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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 17:44

 

 

Des cupcakes sur le thème de la médecine (clevercupcakes/Flickr/CC)

C’est une question assez taboue que pose John P. A. Ioannidis, spécialiste en santé publique à l’université de Stanford, Etats-Unis, dans le Journal of american medical association (Jama), l’une des meilleures revues médicales au monde.

Son article « Les congrès médicaux sont-ils utiles. Et pour qui ? », paru en mars, vient de susciter une réaction inquiète de l’American heart association, qui fait converger aux Etats-Unis chaque année plus de 20 000 personnes venant d’une centaine de pays.

John P. A. Ioannidis estime qu’en incluant tous les congrès locaux, on peut estimer à 100 000 le nombre de rencontres médicales chaque année !

Bilan carbone et intérêt scientifique

Le bilan carbone de ce tourisme médical est colossal, « un luxe du passé que l’on ne peut se permettre », remarquait déjà un article du British Medical Journal en 2008, suggérant le passage à des conférences en ligne.

Surtout, dans l’intérêt de la science, mieux vaudrait supprimer ces rencontres, qui donnent une prime à ceux qui savent faire mousser leurs CV plutôt qu’aux vrais découvreurs. Les revues dites « à comité de lecture », qui sont les publications les plus reconnues, travaillent très bien à distance.

Enfin, note John P. A. IoannidisVue la dynamique des sociétés savantes et des grandes conférences, le leadership est surtout fonction de la capacité à naviguer dans les cercles de pouvoir plutôt qu’au mérite scientifique, au labeur et à l’originalité de pensée. »

« Coup porté au rayonnement des Français »

L’auteur ne propose pas directement la suppression de ces congrès médicaux, car il sait que trop d’intérêts sont en jeu, et que l’industrie pharmaceutique, qui les sponsorise, n’a pas envie de les voir disparaître.

En France, après le vote de la loi dite anti-cadeaux de 1993, une circulaire était venue rendre la loi plus indulgente. Dans la revue Prescrire de l’époque, on retrouve l’explication de ce revirement :

« Conséquence directe de cette loi, le chiffre d’affaires des restaurateurs et des agences de voyage connaît alors une baisse sensible, les annulations de participation aux congrès s’accumulent, l’émoi grandit dans le monde de la médecine, les conseils départementaux de l’Ordre des médecins reçoivent à profusion des demandes de “conventions” pour avis. »

« Certains professionnels parlent de menaces sur la formation médicale continue. Le coup sévère porté au rayonnement des scientifiques français privés de congrès. »

Le vice-président de la « revue qui dit non aux labos », Pierre Chirac, rappelle que pour lui :

« L’inutilité de ces congrès est une évidence et depuis longtemps. D’ailleurs, ceux qui y vont le savent. Ce qui compte sur le plan scientifique ce sont les publications. »

« Sélection naturelle » entre bons et moins bons congrès

Président de la Société française de cardiologie, le professeur Albert Hagège estime qu’il ne faut pas « jeter le bébé avec l’eau du bain » et regrette que les laboratoires pharmaceutiques soient devenus « le monstre qui soudoie les gens ». Il s’agace :

« Jusqu’à présent le ministère public ne fait pas de congrès ni d’enseignement post-universitaire. »

Une « sélection naturelle » serait en train de se faire, selon lui, avec une diminution du nombre de congrès. S’il reconnaît qu’il y a eu « des excès », il trouve important que les gens puissent se réunir.

Selon lui, il y a de « bons congrès »...

  • « des grands congrès qui font avancer la science comme celui de l’American heart association où 20 000 à 30 000 scientifiques font de petites réunions sur des sujets donnés » ;
  • « des petits congrès d’enseignement post-universitaire destinés à communiquer auprès des médecins de base qui souvent n’ont pas le temps de se former dans les revues »...

... et de « moins bons congrès » : les réunions organisées par les labos et qui servent surtout aux médecins à se promener aux frais de l’industrie.

Conclusion : « Mieux vaut faire des congrès de meilleure qualité et en moins grand nombre. »

Etrangement, la loi Bertrand sur le médicament, adoptée l’an dernier dans la foulée du scandale Mediator, dans le but de prévenir les conflits d’intérêts, n’a pas du tout abordé cette thématique.

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 17:40

Le leader, propriété de Lagardère, affiche des scores de fréquentation insolents : 8 millions de visiteurs uniques en janvier dernier selon l’institut Nielsen, soit quatre fois plus que le numéro deux e-sante.fr. Doctissimo a dégagé plus de 8 millions d’euros de revenus publicitaires

Le site n’a pas peur de se faire gentiment le relais de l’indutrie pharmaceutique, comme sur cette info « Un vaccin contre les maladies nosocomiales ? “ qui est en fait le reprise d’un communiqué du laboratoire Sanofi-Pasteur qui commercialisera un jour peut-être ledit vaccin. Son directeur général, Christophe Clément, défend sa fonction sociale :

‘Chez nous, on appelle ça la démocratie sanitaire. Il faut faire confiance à l’intelligence des gens. Qu’ils ne prennent pas ce que dit le médecin pour argent comptant, c’est normal. Sur des forums comme le cancer ou le diabète, on joue le même rôle que des associations de patients. Si les médecins passaient plus de temps avec leurs patients à les rassurer psychologiquement, il n’y aurait pas un tel besoin.’

Sur les forums doctissimo, où sont postés quelque 150 000 messages par jour, difficile de contrôler ce qui se passe. Ils ne sont modérés que pour ce qui est de la légalité des propos mais rien n’interdit aux labos d’y envoyer des trolls vanter les miracles de leurs médicaments, ou à un banquier, de surveiller la santé de ses clients. Le tout sous pseudo.

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 17:34

Certaines firmes pharmaceutiques exploitent Wikipédia pour vanter les effets de leurs médicaments et dénigrer la concurrence.

 


’Addiction’ (Mudkat/Flickr).

Pour le magazine Books, qui a récemment publié un dossier sur le scandale de l’industrie pharmaceutique, Mikkel Borch-Jacobsen se penche sur la façon dont certaines firmes exploitent Wikipédia pour vanter les effets de leurs médicaments et dénigrer la concurrence. L’offensive cible principalement les articles en anglais, car c’est là que se situe le gros du marché.

 

Naguère, un patient désireux de s’informer sur tel ou tel médicament allait consulter son pharmacien. De nos jours, son premier geste est de le googler sur Wikipédia. Cela n’a pas échappé aux départements marketing de l’industrie pharmaceutique.

Une publicité invisible, déguisée en information objective

Sous le titre « Stratégies Wikipédia pour marketeurs pharmaceutiques et médicaux européens “, le site eyeforpharma.com rapporte ainsi les résultats d’une étude sur les habitudes électroniques des consommateurs, menée par Manhattan Research, firme de consulting pharmaceutique :

‘Dans la mesure où un nombre croissant de consommateurs se fient à Wikipédia pour leur information médicale, il est crucial pour les marketeurs de comprendre comment ce média social influe sur leur opinion et finalement sur leurs décisions au sujet du traitement et des produits. […] même si les compagnies ne peuvent pas contrôler Wikipédia de la même manière qu’une campagne de publicité classique, cela ne veut pas dire que les messages envoyés par son truchement soient moins efficaces -au contraire, le fait que le contenu ne soit pas sponsorisé peut ajouter à la crédibilité d’une entrée.’

Wikipédia offre ainsi la possibilité d’une publicité invisible, déguisée en information objective -le rêve de tout publicitaire ! Manhattan Research donne à cet égard une série de conseils aux marketeurs pharma européens pour établir leur stratégie Wikipédia” :

  • S’assurer que les marques et les produits soient représentés de façon uniforme dans toutes les entrées Wikipédia en Europe.
  • Vérifier que les traitements indiqués dans les “entrées maladies” de Wikipédia soient “corrects” (autrement dit, ne soient pas ceux proposés par les compagnies concurrentes).
  • “Les compagnies, lorsqu’elles surveillent et éditent des entrées Wikipédia, devraient se contenter d’assurer que celles-ci soient exactes et complètes. L’élimination sélective de contenu factuel, même si celui-ci est négatif, est susceptible de provoquer la réprobation des consommateurs et des médias.” (Autrement dit, soyez prudents.)
  • “N’oubliez pas que Wikipédia est constamment mis à jour. Mettre en place un processus de surveillance permanente de Wikipédia et distribuer les tâches à cet effet peut aider à ce que les efforts soient constants”.

Les marketeurs pharma n’ont pas attendu ces bons conseils pour mettre en œuvre leurs stratégies Wikipédia. Certains se sont fait prendre la main dans le sac à cause d’un nouvel outil de recherche appelé le WikiScanner. Développé par Virgil Griffith, étudiant du California Institute of Technology, le WikiScanner permet de détecter les modifications suspectes apportées aux entrées Wikipédia par des utilisateurs dont les ordinateurs sont enregistrés sous des adresses IP appartenant à des grandes entreprises ou à des organisations comme la CIA ou le Vatican.

Pris la main dans le sac, il minimisait les effets secondaires

C’est ainsi que la compagnie pharmaceutique Abbott Laboratories a gommé, dans certains articles, des informations concernant les risques d’un médicament contre l’arthrite ou d’un médicament anti-obésité. Mieux, un blogueur britannique a découvert toute une série de modifications suspectes faites entre juillet et octobre 2006 par l’utilisateur chrisgaffneymd (“Christopher Gaffney, M.D.” ?) à partir d’un ordinateur appartenant au géant pharmaceutique AstraZeneca. Ces modifications avaient trait notamment à la quétiapine, “antipsychotique atypique” produit par AstraZeneca sous la marque Seroquel.

Comme on le sait mieux maintenant, les antipsychotiques atypiques ne sont en réalité ni plus ni moins efficaces que les antipsychotiques de première génération et ils ont de surcroît de graves effets secondaires (prise de poids importante, diabète et accidents cardio-vasculaires).

Version originale :

“En dépit d’une recommandation générale du National Institute of Health à l’encontre de [l’]usage [de la quétiapine] chez les enfants et les personnes en-dessous de 18 ans, ainsi que d’un risque connu que les adolescents prenant ce médicament ‘soient plus susceptibles de penser à se blesser ou à se suicider, ou d’avoir l’intention ou d’essayer de le faire’, le Seroquel est démarché de façon controversée auprès des parents d’adolescents sujets à des sautes d’humeur et irritables, dans des magazines comme Parade et TV Guide.”

Version modifiée :

“Le Seroquel est démarché de façon controversée auprès des parents d’adolescents sujets à des sautes d’humeur et irritables dans des magazines comme Parade et TV Guide.”

(Les parents ne sont pas censés savoir que leurs enfants
risquent de se suicider dans la semaine suivant la prise de quétiapine...)

Version originale :

Certains patients utilisant la quétiapine peuvent avoir un problème de prise de poids causé par la persistance de l’appétit même après les repas.

Version modifiée :

Certains patients utilisant la quétiapine peuvent avoir un problème de prise de poids causé par la persistance de l’appétit même après les repas. Toutefois, des essais cliniques déterminants ont montré que cet effet était (en moyenne) égal à 1,9kg.

Inutile de s’appesantir sur les patients devenus obèses qui échappent à la moyenne...

Version originale :

“Le syndrome neuroleptique malin et la dyskinésie tardive sont deux effets secondaires rares mais sérieux de la quétiapine. Toutefois, il semble que la quétiapine soit moins susceptible de provoquer des effets secondaires extrapyramidaux et de la dyskinésie tardive que les antipsychotiques typiques.”

Version modifiée :

“Le syndrome neuroleptique malin et la dyskinésie tardive sont deux effets secondaires rares mais sérieux des antipsychotiques atypiques. Toutefois, Seroquel est le seul antipsychotique atypique avec un profil ESEP [effets secondaires extrapyramydaux] qui ne diffère pas de celui d’un placebo. De plus, le SNM [syndrome neuroleptique malin] n’a jamais été signalé par le système [de pharmacovigilance] AERS (FDA).”

Traduction : s’il y a un problème d’effets secondaires indésirables, il ne concerne que les antipsychotiques atypiques des compagnies rivales…

Publicité négative ou redéfinition discrète des maladies

Afin d’enfoncer le clou, l’utilisateur chrisgaffneymd s’est d’ailleurs transporté sur les entrées Wikipédia consacrées aux principaux concurrents de la quiétapine pour y faire un peu de publicité négative. Dans l’article “Aripiprazole”, il a ainsi rajouté que “des études récentes ont pu corréler une incidence élevée d’akathisie avec un risque accru de dyskinésie tardive”. Idem dans l’article “Rispéridone”...

Cela va plus loin : le 13 septembre 2006, il a modifié des pans entiers des entrées “Trouble bipolaire” et “Spectre bipolaire” : en redéfinissant les critères diagnostiques d’une maladie, on peut en effet augmenter considérablement les indications -et donc les ventes- d’un médicament donné.

Aux Etats-Unis, l’administration donne des autorisations de mise sur le marché pour des indications bien précises et la loi fédérale interdit aux compagnies de promouvoir leurs médicaments pour d’autres indications (“off label”). Tout le jeu des compagnies pharmaceutiques consiste donc à chercher comment convaincre le public et les médecins de la légitimité d’une telle prescription “off label”, en étendant la définition de la maladie pour laquelle le médicament a été initialement autorisé.

Lorsqu’on compare la version originale de l’entrée “Trouble bipolaire” à la version modifiée par chrisgaffneymd, on voit tout de suite que l’un des objectifs principaux de ses ajouts et amendements a été de redéfinir la dépression et l’hyperactivité en trouble bipolaire caché ou mal diagnostiqué...

Wikipédia : un placement sûr

La manipulation des entrées Wikipédia par l’homme d’AstraZeneca est expressément interdite. Pourtant, la compagnie n’a pas été poursuivie pour marketing illégal. Il semble donc que la “stratégie Wikipédia” ne présente pas de grands risques pour les compagnies pharmaceutiques. Pourquoi dès lors s’interdiraient-elles d’y recourir ?

Par ailleurs, “chrisgaffneymd” a été détecté par le WikiScanner parce qu’il avait utilisé un ordinateur d’AstraZeneca. Il y a fort à parier qu’on ne l’y reprendra plus et que lui et ses collègues des autres compagnies lancent désormais leurs “stratégies Wikipédia” depuis le café Internet le plus proche. Pour un chrisgaffneymd pincé en flagrant délit, combien de marketeurs continuent aujourd’hui à réécrire Wikipédia pour promouvoir des intérêts commerciaux ? Un conseil si vous êtes malade : ne consultez surtout PAS Wikipédia !

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 17:30

 

 

 


Dictionnaire encyclopédique Efron, Russie (1890-1907) (DoubleM2/Flickr).

« Ces deux années étaient horribles. Je bossais tout le temps. Je n’avais pas de vie. »

C’est ainsi qu’Anna, nouvelle interne à Paris, résume sa préparation aux épreuves classantes nationales (ECN) de médecine. En sixième année, la réussite de ces épreuves -désormais obligatoires- détermine, selon un classement national :

  • le lieu des études, de trois à cinq ans,
  • la spécialité des futurs médecins.

Pour les 7 000 candidats à travers toute la France, la pression est considérable.

Ce « concours » se prépare la plupart du temps en deux ans, c’est-à-dire dès la cinquième année. L’année suivante, certains étudiants font le choix de suivre deux fois par semaine des conférences privées -études de cas cliniques de 19 heures à 23 heures supervisées et corrigées par internes ou médecins.

Dans les conférences privées, il existe trois systèmes :

  • les conférences données par des médecins et organisées par eux,
  • les conférences organisées par des organismes privés,
  • les cours privés sponsorisés par un laboratoire pharmaceutique.

Pour répondre à cette concurrence du privé, de plus en plus de facultés se lancent dans des conférences gratuites le samedi matin.

« Je ne veux pas entendre parler des conférences privées »

« Nos conférences commencent en juillet », explique Jérôme Etienne, doyen de la faculté de médecine de Lyon-Est.

« Nos élèves s’auto-corrigent et les notes sont enregistrées. Ce travail se fait sur la base du volontariat. Nos professeurs sont des profs d’universités et pas des internes.

Je ne veux pas entendre parler des conférences privées. Nous organisons des conférences de qualité, données par des professeurs chevronnés. Et le résultat de cette année a été satisfaisant. »

Au classement général, la faculté Lyon-Est, dont est issue la major des ECN, est en seconde position pour la répartition de ses étudiants. La faculté organise aussi un concours inter-régional, avec entre autres, celles de Saint-Etienne et de Clermont-Ferrand.

Le doyen de Paris-Descartes : « Nous sommes un service public »

« Je suis partagé, les étudiants se rassurent en multipliant les conférences de l’université ou d’ailleurs. Plus il y aura de moyens de réviser, plus les étudiants les utiliseront. »

Le doyen de la faculté Paris-Descartes, Patrick Berche, a aussi instauré des conférences depuis trois ans.

« Je n’étais pas satisfait des conférences privées très chères, dont certaines sont assurées par de jeunes internes.

Nous sommes un service public. Il est de notre devoir d’organiser ces conférences gratuites dans nos universités. »

Hermès : « Toutes nos conférences ne sont pas rentables »

Des conférences dans le secteur privé se sont ouvertes, il y a une vingtaine d’années comme Hermès, présente à Paris, Bordeaux, Limoges, Strasbourg ou Reims. L’institut privé coûte près de 1 000 euros l’année.

Sur son site, Hermès revendique une « gestion claire, transparente et légale » pour le financement des conférences. Hermès assure :

« Nous n’avons pas de laboratoire, Servier ou un autre, pour financer nos conférences. Nous déclarons tous nos revenus. »

« Les conférences existent, car les étudiants souhaitent mieux se préparer pour l’ECN et approfondir leurs connaissances », explique Lucas Bennys, gérant et co-fondateur des conférences Hermès.

« Cette activité économique fait vivre du monde. Nous employons par exemple quatre salariés à temps plein. [...]

Je n’aime pas qu’on évoque le mot business, qui est péjoratif. Toutes nos conférences ne sont pas rentables [Hermès en revendique 17 à travers toute la France, dont une spécialement dédiée aux doublants, ndlr].

Il faut comparer aux prépas privées de première année qui coûtent parfois 5 000 euros. »

Khalifa : « Les conférences rassurent les étudiants »

La conférence Khalifa, du nom de son fondateur, organise comme ses confrères des conférences chaque semaine. Pierre Khalifa explique :

« Je ne suis pas un praticien hospitalier, j’exerce en libéral. Assurer des conférences me permet de rester en contact avec le monde étudiant, ce qui est indispensable dans ma spécialité vaste de médecine-inter.

Mon but est de former les futurs médecins. Les conférences rassurent les étudiants. Mais il faut travailler, sinon ça ne sert à rien de venir. »

Laura repasse son internat pour la seconde fois. Pour mettre toutes les chances de son côté, elle a choisi de suivre les conférences Hermès et Khalifa.

« Je paie 1 000 euros pour l’année à Hermès et 750 euros le semestre à Khalifa. C’est un budget considérable, mais on est 7 000 à se battre pour les 600 premières places. Si ça doit m’aider à être bien classée, je n’hésiterai pas une seconde. »

Des professeurs payés en liquide par les étudiants

Clémence Dufour, étudiante à la faculté Lyon-Est, major au concours de l’internat de 2010, suivait deux conférences, celles organisées depuis quelques années par sa faculté et celles d’Hippocrate.

« J’ai aussi fait les concours blancs Sanofi et le concours inter-régional. »

La conférence privée d’Hippocrate est l’une des plus réputées parmi les étudiants. Sélective, elle offre des conditions de travail sans pareil.

« C’était aussi la conférence la moins chère, seulement 7 euros par conférence à Lyon [10 euros à Paris] et 3,5 euros pour les boursiers », précise Clémence Dufour.

Chaque étudiant paie le professeur en liquide au début de chaque conférence. Créée grâce « au mécénat du Docteur Jacques Servier » en 1982, comme l’indique son site, cette conférence se déroule soit dans les locaux du laboratoire pharmaceutique, soit dans un lieu prêté par lui.

Hippocrate/Servier « n’ont pas fait la publicité de médicaments »

Le logo Servier est indiqué à l’entrée, dans chaque salle de conférence, et sur les copies des cas cliniques remis deux fois par semaine aux étudiants. Une photo du fondateur trône aussi dans l’entrée.

Premier groupe pharmaceutique indépendant français, au chiffre d’affaires de 3,6 milliards d’euros, le laboratoire a refusé de répondre à nos questions, estimant que Rue89 avait été diffamatoire dans un article sur un médicament retiré de la vente en 2009, le Mediator.

Le laboratoire offre chaque année aux étudiants un repas « gastronomique » pour les féliciter de leurs résultats. Champagne, kir, vin, foie gras étaient au menu cette année.

« Lorsque je me suis inscrit à Hippocrate, je ne savais pas que la conférence appartenait à Sevier. D’ailleurs, je ne connaissais pas le laboratoire. Mais ils n’ont pas fait la publicité de médicaments.

Au cours de cette année, j’étais là pour travailler. Et je n’ai pas l’impression qu’ils nous aient influencés en quoi que ce soit » explique Adrien, qui a pu choisir à Paris, la spécialité de son choix.

Sanofi : « Nous n’intervenons pas dans les contenus »

Le seul concours blanc organisé à travers toute la France est organisé par un autre laboratoire pharmaceutique Sanofi Aventis, dont le chiffre d’affaires s’élève à 29,3 milliards d’euros en 2009.

Pour 65 euros, les étudiants travaillent sur deux jours dans les conditions du concours. Sanofi revendique la participation de 35 facultés en France, qui prêtent leurs locaux.

« Nous avons le souci de fournir des services sur de vrais besoins. A travers les nombreux dispositifs des étudiants et des doyens, les épreuves nationales classantes blanches, organisées depuis 18 ans, sont le moyen de renforcer l’image de Sanofi dans le secteur de la santé, au bénéfice des étudiants », explique Claire Viguier-Petit, directrice chez Sanofi France des opérations hôpital et spécialistes.

« Nous n’intervenons pas dans les contenus, préparés par une équipe de haut niveau pédagogique en lien avec La Revue du praticien. En revanche, toute l’organisation et la logistique sont à la charge de Sanofi. »

Près de deux tiers des étudiants y participent. Ils étaient plus de 5 064 en mars. L’étudiant paie les corrections des cas pratiques, le reste est à la charge du laboratoire.

« Vous ne pensez pas du mal de celui qui vous a aidé à réussir »

Pour Phillipe Foucras, médecin généraliste et président du collectif Formindep « pour une formation médicale indépendante au service des seuls professionnels de santé et des patients », l’implication des laboratoires pharmaceutiques dans la formation des étudiants en médecine est inacceptable.

« Il y a une vrai délégation du service public à des intérêts privés, que sont ceux de l’industrie pharmaceutique. Si les étudiants paient moins, il faut se demander qui paie et pourquoi.

Le retour sur investissement est considérable en chiffre d’affaires ou perception positive. Vous ne pensez pas du mal de celui qui vous a aidé à réussir. »

Le docteur Lise Rosencher tempère (légèrement) :

« Cela me gène qu’ils aillent chercher au berceau des étudiants en médecine, qui sont sûrs de ne pas être influençables. [...]

Il ne faut pas diaboliser les laboratoires, qui aident considérablement dans le domaine de la recherche. Il faut établir des partenariats et ne rien leur devoir. »

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 19:30
Les agences sanitaires sont plus exigeantes en matière d'efficacité et de sécurité des médicaments.
Les agences sanitaires sont plus exigeantes en matière d'efficacité et de sécurité des médicaments.

Des laboratoires arrêtent le développement de médicaments pourtant jugés prometteurs.

L'époque où l'entrée d'un médicament en phase de tests cliniques (c'est-à-dire d'essais sur des humains) était un gage de succès semble bien révolue. Les échecs se multiplient dans la recherche pharmaceutique. Depuis le 1er août, pas moins de quatre essais cliniques ont été abandonnés. Après avoir mis fin à un essai pour un traitement de la maladie d'Alzheimer en juillet, les géants américains Pfizer et Johnson & Johnson viennent de stopper un autre test de phase 3 (l'étape qui précède la demande d'homologation). La molécule utilisée n'a «pas plus amélioré qu'un placebo les capacités cognitives ou fonctionnelles chez des patients atteints de la maladie d'Alzheimer», ont-ils expliqué.

Simultanément, la biotech Amgen a cessé les tests de phase 3 de son ganitumab contre le cancer tandis qu'un «sérieux problème de sécurité» contraignait BMS à abandonner le développement d'un traitement de l'hépatite C. Enfin, mauvaise nouvelle pour Astra­Zeneca, qui a peu de médicaments en développement et n'a pas diversifié ses métiers. Le labo anglais a dû mettre fin, faute de résultats, à des études sur la septicémie.

Toutes ces pathologies ont pourtant un besoin criant de traitements. Le cancer du pancréas reste «un objectif non rempli de la médecine», assure Sean Harper d'Amgen. La septicémie affecte encore 3 millions de malades par an, dont un tiers décède. Enfin, la démence, maladie d'Alzheimer incluse, a coûté plus de 600 milliards de dollars en 2010 avec 35 millions de personnes atteintes, rappelle Pfizer. Il y en aura 65 millions en 2030 et 115 en 2050.

La recherche se complique. Les agences sanitaires sont plus exigeantes en matière d'efficacité et de sécurité des médicaments. «Autrefois, il y avait un peu de loterie. Des médicaments mis sur le marché pouvaient être bien meilleurs que d'autres, sans que les essais l'aient démontré», souligne Marc-Olivier Bévierre, directeur associé du cabinet de conseil Cepton. Aujourd'hui, les autorités réclament des essais qui comparent les nouvelles molécules aux traitements existants, et non plus comme auparavant à un placebo. Cela coûte plus cher.

Être aux côtés du patient

De toute façon, on ne trouve plus grand-chose avec les anciennes méthodes de recherche. Pour innover, il ne suffit plus de faire de petits tests simples à l'aveugle sur une grande quantité de molécules chimiques classiques en espérant que quelques-unes sortent positivement. «Il faut une compréhension plus intime des phénomènes biologiques et de la maladie. Cela demande une expertise beaucoup plus approfondie des mécanismes, des équipes pluridisciplinaires. Surtout, il faut être aux côtés du patient, observer sa maladie, faire des tests, parler avec des biologistes…», note Marc-Olivier Bévierre.

Les labos raccourcissent les délais entre le début de la recherche et les premiers essais sur un patient et ils tentent de prétester davantage les molécules pour éviter les échecs en phases 2 et 3. Surtout, ils s'appuient sur les petits labos, qui ont moins peur de prendre des risques. Car, les échecs coûtent cher. Johnson & Johnson passera une charge de 300 à 400 millions de dollars dans ses comptes pour solder les comptes de son dernier raté.

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 18:44

En 2012, il n’est pas justifié de proposer un dépistage systématique des cancers de la prostate. Même quand ce dépistage est promu par des sociétés de spécialistes.

Les données disponibles n’apportent pas de preuve d’un avantage clinique de ce dépistage pour les patients, alors qu’elles en montrent clairement des risques. Or l’objectif d'un dépistage de cancers est d’améliorer l’espérance de vie ou la qualité de vie des patients. Pas de découvrir le maximum de cancers à un stade précoce, au risque de traiter inutilement des patients qui n’auraient jamais souffert de ce cancer si la médecine ne s’était pas intéressée à eux.

La même démarche s’applique à tout dépistage de cancer.

Les patients sont en droit d’exiger des preuves suffisamment solides de l’intérêt ou non de chaque dépistage. Et face aux demandes des patients, savoir attendre ces preuves requiert solidité et aptitudes de la part des soignants.

C’est d’abord admettre les limites des possibilités diagnostiques, pronostiques et thérapeutiques de la médecine dans certains domaines.

C’est aussi avoir conscience que l’existence de tests n’est pas une raison suffisante pour les utiliser de manière inconsidérée. Dans de nombreux cas, les résultats des tests n’aident pas aux décisions de soins, ou sont à l’origine d’une chaîne d’examens complémentaires et de traitements inutiles, avec leur cortège d’effets indésirables à prendre en compte, y compris psychologiques.

C’est surtout informer avec constance les patients qui s’interrogent sur l’intérêt pour eux d’un dépistage.

Il faut des compétences pour expliquer de manière équilibrée, sans parti pris : l’histoire naturelle de la maladie en question ; les conditions d’un dépistage utile ; les possibilités et les limites des tests de dépistage concernés, les phénomènes de faux positifs, de faux négatifs, de dia­gnostics par excès ; les effets indésirables des tests ; les options thérapeutiques à envisager, leurs bénéfices, leurs risques et leurs limites ; etc.

Et pour aider le patient à décider, en sachant que choisir d’attendre, dans bien des cas, est son intérêt.

Choisir d’attendre est alors une attitude pertinente. Car la valeur des soignants n’est pas liée ici à l’éclat des techniques, mais à des actes d’apparence modeste, tels que le raisonnement clair, la recherche puis la transmission d’une information objective, et le suivi de l’évolution des données.

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 18:43

Pour les patients souffrant d’hypercholestérolémie, la pitavastatine (Trolise°) est une statine de plus, autorisée sans preuve d’efficacité sur les accidents cardiovasculaires et la mortalité.

Chez les patients ayant une hypercholestérolémie, la prévention des accidents cardiovasculaires passe avant tout par des mesures hygiénodiététiques, et le traitement des facteurs de risque tels que l’hypertension artérielle ou le diabète. Quand un traitement médicamenteux est envisagé, la simvastatine et la pravastatine sont les deux statines à préférer car, chez certains patients et dans certaines situations, leur efficacité est démontrée en termes de décès et d’accidents cardiovasculaires.

La pitavastatine (Trolise°) est une nouvelle statine dont la supériorité aux autres statines n’a pas été démontrée. Au vu du dossier d’évaluation clinique, il n’a pas été prouvé que la pitavastatine diminuait les risques d’infarctus du myocarde, d’accidents vasculaires ou de décès chez les patients ayant une hypercholestérolémie. Le dossier d’évaluation permet seulement de dire que la pitavastatine n’est pas inférieure aux autres statines pour faire baisser le taux sanguin du LDL-cholestérol.

Le profil d’effets indésirables connu de la pitavastatine est similaire à celui des autres statines disponibles sur le marché, avec peut-être davantage d’effets indésirables musculaires et hépatiques.

La Haute autorité de santé (HAS) a émis un avis défavorable au remboursement de la pitavastatine, considérant le service rendu insuffisant. Cet avis est conforme aux données du dossier d’évaluation clinique.

En juillet 2012, la pitavastatine (Trolise°) n’est pas encore commercialisée en France.

Pour prévenir les accidents cardiovasculaires, quand un médicament hypocholestérolémiant est jugé préférable, mieux vaut en rester à la simvastatine et à la pravastatine dont l’efficacité sur la mortalité est démontrée, au prix d’effets indésirables acceptables.

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 18:41

Avant de décider de recourir à ces pratiques, mieux vaut se renseigner sur la formation, les conditions d’exercice, les actes que les ostéopathes et les chiropracteurs sont autorisés à pratiquer, et sur les risques et les incertitudes en termes d’efficacité.

L’ostéopathie et la chiropraxie sont des pratiques manuelles qui font partie des pratiques dites "non conventionnelles à visée thérapeutique". Les actes que les chiropracteurs et les ostéopathes sont autorisés à pratiquer sont globalement proches.

Les ostéopathes peuvent pratiquer des manipulations exclusivement manuelles et externes, et non forcées. Les chiropracteurs peuvent en plus pratiquer des manipulations forcées, manuellement ou avec des instruments. Certains actes délicats (sur rachis cervical, et divers actes sur nourrissons de moins de 6 mois) ne sont autorisés qu’après un diagnostic établi par un médecin attestant l’absence de contre-indication.

Depuis 2002, l’usage professionnel du titre d’ostéopathe ou de chiropracteur est réservé en France aux titulaires d’un diplôme sanctionnant une formation délivrée par des établissements agréés. Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales publié en 2012 a révélé la disparité préoccupante des établissements agréés pour la formation des ostéopathes.

Un centre belge d’expertise des soins a publié en 2010 un état des lieux sur l’ostéopathie et la chiropraxie. Les seules manipulations qui ont une efficacité clinique avérée sont celles qui visent à réduire les douleurs lors d’épisodes de lombalgies ou de cervicalgies.

Après manipulations, des effets indésirables bénins surviennent chez 30 % à 60 % des patients. Des complications graves mettant en jeu le pronostic vital ont été rapportées. Le risque d’accidents graves est estimé entre 1,3 et 3,4 pour 100 000 manipulations cervicales.

En France, les consultations des ostéopathes et des chiropracteurs ne sont pas prises en charge par l’assureur maladie obligatoire.

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 18:39

Les publicités destinées aux professionnels de santé seront désormais contrôlées avant leur publication, et non plus après.

En conséquence du désastre Mediator° (benfluorex), les firmes pharmaceutiques ont l’obligation depuis mai 2012 de déposer une demande de visa auprès de l’Agence française des produits de santé (ANSM, ex-Afssaps) pour chaque publicité pour un médicament auprès des professionnels de santé. Ce contrôle a priori remplace le contrôle a posteriori, mis en oeuvre depuis la fin des années 1980, dont l’efficacité était réduite puisque les publicités litigieuses étaient sanctionnées après leur diffusion, et sans que les personnes qui les avaient lues ne le sachent, sauf à lire le Journal Officiel, ou la revue Prescrire (seule à signaler ces interdictions).

Une des dernières interdictions de publicité de l’ancien contrôle a posteriori justifie à elle seule le contrôle a priori. Cette publicité pour Strefen° (flurbiprofène) incitait les médecins à prescrire cet anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) chez les femmes enceintes de moins de six mois. Pourtant, cette prescription ne fait l’objet d’aucune indication officielle, bien au contraire : une mise en garde officielle rappelle un risque pour le déroulement de la grossesse et/ou le développement de l’embryon ou du foetus, et précise que les données des études épidémiologiques suggèrent une augmentation du risque de fausse-couche, de malformations cardiaques et digestives, après traitement en début de grossesse.

Compte tenu des abus constatés au fil des années, le renforcement du contrôle de la publicité pour les médicaments auprès des professionnels de santé était une mesure nécessaire.

Toutefois, même encadrée et contrôlée, la publicité a pour vocation l’augmentation des ventes, et non la diffusion d’une information pertinente pour soigner.

Restera aussi à vérifier si l’Agence du médicament a réellement les moyens de contrôler efficacement les quelques 10 000 publicités que les firmes destinent chaque année aux professionnels de santé.

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 18:39

La presse scientifique et la presse grand public exagèrent le rôle de la biologie et de la génétique dans les troubles psychiques.

Quelles sont les principales causes des troubles psychiques ? Plutôt biologiques, relevant d’une approche médicamenteuse ? Ou plutôt environnementales, relevant d’approches psychologiques ou socioéconomiques ? La réponse semble faussée par une présentation biaisée des résultats d’études dans les médias.

 

Des neurobiologistes ont étudié les articles portant sur le syndrome d’hyperactivité avec déficit de l’attention, publiés dans la presse grand public et dans la presse scientifique. Ils ont analysé notamment les articles portant sur une éventuelle origine génétique de ce syndrome, et sur son lien éventuel avec un déficit en dopamine.

Cette étude a montré que la presse grand public surestime nettement la part génétique, ainsi que le lien avec la dopamine. Mais ce biais est d’abord présent dans les articles scientifiques eux-mêmes. En effet, les auteurs ont retrouvé de nombreux biais dans les publications scientifiques : importantes distorsions entre les résultats et les conclusions ; conclusions fermes dans les résumés des études alors que d’importantes limites sont présentées dans le corps du texte ; extrapolations abusives de résultats précliniques présentés comme prometteurs de solutions thérapeutiques ; etc.

Ces biais s’expliquent notamment par le fait qu’il est plus facile de publier dans les grandes revues scientifiques en évoquant des perspectives thérapeutiques, et aussi plus facile d’obtenir des financements de recherche. Ce constat s’étend bien au-delà du syndrome d’hyperactivité avec déficit de l’attention et concerne tout le domaine des neurosciences, notamment les états dépressifs.

Une telle présentation biaisée contribue à privilégier la recherche d’approches médicamenteuses au détriment d’approches psychologiques ou d’actions sur la société. Au risque d’une surmédicamentation peu ou pas efficace, mais cause d’effets indésirables bien réels.

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