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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 19:06
INFO FIGARO - Une étude confidentielle que s'est procurée Le Figaro évalue à 47 le nombre d'accidents graves (dont deux décès) liés à la pilule sur une population de 800.000 habitants. Seuls 3 cas ont été déclarés aux autorités sanitaires.

Selon une étude confidentielle que s'est procurée Le Figaro, 47 cas d'effets indésirables graves (embolie pulmonaire, thrombose veineuse profonde ou encore accident vasculaire cérébral) chez des femmes exposées à la pilule, et ce quelle que soit la génération, sont à dénombrer sur un échantillon de population de 800.000 personnes entre 1998 et 2012. Parmi ces 47 cas, on compte deux morts. Si l'on extrapole ces données à l'ensemble de la population française, cela représente environ 3900 cas d'effets indésirables graves dont 165 décès de jeunes femmes de15 à 25 ans. Au moins la moitié de ces cas serait directement attribuable à la pilule.

Cette étude - dont les résultats transmis à l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ce week-end doivent être encore consolidés - a été réalisée par un hôpital universitaire français qui a consulté ses archives. Partant de l'hypothèse que les professionnels de santé sous-déclarent très largement les effets secondaires liés à la pilule, ces experts se sont penchés sur tous les cas d'embolie pulmonaire, de thrombose veineuse ou d'AVC qui étaient survenus chez les femmes de la région.

L'établissement a passé au crible toutes les patientes âgées de 15 à 25 ans qui ont eu l'une de ces trois maladies. Ils ont ensuite comparé leurs résultats aux déclarations d'effets indésirables (ce que l'on appelle la pharmacovigilance) liés à la pilule faites par les médecins dans la région. Bilan: l'intuition de ces experts était bonne puisque, sur ces 47 cas, seuls 3 d'entre eux avaient fait l'objet d'une déclaration de pharmacovigilance aux autorités sanitaires.

Déclarer des accidents peut aboutir au retrait du médicament

«Non seulement les médecins déclarent peu les effets indésirables liés aux médicaments mais dans le cas de la pilule c'est encore pire puisque les effets secondaires sont connus depuis longtemps, regrette un expert. L'embolie pulmonaire chez une jeune fille de 17 ans qui fume et qui prend la pilule depuis six mois, c'est hyper classique. Du coup, ils ne le déclarent pas.» Moralité, ces cas ne sont pas répertoriés par la pharmacovigilance.

Autre exemple avec cette histoire édifiante. Les pharmacologues suspectent très fortement, depuis quelque temps déjà, un médicament destiné à faire perdre du poids de provoquer des hépatites. L'hôpital Beaujon de Clichy est l'un des plus grands centres de transplantation du foie en France. Or ses équipes ne comprennent pas l'intérêt de transmettre les dossiers (plusieurs dizaines de cas entre 1998 et 2011) des transplantés aux experts de la pharmacovigilance afin qu'ils étudient les possibles liens entre ces hépatites et la prise de ce médicament. Pourtant la gravité de ces effets secondaires si elle était prouvée pourrait conduire au retrait du médicament et donc sauver des vies.

Les médecins préfèrent cacher leurs erreurs sous le tapis

À cela s'ajoute le fait que «quand les médecins ont l'impression d'avoir fait une erreur, d'avoir donné un médicament pas adapté ou quand ils n'ont pas respecté les indications, ils ne font pas de déclaration de pharmacovigilance, déplore un expert. Ils préfèrent cacher le problème sous le tapis.» De 17.063 déclarations d'effets indésirables, tous médicaments confondus en 2000, la France est passée à 36.031 en 2011. À n'en pas douter, le Mediator est passé par là.

 


Crédits photo : PHILIPPE HUGUEN/AFP

Mais il faut parfois avoir les reins solides pour faire face au laboratoire dont on signale l'effet indésirable de l'une de ses molécules. Ce n'est pas l'histoire du Dr Georges Chiche qui risque de motiver les médecins récalcitrants. Ce cardiologue marseillais est le premier à avoir fait, en 1999, une déclaration d'effets indésirables graves du Mediator (en l'occurrence une atteinte des valves du cœur). Il envoie sa déclaration au centre régional de pharmacovigilance de Marseille. Quelque temps plus tard, il reçoit un coup de fil très énervé d'un adjoint au maire de la ville, lui reprochant de mettre en cause un laboratoire.

Un médecin mis en examen

Depuis, le Dr Chiche a raconté cette anecdote devant le Sénat, l'Assemblée nationale, l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et dans les médias. Or le 17 décembre dernier, il a été mis en examen par un juge parisien dans le cadre d'une plainte en diffamation du laboratoire Servier pour avoir raconté le déroulement de ce coup de téléphone sur France 2.

«Le problème, c'est que cette histoire peut faire jurisprudence et que pour décourager les médecins de faire des déclarations de pharmacovigilance les laboratoires pourront utiliser l'arme de la plainte en diffamation», confie un avocat. Si la mise en examen est quasi automatique et somme toute classique dans les affaires de diffamation, pas sûr que beaucoup de médecins soient tentés par l'expérience...

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans LES PILULES DU MALHEUR
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