Inserm) et Chantal Ramogida (Follow up). 

Auteur

Sa confession, cadenassée au fil des années, étouffée au nom de la loyauté filiale, rugit avec toute la violence du ressort trop longtemps comprimé: «Mon père était un pédophile, un pervers sexuel, un voleur, et j'en passe.» A 14 ans, Elise l'apprend de la bouche de sa mère. Elle jure, à l'époque, de ne rien répéter à ses frères et s?urs. Ni à la police. Dans les années 1970, on ne parle pas encore de pédophilie. Dans ces années-là, on ne parle de rien quand on est un enfant. Jusqu'à la mort du patriarche, cet ex de la marine aux m?urs insoupçonnables, qui aimait attirer les petits garçons dans les parcs, Elise joue les filles modèles: elle s'occupe de son enterrement de A à Z, allant jusqu'à fermer le cercueil elle-même. Le trahir de son vivant, elle n'a pas osé. Echarper son souvenir, c'est pire. Elise veut aujourd'hui protéger son fils de 16 ans, qui adorait son grand-père. «Je lui ai appris tout jeune qu'aucun homme ne devait le toucher, pour quelque raison que ce soit, raconte-t-elle. Il ne garde que des bons souvenirs de son papy, et je refuse de les lui gâcher. Donc, il ne saura rien, ni aujourd'hui ni jamais.» Dire ou ne pas dire? Voilà un débat vertigineux que l'on croyait réglé depuis longtemps, tranché une fois pour toutes par les psys, Françoise Dolto en tête, défenseurs de la levée du secret de famille, exterminateurs des cachotteries radioactives en tout genre - les filiations honteuses, les drames conjugaux, les revers de fortune, bref, toutes ces tares qui éclaboussent l'image idéale qu'un clan cherche à se forger. Cet hymne à la vérité à tout prix a galopé durant les années 1990, appuyé par le violent et magistral Festen, le film culte du Danois Thomas Vinterberg, qui montre la révélation d'un inceste en plein repas de famille, et relayé par le best-seller du psychanalyste Serge Tisseron Les Secrets de famille, mode d'emploi (Ramsay), qui explique à quel point le calfeutrage maladroit des cicatrices familiales s'avère pathogène. Il provoque des angoisses, des échecs à répétition, des troubles de l'apprentissage, à la fois chez son instigateur et chez sa victime. Donc, oui, la vérité était de toute façon moins nocive que le secret, répétait-on. Oui, les enfants avaient le droit de tout savoir. 

On ne cache plus désormais aux petits leur adoption, pas plus que leur naissance par fécondation in vitro (FIV) - c'est l'une des révélations de la passionnante enquête lancée par le Pr François Olivennes, responsable de l'unité de médecine de la reproduction à l'hôpital Cochin, à Paris, dont L'Express livre les conclusions en exclusivité. On n'hésite plus à rendre publics les antécédents psychiatriques de la grand-mère ni les frasques de l'oncle Jean qui a engrossé la fille du notaire. Une overdose de franchise qui affole, ces temps-ci, bon nombre de psys. «La quête des origines et de la vérité est devenue si forte qu'il faut à présent défendre le droit de chacun à l'intimité, plaide la psychanalyste Sophie Marinopoulos, qui a publié Moïse, OEdipe, Superman, de l'abandon à l'adoption [Fayard]. J'ai assisté à des passages à l'acte aberrants, j'ai vu des médecins, et des instituteurs, divulguer eux-mêmes des naissances par FIV, ou des adoptions, parce que les parents ne se sentaient pas capables d'en parler à leurs enfants. Ces révélations forcées, volées, peuvent avoir un effet traumatique!» 

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 13:42

Secrets de famille...

L'enfance une période où tout devrait être beau... quand on est enfant, on est innocent... On pleure pour un oui pour un non... on s'invente des tas d'histoires, des tas d'amis... on est triste deux minutes, puis la vie est tout de suite belle... On ne se rend compte de pas grand-chose... On ne fait pas la différence entre le bien et le mal... On se construit, on évolue par rapport à cette enfance heureuse douloureuse... On n'oublie pas, mais on garde au fond de nous les pires malheurs qui ont pu nous arriver... Certains resteront cachés à vie, d'autres ressortent. Souvent les plus intenses et les plus durs à affronter... On grandit, on s'endurcit sans savoir pourquoi... On se rappelle de certains passages de son enfance, mais pas des plus heureux... On ne veut pas y croire parce que tout simplement c'est inimaginable, c'est impossible à vivre... Comment croire qu'un adulte puisse violé l'intimité d'un petit enfant ? Comment croire qu'une personne de la famille puisse violé l'intimité d'un enfant d'à peine 4 ans ? Ces images, ces flashs-là, je vous dis on les oublie vite pour ne pas souffrir, et surtout parce qu'on pense que ce n'est qu'un rêve, mais qui a l'air bien réel... Alors tu le caches, mais ça ressort... et tu pleures, puis ça repart tu essayes d'être forte, de ne pas craquer... Et puis, un jour ça sort parce que quelqu'un d'autre a été touché par une histoire du même genre avec la même personne mais en pire... Alors là, tout ressort et tu parles parce que tu te rends compte que toute ces années, tu as souffert dans ton coin en te persuadant que c'était faux (c'est un soulagement énorme de savoir que tout est vrai)... surtout que cette personne à une petite fille et que c'est mon rôle de la protéger de n'importe quel danger... Je ne peux pas dire que ça a été un soulagement d'en parler, j'en avais jamais parlé, ça a été surtout pour la petite parce que j'aurais pu vivre avec sans dire un mot... Même avec confirmation que c'était vrai je n'aurais rien dit pour ne pas faire volé ma famille en éclats... Mais là, la famille passe après la vie d'une petite fille innocente... En parlant, j'ai su qu'une personne proche de moi le savait. Enfin étant petite j'avais déjà fait allusion à des choses car j'étais une enfant très communicative heureusement... Mais elle n'a rien fait, elle ne savait pas quoi penser... Elle était partagée entre ces deux liens du sang... Je comprends j'étais jeune, mais on ne peut tout de même pas inventé c'est choses-là à 4 ans ! Bon ce qui est fait est fait. Elle a pensé prendre la bonne décision, je ne lui en veux pas... même si après ça, elle a essayé de ne plus me laisser seule avec cette personne parce que, au fond, elle savait ! On peut pas en vouloir, on ne sait pas ce qu'on aurait fait dans cette situation. Aujourd'hui la famille est un peu anéantie par ses révélations... Lui aussi, il ne se souvient apparemment pas de ce moment de sa vie. Il travaille avec un psy pour recouvrer des souvenirs et l'aider à avancer... Est-ce vrai parce que ne pas se souvenir, alors qu'il avait une vingtaine d'années, c'est énorme ? Mais bon, cette question faut l'oublier car je ne le saurai probablement jamais... Ça fait à peu près un mois que tout a été dit. Depuis, je ne l'ai revu qu'une fois ce week-end. Je ne comptais pas y aller du tout, mais mon copain m'a convaincue... C'est quelqu'un qui m'aide beaucoup à avancer chaque jour. Sans lui, je n'en serais peut être pas là. Dans ces moments-là, l'amour est très important et l'amitié aussi. Ça a été dur de faire semblant car sa femme n'est pas au courant. Je pense qu'on était autant mal à l'aise l'un que l'autre. Il était très triste à sa façon de me parler. Je ne sais pas, parfois je n'ai pas de haine et j'ai de la peine pour lui, ou d'autre jour c'est le contraire la haine m'envahit et je n'ai pas de peine pour lui... Aujourd'hui j'avance au jour le jour. Encore une fois être entourée des gens qu'on aime nous aide beaucoup. Il ne faut pas rester à se lamenter sur son sort. J'ai appris à me relever, quoi qu'il arrive ça ne sert à rien de s'apitoyer sur son sort. Mais ça fait du bien de craquer, même aux personnes les plus fortes...
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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 21:00

Terminé le cachet de cire rouge posé sur un secret que nul n’aurait osé divulguer il y a cinquante ans. Evolution des moeurs, éclatement de la famille, amalgame fréquent du privé et du public, émergence de la blogosphère et de l’indiscrétion généralisée, valorisation de la quête de soi... L’époque est à la transparence. Un vrai phénomène de société qui s’illustre à tous les niveaux, y compris à la tête de l’Etat où le récent divorce assumé du président de la République témoigne d’un changement des mentalités inédit. S’il n’est pas question de remettre en cause la protection de la vie privée de chacun et du droit au secret, le temps des cachotteries semble révolu. Moins de faux-semblants dressés comme un paravent pour préserver les apparences, moins de mystères. L’état d’esprit ambiant contraste avec les années Mitterrand où une enfant cachée pouvait grandir hors de vue des Français. Menacé par la vogue des grands déballages intimes, ancré fondamentalement dans l’équilibre de toute démocratie, le secret est aujourd’hui, comme rarement, mis en pleine lumière. Plus que jamais, il s’étale à la une des journaux, inspire des séries télévisées, des reality-shows où l’impudeur se donne en spectacle. La dernière émission de «Secret Story» sur TF1 a réuni plus de 6 millions de téléspectateurs avides de découvrir les secrets de polichinelle que les candidats s’évertuaient à masquer. De façon moins racoleuse, le secret de famille alimente une nouvelle littérature de l’aveu et s’affiche avec succès sur grand écran. Après le joli parcours du roman de Philippe Grimbert, Un secret, vendu depuis 2004 à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires, son adaptation réalisée par Claude Miller a déjà attiré plus d’un million de spectateurs. La qualité du casting - Cécile de France, Ludivine Sagnier, Patrick Bruel - n’explique pas, à elle seule, l’engouement d’un public fasciné par la quête d’un homme décidé à comprendre pourquoi ses parents lui ont caché l’existence d’un frère mort avant sa naissance. L’histoire bouleverse et, plus souvent qu’on ne le croit, rencontre chez beaucoup un écho personnel.

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 20:59

Les contes de Grimm des temps modernes sont souvent de sombres «harlequinades» familiales qui frappent, sans différence, simple quidam ou personne connue. Il n’y a pas de milieu protégé du scandale. En vidant publiquement son sac à double fond, Benjamin Castaldi n’a pas hésité à fendiller la légende Montand. Guillaume Depardieu, lui aussi, balance sur les frasques paternelles. Question de survie ! paraît-il. Le divan cathodique de Mireille Dumas, grande prêtresse de «Vie privée, vie publique», a régulièrement les faveurs des stars qui, hier encore, prenaient soin d’entretenir le mystère nécessaire à leur image. L’époque a changé, qui déculpabilise ceux qui veulent en finir avec les non-dits, les mensonges. En bon romancier contemporain, Emmanuel Carrère a choisi de transgresser l’interdit dans son dernier ouvrage Un roman russe (POL), dans lequel il révèle, contre l’avis de sa mère Hélène Carrère d’Encausse, les relations complices de son grand-père maternel Georges Zourabichvili avec l’occupant allemand. Courage ? Trahison ? Il n’est jamais facile d’officialiser un ancêtre «infréquentable», et pire encore de voir d’autres prendre la liberté de le faire. Une violence à laquelle se trouve aujourd’hui confrontée Catherine Deneuve à l’occasion de la sortie d’une biographie non autorisée, Deneuve l’affranchie (Flammarion), dans laquelle Bernard Violet revient dès le premier chapitre sur son père, Maurice Dorléac, qui fit l’objet en 1945 d’une «sanction d’indignité nationale».

Blessures, trahisons, fautes cachées ont la dangerosité de la nitroglycérine, à manipuler avec une extrême précaution. Chaque situation diffère. Chaque cas est unique. Tout au plus peut-on affirmer que le secret de famille naît toujours d’un fait marquant qui a blessé et qui risquerait de faire souffrir s’il était révélé. Dans le clan, tous sont plus ou moins directement concernés, mais seuls certaines personnes détiennent la vérité. Si aujourd’hui le chômage, l’adoption, la religion, les fécondations in vitro, l’adultère, l’homosexualité, la maladie ne sont plus considérés comme des sujets tabous, il reste extrêmement difficile de briser les secrets liés à la mort (crime, suicide maquillé), aux violences sexuelles (inceste, pédophilie) et à la naissance. 8% des enfants ne seraient pas issus de leur père supposé. Incapable d’assumer la situation qu’elle a générée, partagée entre deux options inconfortables, la mère a choisi de se taire ou de ne se confier qu’à quelques-uns. Sur plusieurs générations, la communication peut ainsi se trouver rompue, jusqu’au jour où la chape de plomb se soulève, volontairement ou pas. «J’avais 40 ans lorsque je me suis aperçue au cours d’examens sanguins pour une opération que mon père n’était pas mon père biologique, explique Marie S. Aujourd’hui encore, ma mère refuse de me révéler le nom de celui qui m’a conçue.»

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 20:57

Il faut non seulement être prêt à entendre une révélation, mais savoir que les vérités les plus acides ne javellisent pas miraculeusement un passé même blanchi de ses zones d’ombres. Colère, détresse, les victimes d’un secret de famille réagissent différemment. Pardonner à ceux qui nous ont trahis n’a rien d’une évidence. Pour se reconstruire, certaines personnes opteront pour l’écriture, propice à la catharsis. On se souvient de Ça ne se fait pas, d’Isabelle Spaak, où l’auteur évoquait un double meurtre familial (sa mère a tué son père d’un coup de carabine avant de s’électrocuter dans son bain), du Passé sous silence, de Daniel Prévost, où l’acteur parlait de sa mère, qui lui avait caché jusqu’à 50 ans les origines algériennes de son père, de L’Américain, où Franz-Olivier Giesbert révélait la violence paternelle, tout comme le fit plus récemment sur scène l’actrice Maïwenn Le Besco. D’autres emprunteront la voie thérapeutique ou des chemins plus personnels (enquête généalogique, psycho-généalogie) afin de reprendre en main leur destin. Le passé n’est pas toujours une boule de cristal limpide, mais c’est finalement davantage le regard que l’on porte sur lui qui en dit long... sur notre avenir.

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 20:54

Egoïsme. Naïveté. Déni. Bien souvent, l’initiateur du secret se leurre en croyant qu’il va réussir durablement à épargner à ses proches la violence d’une réalité trop lourde à porter. Les occasions sont pourtant de plus en plus nombreuses (papiers administratifs, tests ADN) qui peuvent le piéger. De plus, la vigilance ne peut être permanente et l’omerta verbale totalement efficace. Les bouches se taisent, mais les corps sont bavards : lapsus répétés, silences récurrents, comportements et émotions contradictoires trahissent immanquablement un malaise qui n’est jamais nommé. Mieux que quiconque, l’enfant perçoit ces micro-comportements révélateurs. Un jour ou l’autre, il finit par découvrir, même inconsciemment, le secret que ses parents cherchaient à lui dissimuler et, dans le même temps, il s’interdit d’aborder le problème par peur. Par loyauté familiale. Autant dire que ce trouble ne peut qu’affecter à différents degrés sa personnalité. Traumatismes affectifs, désordres somatiques, pathologies... Il n’est pas rare que les conséquences du secret soient plus graves que le secret lui-même.

Pour autant, toutes les vérités sont-elles bonnes à dire ? Là encore, il n’y a pas de règle absolue hormis lorsque le secret menace des vies, comme dans l’affaire Céline Lesage, qui a avoué avoir tué six bébés sans que son entourage dénonce l’étrange multiplication de ses grossesses non abouties. «C’est dur de s’immiscer dans la vie des gens», ont déclaré des membres de la famille de l’ancien compagnon de la jeune femme. Dire ? Ne pas dire ? A qui ? Quand et comment ? A l’exception de ces cas de figure tragiques, révéler un secret de famille s’avère toujours délicat et compliqué. Les psychologues s’entendent pour dire que, concernant les enfants, il convient de ne leur confier, avec des mots simples adaptés à leur maturité, que ce qui les concerne directement. Pas question de leur livrer clé en main une intimité et les déviances qui peuvent y être liées. Par ailleurs, se libérer du poids d’un secret suggère qu’une certaine confiance soit à nouveau instaurée pour que celui qui cherche à savoir puisse trouver librement des indices, des réponses. A son rythme. Car il n’y a rien de pire qu’une révélation qui intervient, par surprise, lors d’une dispute, de l’ouverture d’un testament, d’une recherche généalogique... Dernièrement, en Russie, c’est en regardant par hasard un documentaire intitulé Le Petit-Fils de Gagarine que les filles de l’héroïque cosmonaute ont découvert l’existence possible d’un descendant africain. Les deux jeunes femmes qui réfutent en bloc cette hypothèse ont porté plainte.

Egoïsme. Naïveté. Déni. Bien souvent, l’initiateur du secret se leurre en croyant qu’il va réussir durablement à épargner à ses proches la violence d’une réalité trop lourde à porter. Les occasions sont pourtant de plus en plus nombreuses (papiers administratifs, tests ADN) qui peuvent le piéger. De plus, la vigilance ne peut être permanente et l’omerta verbale totalement efficace. Les bouches se taisent, mais les corps sont bavards : lapsus répétés, silences récurrents, comportements et émotions contradictoires trahissent immanquablement un malaise qui n’est jamais nommé. Mieux que quiconque, l’enfant perçoit ces micro-comportements révélateurs. Un jour ou l’autre, il finit par découvrir, même inconsciemment, le secret que ses parents cherchaient à lui dissimuler et, dans le même temps, il s’interdit d’aborder le problème par peur. Par loyauté familiale. Autant dire que ce trouble ne peut qu’affecter à différents degrés sa personnalité. Traumatismes affectifs, désordres somatiques, pathologies... Il n’est pas rare que les conséquences du secret soient plus graves que le secret lui-même.

Pour autant, toutes les vérités sont-elles bonnes à dire ? Là encore, il n’y a pas de règle absolue hormis lorsque le secret menace des vies, comme dans l’affaire Céline Lesage, qui a avoué avoir tué six bébés sans que son entourage dénonce l’étrange multiplication de ses grossesses non abouties. «C’est dur de s’immiscer dans la vie des gens», ont déclaré des membres de la famille de l’ancien compagnon de la jeune femme. Dire ? Ne pas dire ? A qui ? Quand et comment ? A l’exception de ces cas de figure tragiques, révéler un secret de famille s’avère toujours délicat et compliqué. Les psychologues s’entendent pour dire que, concernant les enfants, il convient de ne leur confier, avec des mots simples adaptés à leur maturité, que ce qui les concerne directement. Pas question de leur livrer clé en main une intimité et les déviances qui peuvent y être liées. Par ailleurs, se libérer du poids d’un secret suggère qu’une certaine confiance soit à nouveau instaurée pour que celui qui cherche à savoir puisse trouver librement des indices, des réponses. A son rythme. Car il n’y a rien de pire qu’une révélation qui intervient, par surprise, lors d’une dispute, de l’ouverture d’un testament, d’une recherche généalogique... Dernièrement, en Russie, c’est en regardant par hasard un documentaire intitulé Le Petit-Fils de Gagarine que les filles de l’héroïque cosmonaute ont découvert l’existence possible d’un descendant africain. Les deux jeunes femmes qui réfutent en bloc cette hypothèse ont porté plainte.

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