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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 16:40
Créé le 12-03-2013 à 15h28

"Folies sur ordonnance", diffusé mardi soir, revient sur le combat d'un avocat contre le labo GSK, qui a tu les graves effets secondaires d'un traitement contre la maladie de Parkinson.

 

Extrait du documentaire "Folies sur ordonnance" : Didier J., victime des effets secondaires du Requip, un médicament prescrit contre la maladie de Parkinson. (What's Up Films)

Extrait du documentaire "Folies sur ordonnance" : Didier J., victime des effets secondaires du Requip, un médicament prescrit contre la maladie de Parkinson. (What's Up Films)

Un pudique "augmentation de la libido" : voilà la ligne ajoutée en 2004 sur la notice du Requip, médicament prescrit contre les effets de la maladie de Parkinson. Le désir réactivé : mais qui s’en plaindrait ? Derrière la formule, la réalité est autrement plus scabreuse. Par une sorte d’effrayante répétition de l’histoire pharmaceutique des vingt dernières années, on a mis une fois de plus sur le marché un traitement en omettant d’informer médecins et patients sur la nature potentiellement gravissime des effets  secondaires.

C’est à la persévérance d’un avocat du barreau d’Angers que l’on doit de savoir aujourd’hui que le Requip entraîne pour 15% des malades une addiction au jeu ou au sexe, quand ça n’est pas les deux. ll faut le voir, Antoine Béguin (1), filmé en train d'affronter devant la cour d’appel de Rennes quatre avocats imperturbables, dépêchés par Glaxo Smith Kline (GSK), fabricant du Requip.

Deux cernes profonds sur un visage ouvert, la force fébrile de l’avocat qui sait que son dossier est imparable et le cynisme d’en face à son apogée, Me Béguin a obtenu la condamnation de GSK et 207.000 euros pour Didier J. en prouvant que la multinationale a tenu secrètes les informations sur le risques d’effets secondaires.

En prélude à la diffusion du documentaire "Folies sur ordonnance", de Thierry de Lestrade et Sylvie Gilman mardi soir à 20h35 sur France 5, entretien.

Les médecins vous semblent-ils enfin prévenus désormais sur les effets secondaires possibles du Requip ?

- Disons qu’ils ne peuvent plus prétendre ignorer ces informations. Elles existaient depuis longtemps mais beaucoup de professionnels de santé n'en tenaient pas compte. C'est l'un des apports du procès : avoir médiatisé les graves troubles du comportement liés au traitement antiparkinsonien, non pas pour que les patients arrêtent les traitements, mais simplement pour qu'ils soient vigilants quant aux modifications comportementales.

Allez-vous défendre d’autres clients pour des plaintes analogues ?

- Nous avons 5 dossiers en ce moment, ce qui est très peu compte tenu de la masse de témoignages reçus. Nous expliquons à chaque fois aux personnes concernées que ces dossiers sont particulièrement complexes à monter puisque tout repose sur les épaules du patient : il doit faire la preuve de tout, de ce qu’il a subi, de ce que savait le labo et de l’imputabilité au médicament. Or, les patients n'ont souvent pas la force suffisante pour s'engager dans un bras de fer de plusieurs années. 

Il y a des procédures contre cette classe de médicaments dans le monde. Où en est-on ?  

- Dans de nombreux pays, des actions de groupe ont été mises en oeuvre : Etats-Unis, Canada, Australie, etc. Ces procédures mettent en cause la plupart des médicaments appelés "agonistes dopaminergiques". Une première action vient d’aboutir au Canada où la justice a autorisé une campagne de communication pour inciter les patients utilisateurs du Mirapex, proche cousin du Requip, à se déclarer pour bénéficier de l’indemnisation.

Pourquoi la class action n’existe pas en France ?

- Elle a été promise par tous les gouvernements mais personne n'a eu le courage de passer des belles paroles à l'action. Sans doute existe-t-il un lobby puissant pour empêcher cette action de groupe qui fait très peur aux industriels. Imaginez que des centaines, voire des milliers de patients se regroupent dans une seule action, par exemple contre Servier ou en l’occurrence contre GSK. Avec une telle puissance de frappe, on éviterait le déséquilibre dans le rapport de force entre le patient et le laboratoire et surtout on éviterait que les affaires ne s’enlisent. J’aimerais savoir où en sont nos gouvernants à ce sujet et s’ils pensent aux victimes.  

Quelle réflexion vous inspire cette affaire ?

- Nos règles de droit se révèlent très protectrices de l'industrie pharmaceutique. Le patient n'a souvent pas les moyens financiers pour se battre, ou simplement pas la force. C'est un système profondément injuste. Heureusement, pour mon client, la justice fait sereinement son travail. Dans cette affaire, le patient a été entendu, compris et indemnisé.

Propos recueillis par Anne Crignon

(1) "Sexe et addictions sur ordonnance", L’Apart éditions.

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans LES PILULES DU MALHEUR
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